CHRISTOPHE COLOMB
A nos Vénérables Frères les Archevéques et Évêques d'Espagne, d'Italie et des deux Amériques.
Vénérables Frères, Salut et Bénédiction Apostolique.
Le 1v° siècle étant accompli depuis qu’un homme de Ligurie a abordé le premier, sous les auspices de Dieu, aux plages inconnues d'au delà l'Océan Atlantique, les hommes désirent célébrer, dans un souvenir reconnaissant, la mémoire de cet événement et en glorifier l’auteur. Et, certes, on ne trouverait pas facilement de motif plus digne d'exciter les esprits et d’enflammer les ardeurs, car il s’agit du plus grand et du plus beau fait que le genre humain ait jamais vu s’accomplir; et peu d'hommes peuvent être com- ‘parés, pour la grandeur d'âme et le génie, à celui qui l’a exécuté. Par lui, un nouveau monde est sorti du sein inexploré de l'Océan ; des centaines de milliers d'êtres humains, tirés de l'oubli et des ténèbres, ont été rendus à la société et ramenés de la barbarie à la civilisation et à l'humanité, et, ce qui importe bien plus encore, rappelés, par la communication des biens que Jésus-Christ leur à acquis, de la mort à la vie éternelle.
L'Europe, surprise par la nouveauté et le prodige de cet événe-
ment inattendu, a appris peu à peu ce qu'elle devait à Colomb,
lorsque, par la fondation de colonies en Amérique,, par les com-
munications incessantes d’un pays à l’autre, la réciprocité des services, les échanges commerciaux par mer, elle fut entrée intimement dans la connaissance du pays, dans l'exploitation des ressources générales et des produits indigènes, et par là, en même temps, s’accrut d’une manière extraordinaire l'autorité du nom européen.
Dans ces multiples hommages et ce concert de gratulations, il ne
“gratulantium, omnino silere non decet Ecclesiam, quippe quæ