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DE N. T. S. P. LE PAPE GRÉGOIRE XVI

À tous les Patriarches, Primats, Archevêques et Evêques, GRÉGOIRE XVI, PAPE.

VÉNÉRABLES FrÈRES,

Salut et bénédiction apostolique.

Entre les manœuvres principales qu'emploient de nos jours les non catholiques de dénominations diverses, pour chercher à surprendre les serviteurs de la vérité catholique et à détourner leurs esprits de la sainteté de la foi, les sociétés bibliques ne tiennent pas le dernier rang. Instituées d'abord en Angleterre, et de là répandues au loin, nous les voyons former comme un corps d'armée et s'entendre pour publier à un nombre infini d'exemplaires les livres des divines Ecritures traduits dans toutes les langues vulgaires, pour les disséminer au hasard, soit parmi les chrétiens, soit parmi les infidèles, pour engager chacun à les lire sans aucune direction. Aujourd'hui donc, comme saint Jérôme le déplorait déjà de son temps, on accorde « au babil de la bonne femme, au rado- « tage du vieillard décrépit, à la verbosité du sophiste, à tous » enfin, de qnelque condition qu'ils soient et pourvu qu'ils sachent lire, la faculté d'interpréter les Ecritures sans aucun guide ; bien plus, ce qui est le comble de l'absurdité et presque absolument inouï, on ne refuse pas cette intelligence aux peuplades même infidèles.

Vous ne pouvez ignorer, vénérables Frères, où tendent les efforts des sociétés bibliques. Vous n'avez pas oublié cet avis du prince des apôtres, consigné dans les saints livres : après avoir loué les épîtres de saint Paul, il dit « qu'elles contiennent quelques endroits difficiles à entendre, « que des hommes ignorants et sans consistance détournent en de mau- « vais sens, aussi bien que les autres Ecritures, pour leur propre ruine. » Et il ajoute incontinent : « Vous donc, mes frères, qui en êtes instruits « d'avance, prenez garde; n'allez pas, emportés par les égarements de « ces insensés, déchoir de votre fidélité. » Aussi est-il bien établi pour

stiani nominis aetate hanc fuisse propriam haereticorum artem, ut repudiato verbo Dei tradito,et Ecclesiœ Catholicœauctoritate rejecta, Scripturas aut manu interpolarent, aut sensu expositione interverterent (1). Nec denique ignoratis, quanta vel diligentia vei sapientia opus sit ad transferenda fideliter in aliam linguam eloquia Domini; ut nihil proinde facilius contingat quam ut in eorumdem versionibus per societates Biblicas multiplicatis, gravis.simi ex tôt interpretum vel imprudentia vel fraude inserantur errores, quos ipsa porro illarum multitudo et varietas diu occultât in perniciem multorum. Ipsarum tamen societatum parum aut nihil omnino interest, si homines Biblia illa vulgaribus sermonibus interpretata lecturi in alios potiusquam alios errores dilabantur; dummodo assuescant paulatim ad liberum de Scripturarum sensu judicium sibimetipsis vindicandum, atque ad contemnendas traditiones divinas ex Patrum doctrina inEcclesia Catholica custoditas, ipsumque Ecclesise magisterium repudiandum.

Hune in finem Biblici iidem socii Ecclesiam Sanctamque hanc Pétri Sedem calumniari non cessant, quasi a pluribusjam sœculis fidelem populum a sacrarum Scripturarum cognitione arcere conetur; quum tamen plurima extent eademque luculentissima documenta singularis studii, quo recentioribus ipsis temporibus Summi Pontifices, cseterique illorum ductu Catholici antistites usi sunt, ut Gatholicorum gentes ad Dei eloquia scripta et tradita impensius erudirentur. Quo imprimis pertinent décréta Tridentinae Synodi, quibus nedum episcopis mandatum est, ut sacras Scripturas divinamque Legem frequentius per diœcesim annuntiandam curarent (2), sed, ampliata insuper Lateranensis Concilii (3) institutione, provisum, ut in singulis ecclesiis seu cathedralibus seu collegïatis urbium insigniorumque oppidorum non deesset theologalis praebenda, eademque conferretur omnino personis idoneis sacrée Scripturae exponendae et interpretandœ (4). De ipsa postmodum theologah prsebenda ad Tridentinae illius sanctionis normam constituenda, et de lectionibus a canonico theologo ad clerum atque etiam ad populum publiée habendis actum est in plurimis synodis provincialibus (5), neenon in Romano Concilio anni mdccxxv (6) in quod Benedictus XIII fel. rec. prœdecessor

(1) Tertullianus, lib. de Prœscriptionibus adver. haereticos, c. 37, 28.

(2/ Sess. 24, c. -4, de Réf. — (3) Concil. Lateran. anni 1215, sub Innocentio 111, cap. 2, quod in corpus juris relatum est, cap. Ude Magistris. — (4) Trid. Sess. 5, c. 1 de Réf. — (S) In Concil. Mediol. 1. an. 1565. par. 1. tit. 5 de Prœb. Theol. — Mediol. V. an 1579, par. III, tit.S quœ ad beneficior. collât, attin. — Aquensi, an. 1585, tit. de Canonicis. — Lt aliis plurib. — (6) Tit. 1, cap. C, seqq.

vous que, dès les premiers âges du christianisme, le propre des hérétiques* fut de répudier la parole de Dieu transmise par la tradition, et de rejeter L'autorité de l'Eglise catholique, pour lacérer de leur main les Ecritures, ou en corrompre le sens par leur interprétation. Vous n'igno rez pas non plus quelle sollicitude, quelle sagesse est nécessaire pour transporter fidèlement dans une autre langue les paroles du Seigneur. Qu'y a-t-il donc de surprenant si, dans ces versions multipliées par les sociétés bibliques, l'imprudence ou la mauvaise foi de tant d'interprètes insère les erreurs les plus graves, que la multitude et la diversité des traductions tiennent longtemps cachées pour la ruine de plusieurs? Mais qu'importe à ces sociétés que les lecteurs de leurs traductions tombent dans une erreur ou dans une autre, pourvu qu'ils s'accoutument insensiblement à juger librement et par eux-mêmes du sens des Ecritures, à mépriser les traditions des Pères conservées dans l'Eglise catholique, à répudier même l'autorité enseignante de l'Eglise?

Aussi les membres de ces sociétés ne cessent de poursuivre de leurs calomnies l'Eglise et le Saint-Siège; ils l'accusent de chercher, depuis plusieurs siècles, à éloigner le peuple fidèle de la connaissance des Ecritures sacrées. Et cependant, combien de preuves éclatantes du zèle remarquable que, dans ces derniers temps mêmes, les souverains pontifes et, sous leur conduite, les autres évêques catholiques ont mis à procurer au peuple une connaissance plus approfondie de la parole de Dieu soit écrite soit transmise par la tradition ! A cela se rapportent en premier lieu les décrets du concile de Trente; il y est d'abord enjoint aux évêques de veiller à ce que les Ecritures sacrées et la loi divine soient plus fréquemment expliquées dans leurs diocèses; de plus, enchérissant sur une institution due au concile de Latran, il y fut réglé, que, dans chaque église cathédrale ou collégiale des grandes cités et des principales villes, il y eût une prébende théologale, et qu'elle fût conférée exclusivement à des personnes capables d'exposer et d'interpréter la sainte Ecriture. Ce qui concerne l'érection de cette prébende théologale, conformément aux décisions du concile de Trente, et les explications publiques à donner aux clercs et au peuple par le théologal, fut traité ensuite dans plusieurs synodes provinciaux et dans le concile romain de l'année 1725, où avaient été convoqués par le pape Benoît XIII, notre prédécesseur d'heureuse

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noster nedum sacros antistites Romange provinciœ. sed plures etiam ex arehiepiscopis, episcopis, ceeterisque locornm ordinariis Sanctse huic Sedi nullo medio subditis convocaverat (1). Idem prœterea Summus Pontifex eumdem in finem nonnulla constituit in Apostolicis Litteris, quas pro Italia nominatim insulisque adjacentibus dédit (2). VolDis denique. venerabiles Fratres, qui de conditione sacrarum rerum in cujusque diœcesi ad Sedem Apostolicam statis temporibus referre (3) consuevistis. ex responsis per nostram Congregationem Concilii ad decessores vestros, aut ad vos ipsos iterum iterumque datis, perspectum est, quemadmodum Sanctaeadem Sedes et gratulari episcopis soleat si pra3bendatos theologos habeant in publicis sacrarum Litterarum lectionibus munere suo bene fungentes, ut nunquam intermittat excitare atque adjuvare pastorales illorum curas, si alicubi res adhuc ex sententia non successerit.

Cœterum ad translata in vulgares linguas Biblia quod attinet, multis jam abhinc sœculis contigerat, ut diversis in locis sacri antistites majore interdum vigilantia uti debuerintubi versiones hujusmodi aut in occultis lectitari conventiculis, aut per hœreticos impensius diffundi animadverterent. Atque hue spectant monita et cautiones adhibitœ ab Innocentio III glor. mem. decessore nostro circa laicorum mulierumque ccetus. sub pietatis obtentu et legendarum Scripturarum causa, secreto habitos in Metensi diœcesi (4) : nec non et peculiares vulgarium Bibliorum interdictiones, quas sive in Galliis paulo post (5), sive in Hispaniis ante seeculum xvi (6) latas invenimus. Sed ampliore postmodum providentia opus fuit, cum Lutherani Calvinianique acatholici, incommutabilem fidei doctrinam incredibili, propeerrorum varietate oppugnare ausi, nihil intentatum relinquebant ut fidelium mentes deciperent perversis explicationibus sacrarum Litterarum editisque per suos asseclas novis illarum in popularem sermonem interpretationibus; quarum quidem exemplis multi-

(1) In Litteris indictionis Concilii 24 decembris 1724. — (2) Const. Pastoralis officii, XIV. Kalend. Junii, an. 1727.

(3) Ex Constit. Sixti V. Romanus Pontifex, XIII. Kal. Jan. an. 1585 et Const. Bened. XIV. Quod sancta Sardicensis Synodus. IX. Kal. decemb. 1740. (T. I. Bullar. ejusdem Pontif., et ex Instructione, quaeexstat in Append. ad dict. , t. I.)

(4) In tribus Litteris datis ad Metenses, atque ad illorum episcopum et capitul., nec non ad abbates Cisterciensem. Morimundensem, et de Crista, quœ sunt Epist. 141, 142, lib. II, et Epist. 235, lib. III. in edit. Balutii. — 5) In Concil. Tolosano, anni 1229, can. 1 i. — (6) Ex testirnonio Cardinalis Pacecco in Concilio Tridentino (apud Pallavicinum, Storia del Concil. di Trento. lib. VI. cap. 12.)

mémoire, non seulement les évêques de la province, mais aussi plusieurs des archevêques, évoques et autres ordinaires des lieux qui relevaient immédiatement du Saint-Siège. Dans ce but encore, le même souverain pontife établit plusieurs statuts dans des lettres apostoliques adressées expressément à l'Italie et aux îles adjacentes. Et vous, nos vénérables Frères, qui aux temps voulus, avez coutume d'informer le Saint-Siège de l'état de chacun de vos diocèses, vous connaissez les réponses données par notre Congrégation du concile à vos prédécesseurs et réitérées souvent à vousmêmes ; et vous savez combien le Saint-Siège s'empresse de féliciter les évêques lorsqu'ils ont des théologiens prébendes qui accomplissent dignement leur devoir et expliquent en public les saintes Lettres; comment il ne cesse d'exciter, d'animer leur sollicitude pastorale, lorsque sous ce rapport il ne trouve pas encore tout ce qu'il désire.

Quant à ce qui regarde es traductions de a Bible, déjà depuis plusieurs siècles les évêques ont dû, de temps en temps et en plusieurs endroits, redoubler de vigilance, en les voyant lues dans des conventicules secrets, et répandues avec profusion par les hérétiques. C'est à cela qu'ont trait les avertissements et les décrets de notre prédécesseur de glorieuse mémoire, Innocent III, relatifs à certaines réunions secrètes d'hommes et de femmes, tenues dans le diocèse de Metz, sous le prétexte de vaquer à la piété et à la lecture des livres saints. Nous voyons aussi, des traductions de Bibles condamnées en France bientôt après et en Espagne avant le xvie siècle. Mais il fallait user d'une vigilance nouvelle avec les hérésies de Luther et de Calvin. Assez audacieux pour vouloir ébranler la doctrine immuable de la foi par la diversité presque incroyable des erreurs, leurs disciples mirent tout en œuvre pour tromper les âmes des fidèles par de fautives explications des saints livres et de nouvelles traductions, merveilleusement aidés, dans la rapidité et l'étendue de leur

plicandis, et citissime divulgandis inventée nuper typographicœ artis prœsidio juvabanlur. ltaque iis in regulis, quœ a Patribus a Tridentina Synodo delectis conscriptœ, et a Pio IV fel. mem. prœdecessore nostro (1) approbatœ, Indicique librorum prohibitorum prœmissœ sunt, generali sanctione statutum legitur, ut Biblia vulgari sermone édita non aliis permitterentur nisi quibus illorum lectio ad fidei atque pietatis augmentum profutura judicaretur (2). Hmc eidem regulœ,, nova subinde, propter persévérantes hœreticorum fraudes cautione constricta, ac demum auctoritate Benedicti XIV adjecta declaratio est, ut permissa porro habeatur lectio vulgarium versionum, quœ « ab Aposto- « lica Sede approbatœ, aut cum annotationibus desumptis ex « sanctis Ecclesiœ Patribus vel ex doctis Catholicisque viris » editœ fuerint (3).

Non defuere intérim novi ex Jansenii scholasectarii, quihanc Ecclesiœ Sedisque Apostolicœ prudentissimam œconomiam mutuato a Lutheranis Calvinianisque stylo reprehendere non sunt veriti, quasi Scripturarum lectio unicuique fidelium generi omni tempore atque ubique locorum utilis et necessaria esset, atque ideo nemini posset auctoritate ulla interdici. Hanc vero Jansenianorum audaciam graviori censura reprehensam habemus in solemnibus judiciis, quœ toto plaudente catholico orbe contra illorum doctrinas tulerunt bini rec. mem, Summi Pontifices, nimirum Glemens XI in Constitutione Unigenitus anni mdccxiii (A), et Pius VI in Constit. Auctorem ftdei anni mdccxciv (5).

Ita igitur antequam instituerentur societates biblicœ, jamdudum in commemoratis Ecclesiae decretis fidèles praemuniti fuerant adversus hœreticorum fraudem, in specioso illo divinas Litteras ad communem usum difïundendi studio latentem. Pius autem VII glor. rec prœdecessor noster, qui societates ipsas suo tempore ortas magnis invalescere auctibus comperit, haud sane abstinuit opponere se illarum conatibus tum per apostolicos suos nuntios, tum per epistolas et per décréta a diversis cardinalium S. R. E. Congregationibus édita (6j, tum suis dua-

(1) In Constit. Dominki gregis, 24 martii 1564. — (2) In Regulis Indicis 111 et IV. — (3) In Addition, ad dict. Regul. IV, ex decreto Cougregationis Indicis 17 junii 1757.

(4) In proscriptione Propositionum Quesnelli, a num. 79 ad 85. — In damnationc Proposit. Pseudo-Synodi Pistoriensis, nuin. 67.

(6) Imprimis per epistolam Congregationis Propagandœ Fidei ad vicarios apostolicos Persiae, Armenia?, aliai-unique Orientis région um ùatam 3 augusti 1816, et per Decretum de omnibus bujusniodi version i bas edituin a Cong. Indicis 23 junii 1817.

débit, par l'art naissant de l'imprimerie. Aussi, dans les règles que rédigèrent les Pères choisis par le concile de Trente, qu'approuva noire prédécesseur Pie IV, d'heureuse mémoire, et qui fuient inscrites en tète de l'index des livres défendus, il est expressément statué de ne permettre la lecture d'une traduction de la Bible qu'à ceux qu'on juge devoir y puiser Y accroissement de la piété et de la foi. Cette règle dut être restreinte encore à raison de l'astuce persévérante des hérétiques, et Benoît XIV déclara, avec toute son autorité, qu'on pouvait regarder comme permise la lecture des traductions a approuvées par le Siège Apostolique, ou « publiées avec des annotations tirées soit des Pères de l'Eglise, soit « d'interprètes savants et catholiques. »

Cependant il se rencontra des adeptes de lu secte janséniste qui, empruntant la logique des luthériens et des calvinistes, ne rougirent pas de reprocher à l'Eglise et au Saint-Siège cette sage conduite. A leur dire, la lecture de la Bible était utile et nécessaire à chaque fidèle en tout temps et partout ; aucune autorité n'avait donc le droit de l'interdire. Cette audace des jansénistes fut condamnée avec plus de rigueur dans deux décisions solennelles que portèrent contre leurs doctrines, aux applaudissements de tout l'univers catholique, deux souverains pontifes, d'honorable mémoire, Clément XI, par sa constitution Unigenitus de 1713, Pie VI, par la constitution Auclorem fidei de 1794.

Ainsi, les sociétés bibliques n'étaient pas encore établies, et déjà les décrets mentionnés avaient prémuni les fidèles contre l'astuce des hérétiques, voilée sous le zèle spécieux de propager la connaissance des Ecritures. Pie VII, notre prédécesseur de glorieuse mémoire, vit ces sociétés naître et prendre de grands développements; il ne cessa de résister à leurs efforts par ses nonces apostoliques, par des lettres, des décrets rendus dans diverses congrégations des cardinaux, par deux lettres pontifi-

buspontificiis Litteris quas ad Gnesnensem (1) atque ad Mohiloviensem (2) archiepiscopos dédit. Subinde Léo XII, fel. mem. decessor noster, ipsa illa Biblicorum sociorum molimina persécutas est in encyclicis Litteris ad omnes catholici orbis antistites datis die v Maii an. mdcccxxiv; idque ipsum denuo fecit novissimus fel. item record praedecessor noster Pius VIII in encyclica Epistola édita die xxiv maii an. mdcccxxix. Nos tandem, qui meritis longe imparibus in hujus locum successimus, haud sane praetermisimus eumdem in finem apostolicam sollicitudinem nostram impendere, atque inter alia curavimus, ut sancitae olim de vulgaribus Scripturarum translationibus régulas in fidelium memoriam revocarentur (3).

Est autem cur vobis summopere gratulemur, venerabiles Fratres, quod excitati pietate prudentiaquevestra et supradictis decessorum nostrorum Litteris confirmati haudquaquam neglexistis commonere ubi opus fuit catbolicas oves, utab insidiis caverent, quos sibi a biblicis sociis struebantur. Ex hisce autem episcoporum studiis cum supremae hujus Pétri Sedis sollicitudine conspirantibus, benedicente Domino factum est, ut incauti quidam catholici homines, qui biblicis societatibus imprudenter favebant, perspecta subinde fraude, ab eisdem recesserint, et reliquus fidelium populus immunis ferme a contagione permanserit, quae inde illi imminebat.

Ea intérim spe tenebantur sectarii biblici, ut magnam se consecuturos laudem non ambigerent ex infidelibus ad christiani nominis professionem utcumque inducendisper iectionem sacrprum Codicum vulgari ipsorum lingua editorum, quos ingenti plane exemplarium copia missionariis, seu excursoribus a se destinatis, per illorum regiones distribui ac vel nolentibus obtrudi curabant. Sed hominibus christianum noraen pra?ter régulas a Ghristo ipso institutas propagare conantibus nihil pœne ex sententia contigit, nisi quod potuere interdum nova creare impedimenta catholicis sacerdotibus, qui ad gentes ipsas ex Sancta3 hujus Sedis missione pergentes nullis parcebant laboribus, ut prsedicatione verbi Dei sacramentorumque administratione novos Ecclesiae filios parèrent, parati etiam pro illorum salute atque testimonium fidei sanguinem suum inter exquisita quœque tormenta profundere.

Jam vero inter sectarios illos sua ita expectatione frustratos, et perdolenti recogitantes animo ingentem pecunise vim hactenus erogatam suis Bibliis edendis nulloque fructu divulgandis,

(l)Die 1 junii 48 1G. — (2Ï Die 4 septembris 1816. — (3) In monito adjecto ad Decretuni Congregationis Indicis 7 januarii 183G.

cjiles adressées aux archevêques de Gnesne et de MohilofT. Quant à Léon XII, notre prédécesseur d'heureuse mémoire, il signala les manœuvres des sociétés bibliques dans sa lettre encyclique du a mai 1824, adressée à tous les évèques de l'univers catholique. C'est ce que fît aussi Pie VIII dans l'Encyclique du 24- mai 1829. Nous enfin, qui avons succédé à sa charge, si indigne que nous en soyons, nous n'avons pas oublié d'appliquer au môme dessein notre sollicitude pastorale, et nous avons tenu, entre autres choses, à rappeler aux fidèles les règles déjà établies relativement aux traductions de la Bible.

INous devons ici vous féliciter vivement, vénérables Frères, de ce qu'excités par votre piété et votre sagesse, soutenus par les lettres de nos prédécesseurs, vous n'avez pas négligé d'avertir au besoin le troupeau fidèle, pour le prémunir contre les pièges tendus par les sociétés bibliques. Ce zèle des évêques, uni à la sollicitude du Saint-Siège, a été béni du Seigneur; avertis du mal, plusieurs catholiques imprévoyants qui favorisaient les sociétés bibliques, se sont retirés, et le peuple a été presque entièrement préservé de la contagion qui le menaçait.

Cependant les sectaires biblistes se promettaient une grande gloire; ils comptaient amener jusqu'à un certain point les infidèles à la profession du christianisme, par la lecture des Livres sacrés publiés dans les langues vulgaires de ces peuples, et répandus à un nombre infini d'exemplaires par les missionnaires ou colporteurs qu'ils envoient dans ces régions pour les distribuer à qui veut les recevoir et même pour les faire recevoir bon gré mal gré à qui n'en veut pas. Mais à ces hommes qui cherchent à propager le nom chrétien, en se plaçant en dehors des règles instituées par le Christ lui-même, rien ou presque rien n'a réussi selon leurs espérances : ils ont pu seulement créer quelquefois de nouveaux obstacles à ces prêtres catholiques, qui, après avoir reçu leur mission du Saint-Siège, vont vers ces mêmes peuples, et n'épargnent aucun labeur afin d'engendrer de nouveaux fils à l'Eglise par la parole de Dieu et par l'administration des sacrements, prêts à répandre leur sang dans les plus eruels supplices pour le salut des âmes et en témoignage de la foi.

Or, parmi ces sectaires, ainsi frustrés dans leur attente et réfléchissant dans leur esprit chagrin aux sommes immenses dépensées à éditer leurs Bibles et à les répandre sans aucun résultat, il s'en est trouvé naguère

inventi nuper aliqui sunt, qui machinationes suas novo quodam ordine disposuerunt ad Italorum potissimum nostrœque ipsius urbis civium animos prima veluti aggressione appetendos. Scilicet exacceptis modo nuntiis documentisque compertum habemus, plures homines diversarurn sectarum Neo-Eboraci in America proximo anno convenisse, pridieque idus Junias inivisse novam societatem Fœderis Christiani nomine nuncupatam, et aliis porro atque aliis ex omni gente sodalibus, seu constitutis in ejusdem auxilium sodalitiis amplificandam ; quorum commune cum ipsis consilium sit, ut religiosam libertatem, seu potius vesanum indifferentise super religione studium Romanis Italisque cœteris infundant. Fatentur enimvero a pluribus rétro saeculis tantum ubique ponderishabuisseRomanaeltalaeque gentis instituta, ut nil magnum in orbe processerit, quin factum fuerit ab aima hac Urbe principium ; quod quidem non ex constituta hic, disponente Domino, suprema Pétri Sede, sed ex quibusdam antiquse Romanorum dominationis reliquiis, in usurpata, ut dictitant, a decessoribus nostris potestate permanentibus, derivatum volunt. Quare cum statutum il] is populos universos conscientiae seu potius erroris libertate donare, ex qua, veluti e suo fonte, politica etiam libertas cum publicœ ad ipsorum sensum prosperitatis incremento dimanet ; nihil tamen sibi posse videntur, nisi primum apud Italos Romanosque cives aliquid profecerint, eorum deinceps auctoritate atque studiis pênes reliquas gentes magnopere usuri. Atque id facile se assecuturos confidunt, cum tôt ubique terrarum Itali sint diversis in locis degentes,indequeinpatriam haud levi numéro rémanentes; quorum non paucos vel novarum rerum studio sua jam sponte incensos, vel corruptos moribus, aut inopia afflictos nullo fere negotio ad nomen societati dandum, vel saltern ad suamoperam pretio illi vendendum alliciant. Eo igitur curas suas converterunt, ut horum mauibus undique conquisitis vulgaria corruptaque Biblia hue advehantur et in manus fideliumclanculum ingerantur : itemque ut distribuantur una simul pessimi alii libellique, ad mentem legentium ab Ecclesiœ Sanctœque hujus Sedis obsequio abalienandam, Italorum eorumdem opecompositi, aut in patrium sermonem translati ex aliis auctoribus ; inter quos Hisioriam reformationis a Merle cl Aubigné conscriptam, et Mémorabilia super rrformatione apud Italos Joannis Cric praecipue désignant. Cœterum de toto hoc librorum génère, quale futurum sit vel ex eo intelligi potest, quod societatis statuto prœscriptum fertur circa peculiares sodalium quorumdam cœtus librorum delectui destinatos, videlicet ut nunquam in hos ne duo quidem unius ejusdem religiosse sectaa viri conveniant.

qui ont ourdi leurs trames sur un nouveau plan, se proposant pour but d'atteindre, comme par une première attaque, les âmes dos habitants de l'Italie et des citoyens de notre propre Ville. Il nous est prouvé par des messages et des documents reçus il y a peu de temps, que des hommes de sectes diverses se sont réunis l'an dernier à New-York en Amérique, et la veille des ides de juin, ont formé une nouvelle association dite de V Alliance chrétienne, destinée à recevoir dans son sein des membres de tout pays et de toute nation, et à se fortifier par l'adjonction ou l'affiliation d'autres sociétés établies pour lui venir en aide, dans le but commun d'inoculer aux Romains et aux autres peuples de l'Italie, sous le nom de liberté religieuse, l'amour insensé de l'indifférence en matière de religion. Car ils avouent que depuis un grand nombre de siècles les institutions de la nation romaine et italienne sont d'un si grand poids, que rien de grand ne s'est produit dans le monde qui n'ait eu son principe dans celte Ville mère; ce qu'ils n'attribuent pas à l'établissement en ces lieux, par la disposition du Seigneur, du siège suprême de Pierre, mais à certains restes de l'antique domination des Romains, que l'on voit encore, disent-ils, dans la puissance que nos prédécesseurs ont usurpée. Résolus donc de gratifier tous les peuples de la liberté de conscience ou plutôt de la liberté de l'erreur, d'où coule, comme de sa source, et pour l'accroissement de ce qu'ils appellent la prospérité publique, la liberté politique, ils croient ne rien pouvoir si, d'abord, ils n'avancent leur œuvre auprès des citoyens Italiens et Romains, dont l'autorité et l'action sur les autres peuples leur serait ensuite un secours tout puissant. Ce qui leur fait espérer d'atteindre aisément ce premier résultat, c'est qu'un si grand nombre d'Italiens séjournent dans les diverses parties de la terre, d'où un grand nombre reviennent à la patrie : beaucoup d'entre eux étant déjà ou spontanément enflammés du goût des choses nouvelles, ou corrompus dans leurs mœurs, ou en proie à la misère, on les détermine presque sans peine à s'enrôler dans l'Association nouvelle ou du moins à lui vendre leur concours à prix d'argent. Ainsi donc, après avoir recueilli ces hommes de toutes parts, ils emploient tous les moyens pour faire porter jusque dans Rome leurs Bibles en langue vulgaire et corrompues, et pour les faire distribuer clandestinement aux fidèles ; pour faire distribuer en même temps et afin d'aliéner l'esprit des lecteurs de l'obéissance due à l'Eglise et à ce Saint-Siège, les livres et les libelles les plus détestables, composés par ces Italiens, ou traduits par eux d'autres auteurs; parmi eux ils recommandent particulièrement l'histoire de la Réforme, de Merle d'Aubigné, et les Mémoires sur la Réforme en Italie, de Jean Cric. Du reste, on peut se faire une idée de ce que peuvent être tous ces écrits, d'après ce statut qu'on attribue à l'association ; il y est dit qu'on ne peut jamais admettre dans certaines réunions particulières pour le choix des livres, deux membres appartenant à la même secte religieuse.

Haec ut primum relata ad nos sunt, non potuimus equidem non contristari graviter in consideratione periculi. quod nedum per remota ab Urbe loca, sed prope ipsum Catholicœ unitatis centrum, incolumitati religionis sanctissimae a sectariis parari cognovimus. Quamvis enim timendum minime sit ne deficiat unquam Pétri Sedes. in qua inexpugnabile Ecclesiœ suœ fundamentum a Christo Domino positum est, non ideo tamen cessare nos licet ab illius auctoritate tuenda : et ipso insuper supremi apostolatus officio admonemur severissimae rationis. quam reposcet a nobis divinus pastorum Princeps ob succrescentia in Dominico agro zizania, si quœ ab inimico homine nobis dormientibus superseminata fuerint, atque ob creditarum ovium sanguinem quœ nostra hinc culpa perierint.

Itaque nonnullis S. R. E. cardinalibus in consilium adhibitis, ac tota rei causa graviter matureque perpensa, ex eorum quoque sententia deliberavimus hanc ad vos omnes dare epistolam, venerabiles Fratres, qua et cunctas supradictas societates biblicas dudum a nostris decessoribus reprobatas apostolica rursus auctoritate condemnamus ; et nostri pariter supremi Apostolatus judicio reprobamus nominatim et condemnamus memoratam novam societatem Christian! Fœderis, superiore anno Neo- Eboraci constitutam, et alia ejusdem generis sodalitia si quœ jam ei accesserint aut in posterum accèdent Hinc notum omnibus sit, gravi ssi mi coram Deo et Ecclesia criminis reos fore illos omnes, qui alicui earumdem societatum dare nomen, aut operam suam commodare seu quomodocumque favere prœsumpserint. Confirmamus insuper et innovamus auctoritate apostolica supra memoratas prœscriptiones jamdiu éditas super editione, divulgatione, lectione et retentione librorum sacras Scripturœ in vu] gares linguas translatorum : de aliis vero cujusque scriptoris operibus in communem notitiam revocatum volumus, standum esse generalibus reguliset decessorum nostrorum decretis. quœ Indici prohibitorum librorum prœposita habentur: atque adeo non ab iis tantum libris cavendum esse qui nominatim in eumdem Indicem relati sunt, sed ab aliis etiam, de quibus in commemoratis generalibus praescriptionibus agitur.

Vobis autem, venerabiles Fratres, utpote in nostrœ sollicitudinis partem vocatis, commendamus in Domino vehementer, ut apostolicum judicium et mandata hœc nostra conrreditis pastorali procurationi vestrœ populis annuntietis et explicetis, pro loco et tempore: fidelesque oves a prœdicta societate Fœderis Christiani, cœterisque eidem auxiliantibus, nec non ab aliis biblicis societatibus, atque ab omni cum illis communicatione avertere connitamini. Juxta hœc vestrum quoque erit tum Biblia in

« INTEIl PR/ECIPUAS », 8 MAI 1844 235

Aussitôt que ces choses nous ont été rapportées, nous n'avons pu que nous affliger profondément en considérant le péril préparé par les sectaires à notre sainte Religion, non seulement dans les lieux éloignés de Rome, mais jusqu'au centre même de l'unité catholique. On ne doit pas craindre sans doute de voir jamais tomber le siège de Pierre sur lequel a été posé par le Christ iNotrc-Seigrieur, l'inexpugnable fondement de son Eglise; il ne nous est pas permis cependant de négliger la défense de son autorité, et l'office même du suprême apostolat noue rappelle que le Prince divin des Pasteurs nous demandera un compte rigoureux de l'ivraie qui croît dans le champ du Seigneur, si l'homme ennemi a pu en répandre la semence pendant notre sommeil, et du sang des brebis confiées à notre garde, si c'est par notre faute qu'elles ont péri.

Aussi, après avoir consulté plusieurs cardinaux de la sainte Eglise, après avoir gravement et mûrement pesé toute l'affaire, de leur avis, nous avons résolu de vous adresser à tous celte lettre, vénérables Frères. Nous y condamnons de nouveau, en vertu de l'autorité apostolique, toutes les susdites sociétés bibliques déjà réprouvées par nos prédécesseurs; et de même, par le jugement de notre suprême apostolat, nous réprouvons nominativement et nous condamnons l'association nouvelle ci-dessus désignée, de V Alliance chrétienne, constituée l'an dernier à New- York, ainsi que toutes les sociétés de même genre qui déjà se seraient unies ou qui s'uniraient dans la suite à cette association. Que tous le sachent donc : ce serait, devant Dieu et devant l'Eglise, se rendre coupable d'un crime très grave que de s'affilier ou prêter aide à quelqu'une desdites sociétés ou de les favoriser d'une manière quelconque. Nous confirmons en outre et nous renouvelons par notre autorité apostolique les prescriptions rappelées plus haut et déjà depuis longtemps promulguées sur la publication, la propagation, la lecture et la conservation des livres de l'Ecriture sacrée traduits en langues vulgaires ; quant aux autres ouvrages, quels qu'en scient les auteurs, tous doivent savoir qu'il faut s'en tenir aux règles générales et aux décrets de nos prédécesseurs placés en tête de l'Index des livres prohibés; et qu'on doit se garder non seulement des livres nominativement indiqués dans ce même Index, mais encore de tous ceux dont il est question d'une manière générale dans lesdites prescriptions.

Pour vous, vénérables Frères, appelés à partager notre sollicitude, nous vous recommandons vivement, dans le Seigneur, d'annoncer et d'expliquer, selon les lieux et les temps, aux peuples confiés à votre charge pastorale, ce jugement apostolique et nos présents commandements; faites aussi tous vos efforts pour éloigner les brebis fidèlesde la susdite association de Y Alliance chrétienne , et de toutes celles qui lui viennent en aide, ainsi que des autres sociétés bibliques, et de tout rapport avec les unes et les autres. Vous devrez encore, d'après cela, ôter des mains des fidèles soit les Bibles traduites en langue vulgaire, publiée?

vulgarem îinguam conversa, quse contra supradictas Romanornm Pontificum sanctiones édita fuerint, tum alios quoscumque proscriptos damnososve libros e fidelium manibus evellere, atque adeo providere ut fidèles ipsi et monitis et auctoritate vestfa edoceantur quod pabidi gênas sibi salutare, qnod noxium ac mortiferum ducere debeant (1).

Intérim instate quotidie magis, venerabiles Fratres, prœdicationi verbi Dei tum per vos ipsos, tum per singulos in cujusque diœcesi animarum curatores, aliosque viros ecclesiasticos ei muneri idoneos; atque advigilate impensius super îllos prœsertim, qui destinati sunt lectionibus sacrœ Scripturœ publiée habendis, ut officio suo ad audientium captum diligenter fungantur, et sub nullo unquam obtentu divinas ipsas Litteras contra Patrum traditionem aut prœter Ecclesiœ Catholicae sensum interpretari et explicare audeant. Denique sicut boni pastoris proprium est non modotueri atque enutrire adhœrentes sibi oves, sed eas etiam, quse in longinqua recesserint, quaerere ac revocare ad ovile; ita et vestri nostrique muneris erit omnes pastoralis studii nervos eo item intendere, ut quicumque ab hujusmodi sectariis noxiorumque librorum propagatoribus seduci se passi sint. gravitatem peccati sui per Dei gratiam agnoscant. et salutaris pœnitentiœ remediis expiare satagant : nec vero abjiciendi sunt ab eodem sacerdotalis sollicitudinis studio seductores illorum, praecipuique ipsi impietatis magistri; quorum etsi major iniquitas sit. non tamen abstinere del3emus ab eorum salute, quibus poterimus viis et modis, impensius procuranda.

Cœterum, venerabiles Fratres, contra insidias et molimina sociorum Fœderis Christiani peculiarem et acriorem imprimis vigilantiam exposcimus ab iis ex vestro ordine, qui Ecclesias regunt in Italia sitas, aut aliis in locis ubi Itali saepius versantur, maxime autem in ItaliaB confiniis, aut ubicumque emporia portusque extant, unde frequentior in Italiam commeatus est. Cum enim sectariis ipsis propositum sit inibi ad efïectum adducere consilia sua, hinc et episcopos potissimum eorumdem locorum alacri constantique studio nobiscum allaborare oportet illorum machinationibus, adjuvante Domino, dissipandis.

lias autem nostras vestrasque curas adjutum iri non dubitamus prœsidio civilium potestatum, imprimis potentissimorum Italiœ principum, tum pro singulari suo studio religionis catholicœ conservandœ, tum quod ipsorum prudentiam minime fugit

(1) Ex inandalo Leonis XII, edito una cum decreto Congregationis Indicis 20 martii 1825.

a INTEll PR.ECIPUAS », 8 MAI 1844 237

contrairement aux sanctions ci-dessus rappelées des Pontifes romains, et de plus, veiller à ce que, par vos avertissements et par votre autorité, les chrétiens apprennent quels pâturages ils doivent regarder comme salutaires, lesquels, comme nuisibles et mortels.

Cependant, appliquez-vous chaque jour davantage, vénérables Frères, à la prédication de la parole de Dieu, soit par vous-mêmes, soit par les curés ayant charge d'urnes dans chaque diocèse et par les autres ecclésiastiques propres à cette fonction ; veillez plus particulièrement sur ceux-là surtout qui sont chargés d'expliquer publiquement l'Ecriture sacrée ; qu'ils aient soin, en s'acquittant de leur office, de se mettre à la portée de leurs auditeurs, et qu'aucun d'eux ne se permette, sous quelque prétexte que ce soit, d'expliquer et d'interpréter les divines Lettres dune manière contraire à la tradition des Pères ou en dehors du sens de L'Eglise catholique. Enfin, comme le propre d'un bon pasteur est non seulement de protéger et de nourrir les brebis qui restent près de lui, mais encore de courir à la recherche de celles qui se sont écartées au loin et de les ramener au bercail, ainsi votre devoir et le nôtre sera (remployer toutes les forces de l'amour pastoral pour faire reconnaître, par la grâce de Dieu, la gravité de leur péché à tous ceux qu'auraient pu séduire les sectaires ci-dessus désignés et les propagateurs de mauvais livres, et pour les amener à expier leurs fautes par le remède d'une salutaire pénitence. Votre sollicitude pastorale ne doit pas même négliger les séducteurs de ces malheureux ni les maîtres eux-mêmes de l'iniquité; quoique leur iniquité soit plus grande, nous ne devons pas nous abstenir de procurer avec ardeur leur salut par toutes les voies et tous les moyens en notre pouvoir

Au reste, vénérables Frères, nous demandons une vigilance particulièrement active contre les embûches et les tentatives des membres de V Alliance chrétienne, à ceux de votre ordre qui régissent les Eglises situées en Italie ou dans les lieux que les Italiens fréquentent davantage, mais surtout dans les pays limitrophes Gt partout où se trouvent des marchés et des ports d'où le passage en Italie est plus fréquent. Les sectaires s'efforçant d'exécuter leurs desseins dans ces lieux-là mêmes, c'est surtout aux évoques de ces lieux de travailler ardemment et constamment avec nous à déjouer leurs manœuvres, avec le secours de Dieu.

Vos efforts et les nôtres auront, nous n'en doutons pas, l'appui des puissances civiles, et particulièrement des très hauts et très puissants princes de l'Italie, soit à cause de leur zèle pour la conservation de la

publicœ etiam rei interesse plurimum, ut supradicta sectariorum molimina in irritum cadant. Constat enim, diuturnoque superiorum temporum experimento comprobatum est, populis a fidelitate atque obedientia erga suos principes retrahendis non aliam esse planiorem viam, quam indifferentiam in religionis negotio a sectariis sub religiosae libertatis nomine propagatam. Atque id ne dissimulant quidem novi illi sodales Fœderis Christiani : qui licet sese alienos proûteantur a civilibus seditionibus concitandis, ex vindicato tamen unicuique de plèbe Bibliorum interpretandorum arbitrio, difmsaque ita in Italorum gentem omnimoda quam vocant libertate conscientiae, politicam pariter Italiee libertatem sua veluti sponte consecuturam fatentur.

Quod vero primum et maximum est, levemus una simul manus nostras ad Deum, venerabiles Fratres. eique nostram, totiusque gregis, et Ecclesiae suae causam omni, qua possumus, fervidarum precum humilitate commendemus ; invocata etiam deprecatione piissima Pétri apostolorum Principis aliorumque Sanctorum, ac prœsertim beatissimae virginis Mariée, cui datum est cunctas hœreses interimere in universo mundo.

Ad extremum, nostrse pignus ardentissimae caritatis apostolicam benedictionem vobis omnibus, venerabiles Fratres, et concreditis curœ vestrae clericis, laicisque fidelibus effuso cordis affectu peramanter impertimur.

Datum Romse apud S. Petrum postridie nonas maii mdcccxliv, Pontificatus nostri anno decimo quarto.

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