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. et leut procurer un sort meilleur. Et, certes, ce n’est pas un faible appoint qu'elle apporte à cette œuvre, par le fait seul qu'elle . travaille, de paroles et d'actes, à ramener les hommes à la vertu. - Lés mœurs chrétiennes, dès qu'elles sont en honneur, exercent . naturellement sur la prospérité temporelle leur part de bienfaisante … influence ; car elles attirent la faveur de Dieu, principe et source de - tout bien; elles compriment le désir excessif des richesses et la soif …— des voluptés, ces deux fléaux qui trop souvent jettent l’amertume FE - et le dégoût dans le sein même de l’opulence (1) ; elles se contentent … enfin d'une vie et d'une nourriture frugale et suppléent par l’éco- « nomie à la modicité du revenu, loin de ces vices qui consument, non - seulement les petites, mais les plus grandes fortunes et dissipent
Les plus gras patrimoines. L'Eglise, en outre, pourvoit encore direcù tement au bonheur des classes déshéritées par la fondation et le ia … soutien d'institutions qu'elle estime propres à soulager leur ip misère; et même en ce genre de bienfaits elle a tellement excellé Ep - que ses propres ennemis ont fait son éloge. 5
} Ainsi, chezles premiers chrétiens, telle était la vertu de leur charité mutuelle, qu’il n'était point rare de voir les plus riches se dépouiller - de leur patrimoine en faveur des pauvres; aussi l’indigence n'’était- î . elle point connue parmi eux (2). Aux diacres, dont l’ordre avait été ‘374 spécialement institué à cette fin, les Apôtres avaient confié la distribution quotidienne des aumônes ; et saint Paul lui-même, quoique absorbé par une sollicitude qui embrassait toutes les Eglises, n'hésitait pas à entreprendre de pénibles voyages pour aller en per- LE - sonne porter des secours aux chrétiens indigents. Des secours du À mêmegenre étaient spontanément offerts par les fidèles dans chacune - 0 . de leurs assemblées ; ce que Tertullien appelle les dépôts de la piété, . parce qu'on les employait à entretenir et à inhumer les personnes indigentes, les orphelins pauvres des deux sexes, les domestiques âgés, . les victimes du naufrage (3).— Voilà comment peu à peu s’est formé . ce patrimoine, que l'Eglise a toujours gardé avec un soin religieux comme le bien propre de la famille des pauvres. Elle est allée » jusqu'à assurer des secours aux malheureux, en leur épargnant > l'humiliation de tendre la main. Car cette commune: Mère des À riches et des pauvres, profitant des merveilleux élans de charité . qu'elle avait partout provoqués, fonda des sociétés religieuses et . une foule d’autres institutions utiles, qui ne devaient laisser sans soulagement à peu près aucun genre de misère. Il est sans doute “ … un certain nombre d'hommes aujourd’hui qui, fidèles échos des dés paiens d'autrefois, en viennent jusqu’à se faire même d'une charité . aussi merveilleuse une arme pour attaquer l'Eglise; et l’on a vuune . bienfaisance établie par les lois civiles se substituer à la charité chrétienne; mais cette charité, qui se voue tout entière et sans arrière-pensée à l'utilité du prochain, ne peut être suppléée par on: - aucune industrie humaine. L'Église seule possède cette vertu, parce d: qu'on ne la puise que dans le Cœur Sacré de Jésus-Christ et que 5 .… c'est errer loin de Jésus-Christ que d'être éloigné de son Eglise.
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Toutefois, il n'est pas douteux que, pour obtenir le résultat voulu,
tum, ea quoque, quæ in hominum potestate sunt, adjumenta requirantur. Omnino omnes, ad quos causa pertinet, eodem intendant idemque laborent pro rala parte necesse est. Quod habet quamdam cum moderatrice mundi providentia similitudinem : fere enim videmus rerum excitus a quibus causis exearum omnium conspiratione procedere.
. Jamyero quota pars remedii a republica expectanda sit præstat exquirere. — Rempublicam hoc loco intelligimus non quali populus utitur unus vel alter, sed° qualem et “vull recta ralio naiuræ congruens, et probant divinæ documenta sapientiæ, quæ Nos ipsi nominatim in litteris Encyclicis de civitatum constitutione christiana explicavimus. Itaque per quos Civitas regilur, primum conferre operam g generatim atque universe debent totà ratione legum atque instilutorum, scilicet efficiendo ut ex ipsa conformatione atque administratione reipublicæ ultro prospe-
ritas tam communilatis quam privatorum efflorescat. Id est
enim civilis prudentiæ munus propriumque eorum qui præsunt, officium. Nunc vero 1lla maxime efficiunt prosperas civitates, morum probitas, recte atque ordine constitutæ familiæ, custodia religionis ac justitiæ, onerum publicorum cum moderata irrogatio, tum æqua partitio, incrementa artium et mercaturæ, florens agrorum Cultura, et si qua sunt alia generis ejusdem, quæ quo majore studio provehuntur, eo melius sunt victuri cives et beatius. — Harum igitur virtute rerum in potestate rectorum civitatis est, ut celeris prodesse ordinibus, sic et proletariorum conditionem juvare plurimum : idque jure suo optimo, neque ulla cum importunitatis suspicione : debet enim respublica ex lege muneris sui in commune consulere. Quo autem commodo-
rum copia provenerit ex hac generali providentia major, e0.
minus oportebit alias ad opificum salutem experiri vias.
Sed illud præterea considerandum quod rem altius attingit, unam civitatis esse rationem, communem summorum atque infimorum. Sunt nimirum proletarii pari jure cum locupletibus natura cives, hoc est partes veræ vitamque viventes, unde constat, interjectis familiis, corpus reipublicæ : ut neillud adjungatur, in omni urbe eos esse numero longe maximo. Cum igitur illud sit perabsurdum, parti civium consulere, partem negligere, consequitur, in salute commodisque ordinis proletariorum tuendis curas debitas collocari publice oportere: ni fiat violatum iri justitiam, suum cuique tribuere præcipientem. Qua de re sapien-
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il ne faille de plus recourir aux moyens humains. Ainsi tous ceux que la cause regarde doivent viser au même but et travailler de concert chacun dans sa sphère.Il y 1à comme une image de la Providence gouvernant le monde ; car nous voyons d'ordinaire que les
faits ét les événements qui dépendent de causes diverses sont le
résultat de leur action commune.
Or, quelle part d’action et de remède sommes-nous en droit d'attendre de l'Eglise? Disons d’abord que par Etat nous entendons ici non point tel gouvernement établi chez tel peuple en particulier, mais tout gouvernement qui répond aux préceptes de la raison naturelle et des enseignements divins, enseignements que Nous avons exposés Nous-même spécialement dans Nos Lettres Encycliques sur la constitution chrétienne des sociétés.
Ce qu'on demande qui est aux gouvernants, c'est un concours d'ordre général, qui consiste dans l’économie tout entière des lois et des institutions; Nous voulons dire qu’ils doivent faire en sorte que, de l'organisation même et du gouvernement de la société, découle spontanément et sans-efforts la prospérité tant publique que privée.
Tel est, en effet, l'office de la prudence civile et le devoir propre de ceux qui gouvernent. Or, ce qui fait une nation prospère, c’est la
probité des mœurs, des familles fondées sur des bases d'ordre et
de moralité, la pratique de la religion et le respect de la justice, une composition modérée et une répartition équitable des charges publiques, le progrès de l’industrie et du commerce, une agriculture florissante et d’autres éléments s’il en est du même genre, toutes choses que l’on ne peut porter plus haut sans faire monter d'autant la vie et le bonheur des citoyens. De même donc que, par tous ces moyens, l'Etat peut se rendre utile aux autres classes, de même il
peut grandement améliorer le sort de la classe ouvrière ; et cela dans
toute la rigueur de son droit et sans avoir à redouter le reproche d'ingérence; car, en vertu même de son office, l'Etat doit servir l'intérêt commun. Et il est évident que plus se multiplieront les avantages résultant de cette action d'ordre général, et moins on aura besoin de recourir à d’autres expédients pour remédier à la
. condition des travailleurs.
Mais, voici une autre considération qui atteint plus profondément encore notre sujet. La raison formelle de toute société est une et commune à tous ses membres, grands et petits. Les pauvres, au même titre que les riches sont, de par le droit naturel, des citoyens, c'est-à-dire du nombre des parties vivantes dont se compose, par
l'intermédiaire des familles, le corps entier de la nation, pour ne pas -
dire qu’en toutes les cités ils sont le grand nombre. Comme donc il serait déraisonnable de pourvoir à une classe de citoyens et d'en négliger l’autre, il devient évident que l'autorité publique doit aussi prendre les mesures voulues pour sauvegarder le salut etles intérêts de la classe ouvrière. Si elle y manque, elle viole la stricte justice, qui veut qu'à chacun soit rendu ce qui lui est dû. À ce sujet, saint Thomas dit fort sagement : De même que la partie et le tout sont en quelque manière une même chose, ainsi ce qui appartient au toul
id, quod est totius quodammodo est partis. (I-I[Quæst.LXT a.T, ad 2.) Proinde in officiis non paucis neque levibus populo
bene consulentium principum, illud in primis eminet, ut unum-
quemque civium ordinem æquabiliter tueantur, ea nimirum, quæ distributiva appellatur, justitia inviolate servanda.
Quamvis autem cives universos, nemine excepto, conferreali- -
quid in summam bonorum communium necesse sit, quorum
aliqua pars virilis sponte recidit in singulos, tamen idem et ex.
æquo conferre nequaquam possunt. Qualescumque sint in imperti generibus vicissitudines, perpetua futura sunt ea in civium statu
discrimina, sine quibus nec esse, nec cogitari societas ulla pos- : réel. Omnino necesse est quosdam reperiri, qui jus dicant, qui.
se reipublicæ dedant, qui leges condant, denique quorum consilio atque auctorilate negotia urbana, res bellicæ administrentur. . Quorum virorum priores esse partes, eosque habendos in omni populo primarios, nemo non videt, propterea quod communi
bono dant operam proxime atque excellenti ratione. Contra vero
qui in arte aliqua exercentur, non ea, qua illi, ratione nec 1isdem muneribus prosunt civitati: sed tamen plurimum et ipsi, quam-
quam minus directe, utilitati publicæ inserviunt. Sane sociale
bonum cum debeat esse ejusmodi, ut homines ejus fiant adeptione meliores, est profecto in virtute præcipue collocandum. Nihilominus ad bene constitutam civitatem suppeditatio quoque pertinet bonorum corporis atque externorum, quorum usus est necessarius ad actum virtulis (1).
. Jamvero his pariendis bonis est proletariorum maxime efficax ac necessarius labor, sive in agris artem atque manum, sive in officinis exerceat. Immo eorum in hoc genere vis est atque effi-
cientia tanta, ut illud verissimum sit, non aliunde quam ex opi=
ficum labore gigni divitias civitatum: Jubet igitur æquilas curam de proletario publice geri, ut ex eo, quod in communem affert utilitatem, percipiat ipse aliquid, ut tectus, ut vestitus, ut salvus
vitam tolerare minus ægre possit. Unde consequitur, favendum
rebus omnibus esse quæ conditioni opificum quoquo modo videantur profuturæ. Quæ cura tantum abest ut noceal cuiquam, ut potius profutura sit universis, quia non esse omnibus modis eos miseros, à quibus tam necessaria bona RO prorsus interest reipublicæ.
Non civem, ut diximus, non, familiam absorberi à republica -
rectum est : suam utrique facultatem agendi cum libertate permittere æquum est, quantum incolumi bôno communi et sine cujusquam injuria potest. Nihilominus eis, qui imperant, viden-
dum ut communitatem ejusque partes tueantur. Communitatem quidem, quippe quam summæ potestali conservandam natura
(1) S. Thom., De reg. Princip. I. c, XV. 4%
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est en quelque sorte à chaque païtie. C'est pourquoi, parmi les graves et nombreux devoirs des gouvernements qui veulent pourvoir ms il convient au bien public, celui qui domine tous les autres consiste à avoir soin également de toutes les classes de citoyens, en observant rigoureusement les lois de la justice dite distributive.
Mais, quoique tous les citoyens sans exception doivent apporter » leur part à la masse des biens communs, lesquels du reste, par un retour naturel, se répartissent de nouveau entre les individus, néanmoins les apports respectifs ne peuvent être ni les mêmes, ni d'égale mesure. Quelles que soient les vicissitudes par lesquelles les formes de gouvernements sont appelées à passer, il y aura toujours entre les citoyens ces inégalités de conditions sans lesquelles une société ne peut ni exister, ni être conçue. À tout prix, il faut des hommes qui gouvernent, qui fassent des lois, qui rendent la justice, qui, enfin, de conseil ou d'autorité, administrent les affaires de la paix et les choses de la guerre. Que ces hommes doivent avoir la prééminence dans toute société et y tenir le premier rang, personne n’en peut douter, puisqu'ils travaillent directement au bien commun et d’une manière si excellente. Les hommes, au contraire, qui s'appliquent aux choses de l’industrie, ne peuvent concourir à ce bien commun ni dans la même mesure, ni par les mêmes voies ; mais eux aussi, cependant, quoique d’une manière moins directe, ils servent grandement les intérêts de la société. Sans nul doute, ce bien commun, dont l'acquisition doit avoir pour effet de perfectionner les hommes, est principalement un bien moral.
Mais, dans une société bien constituée, il doit se trouver encore une certaine abondance de biens extérieurs, dont l'usage est requis à l’exercice de la vertu (1).
Or, tous ces biens, c’est Le travail de l’ouvrier, travail des champs ou de l'usine, qui en est surtout la source féconde et nécessaire. Bien plus, dans cet ordre de choses, le travail a une telle fécondité et une telle efficacité, que l’on peut affirmer sans crainte de se tromper qu'il est la source unique d’où procède la richesse des nations. L’équité demande donc que l'Etat se préoccupe des travailleurs et fasse en sorte que de tous les biens qu'ils procurent à la société, il leur en revienne une part convenable, comme l'habitation et le vêtement, et qu'ils puissent vivre au prix de moins de
peines et de privations. D'où il suit que l'Etat doit favoriser tout ce qui, de près ou de loin, paraît de nature à améliorer leur sort. Cette sollicitude, bien loin de préjudicier à personne, tournera au contraire au profit de tous, car il importe souverainement à Ja nation que des hommes qui sont pour elle le principe de biens aussi indispensables ne se trouvent point continuellement aux prises avec les horreurs de la misère.
Il est dans l’ordre, avons-Nous dit, que ni l'individu ni la famille ne soient absorbés par l'Etat; il est juste que l'un et l’autre aient la faculté d'agir avec liberté aussi longtemps que cela n'atteint pas le bien général et ne fait injure à personne. Cependant, aux gouvernants, il appartient de protéger la communauté et ses parties; la
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commisil usque eo, ut publicæ custodia salutis non modo.
suprema lex, sed tota causa sit ralioque principatus : partes vero, quia procurationem reipublicæ non ad utilitatem eorum,
quibus commissa est, sed ad eorum, qui commissi sunt, naturà
pertinere, philosophia pariter et fides christiana consentiunt. Gumque imperandi facultas proficiscatur a Deo, ejusque sit communicatio quædam summi principatus, gerenda ac exemplar est protestâtis divinæ, non minus rebus singulis quam universis
cura paterno consulentis. Si quid igitur detrimenti allatum sit
aut impendeat rebus communibus, aut singulorum ordinum -rationibus, quod sanari aut prohiberi alia ratione non possit,
obviam iri auctoritate publica necesse est. — Atqui interest .
salutis cum publicæ, tum privatæ pacatas esse res et compositas : item dirigi ad Dei jussa naturæque principia : omnem convictus domestici disciplinam observari et coli religionem : florere privatim ac publice mores integros : sanctam retineri justitiam, nec alteros ab alteris impune Violari : validos adolescere cives, juvandæ tutandæque, si res postulet, civitati idoneos. Quamobrem si quando fiat, ut quippiam turbarum impendeat ob secessionem opificum, aut intermissas ex composito operas : ut naturalia familiæ nexa apud proletarios relaxentur : ut religio in opificibus violetur non satis impertiendo commodi ad officia pietatis : si periculum in officinis integritati morum ingruat a sexu promiscuo, aliisve perniciosis invitamentis peccandi : aut opificum ordinem herilis ordo iniquis premat oneribus, de alienis a persona ac dignitate humana conditionibus affligat : valetudini nocealur opere immodico, nec ad sexum Lo à accommodato, his in causis plane adhibenda, certos intra fines, vis et auctoritas legum. Quos fines eadem, quæ legum poscit opem, causa determinat : videlicet non plura suscipienda legibus, nec ultra progrediendum, quam incommodorum sanatio, vel periculi depulsio requirat.
Jura quidem, in quocumque sint, sancte servanda sunt : atque ut suum singuli teneant, debet potestas publica providere, propulsandis atque ulciscendis injuriis. Nisi quod in ipsis prote-
gendis privatorum juribus, præcipue est infimorum atque ino-
pum habenda ratio. Siquidem natio divitum, suis septa præsidiis, minus eget tutelà publicà : miserum vulgus, nullis opibus suis tutum, in patrocinio reipublicæ maxime nititur. Quocirca mercenarios, cum in multitudine egena numerentur, debet curà providentiäque singulari complecti “respublica.
Sed quædam majoris momenti præstat nominatim prestringere. — Caput autem est, imperio ac munimento legum tutari