‹ Lettres apostoliques des S.S. Léon XIII (volume 2)Chapitre 16 sur 94 · AUX · texte numérisé non relu

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quelques forces qu'ils mettent en jeu. S'il en est qui s’en attribuent le pouvoir, s'il en est qui promettent au pauvre une vie exempte de souffrances et de peines, toute au repos et à de perpétuelles jouissances, ceux-là certainement trompent le peuple et lui. dressent des embüches où se cachent pour l’avenir de plus terribles calamités que celles du présent. Le meilleur parti consiste à yoir

es choses telles qu'elles sont et, comme nous l’avons dit, à chercher ailleurs un remède capable de soulager nos maux.

L'erreur capitale dans la question présente, c’est de croire que

les deux classes sont ennemies-nées l’une de l’autre, comme si la ?

nature avait armé les riches et les pauvres pour qu'ils se combattent mutuellement dans un duel obstiné. C’est là une aberration telle qu'il faut placer la vérité dans une doctrine contrairement opposée; car de même que, dans le corps humain, les membres, malgré leur diversité, s'adaptent merveilleusement l’un à l’autre, de facon à former un tout exactement proportionné et qu’on pourrait appeler

symétrique, ainsi, dans la société, les deux classes sont destinées

par la nature à s'unir harmonieusement et à se tenir mutuellement dans un parfait équilibre. Elles ont un impérieux besoin l’une de

l'autre : il ne peut y avoir de capital sans travail, ni de travail sans

capital. La concorde engendre l’ordre et la beauté; au contraire, d’un conflit perpétuel, il ne peut résulter que la confusion des luttes sauvages. Or, pour dirimer ce conflit et couper le mal dans sa racine, les institutions chrétiennes possèdent une vertu admirable et multiple.

Et d’abord, toute l’économie des vérités religieuses, dont l'Eglise est la gardienne et l'interprète, est de nature à rapprocher et à réconcilier les riches et les pauvres, en rappelant aux deux classes leurs devoirs mutuels, et, avant tous les autres, ceux qui dérivent de la justice. Parmi ces devoirs, voici ceux qui regardent le pauvre et l’'ouvrier : il doit fournir intégralement et fidèlement tout le travail auquel il s’est engagé par contrat libre et conforme à l'équité; ilne

doit point léser son patron, ni dans ses biens, ni dans sa personne;

ses revendications mêmes doivent être exemptes de violences et ne Jamais revêtir la forme de séditions; il doit fuir les hommes pervers qui, dans des discours artificieux, lui suggèrent des espérances exagérées et lui font de grandes promesses qui n’aboutissent qu’à de stériles regrets et à la ruine des fortunes. — Quant aux riches et aux patrons, ils ne doivent point traiter l’ouvrier en esclave; il est juste qu'ils respectent en lui la dignité de l’homme relevée encore par celle du chrétien. Le travail du corps, au témoignage

. de là raison et de la philosophie chrétienne, loin d’être un sujet

de honte, fait honneur à l’homme, parce qu’il lui fournit un noble moyen de sustenter sa vie. Ce qui est honteux et inhumain, c'est d’user de l’homme comme d’un vil instrument de lucre, de ne l’estimer qu'en proportion de la vigueur de ses bras. Le christianisme, en outre, prescrit qu'il soit tenu compte des intérêts spirituels de l’ouvrier et du bien de son âme. Aux maîtres il revient de veiller qu'il y soit donné pleine satisfaction; que l’ouvrier ne soit point livré à la séduction et aux sollicitations corruptrices ; que rien ne

candi: neque ullo pacto à cura domestica parcimoniæque studio abducere. ftem non plus imponere operis, quam vires ferre queant, nec id genus, quod cum ætate sexuque dissideat. In “maximis autem officiis dominorum illud eminet, justa unicuique

præbere. Profecto ut mercedis statuatur ex æquitate modus,.

Causæ sunt considerandæ plures : sed generatim locupletes atque heri meminerint, premere emolumenti sui causa indigentes ac miseros, alienaque ex inopia captare quæstum, non divina, non humana jura sinere. Fraudare vero quemquam mercede debita grande piaculum est, quod iras e cœlo ultrices clamore devocat. £'cce merces operariorum |. que fraudataæ est a vobis, clamat: et clamor eorum in aures Domini Sabaoth introivit (1). Postremo religiose cavendum locupletibus ne pro-

letarioram compendiis quicquam noceant nec vi, nec dolo, nec .

fenebribus artibus : idque eo vel magis quod non satis 1lli sunt

contra injurias atque impotentiam munili, eorumque res, quo.

exilior, hoc sanctior habenda.

His obtemperatio legibus nonne posset vim causasque dissidii vel sola restinguere ? — Sed Ecclesia tamen, Jesu Christo magistro et duce, persequitur majora : videlicet perfectius quiddam præcipiendo, illuc spectat, ut alterum ôrdinem vicinitate proxima amicitiaque alteri conjungat. — Intelligere atque æstimare mortalia ex veritate non possumus, nisi dispexerit animus vitam alteram eamque immortalem : qua quidem dempta, coninuo forma ac vera notio honesti interirel: immo tota hæc rerum universitas, in arcanum abiret nulli hominum investigationi pervium. [gilur, quod natura ipsa admonente didicimus, idem dogma est christianum, quo ratio et constitutio tota religionis tamquam fundamento principe nititur, cum ex hac vita excesserimus, tum vere nos esse victuros. Neque enim Deus

hominem ad hæc fragilia et caduca, sed ad cœlestia atque

æterna generavit, terramque nobis ut exulandi locum, non ut sedem habitandi dedit. Divitiis ceterisque rebus, quæ appellantur bona, affluas, careas, ad æternam beatitudinem nihil interest: quemadmodum utare, id vero maxime interest. Acerbitates”varias, quibus vita mortalis fere contexitur, Jesus Christus copiosa redemptionc sua nequaquam sustulit, sed in virtutum incitamenta, materiamque bene merendi traduxit : ila plane ut nemo mortalium queat præmia sempiterna capessere, nisi

cruentis Jesu Christi vestigiis ingrediatur. Si sustinebimus, et .

conregnabimus (2). Laboribus ille et cruciatibus sponte susceptis,

cruciatuum et laborum mirifice vim delenivit: nec solum exe, plo, sed gratia sua perpetuæque mercedis spe proposita, per-

pessionem dolorum effecit faciliorem : id enim, quod in present (1) Jac., V, 4, (2) Had Tim., HE, 12

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