‹ Lettres apostoliques des S.S. Léon XIIIChapitre 44 sur 85 · TAN U À · texte numérisé non relu

TAN U À

& OFFICIO SANCTISSIMO », 22 DÉCEMBRE 1887 129 mettre en main et de leur exposer assidûment et habilement les œuvres du grand saint Thomas d'Aquin, et à maintes reprises Nous avons fait à ce sujet les recommandations les plus graves. Nous À sommes convaincu que le clergé en à déjà recueilli les fruits les - meilleurs, et Nous attendons avec un ferme espoir qu’ils seront plus excellents et plus abondants encore. |

- C’est que la méthode du Docteur angélique est admirablement . propre à former les esprits; c’est qu'elle fournit le moyen de com- - menter, de philosopher, de disserter d’une facon pressante et invincible : car elle montre lumineusement les choses dérivant chacune les unes des autres par une série non interrompue, et toutes s’enchaînant et s’ünissant entre elles, toutes se rapportant à des prin- cipes supérieurs, puis elle élève à la contemplation de Dieu, qui est la cause efficiente, la force, le modèle souverain de toutes choses, à qui finalement toute la philosophie de l’homme, pour grand qu'il soit, doit se rapporter. Ainsi, par saint Thomas, la science des choses divines et humaïnes, des causes qui contiennent ces choses, cette science est à la fois admirablement éclairée et solidement affermie. Contre cette méthode, les vieilles sectes d'erreurs se sont ruées en vain; et les nouvelles, qui en diffèrent plutôt par le nom êt l'apparence que par la chose, après avoir aussi levé la tête, sont tombées sous ses coups, ainsi que l’ont montré beaucoup de nos écrivains. Il est vrai que la raison humaine veut pénétrer avec des armes libres dans la connaissance intérieure et cachée des choses, elle le veut et ne peut pas ne pas le vouloir; mais avec Thomas * d'Aquin pour auteur et pour maître, elle le fait plus vite et plus librement, parce qu'elle le fait avec une entière sécurité, à l’abri de tous périls de dépasser les frontières de la vérité. Car on ne peut raisonnablement appeler liberté ce qui conduit et disperse les opinions jusqu'au caprice et à la fantaisie, bien plus, à une licence perverse, à une science fausse et menteuse qui est le déshonneur de . l’esprit etune vraie servitude. C’est là vraiment le très sage docteur qui s'avance entre les frontières de la vérité, qui non seulement ne s'attaque pas à Dieu, principe et terme de toute vérité, mais qui - lui adhère très étroitement et qui lui rend toujours hommage, toujours de quelque facon qu’il lui découvre ses mystères; qui n’est pas moins saintement obéissant dans son enseignement au Pontife

main, qui révère en lui l'autorité divine et qui tient qu'il est absoument nécessaire, de nécessité de Salut, d'être soumis au Pontife romain (1). — Qu'à son école donc, le clergé grandisse et s'exerce ans l'étude de la philosophie et de la théologie : car, de la sorte, sera savant et plus vaillant que personne dans les saints combats. Or, on peut à peine dire de quelle grande utilité est la lumière de doctrine répandue par le clergé dans tous les rangs du peuple, elle brille comme sur un candélabre de vertu. Car, dans les pré- ‘eptes qui ont pour butde corriger les mœurs humaines, les exemples des maîtres sont presque plus puissants que leurs enseignements; n’est personne, en effet, traitant avec quelqu'un, qui lui donne si facilement confiance, si ses actes diffèrent de ses paroles et ses enseignements. Tenons nos yeux et nos esprits fixés sur

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