‹ Lettres apostoliques des S.S. Léon XIII (volume 2)Chapitre 86 sur 94 · REA PAR FT SH OTTIN · texte numérisé non relu

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236 FT 2 ENGYGLIQUE DE S. S.‘LÉON xXme | "2 tantum sacrae Scripturae partes coangustare, aut concedere sacrum ipsum errasse auctorem. |

Nec enim toleranda est eorum ratio, qui existis difficulta- tibus sese expediunt, id nimirum dare non dubitantes, inspirationem divinam ad res fidei morumque, nihil praeterea, pertinere, eo quod falso arbitrentur, de veritate sententiarum quum agitur, non adeo exquirendum quaenam dixerit Deus, ut non magis perpendatur quam ob causam ea dixerit.

- Etenim libri omnes atque inlegri, quos Ecclesia tamquam sacros et canonicos recipit, Cum omnibus suis partibus, Spiritu Sancto dictante, conscripti sunt; tantum vero abest ut divinae inspirationi error ullus subasse possit, ut ea per se ipsà, non modo errorem excludat omnem, sed tam necessario excludat et respuat, quam necessarium est, Deum, summam Veritatem,nul- : lius omnino erroris auctorem esse. Haec est antiqua et constans | fides Ecclesiae, solemni etiam sententia in Conciliis definita Florentino et Tridentino,confirmata denique atque expressius Geclarata in Concilio Vaticano, à quo absolute edictum : Veteris et novi Testamenti libri integri cum omnibus suis partibus, prout in eiusdem Concilii (Tridentini) decreto recensentur, et in veteri vulgata latina editione habentur, pro sacris et canonicis suscipiendi sunt. Eos vero Ecclesia pro sacris et canonicis habet, non ideo quod sola humana industria concinnati, sua deinde auctori- . “tate sint approbati; nec 1deo dumtaxat, quod revelationem sine errore contineant; sed propterea quod Spiritu Sancto inspirante conscripti, Deum habent auctorem (1). Quare nihil admodum refert, Spiritum Sanctum assumpsisse homines tamquam instrumenta ad scribendum, quasi, non quidem primario auctori, sed scriptoribus inspiratis quidpiam falsi elabi potuerit. Nam supernaturali ipse virtute ita eos ad scribendum excitavit et movit, ita Scribentibus adstitit, ut ea omnia eaque solà quae ipse juberet, et recte mente conciperent, et fideliter conscribere vellent, et apte infallibili veritate exprimerent: secus, non ipse esset auctor sacrae Scripturae universae.

Hoc ratum semper habuere S$. Patres : « Ttaque, ait Augustinus, quum ill scripserunt quae ille ostendit et dixit, nequaquam dicendum est, quod ipse non scripserit: quandoquidem membra- . eius id operata sunt, quod dictante capite cognoverunt (2) »: « pronunciatque S. Gregorius M. : « Quis haec scripserit, valde supervacanee quaeritur, quum tamen aucior libri Spiritus Sanctus ideliter credatur. Ipse igitur haec scripsit, qui scribenda dictavit:

(1) Sess. Il, c. 1, de revel.

(2) De consensu Evangel., 1. [, c, 35.

PROVIDENTISSIMUS DEUS » 18 NOVEMBRE 1893 Ne

douteux; pour le déterminer, les règles de l'interprétation seront d'un grand secours; mais il seraitabsolument funeste soit de limiter l'inspiration à quelques parties des Ecritures, soit d’accorder que l’auteur sacré lui-même s’est trompé.

On ne peut non plus tolérer la méthode de ceux qui se délivrent de ces difficultés en n'hésitant pas à accorder que l'inspiration divine ne s'étend qu'aux vérités concernant la foi et les mœurs, et à rien de plus. Ils pensent à tort que, lorsqu'il s’agit de la vérité des

‘avis, il ne faut pas rechercher surtout ce qu'a dit Dieu, mais exa-

miner plutôt le motif pour lequel il a parlé ainsi.

En effet, tous les livres entiers que l'Eglise a recus comme sacrés et canoniques dans toutes leurs parties, ont été écrits sous la dictée de l'Esprit-Saint. Tant s’en faut qu'aucune erreur puisse s'attacher à l'inspiration divine, que non seulement celle-ci par elle-même exclut toute erreur, mais encore l’exclut et y répugne aussi nécessairement que nécessairement Dieu, souveraine vérité, ne peut être l’auteur d'aucune erreiir.

Telle est la croyan:e antique et constante de l’Eglise, définie solennellement par les Conciles de Florence et de Trente, confirmée enfin et plus expresséinent exposée dans le Concile du Vatican, qui a porté ce décret ab‘olu : « Les livres entiers de l'Ancien et du Nouveau Testament, dans toutes leurs parties, tels qu'ils sont énumérés par le décret du même Concile de Trente, et tels qu'ils sont contenus dans l’ancienne édition vulgate en latin, doivent être regardés comme sacrés et canoniques. L’Eglise les tient pour sacrés et canoniques non parce que, rédigés par la seule science humaine, ils ont été ensuite approuvés par l'autorité de ladite Eglise; non parce que seulement ils renferment la vérité sans erreur, mais

parce que, écrits sous l'inspiration du Saint-Esprit, ils ont Dieu pour

auteur (4). »

On ne doit donc presque en rien se préoccuper de ce que l’Esprit- Saint ait pris des hommes comme des instruments pour écrire, comme si quelque opinion fausse pouvait être émise non pas certes par le premier auteur, mais par les écrivains inspirés. Eneffet, luimême les a, par sa vertu, excités à écrire, lui-même les a assistés tandis qu'ils écrivaient, de telle sorte qu'ils concevaient exactement, qu'ils voulaient rapporter fidèlement et qu’ils exprimaient avec une vérité infaillible tout ce qu'il leur ordonnait et seulement ce qu'il

leur ordonnait d'écrire.

Tel a été toujours le sentiment des saints Pères. « Aussi, dit saint Augustin, puisque ceux-ci ont écrit ce que l’Esprit-Saint leur

a montré et leur aenjoint d'écrire, on ne doit pas dire que lui-même

n’a pas écrit ; ceux-ci, comme les membres, ont mis en œuvre ce

. que la tête leur dictait (2). » Saint Grégoire le Grand s'exprime en ces .- termes: « Il est bien superflu de chercher qui a écrit ces livres

puisqu'on croit fermement que l’auteur en est l'Esprit-Saint. Celui-là, en effet, a écrit qui a dicté ce qu'il fallait écrire : celui-là a écrit

qui à inspiré l’œuvre. »

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ipse scripsit qui etinillius opere inspirator extitit (1). » Consequitur, ut qui in locis authenticis Librorum sacrorum quidpiam falsi contineri posse existiment, ii profecto aut catholicam divinae inspirationis notionem pervertant, aut Deum ipsum erroris - faciant auctorem. Atque adeo Patribus omnibus et Doctoribus persuasissimum fuit, divinas Litteras, quales ab hagiographis editae sunt, ab omni omnino errore esse immunes, ut propterea non pauca illa, quae contrarii aliquid vel dissimile viderentur afferre (eademque fere sunt, quae nomine novae scientiae nunc obiiciunt), non subtiliter minus quam religiose componere inter . se et conciliare studuerint. — Professiunanimes, Libros eos et integros et per partes a divino aeque esse afflatu, Deumque i ipsum per sacros auctores elocutum nihil admodum a veritate alienum ponere potuisse.—Ea valeant universe quae idem Augustinus ad Hieronynum scripsit : « Ego enim fateor ciritati tuae, solis eis Scripturarum libris qui iam canonici apptillantur, didici hunc timorem honoremque deferre, ut nullum ebrum auctorum scribendo aliquid errasse firmissime credam. Ac si aliquid in eis offendero litteris quod videatur contrariun: veritati, nihil aliud quam vel mendosum esse codicem, vel interpretem non assecutum est ques dictum est,vel me minime intellexisse non ambigamr ue

At vero omni graviorum artium instrumento pro sanctitate Bibliorum plene perfecteque contendere, multo id maius est, quam ut à sola interpretum et theologorum sollertia aequum sit expectari. Eodem optandum est conspirent et connitantur illi etiam ex catholicis viris, qui ab externis doctrinis aliquam sint nominis auctoritatem adepti. Horum sane ingeniorum ornatus, si nunquam antea, ne nunc quidem, Dei beneficio, Ecclesiae deest; atque utinam eo amplius in fidei subsidium augescat. Nihil enim magis oportere ducimus, quam ut plures validioresque nanciscatur veritas propugnatores, quam sentiant adversarios, 1eque res ulla est quae magis persuadere vulgo possit obsequium veritatis, quam si eam liberrime profiteantur qui in laudata aliqua praestent facultate. Quin facile etiam cessura est obtrectatorum invidia, aut certe non ita petulanter iam traducere illi . audebunt inimicam scientiae, fidem, quum viderint a viris scientiae laude nobilibus summum fidei honorem reverentiamque …

adhiberi. — Quoniam igitur tantum ii possunt religioni impor- 2.

tare commodi, quibus cum catholicae professionis gratia felicem indolem ingenii benignum Numen impertiit, ideo in hac acer-

(4) Praef. in lob,n.2..

(2 Ep. LXXXII, 4 el crebrius alibi.

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« PROVIDENTISSIMUS DEUS » 18 NoveuBre 1593 239

Il suit de là (1) que ceux qui pensent que, dans les passages authentiques des Livres Saints, peut être renfermée quelque idée fausse, ceux-là assurément ou pervertissent la doctrine catholique, ou font

de Dieu lui-même l’auteur d'une erreur. Tous les Pères et tous les

docteurs ont été si fermement persuadés que les Lettres divines, telles qu'elles nous ont été livrées par les écrivains sacrés, sont exemptes de toute erreur, qu'ils se sont appliqués, avec beaucoup d'ingéniosité et religieusement, à faire concorder entre eux et à

concilier les nombreux passages qui semblaient présenter quelque

contradiction ou quelque divergence. (Et ce sont presque les mêmes quau nom de la science nouvelle, on nous oppose aujourd'hui.) |

Les docteurs ont été unanimes à croire que ces Livres, et dans leur ensemble et dans leurs parties, sont également d'inspiration divine, que Dieu lui-même a parlé par les auteurs sacrés, et qu'il

n’a rien pu énoncer d'opposé à la vérité.

On doit appliquer ici d’une facon générale les paroles que le même saint Augustin écrivait à saint Jérôme : « Je l’avoue, en effet, à ta charité, j'ai appris à accorder aux seuls livres des Ecritures, que l’on appelle maintenant canoniques, cette révérence et cet hon-

neur de croire très fermement qu'aucun de leurs auteurs n'a pu commettre une erreur en les écrivant. Et si je trouvais dans ces

Saintes Lettres quelque passage qui me parût contraire à la vérité, je n’hésiterais pas à affirmer ou que le manuscrit est défectueux ou que l'interprète n’a pas suivi exactement le texte, ou que je ne comprends pas bien (2). » ”

Mais lutter pleinement et parfaitement au moyen des sciences les

plus importantes pour établir la sainteté de la Bible, c’est là beaucoup plus, certes, qu’il n’est juste d'attendre de la seule érudition des

théologiens. Il est donc désirable qu'ils se proposent le même but

et s'efforcent de l’atteindre, les catholiques ayant acquis quelque

autorité dans les sciences étrangères. Si la gloire que donnent de tels talents, n'a jamais manqué à l'Eglise, grâce à un bienfait de

Dieu, certes elle ne Lui fait pas non plus défaut maintenant. Puisse

cette gloire aller toujours croissant pour l'appui de la foi.

Il est, croyons-nous, de la plus grande importance que'la vérité rencontre de nombreux et solides défenseurs, et rien n'est aussi propre à persuader à la foule d'accepter cette vérité, que si elle voit des hommes distingués en quelque science, s’y attacher très librement. ve

En oùtre, la haine de nos défenseurs s’évanouira facilement, ou

du moins, ils in’oseront plus ‘affirmer avec tant d’assurance que la

foi est ennémie de la science, lorsqu'ils verront des hommes doctes rendre à cette foi le plus grand honneur, avoir pour elle un vif respect.

Puisque ceux-là peuvent tant pour la religion, auxquels la Providence a libéralement donné un heureux talent et la grâce de pro- {esser la foi catholique, il faut qu'au milieu de cette lutte violente

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