MAGNÆ DEL MÂTRIS », 7 SEPTEMBRE
i .. Mais le chrétien est tellement préoccupé par les soucis divers de
- Ja vie et si facilement distrait par les choses de peu, que, s’il n’est
+ pas souvent averti, il oublie peu à peu les choses les plus impor-
* tantes et les plus nécessaires, et qu’il arrive que sa foi languit et
/ même s'éteint. : à
Pour préserver ses fils de ce grand péril de l'ignorance, l'Eglise |
. n’omet aucun des moyens suggérés par sa sollicitude.et sa vigilance,
,, et le Rosaire en l'honneur de Marie n’est pas le dernier qu'elle
, emploie dans le but de venir en aide à la foi. Le Rosaire, en effet,
avec une très belle et fructueuse prière revenant dans un ordre 27
. réglé, amène à contempler et à vénérer successivement les princi- «
paux mystères de notre religion : ceux, en premier lieu, par lesquels
le Verbe s’est fait chair et Marie, Mère et toujours Vierge, accepte
* avec une sainte joie cette maternité; ensuite, les amertumes, les tourments, les supplices du Christ souffrant qui ont payé le salut de notre race; puis, ses mystères glorieux, son triomphe sur la mort, son ascension dans le ciel, l'envoi du Saint-Esprit, la splendeur rayonnante de Marie recue par-dessus les astres, enfin la gloire éternelle de tous les saints associés à la gloire de la Mère et du Fils.
La série ordonnée de toutes ces merveilles est fréquemment et assidüment présentée à l'esprit des fidèles et se déroule comme sous leurs yeux; aussi le Rosaire inonde-t-il l'âme de ceux qui le récitent dévotement d’une douceur de piété toujours nouvelle, leur donnant la même impression et émotion que s'ils entendaient la propre voix de leur très miséricordieuse Mère leur expliquant ces mystères et leur adressant de salutaires exhortations. C’est pourquoi il est permis de dire que chez les personnes, dans les familles et parmi les peuples, où la pratique du Rosaire est restée en honneur comme autrefois, il n’y a pas à craindre que l'ignorance et les erreurs empoisonnées détruisent la foi.
Mais il y a une autre utilité non moins grande que l'Eglise attend du Rosaire pour ses fils : c’est qu’ils conforment mieux leur vie et leurs mœurs à la règle et aux préceptes de la sainte foi. Si, en effet, selon la divine parole connue de tous : La foi sans les œuvres est une foi morte (1), parce que la foi tire sa vie de la charité et que la cha- % rité se manifeste en une moisson d'actions saintes, le chrétien ne Li tirera aucun profit de sa foi pour l'éternité, s’il ne règle sur elle sa vie : Que sert à quelqu'un, mes frères, de dire qu’il a la foi, s’il n’a pas les œuvres ? Est-ce que la foi pourra le sauver (2)? Cette classe
a d'hommes encourra, au jour du jugement, des reproches bien plus sévères de la part du Christ que ceux qui ont le malheur d'ignorer la
% foi et la morale chrétienne; car ceux-ci ne commettent pas la faute : à des autres, de croire d’une manière et de vivre d’une autre, mais, SE * parce qu'ils sont privés de la lumière de l'Evangile, ils ont une ; certaine excuse, ou du moins certainement leur faute est moins grande. ‘ ù Pour que la foi que nous professons produise l’heureuse moisson $ de fruits qui convient la contemplation des mystères peut admirablement servir, en enflammant les âmes à la poursuite de la vertu;
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mire animus inflammatur. Opus nempesalutiferum Christi Domini quale nobis eminet ac nitet in omnes partes exemplum! Magnus omnipotens Deus, urgente in nos nimia carilate, ad infimi hominis conditionem sese extenuat; nobiscum velut unus de multis versatur, amice colloquitur, singulos et turbam ad omnem erudit « docetque justitiam, excellens sermone magister,auctoritate Deus. Omnibus omnino se dat beneficum; e morbis corporum relevat languentes, morbisque animorum gravioribus paterna medetur miseratione : quos vel ærumna exercet vel sollicitudinum moles fatigat, eos in primis blandissime compellat et vocat: Wenite ad me omnes qui laboratis et onerati estis, et ego reficiam vos (1). Tum ipse interquiescentibus nobis in .complexu suo, de 1110 spirat mystico igne quem ad homines detulit, deque sui mansuetudine animi ac submissione benigne insinuat, quarum usu virtutum nos optat veræ solidæque pacis, cujus est auctor, par- | ticipes: Discite a me quia mitis sum et humalis corde; et inve= :" mielis requiem animabus vestris (2). Sed ipse tamen, pro ea sapientiæ cœlestis luce et insigni beneficiorum copia quibus homines demereri debuerat, hominum subit. odia injuriasque atrocissimas, atque sanguinem et spiritum cruci suffixus profundit, nihil spectans enixius quam ut 1llis pariat sua morta vitam. — Talia peramantis Redemptoris nostri monumenta carissima nequaquam fieri potest ut quispiam attenta secum cogitatione reputet et commentetur, neque grata adversus eum voluntate exardescat. At verius probatæ vis fidei tantum efficiet ut, illuminata hominis mente et animo vehementer impulso, totum prope rapiat ad ipsius Christi vestigia per omne discrimen sectanda, ad eam usque Paulo dignam obtestationem : Quis ergo nos separabit a caritate Christi? tribulalio, an augustia, an … fames, annuditas, an periculum, an persecutio, an gladius?(3)...... N Vivo autem jam non ego; vivit vero in me Christius (4). Ne vero ad exempla quæ Chnistus, homo idemque Deus, de se exhibet sane quam maxima, nativæ nos imbecillitatis conscientia absterriti deficiamus, una cum mysteriis ejus mysteria Matris sanctissimæ habemus oculis mentis ad contemplandum oblata. — E regia Davidis stirpe est ea quidem progenita, cui tamen nihil jam est reliquum de majorum vel opibus vel amplitudine ; quæ vitam in obscuro-agit, humili in oppido, humiliore in tecto, recessu 1pS0 et rei familiaris tenuitate eo contenta magis quod liberiore potest animo se tollere ad Deum eidemque summo | desidératissimo bono penitus adhærere. Atqui est cum ipsa Dominus, quam complet et beata gratia sua; ipsaque, allato cœlesti nuntio, designatur, ex qua, virtute agente Spiritus Sancti, expectatus ille Salvator gentium nostra in humanitate sit prodi-.
(1) Matth., XI, 28. — (2) 16., 29. — (3) Rom., VIII, 3%: — (4) Gal., Il, 20.
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Quel sublime et éclatant exemple ne nous offre pas, sur tous ies points, l'œuvre de salut de Notre-Seigneur Jésus-Christ!
Le Dieu tout-puissant, pressé par l’excès de son amour pour nous, se réduit à l’infime condition de l’homme ; il habite et il converse fraternellement comme l’un de nous, au milieu de nous, il prêche et
il enseigne toute justice aux particuliers et aux foules, maître émi-
nent par-la parole, Dieu par l'autorité. Il se donne tout entier au bien de tous ; il guérit ceux qui souffrent de maladies corporelles et sa paternelle miséricorde apporte le soulagement aux maladies plus graves des âmes; ceux qu'éprouve la peine ou que fatigue le poids des inquiétudes, il leur adresse les premiers le plus touchant appel : Venez à moi, vous tous qui travaillez et qui êtes chargés et je vous soulagerai (1).
Lui-même, alors que nous reposons entre ses bras, nous souffle ce feu mystique qu'ils a apporté parmi les hommes et nous pénètre de cette douceur d'âme et de cette humilité par lesquelles il désire que nous devenions participants de la vraie et solide paix dont il est l’auteur : Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, el vous trouverez le repos pour vos âmes (2). Et néanmoins, pour cette lumière de la sagesse céleste et cette insigne abondance de bien-
faits dont il a gratifié les hommes, il a éprouvé la haine et les plus.
indignes outrages de la part des hommes, et, attaché à la croix, il a versé son sang et sa vie, n'ayant pas de plus vif désir que de les enfanter à la vie par sa mort.
Il n’est pas possible que l’on considère attentivement en soimême de tels témoignages de l'immense amour pour nous de notre Rédempteur sans que la volonté reconnaissante s’enflamme. La force de la foi éprouvée sera si grande que, l'esprit de l'homme étant éclairé et son cœur vivement touché, elle l’entraînera tout entier sur les pas du Christ, à travers tous les obstacles, jusqu’à pouvoir répéter cette protestation digne de l’apôtre Paul : Qui donc nous séparera de la charité du Christ? La tribulation, ou la pauvreté, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou la persécution, ou le glaive (3)... Ce n'est plus moi qui vis, c’est Jésus-Christ qui vit en moi (4).
Mais, de peur que, devant les exemples si sublimes donnés par le Christ, Dieu et homme tout à la fois, la conscience de notre faiblesse native ne nous décourage, en même temps que ses mystères ceux de sa Très Sainte Mère sont placés sous nos yeux et offerts à notre méditation.
Elle est sortie, il est vrai, de la race royale de David, mais il ne lui reste rien des richesses où de la grandeur de ses aïeux; elle mène une vie obscure, dans une humble ville, dans une maison plus humble encore, d'autant plus contente de son obscurité et de sa pauvreté qu'elle peut plus librement élever son esprit vers Dieu et s'attacher à ce bien suprême et aimé par-dessus tout.
Et le Seigneur est avec elle, et il la comble des consolations de sa grâce ; un message céleste lui est envoyé, la désignant comme celle qui, par la vertu du Saint-Esprit, donnera naissance au Sauveur attendu des nations. Plus elle admire la sublime élévation de sa