PAR
» peræque gentes animadvertere possumus, dominis in servos
» vitæ necisque potestatem esse, et Gas per servum. » acquiritur id dominis acquiritur (2). » =
Ex hac rerum perturbatione licuit dominis servos permutare | venumdare, hereditate tradere, c&dere, morti dare, iisque abuti ad licentiam diramque superstitionem : impune et in luce licuit. Quin etiam ethnicorum qui prudentissimi ferebantur, philosophi
insignes, consultissimi juris, hoc sibi aliisque, per summam à
communis judicii injuriam, suadere conati sunt, esse servitutem. nibil aliud quam necessariam naturæ conditionem : nec enim. sunt verili profiteri, quia Servorum genus generi liberorum longe multumque et virtute intelligendi et præstantia corporum cederet,
oportere 1dcirco, servos, veluti carentia ratione et consilio instru #
menta, dominorum usquequaque voluntatibus temere indigneque servire. Ejusmodi detestanda maxime tum inhumanitas tum iniquitas; qua semel accepta, nulla jam sit oppressio hominum barbara et nefanda, quæ non sese in legis quadam à specie impudentissime tueatur. :
Inde vero quale flagitiorum seminarium, quæ pestis et per- di nicies 1n civitates manarit, exemplorum pleni sunt libri; in ani-
mis servorum exacul odia, teneri dominos suspicione metu uer
AR RALAE alios ad explendas iras parare bte cervicibus : a i0S ss
(1) Lucan, Phars. V. 343. — (2) Justinian. Inst., LL tit. 8. na rl
in PLURIMIS », 5 mar 1888 149
au lieu de pratiquer, sous l’impulsion de la nature, la bienveillance et la déférence mutuelles, n’ont écouté que leurs passions et ont . commencé à considérer les autres hommes comme leur étant inférieurs et à Îes traiter, par conséquent, comme des animaux nés pour le joug. De là, et sans tenir le moindre compte ni de la com- - munauté de nature, ni de la dignité humaine, ni de l’image divine imprimée dans l’homme, il est arrivé au moyen des querelles et des guerres qui éclatèrent ensuite, que ceux qui se trouvaient l'emporter par la force s’assujettissaient les vaincus, et quoique de même race, se partageaient graduellement en individus de deux - catégories distinctes, c’est-à-dire les esclaves vaincus assujettis aux vainqueurs leurs maîtres.
L'histoire des anciens temps nous montre ce lamentable spectacle jusqu'à l’époque du divin Rédempteur ; la calamité de la servitude s'était propagée chez tous les peuples et tellement réduit était devenu le nombre des hommes libres, qu’un poète de l'empire put proférer cette atrocité que « le genre humain ne vit que pour le petit nombre (1). » Cela fut en vigueur chez les nations mêmes les plus policées, chez les Romains, où la domination d’un petit nombre s'imposait à la multitude ; et, cette domination s’exercait avec tant de perversité et d'orgueil, que les troupes d'esclaves étaient considérées comme des biens, non comme des personnes, comme des choses, dépouillées de tout droit et dépourvues même de la faculté __ de conserver la vie et d'en jouir. « Les serviteurs sont au pouvoir » des maîtres, et ce pouvoir émane du droit des gens, car on peut » observer qu'il existe exactement chez tous les peuples le pouvoir » pour les maîtres de disposer de la vie et de la mort des esclaves » et tout ce qui est acquis par l’esclave l’est au profit du maître (2).» Par suite d’une aussi profonde perturbation morale, il fut impunément et publiquement permis aux maîtres d'échanger leurs esclaves, de les vendre, de les livrer en héritage, de les battre, de les tuer, - d’en abuser pour leurs passions et leur cruelle superstition. __ Bien plus, ceux qui étaient réputés les plus sages parmi les gen- . tils, des philosophes insignes, très versés dans le droit, se sont efforcés de se persuader eux-mêmes et les autres, par un suprême outrage au sens commun, que la servitude n’est autre chose que la condition nécessaire de la nature; et ils n’ont pas rougi d'enseigner que la race des esclaves cède de beaucoup, en faculté intellectuelle et en beauté corporelle, à la race des hommes libres; qu'il faut, partant, que les esclaves, comme des instruments dépourvus de raison et de sagesse, servent en toutes choses aux volontés de leurs maîtres. | Cette doctrine inhumäine et inique est souverainement détestable et telle qu’une fois acceptée, il n’est plus d’oppression, si infâme et barbare soit-elle, qui ne se soutienne impunément avec . une certaine apparence de légalité et de droit. L'histoire est pleine d'exemples du grand nombre de crimes et de pernicieux fléaux qui en ont résulté pour les nations ; la haine en à été excitée dans le cœur des esclaves, tandis que les maîtres se sont vus réduits à vivre dans une appréhension et une crainte per
150 ENCYCLIQUE DE S. S. LÉON xt Nu
instare crudelius ; aliorum numero, idee vi Étites commo- je veri, levi momento dissolvi : FR et seditiones, direptiones ME
et incendia, prœlia cædesque misceri.
In eo dejectionis profundo mortalium plurimi laborabant, na
toque miserius ut mersi erant supertitionum caligine; quum,
maturis divino consilio temporibus, lux e cælo admirabilis
oborta est, et gratia redimentis Christi ad hominum universita-
tem se copiose profudit; cujus beneficio ïilli erecti sunt et cæno
et ærumna servitutis, Omnesque omnino à deterrimo peccati servitio ad præstantissimam dignitatem filiorum Dei sunt revocati
et adduct:.
Apostoli enimvero inde ab initio Ecclesia, præter alia præceptavitæ sanctissima, hoc etiam tradidere et inculcavere, quod et
non semel scriptum a Paulo ad renatos e lavacro Baptismatis : « Omnes filii Dei estis pér fidem, quæ est in Christo Jesu : qui- » Cumque enim in Christo baplizati estis, Christum induistis. » Non est Judæus, neque Græcus, non est servus neque liber,
» non est masculus neque femina; omnes enimñ vos unum estis. k
» in Christo Jesu (1). Non est Genlilis et Judæus, circumcisio
» et præputium, barbarus et Scytha, servus et liber, sed ommia
» et in omnibus Christus (2). Etenim in uno Spiritu omnes nos
» in unum corpus baptizati sumus, sive Judæi sive Gentiles, sive.
» Servi sive liberi, et omnes in uno Spiritu potati sumus (3). » Aurea sane, honestissima, saluberrima documenta, quorum. efficacitate non modo hominum generi decus redditur suum atque augetur, sed etiam, cujuscumque ipsi sunt loci vel linguæ
vel gradus, inter se consociantur et vinculis fraternæ necessitu- dinis arctissime continentur. Ea vere beatissimus Paulus, qua Christi urgebatur caritate, ex ipso Ejus corde hauserat, qui se
fratrem singulis cunctisque hominibus perbenigne dedit, quique
de se omnes, ne uno quidem dempto aut posthabito, ita nobili= tavit ui consortes adscisceret naturæ divinæ. Ea ipsa non secus … fuere ac divinitus insertæ propagines, quæ mirum in modum. provenientes effluruerunt ad spem felicitatemque, publicam ; quum, decursu rerum et temporum, perseyerante opera Ecclesiæ, |
societas civitatum ad similitudinem familiæ renovata coaluerit, re
christiana et libera.
Principio enim solertissima <ura Ecclesiæ in eo versata est, ut populus christianus de hacetiam magni ponderis re sinceram
Christüi et Apostolorum doctrinam acciperet probequeteneret. Jam nunc per Adamum novum, qui est Christus communionem fra-
ternam et hominis cum CRE et gentis cum gente intercedere : "
ipsis, sicut unam eamdemque, intra naturæ fines, CRRTIENS sv 4 pu
(1) Gal. HI, 26-28. — (2) Celoss. LIL, 11. — (3) lOor MILAN
« IN PLURIMIS », 5 Mar 1888 RD ST
pétuelle ; les uns préparaientles torches incendiaires de leur fureur, les autres persistaient de plus en plus dans leur cruauté ; les Etats étaient ébranlés et exposés à tout moment à la ruine par la multitude des uns et par la force des autres; de là, en un mot, les tumultes et les séditions, le pillage et l'incendie, les combats et les massacres.
La foule des mortels était opprimée par cette profonde abjection
d'autant plus misérablement qu’elle était plongée dans les ténèbres
de la superstition, alors que, dans la plénitude des temps marquée
__ par la sagesse divine, une admirable lumière resplendit du haut du
ciel et la grâce du Christ Sauveur se répandit abondamment sur
tous les hommes ; en vertu de ce bienfait, ils furent rachetés du dur servage du péché et élevés à la très noble dignité de fils de Dieu.
Aussi les Apôtres, dès l’origine de l'Eglise, eurent-ils soin d’enseigner et d'inculquer, entre autres préceptes d’une vie très sainte celui qui, plus d’une fois, a été écrit par saint Paul aux hommes régénérés par l’eau du Baptême: « Vous êtes tous enfants de Dieu » par la foi dans le Christ Jésus ; vous tous, en effet, qui êtes baptisés » au nom du Christ, vous êtes revêtus du Christ lui-même. Il n'y a » ni Juif, ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni mâle ni femelle, » vous êtes tous une même chose dans le Christ Jésus (1). Il n’y a » ni Gentil, ni Juif, ni circoncis,niincirconcis, ni barbare, ni Scythe, » ni esclave, ni maître, mais il y a en toutes choses et pour tous le ».Christ (2). En vérité, nous avons été tous baptisés dans un même
. » esprit et dans un même corps, aussi bien les Juifs que les Gentils, » les esclaves que les hommes libres, et tous nous avons été abreuvés » en un même Esprit (3).»
Enseignements bien précieux, honorables et salutaires, dont l'efficacité a non seulement rendu et accru au genre humain sa __ dignité, mais a aussi amené les hommes, quels que soient leur pays, leur langue, leur condition, à s'unir très étroitement par les liens d'une affection fraternelle. Cette charité du Christ dont saint Paul était vraiment embrasé, il l'avait puisée dans le cœur de celui qui s'était fait miséricordieusement le frère de tous et de - chacun des hommes, et qui les avait tous, sans en excepter ou en oublier un seul, tellement ennoblis de sa propre noblesse qu'il les avait admis à participer à la nature divine. Par cette charité même, se formèrent et furent divinement agrégées les races qui se constituèrent d’une manière admirable pour l'espoir et le bonheur public, alors que, dans la suite des temps et des événements et grâce à l’œuvre persévérante de l'Eglise, la société des nations put se constituer sous une forme chrétienne et libre, renouvelée à l'instar de la famille.
Dès l’origine, en effet, l'Eglise consacra un soin tout spécial afin que le peuple chrétien recût et observât, comme de juste, dans une question si importante, la pure doctrine du Christ et des Apôtres. Désormais, grâce au nouvel Adam, qui est le Christ, il subsiste une union fraternelle des hommes et des peuples entre eux ; de même qu'ils ont tous une seule et même origine dans l’ordre de la nature,
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