‹ Lettres apostoliques des S.S. Léon XIII (volume 2)Chapitre 30 sur 94 · À CAN · texte numérisé non relu

À CAN

PATES FN NE Ni

S. S. D. N. LEONIS PP. XIII | At APOSTOLICA

DE DUELLU

Dilecto Filio Nostro Francisco de Pauia, $. R. E. cardinali Schonborn Archiepiscopo Pragensi venerabil Fratri Philippo, Archiepiscopo Coloniensi, ceterisque venerabilibus Fratribus Archiepiscopis et Episcopis aliisque locorum ordinariis in imperio Germanico et Austro Hungarico.

L'EONPR A ET Dilecte Fili Noster, Venerabiles Fratres,

Salutem et Apostolicam Benedictionem.

PASTORALIS OFFICII COnsCientia et proximorum caritate permoti, datis ad Nos superiore anno litteris, referendum censuistis de singularium certaminum, quæ duella vocant, in populo vestro frequentia. Genus istud dimicandi, velut jus moribus constitu-

-tum, non sine dolore significabatis etiam inter catholicos ver-

sari : rogabatis pariter, ut deterrere homines ab istiusmodi errore vox quoque Nostra conaretur. — Est profecto error iste admodum perniciosus, nec sane finibus circumscribitur civitatum vestrarum, sed excurrit multo latius, ita ut hujus expers contagione mali vix ulla gens reperiatur. Quamobrem collaudamus studium vestrum, et quamvis cognitum perspectumque sit quid hac in re philosophia christiania, utique consentiente ratione naturali, præscribat, tamen, cum prava duellorum consuetudo christianorum præceptorum oblivione maxime alatur, expediet atque utile erit idipsum per Nos paucis revocari.

Scilicet utraque divina lex tum, ea quæ naturalis rationis lumine, tum quæ litteris divino afflatu perscriptis promulgata est, districte vetant ne quis extra causam publicam hominem interimat aut vulneret, nisi salutis suæ defendendæ causa,

2 be.

A Notre cher Fils François de Paul Schonborn, cardinal de la S. E. R., Archevéque de Prague ; à Notre Vénérable Frère Philippe, Archevéque de Cologne, et aux autres Vénérables Frères, Archevéques, Evéques et Ordinaires de l’Empire d'Allemagne et d'Autriche-Hongrie,

LÉON XIII, PAPE Notre Cher Fils, Nos -Vénérables Frères, Salut et Bénédiction Apostolique.

Poussés par le sentiment du devoir pastoral et par l'amour du prochain, Vous avez jugé à propos, l'an dernier, de Nous transmettre une lettre pour en référer sur la fréquence parmi Votre peuple de ces combats singuliers que l’on appelle duels. Vous constatiez, non sans douleur, que cette facon de combattre, comme un droit établi par la coutume, existe même entre catholiques; Vous Nous priiez également de faire aussi entendre Notre voix pour détourner les hommes de tels errements. |

Ces errements, certes, sont très funestes, mais ils ne se confinent as aux limites de Vos cités : ils s'étendent beaucoup plus loin, si ien que l’on peut à peine trouver une nation qui échappe à la con-

tagion de ce fléau. Aussi Nous félicitons-Nous de Votre zèle, et quoique les enseignements de la philosophie chrétienne sur ce point, enseignements qui sont d'accord avec la loi naturelle, soient connus et manifestes, cependant, puisque la mauvaise habitude des duels s’alimente surtout de l'oubli des préceptes chrétiens, il conviendra et il sera utile que Nous rappelions brièvement ces enseignements.

Les deux lois divines, tant celle qui émane de la lumière de la raison naturelle que celle qu'ont promulguée des écrits inspirés par le souffle divin, défendent formellement que personne, en dehors d’une cause publique, tue ou blesse son semblable, à moins que ce ne soit pour défendre sa vie et d'y être contraint par la nécessité.

Page 1