‹ Lettres apostoliques des S.S. Léon XIII (volume 2)Chapitre 29 sur 94 · EVE · texte numérisé non relu

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très important, elles donneront des hommes apostoliques qui rempliront le ministère des missions sacrées dans les pays d'outre-mer soumis au Portugal.

L'accomplissement de ce ministère, en même temps qu'il servira à étendre le règne du Christ sur la terre, contribuera aussi à l'éclat et à l'honneur du nom portugais. Certes, Vos princes et Vos aïeux ont conquis une éternelle gloire en apportant, avec la faveur et l'assistance du Siège Apostolique, dans les vastes régions qu'ils découvraient, la lumière de la doctrine évangélique et la civilisation.

Mais, pour que ces nobles précédents conservent leur caractère et leur valeur et qu'on ne les voie pas déchoir de leur antique gloire et de leur perpétuité, il faut qu'ils aient le constant et solide appui d'hommes éminents qui, remplis de l'esprit divin et luttant contre les efforts contraires des ennemis du catholicisme, s'appliquent de toute leur ardeur et de toutes leurs forces à faire revivre avec une vigueur nouvelle, loin de les laisser périr, les biens que les pays dont il s’agit ont recus du Portugal. Il appartiendra à ces hommes de travailler à ce que ceux qui croient déjà en Dieu soient confirmés dans la foi; que ceux qui y sont confirmés se distinguent aussi par l'honnêteté des mœurs, la pratique de la religion, la rigoureuse observance des devoirs; que ceux, enfin, qui sont encore assis dans les ténèbres se convertissent au vrai Dieu et reçoivent la lumière de l'Evangile.

Or, un grand nombre de ces hommes, brûlant d'un saint zèle,

pourront être fournis par les congrégations religieuses dont les

membres, au jugement des sages que confirme l'expérience de tous les temps, savent s'acquitter avec autant de succès que de labeur de

ce ministère de salut. En effet, l’organisation et la discipline des

sociétés auxquelles ils appartiennent et, d'autre part, la vertu de chacun d'eux cultivée par un constant exercice les rendent plus que tous les autres propres à une si grande œuvre.

Nous sommes persuadé que le gouvernement portugais, prêtant à Vos avis une oreille favorable et estimant comme il convient les biens supérieurs, abolira de lui-même tous les obstacles qui empéchent la liberté des congrégations religieuses et favorisera de son

pouvoir Vos efforts qui tendent à ce que fleurissent en toute sa

vigueur et prospère avec l'antique gloire, la religion catholique dans le Portugal et dans tous les pays qui en dépendent.

Nous avons d'autant plus facilement cette persuasion que nul ne

peut ignorer, comme Vous le savez très bien Vous-mêmes, ce que sont Nos conseils et Nos vœux à ce sujet. En effet, en même temps qu'ils sont inspirés par le bien de la religion, ils visent à la solide prospérité de la nation portugaise. Car l'Eglise a reçu de son divin Fondateur cette mission et ce rôle d’être un lien de paix et une garantie de salut. C'est pourquoi l’Eglise n’enlève rien de la puissance des hommes qui gouvernent les Etats; bien plus, elle la protège et la fortifie, en ajoutant-aux lois qui émanent de cette puissance la sanction religieuse, en classant parmi les devoirs

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a Deo imposita recenset, commonet cives ut à seditione et quavis rei publicæ perturbatione abstineant, docet omnes virtutem colere et munia sedulo obire quæ cujusque statui et conditioni cohærent. Est itaque Ecclesia morum magisterium optimum, cujus salutaris disciplina cives præstat probos, honestos, pios in patriam, fideles principibus ïisque addictissimos, tales

demum qui publici civitatum ordinis stabile firmamentum cons-

tituant, lisque vires præbeant invictas ad ardua quæque et præclara ageredienda facinora. Eapropter rei publicæ salubriter utiliterque consulitur quem Ecclesiæ sinitur ea uti agendi libertati quam jure vindicat, eique amice via sternitur ut late explicare beneficas vires suas, et omnem quo prædita est instructum in commune bonum valeat adhibere.

Quæ quidem sententia licet ad gentes omnes pertineat, aptissime tamen cadit in Lusitanum populum, penes quem catholicæ religionis pars tanta fuit jampridem in fmgendis hominum moribus et ingenio, in fovendis scientiarum, litterarum et artium studiis, in inflammandis animis ad egregia quæque domi militiæque gerenda, ita ut videatur quasi parens et altrix divinitus data ad pariendum fovendumque quidquid in ea gente enituit humanitatis, dignitatis et gloriæ.

Fusius hac de re vobiscum egimus in memoratis Litteris) ency-

clicis quas dudum ad vos dedimus : hoc unum modo præstat recolere, religionis vim et virtutem nullum pati interitum, quia ea quæ tradit principia doctrinæ, Deo auctore, nullis temporum locorumve finibus coercentur, quippe ad salutem et solatium pertinent popuülorum omnium. Quare ea benefcia maxima, et valida præsidia quæ alias attulit prænobili genti vestræ potis

est adhuc præstare ad ejus salutem prosperitatem et decus. Hoc-

præsertim, tam iniquo tempore, quo tanta est animorum infirmitas vel perturbatio ut oppugnentur, summa principia quibus humanæ socielatis ordo et tranquillitas continetur, nemo est

. quin intelligat quam necesse sit religionis uti præsidio et sanctis

quæ ab ea traduntur præceptis ac documentis.

Convenit enimvero inter cordatos omnes honestosque viros nullum certius-esse aptiusque remedium adversus mala, quibus Nostra premitur ætas et pericula quæ impendent, quam doctri-

nam catholicam, si integra excipiatur et incorrupta, eumque

teneant homines vitæ cursum qui ad normam ejus exigatur. Quamobrem non ambigimus, Dilecti Fil Nostri, Venerabiles

Fratres, quin eo quo præstatis pastorali zelo, animi vi et cons-

tantia manum admovere properelis operi quod Vobis commen-

davimus. Ita Vobis agentibus erit summæ laudi justæque gratu-

lationi quod optime mereri pue de religione, cui studetis

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& PASTORALIS VIGILANTIÆ », 25 JuIN 1891

imposés par Dieu le respect des dépositaires du pouvoir, en recommandant aux citoyens de s'abstenir de sédition et de troubles de l’ordre public, en enseignant à tous à pratiquer la vertu et à remplir soigneusement les devoirs qui incombent à l’état et à la condition de chacun. ( | |

L'Eglise est donc la meilleure institutrice des mœurs: sa salutaire discipline donne des citoyens probes, honnêtes, dévoués à la patrie, fidèles et très attachés aux princes, tels enfin qu'ils constituent le ferme soutien de l’ordre public et qu’ils offrent des forces invincibles pour les entreprises ardues et glorieuses. C’est pourquoi on sert efficacement le bien de l'Etat, en laissant à l'Eglise la liberté d'action qu’elle revendique justement et en ouvrant amicalement le champ pour lui permettre de répandre sa bienfaisante action et d'user de tous les moyens dont elle est munie pour le biencommun.

Bien que ces vérités conviennent à toutes les nations, elles s'appliquent très particulièrement au peuple portugais, chez lequel le rôle de la religion a été si grand dans la formation des mœurs et du caractère des hommes, dans l’épanouissement des sciences, des lettres et des arts, dans l’encouragement donné aux belles actions, en temps de paix et en temps de guerre; à tek point qu’elle apparaît comme la mère et la nourrice donnée de Dieu pour enfanter et faire grandir tout ce qui a brillé, dans ce peuple, de civilisation, de dignité et de gloire.

Nous Vous avons entretenus plus longuement de tout cela dans la Lettre rappelée plus haut, que Nous Vous avons adressée il y à quelque temps : ce qu'il importe présentement de retenir, c’est que la force et la vertu de la religion ne souffrent point d’éclipse, vu que les principes de doctrine au’elle enseigne et qu'elle a recus de Dieu ne sont d'aucune facon limités dans le temps, ni dans l’espace, étant destinés au salut et au soutien de tous les peuples.

C'est pourquoi les très grands bienfaits et les puissants secours qu’elle apporta jadis à Votre noble nation, elle est prête à les lui

fournir encore pour son salut, sa prospérité et son honneur. Dans

ces temps mauvais, principalement, où la faiblesse et Le trouble des esprits sont tels que les principes fondamentaux sur lesquels reposent l’ordre et la paix de la sociéié sont, non seulement mis en doute, mais audacieusement combattus, il n’est personne qui ne comprenne combien il est nécessaire d’user du secours de la religion, de ses préceptes et de ses saints enseignements.

C'est, en effet, l’avis unanime de tous les hommes de sens et de

tous les honnêtes gens qu'il n’y a pas de remède plus sûr et plus efficace contre les maux dont souffre notre époque et contre les périls qui la menacent que l'entière et pure profession de la doctrine catholique et la mise en pratique dans la vie des hommes des règles qu'elle donne.

C'est pourquoi Nous ne doutons pas, Nos Chers Fils, Vénérables Frères, que Vous ne mettiez la main, avec le zèle pastoral, l’énergie et la constance qui Vous distinguent, à l’œuvre que Nous Vous recommandons. De la sorte, Vous aurez ce juste honneur et ce titre à la reconnaissance d’avoir bien mérité de la religion, qui est l’objet

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vestræ concreditis, peramanter in Domino impertimus. RTS

Datum Romæ apud S. Petrum die XXV junii sr $

.MDCCCLXXXXI, Pontificatus Nostri decimo quarto. PRESS

LEO PP. XI

ement dans le Seigneur, comme gage de Notre paternelle affection, à Vous, au clergé et aux fidèles confiés à Votre vigilance, la Bénédiction Apostolique. AUS ne cs | Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 25 juin de l’année 1891, la quatorzième de Notre Pontificat. ae NUE 10 ca SERA NE CU PA ‘LEON XII, PAPE

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