MAGNÆ DEL MATRIS », Ÿ SEPTEMBRE
Lorsque, dans la suite, par un mystérieux dessein de la provi- EF dence de Dieu, il est arrivé que Nous ayons été appelé à cette chaire M
du bienheureux Pierre, pour représenter la personne même de Jésus-Christ dans son Eglise, ému du poids énorme de cette charge SR et n’ayant, pour Nous soutenir, aucune confiance dans Nos propres pe forces, Nous avons sollicité avec plus d’instances les secours de °
l’assistance divine par la maternelle intercession de la Bienheu-
. reuse Vierge. Notre espérance, Nous sentons le besoin de le pro- M clrmer, n’a jamais été déçue dans le cours de Notre vie, ni surtout a - dans l'exercice de Notre suprême apostolat. Aussi cette même espé- té
rance Nous porte-t-elle maintenant à demander, sous les mêmes ni
auspices, et par la même intervention, des biens plus nombreux et . plus considérables, qui contribuent également au salut du troupeau a du Christ et à l'heureux accroissement de la gloire de l'Eglise. 1
Il est donc juste et opportun, Vénérables Frères, que Nous invi- ? tions tous Nos fils et que Vous les exhortiez après Nous à célébrer k le prochain mois d'octobre, consacré à Notre-Dame et Reine auguste x du Rosaire, avec le redoublement de piété que réclament les besoins
toujours grandissants.
Par quels moyens de corruption et par combien la malice du LS siècle s'efforce d’affaiblir et d’extirper entièrement la foi chrétienne à et l'observance de la loi divine, qui nourrit la foi et lui fait porter fe des fruits, ce n’est déjà que trop visible; déjà le champ du Seigneur, 3
- comme sous un souffle emporté, est presque couvert d’une végéta- FE tion d'ignorance religieuse, d'erreurs et de vices. Et ce qui est le je plus cruel à penser, loin qu’un frein soit imposé ou que de justes peines soient infligées à une perversité si arrogante et si coupable par ceux qui le peuvent et surtout qui le doivent, il arrive le plus souvent que leur inertie ou leur appui semble accroître la force du mal.
De là vient qu'on a à déplorer avec raison que les établissements publics où sont enseignés les sciences et les arts soient systématiquement organisés de facon que le nom de Dieu n’y soit pas
prononcé, ou y soit outragé; à déplorer que la licence de publier par, des écrits ou de faire entendre par la parole toutes sortes d'outrages contre le Christ-Dieu et l'Eglise devienne de jour en jour plus imprudente. Et, ce qui n’est pas moins déplorable, c’est cet abandon et cet oubli de la pratique chrétienne qui en ont résulté pour beaucoup, et qui, s'ils ne sont pas une apostasie ouverte de la foi, y mènent certainement, la conduite de la vie n'ayant plus aucun rapport avec la foi. Celui qui considérera la confusion et la corruption des plus importantes choses ne s’étonnera pas si les nations affligées gémissent sous le poids de la colère divine et frémissent A+ dans l’appréhension de calamités plus graves encore. SE
Or, pour apaiser la justice de Dieu offensé et pour procurer à 74 ceux qui souffrent la guérison dont ils ont besoin, rien ne vaut mieux que la prière pieuse et persévérante, pourvu qu’elle soit unie avec le souci et la pratique de la vie chrétienne, ce que Nous croyons devoir être principalement obtenu par le Rosaire en l’hon- “ten neur de Marie. .. 4 | "ei 2 | ne
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potissime assequendum. — Ab ipsa rei satis cognita origine, quam præclara monumenta illustrant et commemoravimus Ipsi aon semel, præpotens vis ejus laudatur. Quo enim tempore
\ Albigensium secta, integritatis fidei morumque specie quidem fautrix, re Vera pertubatrix, pessima et corruptrix magno multis zentibus erat exitio, in eam consceleratasque factiones pugnavit Ecclesia, non copiis neque armis, sed interposita præcipue sacratissimi Rosarii virtute, cujus ritum ipsa Dominico patri Deipara tradidit propagandum : atque ita de omnibus magnifice victrix, suorum saluti, tum per eam, tum per similes deinceps procellas, exitu semper glorioso consuluit. Quamobrem in hoc rerum et hominum cursu quem conquerimur, luctuosum religioni, perniciosissimum rei publicæ, pari omnes pietate sancsam Dei Genitricem communiter implorare exorare oportet, ut samdem ejus Rosarii virtutem secundum vota lætemur experti. — Enimvero quum precando confugimus ad Mariam, ad Matrem Misericordiæ confugimus, ita in nos affectam, ut qualicumque aecessitate, ad immortalis præsertim vitæ adeptionem, premamur, illico nobis et ultro, ne vocata quidem, præsto sit semper, atque de thesauro largiatur illius gratiæ qua inde ab initio donata est plena copia a Deo, digna ut ejus mater existeret. Hac scilicet gratiæ copia, quæ in mullis Virginis laudibus est præclarissima, longe ipsa cunctis hominum et angelorum ordinibus antecellit. Christo una omnium proxima : Magnum enim est in quolibet sancto, quando habet tantum de gratia quod sufficit ad salutem multorum : sed quando haberet tantum, quod ‘sufficeret ad salutem omnium hominum de mundo, hoc esset maximum ; el hoc est in Christo et in Beata Virgine (1). Ei nos igitur, quum gratia plenam angelico præconio salutamus, eamdemque iteratam laudem in coronas rite connectimus, dici vix potest quam gratum optatumque fecerimus : toties enim a nobis
memoria quasi excitatur tum dignitatis ejus excelsæ, tum initæ a Deo per ipsam humani generis redemptionis: unde etiam commemorata pendet divina et perpetua necessitudo, qua ipsa cum Christi gaudiis et doloribus, opprobriis et triumphis tenetur in regendis hominibus juvandisque ad æterna. Quod si Christo benignissime placuit tantam nostri præseferre similitudinem, seque hominis filium atque adeo fratrem nostrum dicere et præbere, quo testatior sua in nos misericordia patesceret. … Debuit per omnia fratribus similari: üù ut misericos fieret (2); . Ke — Mariæ non aliter, ex eo quod Christi Domini ejusdemque : fratris nostris electa est mater, hoc supra matres omnes singu- * lare inditum est, ut misericordiam nobis proderet effunderet
(1) S. Th. op. VII super salut, angelica. — (2) Hebr. I, 11
. combattit contre e
PTE
&« MAGNÆ DEI MATRIS », 7 SEPTEMBRE 1892 ALL CU Son origine bien connue, que glorifient d'illustres monuments et que Nous-même avons plus d’une fois rappelée, atteste sa grande puissance. En effet, à l'époque où la secte des Albigeois, qui se donnait l'apparence de défendre l'intégrité de la foi et des mœurs, mais qui, en réalité, les troublait abominablement et les corrompait, était une cause de Rs ruines pour beaucoup de peuples, l'Eglise le et contre les factions conjurées, non pas avec
des soldats et des armes, mais principalement en opposant la force
du très saint Rosaire, dont la Mère de Dieu elle-même donna le rit
à propager au patriarche Dominique; et ainsi magnifiquement victorieuse de tous les obstacles, elle pourvut, et alors et dans la suite, pendant des tempêtes semblables, au salut des siens, par un succès toujours glorieux. C’est pourquoi, dans cette condition des hommes et des choses que Nous déplorons, qui est affligeante pour la religion, très préjudiciable au bien public, nous devons tous prier en commun avec une égale piété la Sainte Mère de Dieu, afin d’éprouver heureusement, selon Nos désirs, la même vertu de son Rosaire. |
Et, en effet, lorsque nous nous confions à Marie par la prière, nous nous confions à la Mère de la Miséricorde, disposée de telle sorte à notre égard que, quel que soit le besoin qui nous presse, surtout l'acquisition de la vie immortelle, elle vient aussitôt et d'elle-même, sans être appelée, toujours à notre aide, et elle nous donne du trésor de cette grâce dont elle recut de Dieu, dès le principe, la pleine abondance, afin de devenir digne d’être sa Mère. Cette surabondance de la grâce, qui est le plus éminent des nombreux privilèges de la Vierge, l'élève de beaucoup au-dessus de tous les hommes et de tous les anges et la rapproche du Christ plus que toutes les autres créatures : C’est beaucoup pour un saint de posséder une quantité de grâce suffisante au salut d’un grand nombre ; mais, s’il en ‘avait une quantité qui suffit au salut de tous les. hommes du monde entier, ce serait le comble ; et cela existe dans le Christ et dans la Bienheureuse Vierge (1).
. Lors donc que nous la saluons pleine de grâce par les paroles de l'ange et que nous tressons en couronne cette louange répétée, il est à peine possible de dire combien nous lui sommes agréables et nous lui plaisons: chaque fois, en effet, nous rappelons le souvenir de sa sublime dignité et de la rédemption du genre humain que Dieu a commencée par elle ; par là aussi se trouve rappelé le lien
divin et perpétuel qui l’unit aux joies et aux douleurs, aux opprobres
et aux triomphes du Christ pour la direction et l’assistance des hommes en vue de l'éternité. Que s’il a plu au Christ, dans sa tendresse, de prendre si complètement notre ressemblance et de se dire et se montrer à tel point fils de l’homme et notre frère, afin
de mieux faire éclater sa miséricorde envers nous : Il a dû devenir
semblable en tout à ses frères, afin d'être miséricordieux (2) : de même Marie, qui à été choisie pour être la Mère de Notre-Seigneur Jésus- Christ, qui est notre frère, a été élevée par ce privilège au-dessus de toutes les mères, pour qu’elle répandiît sur nous et nous prodiguât sa miséricorde.
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