‹ Lettres apostoliques des S.S. Léon XIII (volume 2)Chapitre 85 sur 94 · LUE · texte numérisé non relu

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aut qui deinceps interpretes in eadem declaranda ediderint : qui, prout erant opiniones aelaiis, in locis edisserendis ubi physica aguntur, fortasse non ita semper iudicaverunt ex veritate, ut quaedam posuerint, quae nunc minus probentur. — Quocirca Studiose dignoscendum in illorum interpretationibus, quaenam reapse tradant tamquam spectantia ad fidem aut cum ea maxime copulala, quænam unanimi tradant consensu; namque « in his quae de necessitate fidei non sunt, licuit Sanctis diversimode opinari, sicut et nobis », ut est S. Thomae sententia (1). Qui et alio loco prudentissime habet : « Mihi videtur tutius esse, huiusmodi, quae philosophi communiter senserunt, et nostrae fdei non repugnant, nec sic esse asserenda ut dogmata fidei etsi aliquando sub nomine philosophorum introducantur, nec sic esse peganda tamquam fidei contraria, ne sapientibus huius mundi occasio contemnendi doctrinam fidei praebeatur (2). » — Sane, quamquam ea, quae speculatores naturae certis argumentis certa jam esse affirmarint, interpres ostendere debet nihil Scripturis recte explicatis obsistere, ipsum tamen ne fugiat, factum quandoque esse, ut certa quaedam ab illis tradita, postea in dubitationem adducta sint et repudiata. Quod si physicorum scriptores terminus disciplinae suae transgressi, in provinciam philosophorum perversilate opinionum invadant, eas interpres theologus philosophis mittat refutandas. — Haec ipsa deinde ad cognatas disciplinas, ad historiam praesertim, iuvabit transferri. Dolendum enim, multos esse qui antiquitatis monumenta, gentium mores et instituta, similiumque rerum testimonia magnis ii quidem laboribus perscrutentur et proferant, sed eo saepius consilio, ut erroris labes in sacris Libris deprehendant, ex quo illorum auctoritas usquequaque infirmetur et nudet. — [dque nonnullt et nimis infesto animo faciunt nec satis aequo iudicio; qui sic dunt profanis libris et documentis memoriae priscae, perinde ut nulla e1s ne SuSpiCio quidem erroris possit subesse, libris vero Scripturae sacrae, ex opinata tantum erroris specie, neque eà probe discussa, vel parem abnuunt, fidem. Fieri quidem potest, ut quaedam Hbrariis in codicibus describendis minus recte exciderint; quod considerate iudicandum est, nec facile admittendum, nisi quibus locis rite sit demonstratu :

Fierietiam potest, ut germana alicuius loci sentenlia permaneat anceps; cui enodandae multum afferent optimae ‘interpretandi regulae : at nefas omnino fuerit, aut inspirationem ad aliquas

(1) In Sent. 1, dist. IL, q. 1. à (2) Opusc. X

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€ PROVIDENTISSIMUS DEUS » 18 sovemgre 1893 235

Mais, de ce qu'il faut défendre vigoureusement l'Ecriture Sainte,

il ne résulte pas qu'il soit nécessaire de conserver également tous

les sens que chacun des Pères ou des interprètes qui leur ont succédé a employés pour expliquer ces mêmes Ecritures. Ceux-ci, en effet, étant données les opinions en cours à leur époque, n’ont peutêtre pas toujours jugé d’après la vérité au point de ne pas émettre certains principes qui ne sont maintenant rien moins que prouvés. Il faut donc distinguer avec soin dans leurs explications cé qu'ils donnent comme concernant la foi ou comme lié avec elle, ce qu'ils affirment d’un commun accord. En effet, pour ce qui n’est pas de l'essence de la foi, les saints ont pu avoir des avis différents, ainsi que nous-mêmes, telle est la doctrine de saint Thomas (1).

Celui-ci, dans un autre passage, s'exprime avec beaucoup de sagesse en ces termes: « Pour ce qui concerne les opinions que les philosophes ont communément professées et qui ne sont pas contraires à notre foi, il me semble qu'il est plus sûr de ne pas les affirmer comme des dogmes, bien que quelquefois elles soient introduites dans le raisonnement au nom de ces philosophes, et de ne pas les noter comme contraires à la foi, pour ne pas fournir aux sages de ce monde l’occasion de mépriser notre doctrine (2). »

D'ailleurs, quoique l'interprète doive montrer que rien ne contredit l'Ecriture bien expliquée, dans les vérités, que ceux qui étudient les sciences physiques donnent comme certaines et appuyées sur de fermes arguments, il ne doit pas oublier que parfois plusieurs de ces vérités, données aussi comme certaines, ont été ensuite mises en doute et laissées de côté. Que si les écrivains, qui traitent des faits physiques, franchissant les limites assignées aux sciences dont ils s'occupent, s’avancent sur le terrain de la philosophie en émettant des opinions nuisibles, le théologien peut faire appel aux philosophes pour réfuter celles-ci.

Nous voulons maintenant appliquer cette doctrine aux sciences du même genre et notamment à l'histoire. On doit s’affliger, en effet,

- de ce que beaucoup d'hommes qui étudient à fond les monuments

de l'antiquité, les mœurs et les institutions des peuples, et se livrent à ce sujet à de grands travaux, ont trop souvent pour but de trouver

des erreurs dans les Livres Saints, afin d'infirmer et d’ébranler

complètement l'autorité des Ecritures.

Quelques-uns agissent ainsi avec des dispositions vraiment trop hostiles, et jugent d’une facon qui n’est pas assez impartiale. Ils ont tant de confiance dans les livres profanes et dans les documents du passé, qu'ils les invoquent comme s’il ne pouvait exister à ce

sujet aucun soupcon d'erreur, tandis qu’ils refusent toute créance

aux Livres sacrés, à la moindre, à la plus vaine apparence d’inexac-

titude, et ce même sans aucune discussion. CA A la vérité, il peut se faire que certains passages, dans l’impres-

sion des diverses éditions, ne se trouvent pas reproduits d’une

* facon absolument juste. C’est ce qui doit être étudié avec soin, ce quine doit pas être admis facilement, excepté sur les points pour

lesquels le fait a été convenablement prouvé. Il peut arriver aussi que le sens de quelques phrases demeure

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