JE
LD L'É OR CT LE bé NT SN vu le 1 LR ONE AN | d'A, ANRT A NE EAU DR PE PA LL AOL 7 DER Er OR
La PU ES LUN NE Hp AE al dire 2e É
% TER Le PER TEA d+ à
& PROVIDENTISSIMUS DEUS » 18 NOVEMBRE 1893 219
- Au début même des études, ils doivent examiner la nature de l'intelligence des disciples, faire en sorte de la cultiver, de la rendre apte en même temps à conserver intacte la doctrine des Livres Saints, et à en saisir l'esprit. Tel est le but du Traité de l’introduction biblique, qui fournit à l’élève le moyen de prouver l’intégritéet l'authenticité de la Bible, d'y chercher et d'y découvrir le vrai sens
des passages, d'attaquer de front et d’extirper jusqu’à la racine les
interprétations sophistiques. | A peine est-il besoin d'indiquer combien il est important de dis-
cuter ces points dès le début, avec ordre, d'une facon scientifique, en.
recourant à la théologie; et, en effet, toute l'étude de l'Ecriture s'appuie sur ces bases, s'éclaire de ces lumières. — Le professeur doit s'appliquer avec un très grand soin à bien faire connaître la partie la plus féconde de cette science, qui concerne l'interprétation, expliquer à ses auditeurs comment ils pourront utiliser les richesses de la parole divine pour l'avantage de la religion et de la piété. Certes, Nous comprenons que ni l'étendue du sujet, ni le temps dont on dispose, ne permettent de parcourir dans les écoles tout le cercle des Ecritures. Mais, puisqu'il est besoin de posséder une méthode sûre pour diriger avec fruit l'interprétation, un maitre sage devra éviter à la fois le défaut de ceux qui font étudier des passages pris cà et là dans tous les livres, le défaut aussi de ceux
quis’arrêtent sans mesure sur un chapitre déterminé d’un seullivre.
Si, en effet, dans la plupart des écoles, on ne peut atteindre le
même but que‘dans les académies supérieures, à savoir qu'un livre
ou l'autre soit expliqué d’une facon suivie et détaillée, au moins doit-on mettre tout en œuvre afin d'arriver à ce que les passages choisis pour l'interprétation soient étudiés d’une façon suffisamment complète; les élèves, alléchés en quelque sorte et instruits par cet exemple d'explication, pourront ensuite relire et goûter le reste de la Bible pendant toute leur vie.
Le professeur, fidèle aux prescriptions de ceux qui Nous ont précédé, devra faire usage de la version Nulgate.
C'est celle, en effet, que le Concile de Trente a désignée comme authentique et comme devant être employée « dans les lectures publiques, les discussions, les prédications et les explications (1) »; c'est celle aussi que recommande la pratique: quotidienne de l'Eglise. Nous ne voulons pas dire cependant qu'il ne faudra pas tenir compte des autres versions que les chrétiens des premiers âges ont utilisées avec éloges, et surtout des textes primitifs.
En effet si, pour ce qui concerne les grands points, le sens est clair d’après les éditions hébraïque et grecque de la Vulgate, cependant, si quélque passage ambigu ou moins clair s'y rencontre, « le recours à la langue précédente », suivant le conseil de saint Augustin, sera très utile (2).
Il est clair qu'il faudra apporter à cette tâche beaucoup de circonspection; c’est, en effet, le devoir du commentateur d'indiquer, non pas ce que lui-même pense, mais ce que pensait l’auteur qu'il explique (3). |
Après que la lecture aura été conduite avec soin jusqu'au point
+ CORRE OA ve
lat os PR ste RUN 4 # *
locus erit scrutandae et proponendae sententiae. Primum autem
consilium est, ut probata communiter interpretandi praescripta
tanto experrectiore observentur cura quanto morosior ab adver-
cariis urget contentio. — Propterea cum studio perpendendi quid
ipsa verba valeant, quid consecutio rerum velit, quid locorum. similitudo aut talia cetera, externa quoque appositae eruditionis
illustratio societur : cauto tamen, ne istiusmodi quaestionibus plus temporistribuatur etoperae quam pernoscendisdivinis Libris,
neve corrogala mulliplex rerum cognitio mentibus iuvenum plus incommodi afferat quam adiumenti. — Ex hoc, tutus eril gradus ad usum divinae Scriplurae in re theologica. — Quo. in genere animadvertisse oportet, ad ceteras difficultatis CAUSAS,
quae in quibusvis antiquorum libris intelligendis fere occurrunt,
proprias aliquas in Libris sacris accedere. Eorum enim verbis, auctore Spiritu Sanclo, res multae subiiciuniur quae humanae vim aciemquerationis longissime vincunt, divina sciicet mysteria et quae cum ils continentur ali multa ; idque nonnunquam ampliore quadam ed reconditiore sententias quam exprimere littera et hermeneuticae leges indicare videantur : alios praeterea sensus, vel ad dogmata illustranda vel ad commendanda praecepta vitae, ipse litteralis sensus profecto adsciscit.— Quamobrem diffitendum non est religiosa quadam obscurilate. sacros Libros involvi, ut ad eos, nisi aliquo viae duce, nemo ingredi possit (1):
Deo quidem SIC providente (quae vulgata est opinio SS. Patrum), ‘ut homines maiore cum desiderio et studio illos perscrutarentur, resque inde operose perceptas menlibus animisque altius infigerent; intelligerentque praecipue, Scripluras Deum tradidisse Ecclesiae, qua scilicet duce et magistra in legendis tractandisque eloquHs suis certissima uterentur.— Ubi enim charismata Domini posita sint,1b1 discendam esse veritatem,atque ab illis, apud quos sit successio apostolica, Scripturas nullo cum periculo exponi, jam sanctus docuit [renaeus (2):cuius quidem ceterorumque Patrum doctrinam Synodus Vaticana amplexa est, quando Tridentinum decretum de divini verbi scripti interpretatione renovans, hanc illius mentem esse declaravit, ut in rebus fider et
morum, ad aedificationem doctrinae christianae pertinentium, 1s pro vero sensu sacrae Scripturae habendus sit, quem tlenuit ac
tenet sancta Mater E'eclesia, cuius est iudicare de vero sensu et interprelatione Scripturarum sanctarum ; atque ideo nemini licere contra hunc sensum aut eliam contra unanimem consensum Patrum ipsamScripluram sacram interpretari (3). — Qua plenasapientiae
GI S. Ilier, ad Paulin. de studio Script. ep. LIT, &, C: haer., AV; 26, 5.
6 Sess. III, cap IH, de revel. ef. Conc. Trid. sess. IV, decr. de edit. et EAN sacr. libror. A,
voulu, alors ce sera le moment de scruter et d'expliquer le sens.
Notre premier conseil à ce sujet est d'observer les prescriptions communément en usage relatives à l'interprétation, avec d'autant
plus de soin que l'attaque des adversaires est plus vive.
& PROVIDENTISSIMUS PEUS » {8 NOVEMBRE 1893 221
Il faut donc peser avec soin la valeur des mots eux-mêmes, la signification du contexte, la similitude des passages, etc. et aussi.
profiter des éclaircissements étrangers de la science qu'on nous oppose. Cependant, le maître devra prendre garde à ne pas consacrer
plus de temps et plus de soin à ces questions qu’à l'étude des Livres :
divins eux-mêmes, de peur qu'une connaissance trop étendue et trop approfondie de tels objets n'apporte à l'esprit des jeunes gens plus de troubles que de force.
De là résulte une marche sûre à suivre dans l'étude de l’Ecriture Sainte au point de vue théologique.
Il importe, en effet, de remarquer à ce sujet qu'aux autres causes de difficultés qui se présentent dans l’explication de n'importe quels auteurs anciens, s'en ajoutent quelques-unes qui sont spéciales à l'interprétation des Livres Saints. Comme ils sont l’œuvre de l’Esprit- Saint, les mots y cachent nombre de vérités qui surpassent de beaucoup la force et la pénétration de la raison humaine, à savoir les divins mystères et ce qui s’y rattache. Le sens est parfois plus étendu et plus voilé que ne paraîtraient l'indiquer et la lettre et les
règles de l’herméneutique ; en outre, le sens littéral cache lui-même,
d’autres sens qui servent soit à éclairer les dogmes, soit à donner des règles pour la vie.
Aussi, l’on ne saurait nier que les Livres Saints sont enveloppés
d’une certaine obscurité religieuse, de sorte que nul n’en doit
aborder l’étude sans guide (1) : Diéu l’a voulu ainsi (c’est l’opinion commune des saints Pères) pour que les hommes les étudiassent avec plus d'ardeur et plus de soin, pour que les vérités péniblement acquises pénétrassent plus profondément leur esprit et leur cœur; pour qu'ils comprissent surtout que Dieu à donné les Ecritures à l'Eglise afin que, dans l'interprétation de ses paroles, celle-ci fût le guide et le maître le plus sûr.
Là où Dieu a mis ses dons, là doit être cherchée la vérité. Les hommes en qui réside la succession des apôtres expliquent les Ecritures sans aucun danger d'erreur, saint Irénée nous l'a déjà enseigné (2). C'est sa doctrine et celle des autres Pères qu'a adoptée le Concile du Vatican, quand, renouvelant un décret du Concile de Trente sur l'interprétation de la parole divine écrite, il a décidé que, dans les choses de la foi et des mœurs, tendant à la
fixation de la doctrine chrétienne, on doit regarder comme le sens
exact de la Sainte Ecriture, celui qu'a regardé et que regarde comme tel notre Sainte Mère l’Eglise, à qui il appartient de juger du sens
et de l'interprétation des Livres sacrés. Il n’est donc permis à personne d'expliquer l’Ecriture d’une façon contraire à cette signification ou encore au consentement unanime des Pères (3). ».
lege nequaquam Ecclesia pervestigationem scientiae biblicae
retardat aut coërcet; sed eam potius ab errore integram praestat, plurimumque ad veram adiuvat progressionem. Nam privato cuique doctori magnus patet campus, in quo, tutis vestigiis, sua interpretandi industria praeclare certet Ecclesiaeque utliter. In
locis quidem divinae Scripturae qui expositionem certam et.
definitam adhuc desiderant, effici ita potest, ex suavi Dei providentis consilio, ut, quasi praeparato studio, iudicium Ecclesiae maturetur; in locis vero iam definitis potest privatus doctor aeque prodesse, si eos vel enucleatius apud fidelium plebem et
ingeniosius apud doctos edisserant, vel insignius evincat ab
adversariis. — Quapropter praecipuum sanctumque sit catholico interpreti, ut illa Scripturae testimonia, quorüm sensus authentice declaratus est, aut per sacros auctores, Spiritu Sancto afflante, uti multis in locis novi Testamenti,aut per Ecclesiam,eodem Sancto adsistente Spiritu, sive solemni iudicio, sive ordinario et univer-
sal magisterio (1), eâdem ipse ratione interpretetur; atque ex.
adiumentis disciplinae sue convincat, eam solam interpreta-
tionem, ad sanae hermeneuticae leges, posse recte probari. — In
ceteris ‘analogia fidei sequenda est, et doctrina catholica qualis ex auctoritate Ecclesiae accepta, tanquam summa norma est adhibenda : nam, quum et sacrorum Librorum et doctrinae apud Ecclesiam depositae idem sit auctor Deus, profecto fieri nequit, ut sensus ex illis, qui ab hac quoquo modo discrepet, legitima interpretatione eruatur. — Ex quo apparet, eam interpretationem
ut ineptam et falsam reiiciendam, quae, vel inspiratos auctores :
inter se quodammodo pugnantes faciat, vel doctrinae Ecclesiae adversetur.
Huiusigitur diciplinaemagister hac etiam laude floreat oportet, ut omnem theologiam egregie teneat, atque in commentariis versalus sitSS. Patrum Doctorumque et interpretum optimorum. — Id sane inculcat Hieronymus (2), multumque Augustinus, qui, iusta cum querela, « Si unaquaeque disciplina, inquit, quam. quam vilis et facilis, ut percipi possit, doctorem aut magistrum requirit, quid temerariae sa iperbiae plenius, quam divinorum sacramentorum libros ab interpretibus suis nolle cognoscere (3)1»
Id ipsum sensere et exemplo confirmavere ceteri Patres, qui …
« divinarum Scripturarum intelligentiam, non ex propria praesumptione, sed ex maiorum scriptis et auctoritate sequebantur, quos et ipsos ex apostolica successione intelligendi regulam
suscepisse constabat » (4). — Iamvero SS. patrum, quibus « post
1 Conc Vat., sess. III, cap. II, dc fide.
Ibid., 6, TL ) Ad Honorat. de utilit. cred., XVII, 35.
U Rufin. Hist. eccl., II, 9.
CPE re PA
*r (1 C LR
A SAONE TL
& PROVIDENTISSIMUS DEUS » 18 NOvEMBKE 1893 223 Par cette loi pleine de sagesse, l'Eglise n'arrête et ne contrarie en rien les recherches de la science biblique, mais elle la maintient
à l'abri de toute erreur et contribue puissamment à ses véritables progrès. Chaque docteur, en effet, voit ouvert devant lui un vaste
champ dans lequel, en suivant une direction sûre, son zèle peut
s'exercer d'une facon remarquable et avec profit pour l'Eglise. A la vérité, quant aux passages de la Sainte Ecriture qui attendent encore une explication certaine et bien définie, il peut se faire, grâce
à un bienveillant dessein de la Providence de Dieu, que le jugement
de l'Eglise se trouve pour ainsi dire müri par une étude préparatoire: Mais, au sujet des points qui ont été déjà fixés, le docteur peut jouer un rôle également utile, soit en les expliquant plus clairement à la foule des fidèles, d’une facon plus ingénieuse aux hommes instruits, soit en les défendant plus fortement contre les adversaires de la foi.
L'interprète catholique doit donc regarder comme un devoir très important et sacré d'expliquer dans le sens fixé les textes de l'Ecriture dont la signification a été indiquée authentiquement soit par les auteurs sacrés, que guidait l'inspiration de l'Esprit-Saint, comme
‘ cela a lieu dans beaucoup de passages du Nouveau Testament, soit
par l'Eglise, assistée du même Saint-Esprit, et au moyen d’un jugement solennel, ou par son autorité universelle et ordinaire; il lui faut se convaincre que cette interprétation est la seule qu’on puisse approuver d’après les lois d'une saine herméneutique (1).
Sur les autres points, il devra suivre les analogies de la foi et prendre comme modèle la doctrine catholique telle qu’elle est indiquée par l'autorité de l'Eglise. En effet, c’est le même Dieu qui est l’auteur et des Livres sacrés, et de la doctrine dont l'Eglise a le dépôt. Il ne peut donc arriver,assurément, qu'une signification attribuée aux premiers et différant en quoi que ce soit de la seconde, provienne d'une légitime interprétation.
Il résulte évidemment de là qu'on doit rejeter comme insensée et fausse toute explication qui mettrait les auteurs sacrés en contradiction entre eux, ou qui serait opposée à l’enseignement de l'Eglise.
Celui qui professe l’Ecriture Sainte doit aussi mériter cet éloge qu’il possède à fond toute la théologie, qu'il connaît parfaitement les commentaires des saints Pères, des Docteurs et des meilleurs interprètes. Telle est la doctrine de saint Jérôme (2) et de saint Augustin, qui se plaint avec juste raison en ces termes: « Si toute science, quoique peu importante et facile à acquérir, demande, comme c’est évident, à être enseignée par un homme docte, par un
maître, quoi de plus orgueilleusement téméraire que de ne pas
vouloir connaître les Livres sacrés d’après l’enseignement de leurs interprètes (3). » Tel à été aussi le sentiment des autres Pères, qu’ils ont confirmé par des exemples: « Ils expliquaient les Ecritures non d'après leur propre opinion, mais d'après les écrits et l'autorité de leurs prédécesseurs, parce qu'il était évident que ceuxci avaient recu pour succession des apôtres les règles pour l’interprétation des Livres sacrés (4). »
Le témoignage. des saints Pères, — qui après les apôtres ont été
Ps La CG SR EE ET EE ES RS TE 7 RE A RES ON PRE RER ter: ‘ | Per RC Den En
Apostolos, sancta Ecclesia plantatoribus, rigatoribus, aedificatoribus, pastoribus, nutritoribus crevit (1) », summa auctoritas est, quotiescumque testimonium aliquod biblicum, ut ad fidei pertinens morumve doctrinam, uno eodemque modo explicart omnes : nam ex ipsa eorum consensione, ita ab Apostolis secundum catholicam fidem traditum esse nitide eminet. —Eorumdem vero Patrum sententia tunc etiam magni aestimanda est, quum hisce. de rebus munere doctorum quasi privatim funguntur : quippe quos, non modo scientia revelatae doctrinae et multarum notitia rerum, ad apostolicos libros cognoscendos utilium, valde commendet, verum Deus ipse, viros sanctimonia vite et veritatis studio insignes, amplioribus luminis sui praesidiis adiuverit. Quare interpres suum esse noverit, eorum el vestigia reverenter persequi et laboribus ne intelligenti delectu.
Neque ideo tamem viam sibi putet obstructam, quo minus, ubi iusta causa adfuerit, inquirendo et exponendo vel ultra procedat, modo praeceptioni ill, ab Augustino sapienter propositae, religiose obsequatur, videlicet a litterali et veluti obvio sensu minime discedendum, nisi qua eum vel ratio tenere prohibeat vel necessitas rogat dimittere (2): quae praeceptio eo tenenda est firmius, quu magis, in #anta novitatum cupidine et opinionum licentia, periculum imminet aberrandi. — Caveatidem ne illa negligat quae ab eisdem Patribus ad allegoricam simteive sententiam translata sunt, maxime quum ex lilterali descesasirt multorum auctoritate fulciantur. Talem enim interpretandi rat i9nem ab Apostolis Ecclesia accepit, suoque ipsa exemplo, ute re patet liturgica, comprobavit ; non quod Patres ex ea contenderent dogmata fidei per se demonstrare, sed quia bene frugiferam virtuli et pietali alendae nossentexperti.— Geterorum interpretum catholicorum est minor quidem auctorilas, attamen, quoniam Bibliorum studia continuum quemdam progressum in Ecclesia habuerunt, istorum pariter commentariis suus tribuendus est honor, ex quibus mulla opportune peti liceat ad refellenda contraria, ad difficiliora enodanda. — At vero id nimium dedecet, ut quis, egregiis operibus, quae nostri abunde reliquerunt, ignoratis aut despectis, heterodoxorum libros praeoptet, ab eisque cum praesenti sanae doctrinae periculo et non raro cum detrimento fidei, explicationem locorum quaerat, in quibus catholici ingenia et labores suos iamdudum optimeque collocarint. — Licet enim heterodoxorum studiis, prudenter adhibitis, iuvari interdum possit interpres catholicus, meminerit tamen, ex crebris quoque
1)S. Aug. c. Iulian., IF, 10,37.
2) De Gen. ad lilt. [. VI, c. 1, 13,
SD ET ? (4, UNE A UT re
"0 PA gi
€ PROVIDENTISSIMUS DEUS » 18 NOVEMBRE 1893 225
pour ainsi dire les jardiniers de la Sainte Eglise, ses constructeurs, ses pasteurs, l’ont nourrie, l'ont fait croître (5) » (Saint Augustin.) — à aussi une grande autorité toutes les fois qu'ils expliquent tous d'une seule et même manière un texte biblique, comme concernan! la foi ou les mœurs : car de leur accord il résulte clairement que selon la doctrine catholique, cette explication est venue telle, par tradition, des apôtres. 0
L'avis de ces mêmes Pères est aussi digne d'être pris en très grande considération lorsqu'ils traitent des mêmes sujets en tant que docteurs et comme donnant leur opinion particulière; en effet, non seulement leur science de la doctrine révélée et la multitude des connaissances nécessaires pour interpréter les livres apostoliques les recommandent puissamment, mais encore Dieu lui-même a prodigué les secours de ses lumières à ces hommes remarquables par la sainteté de leur vie et par leur zèle pour la vérité.
Que l'interprète sache donc qu'il doit suivre leurs pas avec respect et jouir de leurs travaux par un choix intelligent. Il ne lui faut cependant pas croire que la route lui est fermée, et qu'il ne peut pas, lorsqu'un motif raisonnable existe, aller plus loin dans ses recherches et dans ses explications. Cela lui est permis, pourvu qu'il suive religieusement le sage précepte donné par saint Augustin : « ne s’écarter en rien du sens littéral et comme évident; à moins qu'il n’ait quelque raison qui l'empêche de s’y attacher ou qui rende nécessaire de l’abandonner (2) ». Cette règle doit être observée avec d'autant plus de fermeté, qu’au milieu d’une si grande ardeur d'innover et d'une telle liberté d'opinions, il existe un plus grave danger de se tromper.
Celui qui enseigne les Ecritures se gardera aussi de négliger le sens allégorique ou analogique attaché par les saints Pères à certaines paroles, surtout lorsque cette signification découle naturellement du sens littéral et s'appuie sur un grandnombre d’autorités.
L'Eglise, en effet, a recu des apôtres ce mode d'interprétation et l’a approuvé par son exemple, ainsi que cela ressort de la liturgie. Ce n’est pas que les Pères aient prétendu ainsi démontrer par euxmêmes les dogmes de la foi, mais parce qu'ils ont expérimenté que cette méthode était bonne pour nourrir la vertu et la piété.
L'autorité des autres interprètes catholiques est à la vérité moindre; cependant, puisque les études bibliques ont fait dans l'Eglise des progrès continus, il faut rendre aux commentaires de ces docteurs l'honneur qui leur est dû; on peut émprunter à leurs travaux beaucoup d'arguments propres à repousser les attaques et à éclaircir les points difficiles.
Mais ce qui ne convient pas, c'est qu'ignorant ou méprisant les excellents ouvrages que les nôtres nous ont laissés en grand nombre, l'interprète leur préfère les livres des hétérodoxes; qu’au grand péril de la saine doctrine et trop souvent au détriment de la foi, il y cherche l'explication de passages au sujet desquels les catholiques ont excellemment et depuis longtemps exercé leur talent, multiplié les travaux.
Quoique, en effet, les études des hétérodoxes, sagement utilisées,
Lun re
PS PNR EPS ET LUS
226 | ENCYGLIQUE |: DE S. S. LÉON ur
vetérum documentis (1), incorruptum sacrarum Litterarum sen: 14
sum extra Ecclesiam neutiquam reperiri, neque ab eis tradi posse, qui, verae fidei expertes, Scripturag, r non medullam attingunt, sed corticem rodunt (2).
Illud autem maxime optabile est et necessarium, ut eilusdem divinae Scripturae usus in universam theologiae influat disciplinam eiusque prope sit anima: ila nimirum omni aetate Patres
atque praeclarissimi quique theologi professi sunt et re praesti-
terunt. — Nam quae obiectum sunt fidei vel ab eo consequuntur, ex divinis potssime Litteris studuerunt asserere et stabilire; atque ex 1psis, sicut pariter ex divina traditione, nova haeretico-
rym comment{a refutare, catholicorum dogmatumrationem, intel-
Jigentiam, vincula exquirere. — Neque id cuiquam fuerit mirum qui reputet, tam insignem locum inter revelationis fontes divinis
Libris deberi, ut, nisi eorum studio usuque assiduo, nequeat
theologia rite et pro dignitate tractari. Tametsi enim rectum est iuvenes in Academiis et scholis ita praecipue exerceri ut intel-
lectum et scientiam dogmatum assequantur, ab ‘articulis fidei argumentatione instituta ad alia ex illis, secundum normas pro-.
batae solidaeque philosophiae, concludenda; gravi tamen eruditoque theologo minime negligenda est ipsa demonstratio dogmatum ex Bibliorum auctoritatibus ducta : — « Non enim accipit
(theologia) sua principia ab aliis scientiis, sed immediate a Deo.
per revelationem. Et ideo non accipit ab aliis scientiis, tamquam a superioribus, sed utitur eis tamquam inferioribus et ancillis. » — Quae sacrae doctrinae tradendae ratio praeceptorem commendatoremque habet theologorum principem, Aquinatem (3): qui praeterea, ex hac bene perspecta christianae theologiae indole, docuit quemadmodum possit theologus sua ipsa principia, si qui
ea forte impugnent, tueri: « Argumentando quidem, si adversa-
rius aliquid concedat eorum, quae per divinam revelationem habentur; sicut per auctoritates sacrae Scripturae disputamus contra haereticos, et per unum articulum contra negantes alium. Si vero adversarius nihil credat eorum quae divinitus revelan-
tur, non remanet amplius via ad probandum articulos fidei per
rationes, sed ad solvendum rationes, si quas inducit contra fidem (4) ».
Diotlé date igitur, ut ad sludia biblica convenienter ins-
tructi munitique ag grediantur iuvenes; ne iustam frustrentur
spem, neu, quod deterius est, erroris discrimen incaute subeant
(1) Cf. Clem. Alex. Sérom., VII, 19; Orig. de prince., IV. 0: in Levit.
A 4, 8; Tertull, de praeser., 15, seqq. : É: Hilar, Pict. in Matth. 134,
2) S. 'Gre. Moral. XX, 9 (al. 44).
3) Suum. theol. p. L la, 5 adq 2 &) Ibid., a. 8,
latin héeriahs. a tt td:
€ PROVIDENTISSIMUS DEUS » 18 NOVEMBRE 1893 ‘297
puissent parfois aider l'interprète catholique, cependant il importe
à celui-ci de se souvenir que, d'après des preuves nombreuses empruntées aussi aux anciens (1), le sens non défiguré des Saintes Lettres ne se trouve nulle part en dehors de l'Eglise et ne peut être
donné par ceux qui, privés de la vraie foi, ne parviennent pas jus-
qu'à la moelle des Ecritures, mais en rongent seulement l'écorce (2). Il est surtout très désirable et très nécessaire que la pratique de la divine Ecriture se répande à travers toute la théologie. et en devienne pour ainsi dire l’âme : telle à été, à toutes les époques, la doctrine de tous les Pères et des plus remarquables théologiens, doctrine qu'ils ont appuyée par leur exemple. Ils se sont appliqués à établir et à -affermir sur les Livres Saints toutes les vérités qui sont l’objet de la foi, et celles qui en découlent; c’est de ces livres sacrés, comme aussi de la tradition divine, qu'ils se sont servis, afin de réfuter les nouvelles inventions des hérétiques, de trouver la raison d'être, l'explication, la liaison des dogmes catholiques. Il n’y a rien là d'étonnant pour celui qui réfléchit à la place si considérable qu’occupent les Saints Livres parmi les sources de la révélation divine : c’est à ce point que, sans l’étude et l'usage quoti-
dien de ceux-ci, la théologie ne pourrait être traitée d’une façon :
convenable et digne d’une telle science. Sans. doute, il est bon que les jeunes gens, dans les universités et les Séminaires, soient exercés surtout à acquérir l'intelligence et la science des dogmes et que, partant des articles de la foi, ils en tirent les conséquences, par une argumentation établie selon les règles d’une philosophie
éprouvée et solide. Cependant, le théologien sérieux et instruit ne
doit pas négliger l'interprétation des dogmes, appuyée sur l'autorité de la Bible.
La théologie, en effet, ne tire pas ses principes des autres sciences, mais immédiatement de Dieu par la révélation. Et aussi, elle ne recoit rien de ces Sciences, comme lui étant supérieures, mais elle les emploie comme étant ses inférieures et ses servantes.
Cette méthode d'enseignement de la science sacrée est indiquée et recommandée parle Prince des théologiens, saint Thomas d'Aquin (3). Celui-ci, en outre, a montré comment le théologien, comprenant bien le caractère de la science qu'il cultive, peut défendre ses principes, si quelqu'un les attaque : « En argumentant, si l'adversaire accorde quelques-unes des vérités qui nous sont données par la révélation. C’est ainsi qu’au moyen de l'autorité de la Sainte Ecriture,nous discutons contre les hérétiques, et au moyen d'un article de foi contre ceux qui en nient un autre. Au contraire, si l’adversaire ne croit rien de ce qui est divinement révélé, il ne reste plus à lui prouver les articles de foi par des raisonnements, mais à renverser ses raisonnements, s’il en fait contre la foi (4). »
Nous devons donc avoir soin que les jeunes gens marchent au combat convenablement instruits des sciences bibliques, pour ne pas qu'ils frustrent nos légitimes espérances, ni, ce qui serait plus grave, qu'ils courent sans y prendre garde le péril de tomber dans l'erreur, trompés par les fausses promesses des rationalistes et par le fantôme d'une érudition toute extérieure.
ge ANS AE SET
es TE