‹ Lettres apostoliques des S.S. Léon XIIIChapitre 19 sur 85 · IMMORTALE DE »,. 1% NOVEMBRE · texte numérisé non relu

IMMORTALE DE »,. 1% NOVEMBRE

ni les droits d’une société parfaite, et qu'elle fût simplement une

association semblable aux autres qui existent dans l'Etat. Aussi,

tout ce qu'elle a de droits, de puissance légitime d'action, ils le.

font dépendre de la concession et de la faveur des gouvernements.

? Dans les Etats où la législation civile laisse à l'Eglise son auto- nomie, et où un concordat public est intervenu entre les deux puissances, d’abord on crie qu'il faut séparer les affaires de l'Eglise . des affaires de l'Etat, et cela dans le but de pouvoir agir impu- nément contre la foi jurée et se faire arbitre de tout, en écartant tous les obstacles. — Mais, comme l'Eglise ne peut le souffrir patiemment, car ce serait pour elle déserter les plus grands et les plus sacrés des devoirs, et qu'elle réclame. absolument le reli- gieux accomplissement de la foi qu'on lui a jurée, il naît souvent … entre la puissance spirituelle et le pouvoir civil des conflits dont l'issue presque inévitable est d'assujettir celle qui est le moins pourvue de moyens humains à celui qui en est mieux pourvu.

Ainsi, dans cette situation politique que plusieurs favorisent . aujourd'hui, il y a une tendance des idées et des volontés à chasser

tout à fait l'Eglise de la société, ou à la tenir assujettie et enchaînée à l'Etat. La plupart des mesures prises par les gouvernements s’inspirent de ce dessein. Les lois, l'administration publique, l’éduca- tion sans religion, la spoliation et la destruction des Ordres religieux, la suppression du pouvoir temporel des Pontifes romains,

droits.

- tendre le gouvernement civil s'éloigne de la vérité. — Son témoi- … gnage, en effet, suffit à établir que tout ce qu’il y a d'autorité parmi les hommes procède de Dieu, comme d'une source auguste et . suprême. Quant à la souveraineté du peuple, que, sans tenir aucun.

compte de Dieu, l’on dit résider de droit naturel dans le peuple, si elle est éminémment propre à flatter et à enflammer une foule de passions, elle ne repose sur aucun fondement solide ét ne saurait avoir assez de force pour garantir la sécurité publique et le maintien paisible de l’ordre. En effet, sous l'empire de ces doc- . trines, les principes ont fléchi à ce point que, pour beaucoup, c'est . une loi imprescriptible, en droit politique, que de pouvoir légiti- mement soulever des séditions. Car l'opinion prévaut que les chefs du gouvernement ne sont plus que des délégués chargés d'exécuter

craindre des troubles.

Relativement à la religion, penser qu'il est indifférent qu'elle ait formes disparates et contraires équivaut simplement à n’en vous mi choisir, ni suivre aucune.C’est l’athéisme moins le nom. Quie, en effet, croit en Dieu, s’il est conséquent et ne veut pa-

tout tend à ce but: frapper au cœur les institutions chrétiennes, . réduire à rien la liberté de l'Eglise catholique et à néant ses autres

La simple raison naturelle démontre combien cette facon d’en-

la volonté du peuple : d’où cette conséquence nécessaire que tout peut également changer au gré du peuple et qu'il y a toujours à.

DS | ENGYGLIQUE DE S. se LÉON x

bieltigtat usitatas in culto divino rationes, quarum tanta est

differentia maximisque etiam de rebus dissimilitudo et pugna,

æque probabiles, æque bonas, æque Deo .Accepias esse. omnes non posse.

Sic 1lla quidlibet sentiendi litterarumque formis er Va

cs “exprimerdi facultas, omni moderatione posthabita, non dd de est propria vi sua bonum, quo societas humana jure lætetur : sed; : mulitorum malorum fons et OTIgO. — Libertas, ut quæ virtus est.

hominem perficiens, debet in eo quod vérum Sit, quodque bonum, |

- versari: boni autem verique ratio mutari ad hominis arbitrium «mon DOLESE, sed manet semper eadem, neque minus est quan

ipsa rerum natura, incommutabilis. Si mens adsentiatur opinionibus falsis, si malum voluntas adsumat et ad id se applicet, perfectionem sui neutra consequitur, sed excidunt. dignitate naturali et in corruptelam ambæ delabuntur. Quæcumque sunt igitur virtuti Veritatique contraria, ea in luce atque in oculis hominum ponerenon estæquum : gratia tutelave legum defendere,.… multo minus. Sola bene acta vita via est in cœælum quo tendimus universi : ob eamque rem aberrat civitas a regula et præscrip- |

- üone naturæ, si Jicentiam opinionum praveque factorum in tan:

: tum lascivire sinat, ut impune liceat mentes a veritate, animos & virtute deducere. Ecclesiam vero, quam Deus ipse constituit, ab actione vitæ excludere, a legibus, ab institutione adolescentium societate domestica, magnus ei perniciosus est error.

Bene morata civitas esse, sublata religione non potest : jamque plus fortasse quam oporteret, est cognitum, qualis in se sit et .

quorsum pertineat illa de vita et moribus philosophia, quam

civilem nominant. Vera est magistra virtutis et morum custos

Ecclesia Christi; ea est, quæ incolumia tuetur principia, unde

-officia ducuntur, propositisque causis ad honeste vivendum efficacissimis, jubet non solum fugere prave facta, sed regere motus animi rationi contrarios etiam sine effectu. — Ecclesiam. vero in suorum officiorum munere: potestati civili velle esse subjectam, magna quidem injuria, magna temeritas est. HocAÂacto perturbatur “ordo, quia quæ haturalia sunt præponuntur lis, que” sunt Supra naturam : tollitur aut certe magnopere minuitur Îfre- … quentia . bonorum, quibus, si nulla re impediretur, communem vitam Ecclesia compleret : prætereaque via ad inimicitias muni- : tur et certamina, quæ quantam utrique reipublicæ perniciem afferant, nimis sæpe eventus demonstravit. : 1

Hujusmodi doctrinas, quæ nec humanæ rationi probantur, et. 4 plurimum habent in civilém disciplinam momenti, romani Pon- ‘ . tifices decessores Nostri, cum probe intelligerent quid à, Se pos- #4 tularet apostolicum munus, impune abire nequaquam passi sunt Sic CFÉRUTIUS XVI per HARSEIeRE, litteras ee initio Hirart vos.

D 0 « IMMORTALE Der », 1°" NOVEMBRE 1885 39 :

* tomber dans l'absurde, doit nécessairement admettre que les divers cultes en usage entre lesquels il y a tant de différence, de disparité

et d'opposition, même sur les points les plus importants, ne sau-

” raient être tous également bons, également agréables à Dieu.

De même, la liberté de penser et de publier ses pensées, sous- traite à toute règle, n’est pas de soi un bien dont la société ait à se féliciter; mais c'est plutôt la source et l’origine de beaucoup de . maux. — La liberté, cet élément de perfection pour l'homme, doit s'appliquer à ce qui est vrai et à ce qui est bon. Or, l'essence du bien et de la vérité ne peut changer au gré de l'homme, mais elle demeure toujours la même, et non moins que la nature des choses … elle est immuable. Si l'intelligence adhère à des opinions fausses, si la volonté choisit le mal et s’y attache, ni l’une ni l’autre n’atteint sa perfection, toutes deux déchoient de leur dignité native et se . corrompent. Il n’est donc pas permis de mettre au jour et d'exposer aux yeux des hommes ce qui est contraire à la vertu et à la vérité, et bien moins encore de placer cette licence sous la tutelle et la … protection des lois. Il n’y a qu'une voie pour arriver au ciel, vers EU Gal nous tendons tous : c’est une bonne vie. L'Etat s’écarte donc . des règles et des prescriptions de la nature, s’il favorise à ce point la licence des opinions et des actions coupables, que l'on puisse impunément détourner les esprits de la vérité et les âmes de la vertu. Quant à l'Eglise, que Dieu lui-même a établie, l'exclure de - la vie publique, des lois, de l'éducation de la jeunesse, de la société domestique, c’est une grande et pernicieuse erreur, —- Une société sans religion ne saurait être bien réglée; et déjà, plus peut-être qu'il . ne faudrait, l’on voit ce que vaut en soi et dans ses conséquences . cette soi-disant morale civile. La vraie maîtresse de la vertu et la gardienne des mœurs est l'Eglise du Christ. C’est elle qui conserve en leur intégrité les principes d'où découlent les devoirs, et qui, suggérant les plus nobles motifs de bien vivre, ordonne non seulement de fuir les mauvaises actions, mais de dompter les mouvements de l'âme contraires à la raison, quand même ils ne se traduisent pas en acte. Prétendre assujettir l'Eglise au pouvoir civil dans

. l'exercice de son ministère, c’est à la fois une grande injustice et une grande témérité. Par le fait même, on trouble l’ordre, car on donne le pas aux choses naturelles sur les choses surnaturelles:

on tarit, où certainement on diminue beaucoup l’affluence des biens

dont l'Eglise, si elle était sans entraves, comblerait la société; et de

. plus, on ouvre la voie à des haines et à des luttes dont de trop fré-

quentes expériences ont démontré la grande et funeste influence sur “une Gt Fautresotiété se NT ANT |

… Ces doctrines, que, la raison humaine réprouve et qui ont une . influence si considérable sur la marche des choses publiques, les

Pontifes romains, nos prédécesseurs, dans la pleine conscience de

. ce que réclamait d'eux la charge apostolique, n'ont jamais souffert

qu'elle fussent impunément émises. C’est ainsi que, dans sa Lettre-

Encyclique Mirari vos, du 15 août 1832, Grégoire XVI, avec une PR LR TOR 3 NES DR Ep ;

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