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ciliavit auctoritatem, auctoritate meruit fidem, fide contraxit
multitudinem (1) », ad sacras Lilteras, in divinae suae legationis munere, appellare consuevit : nam per occasionem ex ipsis etiam sese a Deo missum Deumque declarat; ex ipsis argumenta petit ad discipulos erudiendos, ad doctrinam confirmandam suam; earumdem testimonia et a calumniis vindicat obtrectantium, et Sadducaeis ac Pharisaeis ad coarguendum opponit, in ipsumque Satanam, impudentius sollicitantem, retorquet; easdemque sub ipsum vitae exitum, usurpavit, explanavitque discipulis redivivus, usque dum ad Patris gloriam ascendit. — Eius autem voce praeceptisque Apostoli conformati, tametsi, dabat ipse signa et prodigia fieri per manus eorum (2), magnam tamen efficacitatem ex divinis traxerunt Libris, ut christianam sapientiam late gen- .tibus persuaderent, ut Iudaeorum pervicaciam frangerent, ut
haereses comprimerent erumpentes. Id apertum ex ipsorum con-
-cionibus, in primis Beati Petri, quas, in argumentum firmissimum
praescriptionis novae, dictis veteris Testamenti fere contexuerunt; idque ipsum patet ex Matthaeiet [oannis Evangeliis atque ex Catholicis, quae vocantur, epistolis; luculentissime vero ex eius testimonio qui« ad pédes Gamalielis Legem Moysi et Prophetas se didicissegloriatur, ut armatus spiritualibus telis postea diceret confidenter : Arma mililiae nostrae non carnalia sunt, sed polentia Dei (3) ». — Per exempla igitur Christi Domini et
Apostolorum omnes intelligant,tirones praesertim militiaesacrae,
quanti faciendae sint divinae Litterae, et quo ipsi studio qua religione ad idem veluti armamentarium accedere debeant. Nam catholicae veritatis doctrinam qui habeant apud doctos vel indoctos tractandam, nulla uspiam de Deo, summo et perfectissimo bono, deque operibus gloriam caritatemque ipsius prodentibus, suppetet eis vel cumulatior copia vel amplior praedicatio. De
Servatore autem humanigeneris nihil uberius expressiusve quam
ea, quae in universo habentur Bibliorum contextu; recteque affirmavit Hieronymus, « ignorationem Scripturarum esse igno-
rationem Christi (4) »; ab illis nimirum extat, veluti viva et.
Spirans, imago eius, ex qua levatio malorum, cohortatio virtutum, amoris divini invitatio mirifice prorsus diffunditur. Ad Ecclesiam
vero quod attinet, institutio, natura, munera, charismata eius
tam crebra ibidem mentioneoccurrunt, tam multa pro ea tamque firma prompta sunt argumenta, idem ut Hieronymus verissime edixerit : « Qui sacrarum Scripturarum testimoniis roboratus
est, is est propugnaculum Ecclesiae (5) ». Quod si de vitae
(1) S. Aug. de util. cred. XIV, 32. — (2) Act. XIV, 3. — (3) S. Hier. de Sutdio scrip. ad Paulin. ep. LIIL.3. — (4) In Is. Prol.—. (5) In Is. LIV, 12.
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des miracles, a mérité la foi par son autorité et a gagné la multitude par sa foi (1) », avait coutume d’en appeler aux Saintes Ecritures en témoignage de sa mission divine.
Il se sert, à l’occasion, des Livres Saints afin de déclarer qu'il est 2 envoyé de Dieu et Dieu lui-même ; il leur emprunte des arguments
our instruire ses disciples et pour appuyer sa doctrine; il invoque sr eurs témoignages contre les calomnies de ses ennemis, il les oppose . en réponse aux Sadducéens et aux Pharisiens, et les retourne contre 7 1 Satan lui-même qui les invoque avec impudence; il les emploie LE encore à la fin de sa vie, et, une fois ressuscité, les explique à ses ('? ten disciples, jusqu’à ce qu'il monte dans la gloire de son Père.
Les apôtres se sont conformés à la parole et aux enseignements À du Maître, et quoique lui-même eût accordé que des signes et des $ miracles soient faits par leurs mains (2),ils onttiré des Livres Saints
un grand moyen d'action pour répandre au loin parmi les nations ER Ja sagesse chrétienne, vaincre l’opiniâtreté des juifs et étouffer les gs hérésies naissantes,
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Ce fait ressort de leurs discours et en première ligne de ceux de F4 saint Pierre; ils les composèrent, en quelque sorte, de paroles de à l'Ancien Testament comme étant l’appui le plus ferme de la loi nou- : velle.Ceciestnon moins évident d'’aprèsles Evangiles de saint Matthieu : et de saint Jean, et les épîtres que l’on appelle catholiques, d’après F2 surtout le témoignage de celui qui, « devant Gamaliel, se glorifie ra d’avoir étudié la loi de Moïse et les Prophètes, afin que, muni des en armes spirituelles, il pût ensuite dire avec confiance : « Les armes pote
de notre milice n'ont rien de terrestre : c'est la puissance de Dieu(3).»
Que tous, surtout les soldats de l’armée sacrée, comprennent donc, d'après les exemples du Christ et des apôtres, quelle estime: ils Ho doivent avoir de la Sainte Ecriture, avec quel zèle, avec quel respect 2 il leur faut, pour ainsi dire, s'approcher de cet arsenal. |
En effet, ceux qui doivent répandre, soit parmi les doctes, soit parmi les ignorants, la vérité catholique, ne trouveront nulle part ailleurs des enseignements plus nombreux et plus étendus sur Dieu, le bien souverain et très parfait, sur les œuvres qui mettent en lumière sa gloire et son amour. Quant au Sauveur du genre humain,
aucun texte n’est, à son sujet, plus fécond et plus émouvant que . ceux qu'on trouve dans toute la Bible, et saint Jérôme a eu raison d'affirmer que « l'ignorance des Ecritures, c’est l'ignorance du Christ (4) »; là, on voit comme vivante et agissante, l’image du Fils. de Dieu; ce spectacle, d’une facon admirable, soulage les maux, -exhorte à la vertu et invite à l'amour divin.
En ce qui concerne l'Eglise, son institution, ses caractères, sa mission, ses dons, on trouve dans l’Ecriture tant d'indications, il y existe en sa faveur des arguments si solides et si bien appropriés que ce même saint Jérôme a pu dire avec beaucoup de raison : . «Celui qui est appuyé fermement sur les témoignages des Saints Livres, celui-là est le rempart de l'Eglise (5). »
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morumque conformatione et disciplina quaeratur, larga on ù et optima subsidia habituri sunt viri apostolici : plena sanctitatis praescripta, suavitate et vi condita hortamenta, exempla in omni virtutem genere insignia; gravissima accedit, ipsius Dei
nomine et verbis, praemiorum in aeternitatem promissio, denun-
ciatio poenarum.
Aique haec propria et singularis Scripturarum virtus, a divino afflatu Spiritus Sancti profecta, ea est quae oralori sacro aucto-
ritatem addit, apostolicam praebet dicendi libertatem, nervosam
victricemque tribuit eloquentiam. Quisquis enim divini verbi spiritum et robur eloquendo refert, ille, non loquilur in sermone tantum, sed et'in virlule et in Spiritu Sancto et in pleniludine multa (1). Quamonrem ü dicendi sunt praepostere improvideque facere, qui ita conciones de religione habent et praecepta divina enuntiant, nihil ut fere afferant nisi humanae scientiae et prudentiae verba, suis magis argumentis quam divinis innixi. Istorum scilicet orationem, quantumvis nitentem luminibus, languescere et frigere necesse est, utpote quae igne careat Sermonis Dei (2h eamdemque longe abesse ab illa, qua divinus sermo pollet virtute : Vivus est enim sermo Dei et efficax et penetrabilior omni gladio ancipili, el pertingens usque ad divisionem animae ac spiritus (3).
Quamquam, hoc etiam prudentioribus assentiendum est, inesse in sacris Litteris mire variam et uberem magnisque dignam rebus eloquentiam : id quod Augustinus pervidit diserteque arguit (4), atque res ipsa confirmat praestantissimorum in oratoribus sacris, qui nomen suum assiduae Bibliorum consuetudini piaeque meditationi se praecipue debere, grati Deo affirmarunt.
Quae omnia SS. Patres cognitione et usu quum exploratissima
haberent, nunquam cessarunt in divinis Litteris earumque
fructibus collaudandis. Eas enimvero crebris locis appellant vel thesaurum locupletissimum doctrinarum caelestium (5), vel perennes fontes salutis {6), vel ita proponunt quasi prata fertilia et amoenissimos hortos, in quibus grex dominicus admirabili modo reficiatur et delectetur (7). Apte cadunt illa S. Hieronymi ad Nepotianum clericum : « Divinas Scripturas saepius lege, imo nunquam de manibus tuis sacra lectio deponatur: disce ‘quod
(4) I Thess, I, 5.
(2) Ilerem. XXIIL, 29.
(3) Hebr. IV, 12!
4) De doctr. ‘chr. IV, 6, 1.
4 S. Chrys. in Gen. hom. 21, 2:hom. 60, 3; $. AU de discipl. chr. 2, 6) S. Athan. ep. fest. 39,
1) S. Aug. serm. 26, 24; S. Ambr. in Ps CXVIH, serm. 19, 2.
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Si maintenant ils cherchent des préceptes relatifs aux bonnes mœurs et à la conduite de la vie, les hommes apostoliques rencontreront dans la Bible de grandes et excellentes ressources, des prescriptions pleines de sainteté, des exhortations réunissant la suavité et la force, des exemples remarquables de toutes sortes de vertus, auxquels s'ajoutent la promesse des récompenses éternelles et l'annonce des peines de l’autre monde, promesse et annonce faites au nom de Dieu et en s'appuyant sur ses paroles.
C'est cette vertu particulière aux Ecritures, et très remarquable. provenant du souffle divin de l'Esprit-Saint qui donne de l'autorité à l’orateur sacré, lui inspire une liberté de langage tout apostolique et lui fournit une éloquence vigoureuse et convaincante.
. Quiconque, en effet, porte dans son discours l'esprit et la force de la parole divine, celui-ci « ne parle pas seulement en langage, mais dans la vertu, dans l'Esprit-Saint et avec une grande abondance de fruits (1). » | |
Aussi on doit dire qu'ils agissent d’une facon maladroite et imprévoyante ceux qui parlent de la religion et énoncent les préceptes divins sans presque invoquer d'autre autorité que celles &e la science et de la sagesse humaines, s'appuyant sur leurs propres arguments plutôt que sur les arguments divins (2).
En effet, leur éloquence, quoique brillante, est nécessairement languissante et froide, en tant qu’elle est privée du feu de la parole de Dieu, et elle manque de Îa vertu qui brille dans ce langage divin : « Car la parole de Dieu est plus forte et plus pénétrante que tout glaive à deux tranchants; elle entre dans l’âme et l'esprit au point de les fendre en quelque sorte (3). »
D'ailleurs, les savants eux-mêmes doivent en convenir; il existe dans les Saintes Lettres une éloquence admirablement variée, admirablement riche et digne des plus grands objets : c’est ce que saint Augustin a compris et a parfaitement prouvé (4), et ce que l’expérience permet de vérifier dans les ouvrages des orateurs sacrés. Ceux-ci ont dù surtout leur gloire à l’étude assidue et à la méditation de la Bible, et ils en ont témoigné leur reconnaissance à Dieu.
Connaissant à fond toutes ces richesses et en faisant un grand usage, les saints Pères n’ont pas tari d’éloges au sujet des Saintes Ecritures et des fruits qu’on en peut tirer.
Dans maint passage de leurs œuvres, ils appellent les Livres Saints «le précieux trésor des doctrines célestes (5), les éternelles fontaines du salut (6} », les comparant à des prairies fertiles, à de délicieux jardins dans lesquels le troupeau du Seigneur trouve une
force admirable et un grand charme (7).
Elles sont bien justes, ces paroles de saint Jérôme au clerc Népotien : « Lis souvent les Saintes Ecritures, bien plus, ne dépose
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