‹ Lettres apostoliques des S.S. Léon XIII (volume 2)Chapitre 79 sur 94 · EE · texte numérisé non relu

EE

TN

LETTRE ENCYCLIQUE

DEN. T. S. P. LÉON XIII

A ses vénérables frères tous les patriarches, primats et archevéques du

monde catholique, en grâce et en communion avec le Saint-Siège, LÉON XII

Vénérables frères, Salut el Bénédiction apostolique.

La Providence de Dieu, qui, par un admirable dessein d'amour, a élevé au commencement le genre humain à une participation de Ja nature divine; qui ensuite a rétabli dans sa dignité première l'homme délivré de la tache commune et arraché à sa perte, a apporté à ce même homme un précieux appui, afin de lui ouvrir, par un moyen surnaturel,'les trésors cachés de sa divinité, de sa sagesse, de sa miséricorde.

Quoiqu'on doive comprendre dans la révélation divine des vérités qui ne sont pas inaccessibles à la raison humaine, et qui, par suite, ont été révélées à l’homme « afin que tous puissent les connaître facilement, avec une ferme certitude,sans aucun mélange d'erreur», cesendant cette révélation ne peut pas être dite nécessaire d’une facon absolue, mais parce que Dieu, dans son infinie bonté, a destiné l'homme à une fin surnaturelle (1).

« Cette révélation surnaturelle, selon la foi de l'Eglise universelle, est renfermée tant dans les traditions non écrites que dans les livres qu'on appelle saints ct canoniques, parce qu'écrits sous

l'inspiration de l'Ésprit-Saint, ils ont Dieu pour auteur et ont été

livrés comme tels à l'Eglise (2). »

C'est ce que celle-ci n’a cessé de penser et de professer publiquement au sujet des livres de l’Ancien et du Nouveau Testament. On connaît des documents anciens très importants qui indiquent que Dieu a parlé d’abord par les prophètes, ensuite par lui-même, puis par les apôtres, qu'il nous à aussi donné l’Écriture qu'on appelle canonique (saint Augustin, de civ. Dei) (3) qui n'est autre que

les oracles et les paroles divines (4); qu’elle constitue comme une

litteras esse, humano generi longe a patria peregrinanti a Patre caelesti datas et per auctores sacros transmissas (1). am, tanta . quum sit praestantia et dignitas Scripturarum, ut Deo ipso auctore confectae, altissima eiusdem mysteria, consilia, opera complectantur, illud consequitur, eam quoque partem sacrae theologiae, quae in eisdem divinis Libris tuendis interpretandisque … versaiur, excellentiae et utilitatis esse quam maximae.

Nos igitur, quemadmodum alia quaedam disciplinarum genera, quippe quae ad incrementa divinae gloriae humanaeque salutis valere plurimum posse viderentur, crebris epistolis et cohortationibus provehenda, non sine fructu, Deo adiutore, curavimus, ita nobilissimum hoc sacrarum Litterarum studium excitare et commendare, atque etiam ad temporum necessitatescongruentius dirigere iamdiu apud Nos cogitamus. Movemur nempe ac prope … impellimur sollicitudine Apostolici muneris, non modo ut hunc praeclarum catholicae revelationis fontem tutius atque uberius ad utilitatem dominici gregis patere velimus, verum etiam ut eumdem ne patiamur ulla in parte violari, ab iis qui in Scrip-. turam sanctam, sive impio ausu invehuntur aperte, sive nova quaedam fallaciter imprudenterve moliuntur. — Non sumus . equidem nescii, Venerabiles Fratres, haud paucos esse e catholicis, viros ingenio doctrinisque abundantes, qui ferantur alacres … ad divinorum Librorum vel defensionem agendam veicognitionem et intelligentiam parandam. ampliorem. At vero, qui eorum . operam atque fructus merito collaudamus, facere tamen non possumus quin ceteros etiam quorum sollertia et doctrina et pietas optime hac in re pollicentur, ad eamdem sancti propositi. laudem vehementer hortemur. Optamus nimiram et cupimus, ut plures patrocinium divinarum Litterarum rite suscipiant teneantque constanter; utque illi potissime, quos divina gratia … in sacrum ordinem vocavit, maiorem in dies diligentiam indus= triamque iisdem legendis, meditandis, explanandis, quod aequis- \ simum est, impendant. “4 Hoc enimvero studium cur tantoperecommendandum videatur,…

praeter ipsius praestantiam atque obsequium verbo Dei debitum, : praecipua causa inest in multiplici utilitatum genere, quas inde novimus manaturas, sponsore certissimo Spiritu Sancto : Umnis Scriplura divinilus inspirata, utilis est ad docendum, ad arguen-m dum, ad corripiendum, ad er udiendum in tustilia, 7 perfectus M sit homo Dei, ad omne opus bonum instructus (2). Tali sane COD- « silio En a Deo esse datas hominibus, exempla osent F1

Tin JU, 16-17. LS (2) S. Chrys: in Gen. hom. 2;$. 1e in. Ps. XXX, serm. 2,1; S. Ge M. ad Theod. ep. IV, 31. "

lettre accordée par le Père céleste au genre humain voyageant

loin de sa patrie, et que nous ont transmise les anteurs sacrés (1). Gette origine montre bien quelle est l'excellence et la valeur des Ecritures qui, ayant pour auteur Dieu lui-même, contiennent l’indicati :: de ses mystères les plus élevés, de ses desseins, de ses

œuvres. Il résulte de là que la partie de la théologie qui concerne -

la conservation et l'interprétation de ces livres divins est fort importante et de la plus grande utilité.

. Nous avons eu à cœur de faire progresser d’autres sciences qui

Nous paraissaient très propres à l'accroissement de la gloire divine et au salut des hommes; tel a été, de Notre part, le sujet de fréquentes lettres et de nombreuses exhortations qui, avec l’aide de Dieu, ne sont pas demeurées sans résultat. Nous Nous proposions depuis longtemps de ranimer de même et de recommander cette si noble

étude des Saintes Lettres, et de la diriger d’une façon plus con- forme aux nécessités des temps actuels.

| a sollicitude de Notre charge apostolique Nous engage et, en que. se sorte, Nous pousse, non seulement à vouloir ouvrir plus sûrement et piu, largement, pour l'utilité du peuple chrétien, cette précieuse source de la révélation catholique, mais encore à ne pas souffrir qu'elle soit troublée en aucune de ses parties, soit par ceux qu'excite une audace impie et qui attaquent ouvertement l’Ecriture Sainte, soit par ceux qui suscitent à ce sujet des innovations trompeuses et imprudentes. :

Nous n’ignorons pas, en effet, Vénérables Frères, qu'un certain nombre de catholiques, hommes riches en science et en talent, se consacrent avec ardeur à défendre les Livres Saints ou à en propacer davantage la connaissance et l'intelligence. Mais, en louant à bon droit leurs travaux et les résultats qu'ils obtiennent, Nous ne

pouvons manquer d'exhorter à remplir cette sainte tâche et à mériter le même éloge d’autres hommes dont le talent, la science et la * piété promettent, dans cette œuvre, de magnifiques succès.

Nous souhaitons ardemment qu'un plus grand nombre de fidèles entreprennent, comme il convient, la défense des Saintes Lettres et s’y attachent avec constance; Nous désirons surtout que ceux qui ont été appelés par la grâce de Dieu dans les Ordres sacrés mettent de jour en jour un plus grand soin et un plus grand zèle à lire, à . méditer °:àexpliquerles Ecritures; rien n’est plusconforme à leurétat. . Outre { excellence d’une telle science et l'obéissance due à la parole de Dieu, un autre motif Nous fait Surtout juger que l'étude des Livres . Saints doit être très recommandée : ce motif, c’est l'abondance des avantages qui en découlent, et dont Nous avons pour gage assuré . la parole de lEsprit-Saint : « Toute l’Ecriture divinement inspirée est utile pour instruire, pour raisonner, pour toucher, pour faconner à la justice, afin que l’homme de Dieu soit parfait, prêt à toute bonne œuvre {2). » : Lars C’est dans ce dessein que Dieu a donné aux hommes les Ecritures; les exemples de Notre-Seigneur Jésus-Christ et des apôtres le . montrent. lésus fui-même, en effet, qui «s’est concilié l'autorité par

ul

Lu A, Lace

& PROVIDENTISSIMUS DEUS ». 18 NOVEMBRE 1893 263:

CRUE EC M VAR TRS AL PRES PATES ee

Page 1