‹ Lettres apostoliques des S.S. Léon XIII (volume 2)Chapitre 20 sur 94 · RL CP TR OT · texte numérisé non relu

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" \ ® , … communauté, parce que la nature en à confié la conservation au pouvoir souverain, de telle sorte que le salut public n’est pas

seulement ici la loi suprême, mais la cause même et la raison d'être du principat; les parties, parce que, de droit naturel, le gouvernement ne doit pas viser l'intérêt de ceux qui ont le pouvoir entre les mains, mais le bien de ceux qui leur sont soumis : tel est

… l’enseignementdela philosophie non moins que de la foi chrétienne.

D'ailleurs, toute autorité vient de Dieu et est une participation de son autorité suprême; dès lors, ceux qui en sont les dépositaires doivent l'exercer à l'instar de Dieu, dont la paternelle sollicitude ne s'étend pas moins à chacune des créatures en particulier qu à tout

- leur ensemble. Si donc soit les intérêts généraux, soit l'intérêt d’une

classe en particulier se trouvent ou lésés, ou simplement menacés, et qu'il soit impossible d'y remédier ou d’y obvier autrement, il faudra de toute nécessité recourir à l’autorité publique.

Or, 1l importe au salut public et privé que l’ordre et la paix règnent

partout; que toute l’économie de la vie domestique soit réglée

d’après les commandements de Dieu et les principes de la loi natu-

relle; que la religion soit honorée et observée; que l'on voie fleurir

les mœurs privées et publiques; que la justice soit religieusement gardée et que jamais une classe ne puisse opprimer l’autre impunément; qu'il croisse de robustes générations, capables d'être le soutien et, s’il le faut, le rempart de la patrie. C’est pourquoi, s’il arrive que les ouvriers, abandonnant le travail ou le suspendant par les grèves, menacent la tranquillité publique; que les liens naturels de la famille se relâchent parmi les travailleurs; qu’on foule

aux pieds la religion des ouvriers, en ne leur facilitant point l'ac-

complissement de leurs devoirs envers Dieu ; que la promiscuité des sexes, ou d’autres excitations au vice constituent dans les usines un péril pour la moralité; que les patrons écrasentles travailleurs sous le poids de fardeaux iniques, ou déshonorent en eux la personne

humaine par des conditions indignes et dégradantes ; qu'ils attentent

à leur santé par un travail excessif et hors de proportion avec leur

. âge et leur sexe; dans tous ces cas, il faut absolument appliquer,

dans de certaines limites, la force et l'autorité des lois; les limites seront déterminées par la fin même qui appelle le secours des lois; c'est-à-dire que celles-ci ne doivent pas s’avancer ni rien entreprendre au delà de ce qui est nécessaire pour réprimer les abus et écarter les dangers.

Les droits, où qu'ils se trouvent, doivent être religieusement respectés et l'Etat doit les assurer à tous les citoyens, en prévenant ou en vengeant leur violation. Toutefois, dans la protection des droits privés, il doit se préoccuper d'une manière spéciale des faibles et des indigents. La classe riche se fait comme un rempart de ses richesses et a moins besoin de la tutelle publique. La classe

indigente, au contraire, sans richesse pour la mettre à couvert des

injustices, compte surtout sur la protection de l'Etat. Que l'Etat se fasse donc, à un titre tout particulier, la providence des travailleurs, qui appartiennent à la classe pauvre en général.

Mais il est bon de traiter à part certains points de plus grande

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privatas possessiones oportere. Potissimumque, in tanlo jam cupiditatum ardore, continenda in officio plebs : nam Si ad. meliora contendere concessum est non repugnante justitia, at alteri, quod suum est, detrahere, ac per speciem absurdæ cujusdam æquabilitatis in fortunas alienas involare, justitia vetat, nec ipsa communis utilitatis ratio sinit. Utique pars opificum longe maxima res meliores honesto labore comparare sine cujusquam injuria malunt : verumtamen non pauci numerantur pravis

imbuti opinionibus rerumque novarum cupidi, qui id agunt |

omni ratione ut turbas moveant, ac ceteros ad vim impellant.

Intersit igitur reipublicæ auctorilas, injecitoque concitatoribus 4

freno, ab opificum moribus corruptrices artes, a legitimis dominis periculum rapinarum coerceal.

Longinquior vel operosior labos, atque opinalio certæ mer- Cedis causam non raro dant arlificibus quamobrem opere se solvant ex composito, otioque dedant voluntario. Cui quidem incommodo usitato et gravi medendum publice, quia genus

istud cessationis non heros dumtaxat, atque opifices ipsos afficit damno, sed mercaturis obest reique publicæ utilitatibus cumque

haud procul esse a vi turbisque soleat, sæpenumero tranquillitatem publicam in discrimen adducit. Qua in re 1llud magis

éfficax ac salubre, antevertere auctoritate legum, malumque ne -

erumpere possil prohibere, amotis mature causis, unde domi-

norum atque operariorum conflictus videatur extiturus.

Similique modo plura sunt in opifice, præsidio munienda

reipublicæ : ac primum animi bona. Siquidem vita mortalis «

quantumvis bona et optabilis, non ipsa tamen illud est ultimum,

ad quod nati sumus : sed via tantummodo atque instrumentum

ad animi vita perspicientia veri et amore boni complendam.

Animus est, qui expressam gerit imaginem similitudinemque

divinam, et in quo principatus ille residet, per quem dominari

jussus est homo in inferiores naturas, atque efficere utilitati suæ

terras omnes et maria parentia. Replete terram et subpicite eam :

et dominamini piscibus maris et volatilibus cœli et universis animantibus, quæ moventur super terram (1). Sunt omnes homines hac in re pares, nec quippiam est quod inter divites atque inopes, inter dominos et famulos, inter principes privatosque differat :

nam idem dominus omnium (2). Nemini licet hominis dignitatem, de qua Deus ipse disponit cum magna reverentia, impune violare, neque ad eam perfectionem impedire cursum, quæ sit vilæ in cœlis sempiternæ consentanea. Quin etiam in hoc genere

tractari Se non convenienter naluræ suæ, animique serviltutem

Servire velle, ne sua quidem sponte homo potest : neque enim (1) Gen., I, 28. — (2) Rom., X, 12.

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& RERUM NOVARUM », 16 mar 1891 Rs à AE 1e . importance. En premier lieu, il faut que les lois publiques soient pour les propriétés privées une protection et une sauvegarde, Et ce qui FA importe par-dessus tout, au milieu de tant de cupidités en efferves- 3 cence, c’est de contenir les masses dans le devoir; car, s'ilestper- | mis de tendre vers de meilleures destinées avec l'aveu de la justice,

enlever de force le bien d'autrui, envahir les propriétés étrangères, Mo sous le prétexte d’une absurde égalité, sont choses que la justice 138 condamne et que l'intérêt commun lui-même répudie. Assurément, =.

. les ouvriers qui veulent améliorer leur sort par un travail honnête … et en dehors de toute injustice forment la très grande majorité ; mais combien n’en compte-t-on pas qui, imbus de fausses doctrines … et ambitieux de nouveautés, mettent tout en œuvre pour exciter des tumultes et entrainer les autres à la violence ! Que l'autorité publique » intervienne alors, et que, mettant un frein aux excitalions des . meneurs, elle protège les mœurs des ouvriers contre les artifices de a la corruption, et les légitimes propriétés contre le péril de la rapine. à

1 n’est pas rare qu'un travail trop prolongé ou trop pénible et un salaire réputé trop faible donnent lieu à ces chômages voulus et concertés qu'on appelle des grèves. À cette plaie si commune et en même temps si dangereuse, il appartient au pouvoir public de porter à un remède; car ces chômages, non seulement tournent au détriment des patrons et des ouvriers eux-mêmes, mais ils entravent le commerce et nuisent aux intérêts généraux de la société, et comme ils dégénèrent facilement en violences et en tumultes, la tranquillité : publique s’en trouve souvent compromise. +

Mais, ici, il est plus efficace et plus salutaire que l'autorité des lois prévienne le mal et l'empêche de se produire, en écartant avec sagesse les causes qui paraissent de nature à exciter des conflits entre ouvriers et patrons. Chez l’ouvrier pareillement, il est des F intérêts nombreux qui réclament la protection de l'Etat, et en “ci première ligne ce qui regarde le bien de son âme. : é La vie du corps, en effet, quelque précieuse et désirable qu’elle soit, n’est pas le but dernier de notre existence, elle est une voie et un moyen pour arriver, par la connaissance du vrai et l'amour du bien, à la perfection de la vie de l'âme. C'est l'âme qui porte gravées - ne “en elle-même l'image et la ressemblance de Dieu; c’est en elle que Fè réside cette souveraineté dont l’homme fut investi quand il recut ‘28 l’ordre de s’assujettir la nature inférieure et de mettre à son service

les terres et les mers (1). Remplissez la terre et l’assujettissez ; dominez sur les poissons de la mer, et sur les oiseaux du ciel et sur tous les animaux qui se meuvent sur la terre.

À ce point de vue, tous les hommes sont égaux; point de diffé-

renceentre riches et pauvres, maîtres et serviteurs, princes-et sujets : … 1ls n’ont tous qu’un même Seigneur (2). Cette dignité de l’homme, que de

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Dieu lui-même traite avec un grand respect, il n’est permis à per- Et sonne de la violer impunément, ni d’entraver la marche de l’homme LP vers cette perfection qui répond à la vie éternelle et céleste. Bien ee.

plus, il n’est même pas loisible à l'homme, sous ce rapport, de TE

# , x Q »L 7 % : V4 ; déroger spontanément à la dignité de sa nature, ou de vouloir l'as- servissement de son âme, car il ne s’agit pas de droits dont il ait la

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de juribus agitur, de quibus sit integrum homini, verum de À

officiis adyersus Deum, quæ necesse est sancte servari.

Hinc consequitur requies operum et laborum per festos dies

necessaria. Id tamen nemo intelligat de majore quadam inertis otii usura, multoque minus de céssatione, qualem multi expetunt, fautrice vitiorum et ad effusiones pecuniarum adjutrice, sed omnino de requiete operum per religionem consecrata. Conjuncta cum religione quies sevocat hominem a laboribus negotiisque vitæ quotidianæ ut ad cogitanda revocet bona cœlestia,

tribuendumque cultum numini æterno justum ac debitum. Hæc

maxime natura atque hæc causa quietis est in dies festos

capiendæ : quod Deus et in Testamento veteri præcipua lege

sanxit: Memento ut diem sabbati sanctifices (1); et facto ipse suo docuit, arcana requiele, statim posteaquam fabricalus hominem erat, sumpla : /equievit die septimo ab universo opere quod patrarat (2).

Quod ad tutelam bonorum corporis et externorum, primum omnium eripere miseros opifices e sævitia oportet hominum cupidorum, personis pro rebus ad quæstum intemperanter abutentium. Scilicet tantum exigi operis, ut hebescat animus labore

nimio, unaque corpus defatigationi succumbat, non justitia, non

humanitas patitur. In homine sicut omnis natura sua, ila et vis.

efficiens certis est circumscripta finibus, extra quos egredi non potest. Acuitur illa quidem exercitatione atque usu, sed hac

tamen lege ut agere intermittat identidem et aquiescat. De quo-

tidiano igitur opere videndum ne in plures extrahatur horas, quam vires sinant.

Intervalla vero quiescendi quanta esse oporteat, ex vario

genere Operis, ex adjunctis temporum et locorum, ex ipsa opificum

valetudine judicandum. Quorum est opus lapidem e terra exCindere, aut ferrum, æs, aliaque id genus effodere penitus abdita,

eorum labor, quia multo major est idemque valetudini gravis, cum brevitate temporis est compensandus. Anni quoque dispicienda tempora : quia non raro idem operæ genus alio tempore facile est ad tolerandum, alio aut tolerari nulla ratione potest, aut sine summa diffcultate non potest.

Denique quod facere enitique vir adulta ætate beneque vali-

dus potest, id a femina puerove non est æquum postulare. Immo

de pueris valde cavendum, ne prius officina capiat, quam cor-. pus, ingenium, animum satis firmaverit ætas. Erumpentes enim

in pueritia vires, velut herbescentem viriditatem, agitatio præcox elidit : qua ex re omnis est institutio puerilis interitura. Sic

cérla quædam artificia minus apte conveniunt in feminas ad opera domestica natas : quæ quidem opera et tuentur magnopere

(1) Exod., XX, 8. — (2) IT, Gen., 2.

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