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beneficio falli nesciam : quare magistra noble est maxima

ac tutissima, in eâque inest non violabile jus ad magisterii

libertatem.

Revera doctrinis divinitus acceptis se ipsa. Ecclesia, sustentans,

200 NE | ENCYGLIQUE DE S. $. LÉON A Ti RE

nihil habuit antiquius, quam ut munus sibi demandatum a Deo

ad christianam sapientiam renovalus LS PA Quoniam vero ratio ipsa perspicue docet, veritates divinitus

. traditas et veritates naturales inter se oppositas. esse revera non

sancte expleret : eamdemque circumfusis undique difficultatibus fortior, pro libertate magisterii sui propugnare nullo tempore aus Hac via orbis terrarum, miserrima superstitione depisss

posse, ita ut quodcumque cum illis dissentiat, hoc ipso falsum

esse necesse sit, idcirco divinum Ecclesiæ magisterium tantum abest ut studia discendi atque incrementa scientiarum intércipiat, aut cultioris humanitatis progressionem ullo modo retardet, ut

rs plurimum afferat luminis securamque tutelam. Eademque ausa non parum proficit ad ipsam libertatis humanæ perfectio=

nem, cum Jesu Christi servaioris sit illa sententia, fieri hominem veritate liberum. Cognoscetis veritatem, et veritas liberavit vos (1).

Quare non est causa cur germana libertas indignetur, aut veri nominis scientia moleste ferat leges justas ac debitas quibus hominum doctrinam contineri Ecclesia simul et ratio consen-

üentes postulant. Quin imo Ecclesia, quod re ipsa passim testatum :

est, hoc agens præcipue et maxime ut fidem christianam tueatur,

humanarum quoque doctrinarum omne genus fovere et in majus :

provehere studet. Bona enim per se est et laudabilis atque expetenda elegantia doctrinæ : prætereaque omnis eruditio quam sana

ratio pepererit, quæque rerum veritati respondeat, non mediocri= | ter ad ea ipsa illustranda valet, quæ Deo auctore credimus. Revera Ecclesiæ hæc beneficia debentur sane magna, quod præ-

clara monumenta sapientiæ veteris conservarit; quod scientia-

… rum domicilia passim aperuerit; quod ingeniorum Cursum sem-. .

per incitaverit studiosissime has ipsas artes alendo, quibus 3

maxime urbanitas ætatis nostræ coloratur.

Denique prætereundum non est, immensum patere campum, :

in quo hominum excurrere industria, seseque exercere ingenia libere queant : res. scilicet quæ cum doctrina fidei. morumque christianorum nôn habent necessariam cognationem, vel de quibus Ecclesia, nulla adhibita sua auctoritate, judicium eruditorum

relinquit integrum ac liberum. — His ex rebus intelligitur, quæ et qualis illa sit in hoc genere libertas, quam pari studio volunt et prædicant liberalismi sectatores. Ex una parte Sibi nac ac :

(4) Joan. VIT, 32. | da a ÈE

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| ( LIBERTAS PRÆSTANTISSIMUM », 20 Juin 1888 201

ne point connaître l'erreur. C’est pourquoi elle est la grande, la sûre

maitresse des hommes et porte en elle un inviolable droit à la liberté d'enseigner. Et de fait, l'Eglise, qui, dans ses enseignements recus du ciel, trouve son propre soutien, n'a eu rien plus à cœur que de remplir religieusement la mission que Dieu lui à confiée, et, sans » se laisser intimider par les difficultés qui l’'environnent de toutes parts, elle n’a cessé en aucun temps de combattre pour la liberté de son magistère. C’est par ce moyen que le monde entier, délivré de . sa misère de ses superstitions, a trouvé dans la sagesse chrétienne son renouvellement. Mais s’il est vrai, comme la raison elle-même le dit clairement, qu'entre les vérités divinement révélées et les . vérités naturelles, il ne peut y avoir de réelle opposition, de sorte que toute doctrine contredisant celles-là soit nécessairement fausse, il s'ensuit que le divin magistère de l'Eglise, loin de faire obstacle à l'amour du savoir et à l'avancement des sciences, ou de retarder en aucune manière le progrès de la civilisation, est, au contraire, pour ces choses une très grande lumière et une sûre protection. Et, parla même raison, le perfectionnement même de la liberté humaine .. ne profite pas peu de son influence, selon la maxime qui est du Sauveur Jésus-Christ, que l’homme devient libre par la vérité : Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres (1).

* Il n'y a donc pas de motif pour que la vraie science digne de ce nom sirrite contre des lois justes et nécessaires qui doivent régler les enseignements humains, ainsi que le réclament ensemble et l'Eglise et la raison.

dirigeant principalement et spécialement son activité vers la défense - de la foi chrétienne, s'applique aussi à favoriser l'amour et le progrès des sciences humaines. Car c’est quelque chose de bon en soi, . de louable, de désirable, que les bonnes études; et, de plus, toute - science qui est le fruit d’une raison saine et qui répond à la réalité des choses n’est pas d’une médiocre utilité pour éclairer même les vérités révélées. Et, de fait, quels immenses services l'Eglise n’a-t-elle pas rendus par l’admirable soin avec lequel elle a conservé - les monuments de la sagesse antique, par les asiles qu’elle à, de * toutes parts, ouverts aux sciences, par les encouragements qu’elle à toujours donnés à tous les progrès, favorisant d’une manière parti- *. culière les arts même qui font la te de la civilisation de notre époque. : Five Lo

où l’activité humaine peut se donner carrière et le génie s'exercer

connexion nécessaire avec la doctrine de la foi et des mœurs chré- . tiennes, ou sur lesquelles l'Eglise, n'usant pas de son autorité, laisse aux savants toute la liberté de leurs jugements. — De ces considérations, il ressort comment les partisans du Libéralisme entendent

j: H ya plus, et, comme bien des faits l'attestent, l'Eglise, tout en

Enfin, il ne faut pas oublier qu'un champ immense reste ouvert

librement : Nous voulons parler des matières qui n'ont pas une .

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202 me | ENGYCLIQUE DE S. S. LÉON : xu DEN

reipublicæ ie adserunt tantam, ut eur hibét opinionum per-

versitati non dubitent aditum januamque patefacere : ex altera

Ecclesiam plurifariam impediunt, ejusque libertatem in fines. quantum possunt maxime angustos compellunt, quamquam ex. Ecclesiæ doctrina non modo nullum incommodum pertimescen- ;

dum sit, Sed magnæ omnino utilitates expectandæe.

Ia quoque magnopere prædicatur, quam conscientiæ libertas à

7e nominant: quæ si ita accipiatur, ut suo cuique arbitratu .

æque liceat Deum colere, non colere argumentis quæ supra allata sunt, Satis convincitur. — Sed potest etiam in hanc sententiam

accipi, ut homini ex conscientia officii. Dei voluntatem sequi et jussa facere, nulla re impediente, in civitate liceat. Hæc quidem vera, hæc digna filiis Dei libertas, quæ humanæ dignitatem personæ honestissime tuetur, est omni vi injuriaque major:

éademque Ecclesiæ semper optata ac præcipue cara. Hujus |

generis libertatem sibi constanter vindicavere Apostoli, sanxere

. scriptis Apologetæ, Martyres ingenti numero sanguine suo conse- - cravere. Et merito quidem: propterea quod maximam justissi-

mamque Dei in homines potestatem, vicissimque hominum adver-

. sus Deum princeps maximumque officium libertas hæc christiana.

testatur. Nihil habet ipsa cum animo seditioso nec obediente commune: neque ullo pacto putanda est, velle ab obsequio

publicæ potestatis descicere, propterea quod imperare atque

imperata exigere, eatenus potestati humanæ jus est, quatenus

cum potestate Dei nihil dissentiat, constitutoque divinitus modo é

se contineat. At vero cum quidquam præcipitur quod cum divina

voluntate aperte discrepet, tum longe ab illo modo disceditur, ge simulque cum auctoritate divina confligitur : ergo rectum est non

piroré. FR à

. Contra liberalismi fautores, qui herilem atque infinite potentem. .

. facrunt principatum, vitamque nullo ad Deum respectu degendam

prædicant, hanc de qua loquimur conjuctam cum. honestate: | religioneque libertatem minime agnoscunt: cujus conservandæ

causa si quid fiat, injuria et contra rempublicam factum criminantur. Quod si vere dicerent, nullus esset tam immanis dominatus cui subesse et quem ferre non oporteret. |

Vehementer quidem vellet Ecclesia, in omnes roipublice ordines hæc, quæ summatim attigimus, christiana documenta

re usuque penetrarent. In iis enim summa efficacitas inest ad

sananda horum temporum mala, non sane pauca nec levia, æque

Dam dt: € LIBERTAS PRÆSTANTISSIMUM », 20 suix 1888 203

sur ce point, et représentent cette libérté qu'ils réclament. et proclament avec une égale ardeur. D'une part, ils s'arrogent à eux- . mêmes, ainsi qu'à l'Etat, une licence telle qu'il n’y a point d'opinion si perverse à laquelle ils n’ouvrent la porte et ne livrent passage: . de l’autre, ils suscitent à l'Eglise obstacles sur obstaclés, confinant ï sa liberté dans les limites les plus étroites qu'ils peuvent, alors cependant que, de cet enseignement de l'Eglise, aucun inconvénient n’est à redouter, et que, au contraire, on en doit attendre les plus grands avantages. er | - . Une autre liberté que l’on proclame aussi bien haut est celle qu'on nomme liberté de conscience. Que si l’on entend par là que chacun peut indifféremment, à son gré, rendre ou ne pas rendre un culte à - Dieu, les arguments qui ont été donnés plus haut suffisent à le - réfuter. Mais on peut l'entendre aussi en ce sens que l’homme a dans l’Etat le droit de suivre, d'après la conscience de son devoir, la volonté de Dieu, et d'accomplir ses préceptes sans que rien puisse l'en empêcher. Cette liberté, la vraie liberté, la liberté digne des

- enfants de Dieu, qui protège si glorieusement la dignité de la per- Ë * sonne humaine, est au-dessus de toute violence et de toute oppression, elle a toujours été l'objet des vœux de l'Eglise et de sa parti- L culière affection. C’est cette liberté que les Apôtres ont revendiquée avec tant de constance, que les apologistes ont défendue dans leurs À écrits, qu'une foule innombrable de martyrs ont consacrée de leur .. sang. Et ils ont eu raison, car la grande et très juste puissance de Dieu sur les hommes et, d'autre part, le grand et le suprême devoir . des hommes envers Dieu trouvent l’un et l’autre dans cette liberté chrétienne un éclatant témoignage. R :

Elle. n’a rien de commun avec des dispositions factieuses et .. révoltées, et, d'aucune facon, il ne faudrait se la figurer comme À … réfractaire à l’obéissance due à la puissance publique; car ordonner et exiger l’obéissance aux commandements n’est un droit de la puissance humaine qu’autant qu’elle n’est pas en désaccord avec la . puissance divine et qu’elle se renferme dans les limites que Dieu lui a marquées. Or, quand elle donne un ordre qui est ouvertement - en désaccord avec la volonté divine, elle s’écarte alors loin de ces limites et se met du même coup en conflit avec l'autorité divine : il est donc juste alors de ne pas obéir. de, Mais les partisans du Libéralisme, qui, en même temps qu'ils attribuent à l'Etat un pouvoir despotique et sanslimites, proclament qu'il n’y a aucun compte à tenir de Dieu dans la conduite de la vie, ne reconnaissent pas du tout cette liberté dont Nous parlons et qui est unie intimement à l'honnêteté et à la liberté ; et ce qu'on fait pour la conserver, ils l'estiment fait à tort et contre l'Etat. S'ils disaient vrai, il n’y aurait pas de domination si tyrannique qu'on ne dût accepter et subir. Me Le plus vif désir de l'Eglise serait sans doute de voir pénétrer dans tous les ordres de l'Etat et y recevoir leur application ces rincipes chrétiens que Nous venons d'exposer sommairement. Car ils possèdent une merveilleuse efficacité pour guérir les maux du temps présent, ces maux donton ne peut se dissimuler ni le nombre,

infirmitatis humanæ; et qualis hic sit, quo nostra Vehitur ætas, animorum rerumque CUrSUS, non ignorat. His de causis, nihil

impediantur bona, partim ne majora mala consequantur. In ro

. cum singula mala prohibere auctoritas hominum non possit, debet mulla concedere aique mpunila ee quæ per divinam tamen providentiam vindicantur, et recte (1). Verumtamen in ejusmodi rerum adjunclis, si Communis boni causà

-doctrinam. à

magnam partem lis ipsis nata Pan que tanta predica ÿ tione efferuntur, et in quibus salutis gloriæque inclusa semina sa videbantur. Spem fefellit exitus. Pro jucundis et. salubribus acerbi et inquinati provenere fructus. Si remedium queritur, . sanarum doctrinarum revocatione queratur, aquibus solis conser- | vatio ordinis, adeoque veræ tutela libertatis RACE expeclari dl, potest. Fo] Nihilominus materno judicio Ecclesia æstimat arave pondus al

quidem impertiens juris nisi 11s quæ vera quæque honesta sint, . non recusat quominus quidpiam a veritate justitiaque. alienum ne ferat tamen publica potestas, scilicet majus aliquando vel vitandi causà malum, vel adipiscendi aut conservandi bonum. Ipse providentissimus Deus cum infinitæ sit bonitatis, idemque omnia possit, sinit tamen esse in mundo mala, parlim ne ampliora

regendis civitatibus rectorem mundi par est imitari: quin etiam

et hac tantum causa, potest vel etiam debet lex hominum ferre toleranter malum, tamén nec potest nec debet id probare aut | velle per se, quia malum cum sit boni privatio, repugnat bono communi, quod legislator, quoad optime potest, velle ac tueri | debet. Et hac quoque in re ad imitandum sibi lex humana pro ponat Deum necesse est, qui in eo quod mala esse in mundo sinit, neque vult mala fieri, neque vult mala non fieri, sed vult permittere mala fieri, et hoc est bonum (2). Quæ Doctoris Angelici sententia brevissime totam continet de malorum tolerantia

Sed confitendum est, si veri judicari velit quanto plus in î civitate mali tolerari pernecesse est, tanto magis distare id genus civitatis ab optimo: itemque tolerantiam rerum malorum, ‘A cum pertineat ad politicæ præcepta prudentiæ, omnino Circumscribi is finibus oportere, quos causa, id est salus' publica | postulat. Quare si saluti publicæ detrimentum afferat et mala civitati majora pariat, consequens est eam adhiberi non licere, quia in his rerum adjunctis abest ratio boni. Si vero ob singularia reipublicæ tempora usuveniat, ut modernis quibusdam Hbertatibus Ecclesia acquiescat non quod i ipsas de se Ru sed |

(1) S. August. De lib Line lib. I, cap. 6, num. A4. -@ SL: Th. 4 p. 4 u. XIX, ac. 9, ad 3 ec

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