‹ Lettres apostoliques de Pie IX, Gregoire XVI, Pie VIIChapitre 43 sur 50 · GREGORIUS PP. XVI · texte numérisé non relu

GREGORIUS PP. XVI

« INTER PRiECIPUAS », 8 MAI 18-Î4 239

religion catholifjne, soit parce que leur sagesse n'ignore pas qu'il importe beaucoup au bien publie de faire échouer les projets des sectaires. Il est constant, en cfFet, et l'expérience des temps passés ne le prouve que trop, que l'indifférence en matière de religion, propagée par les sectaires sous le nom de liberté religieuse, est la voie la plus sûre pour retirer les peuples de la fidélité et de l'obéissance qu'ils doivent aux princes. Et les nouveaux associés de l'Alliance chrétienne ne s'en cachent pas. Ils protestent n'avoir aucun dessein d'exciter des séditions civiles; mais en attri buant à chacun indistinctement l'interprétation delà Bible et en propageant parmi les Italiens ce qu'ils appellent l'entière liberté de conscience, ils se vantent de donner par là même la liberté politique à l'Italie.

Mais avant tout et par-dessus tout, levons tous ensemble nos mains vers Dieu, vénérables Frères : recommandons-lui notre cause, la cause de tout son troupeau et de son Eglise, par les prières les plus humbles et les plus ferventes; invoquons aussi ia très pieuse intercession de Pierre, le Prince des Apôtres, de tous les autres Saints, et surtout de la bienheureuse Vierge Marie, à qui il a été donné d'exterminer toutes les hérésies dans tout l'univers.

Enfin, et comme gage de notre ardente charité, nous vous donnons avec amour et avec effusion de cœur notre bénédiction apostolique, à vous tous, vénérables Frères, à tous les clercs ainsi qu'à tous les fidèle.* laïques confiés à vos soins.

Donné à Home, près Saint-Pierre, le lendemain des nones de mai 1844 de notre Pontificat l'an 14e,

GREGOIRE XVI, PAPE

SS. PII PP. VII

LITTERJE AP0ST0LICJ3

PIUS PP. VII

Venerabilis Frater,

Salutem et apostolicam benedictionem.

Post tam diuturnas easque vehementissimas tempestates, quibus et Pétri navis mirum in modum agitata fuit, et nos etiam, qui gubernaculum ejus immerentes tenemus, jactari ac propemodum obrui visi sumus, comprimi tandem cœpta est ventorum inuentium vis, atque eam, quam tamdiu nostris bonorumque omnium votis precibusque expetivimus, reduci confidimus tranquillitatem. Dum vero nos pristinam quo tempore minime sperabamus Hbertatem adepti, non tam nobis ipsis quam Ecclesiœ restitutos esse lsetaremur, ac Patri misericordiarum de hoc tanto beneficio gratias humiliter ageremus: magna facta nobis fuit consolationis accessio, quod Gallicanae nationi designatum regem esse agnoverimus e stirpe illa progenitum gloriosissima, quse et sanctissimum olim regem protulit Ludovicum, et tam insignibus in Ecclesiam Dei, atque in hanc Apostolicam Sedem meritis fulsit. Atque hsec quidem voluptas animum nostrum eo usque pervasit, ut quanquam publica tantum acta laetissimum ad nos hujus rei nuntium attulerint, nulla tamen habita ratione receptae consuetudinis, de extraordinario in Gallias nuntio ablegando cogitaverimus, ut, eo interprète, mmcupato régi restitutam potestatem amplissimis verborum significationibus gratularemur.

Gaudium tamen hoc nostrum cito grandissimus perturbavit dolor, cum scilicet novam regni constitutionem a Parisiensi senatu decretam publicae ephemerides retulerunt. Dum enim sperabamus fore, ut commutatis tam féliciter rébus, non modo impedimenta omnia catholicae religionis, reclamantibus perpetuo nobis, in Galliis parata de medio quam citissime tollerentur, verum etiam splendori ejus atque ornamento, oblata hacoppor-

DE N. T. S. P. LE PAPE PIE Vil

à, Mgr de Boulogne, évêque de Troyes

pie vu, f ave.

Vénérable Frère,

Salut et bénédiction apostolique.

Après les longues et furieuses tempêtes, qui ont si étrangement agite le vaisseau de saint Pierre, et qui étaient, semble-t-il, sur le point de nous renverser et de nous engloutir nous-même, qui tenons, quoique indigne, le gouvernail, la violence des vents commence enfin à s'apaiser, et nous pouvons espérer le retour de la tranquillité, depuis si longtemps l'objet de nos vœux et de nos prières, aussi bien que de celles de tous les gens de bien.

Après avoir ainsi recouvré notre ancienne liberté au moment où nous nous y attendions le moins, nous nous réjouissions d'avoir été rendus à nous-même, ou plutôt à l'Eglise, et nous rendions au Père des miséricordes nos humbles actions de grâce pour un si grand bienfait, lorsqu'un nouveau sujet de grande consolation est venu accroître notre joie : nous avons appris que le roi désigné pour gouverner la nation française était un descendant de cette glorieuse race qui a produit autrefois saint Louis, et qui s'est illustrée par tant de mémorables services rendus à l'Eglise et à ce Siège Apostolique. A cette nouvelle, notre contentement a été si grand, que, sans la connaître encore que par la voie de la publicité, et dérogeant à cet égard à l'usage établi, nous avons résolu d'envoyer un nonce extraordinaire en France, pour féliciter ce prince, en notre nom et dans les termes les plus expressifs, de la puissance royale qui lui est rendue.

Mais cette joie a été bientôt troublée; elle a fait place à une grande douleur, quand nous avons vu la nouvelle constitution du royaume, décrété par le sénat de Paris et publiée dans les journaux. Nous avions espéré qu'à la faveur de l'heureuse révolution qui venait de s'accomplir, non seulement la religion ralhc-fiquc serait délivrée sans aucun retard de toutes les entraves qu'on lui avait imposées en France, malgré nos constants réclamations, mais qu'on profiterait (Y circonstances si favorables pour la rétablir dans tout son lustre et pourvoir à sa dignité. Or, nous

tunitate; consuleretur ; vidimus primum, servari altum de ea in constitutions silentium sed ne Dei omnipotentis quidem, per quem reges régnant et principes imperant, fieri mentionem.

Facile tibi, venerabilis Frater, poceris persuadere, quam grave, quam acerbum., quam mol es tu m hoc accident nobis, quibus a Jesu Christo, DeiFilio ac Domino nostro, summa christianae rei commissa .est. Quomodo enim ferre aequo animo possumus catholicam religïonem, quam primis ipsis Ecclesiae sœculis Gallia recepit, quœ tôt fortissimorum martyrum sanguine in »r> ipso regno est confirmata, quam longe maxima Gallorum pars profitetur, et vero etiam inter gravissimas superiorum annorum adversitates, persecutiones, pericula, fortiteret constanter asseruit, quam denique stirps -psa, ad quam designatusrexpertinet, et profitetur et tanto studio tutata est catholicam, inquimus, hanc sanctissimam religionem,, non modo non eam declarari, cui soli in universa Gallia legum praesidium et gubernii auctoritas suffragetur, verum etiam^ in ipsa instauratione regni penitus prœteriri ?

At multo etiam gravior, ac vere acerbissimus cordi nostro dolor accrevit, quo divexari nos, premi conflictarique fatemur exconstitutionis articulo vicesimo secundo, in quo perspeximus libertatem cultuum et conscientiœ, ut iisdem quœ fert articulus verbis utamur, non permitti modo vi constitutionis, sedlibertati hujusmodi, prœtereaque cultuum, quos vocant, ministris praesidium patrociniumque promitti. Non opus certe multis est, cum tecum agamus, ut plane agnoscas, quam lethali vulnere catholica religio in Galliis per hujusmodi articulum percellatur. Dum enim cultuum indiscriminatim omnium libertas asseritur, hoc ipso veritas cum errore confunditur, ac pari loco cum hœreticorum sectis, judaicaque ipsa perfidia, sancta et immaculata Christi sponsa Ecclesia, extra quam salus esse non potest, collocatur. Dum vero heereticorum etiam sectis eorumque ministris favor patrociniumque promittitur, eorum non personœ modo, sed errores etiam ipsi tolerantur confoventurque ; in quo exitial is et nunquam satis deploranda hseresis illa continetur, quœ ut D. Augustinus refert « omnes hœreticos recte ambulare, et vera dicere «. affirmât : quod ita est absurdum, ut mihi incredibile videa- « tur ( 1 . »

Non minus autem et mirari et dolere debuimus de servata permissaque, articulo constitutionis xxm, imprimendi libertate. ex qua sane quam magna pericula, et quam certa perniciesmoribus et fidei impendat, si dubitare quis posset, ipsa prœterito-

(\) De Haresibus, nuni. 7L'.

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