A CARTER EE TES K
| ni la gravité, et qui sont nés, en grande partie, de ces libertés tant vantées, et où l’on avait cru voir renfermés des germes de salut et de gloire. Cette espérance à été décue par les faits. Au lieu de fruits doux et salutaires, sont venus des fruits amers et empoisonnés. Si l'on cherche le remède, qu'on le cherche dans le rappel des saines doctrines, desquelles seules on peut attendre avec confiance la conservation de l'ordre et, par là même, la garantie de la vraie liberté. <
& LIBERTAS PRÆSTANTISSIMUM », 20 JUIN 1888
Néanmoins, dans son appréciation maternelle, l'Eglise tient compte du poids accablant de l’infirmité humaine, et elle n'’ignore pas le mouvement qui entraîne à notre époque les esprits et les choses. | Pour ces motifs, tout en n’accordant de droits qu'à ce qui est vrai et honnête, elle ne s'oppose pas cependant à la tolérance dont la puissance publique croit pouvoir user à légard de certaines choses contraires à la vérité et à la justice, en vue d’un mal plus grand à
éviter ou d’un bien plus grand à obtenir ou à conserver.
Dieu lui-même, dans sa providence, quoique infiniment bon et tout-puissant, permet néanmoins l'existence de certains maux dans le monde, tantôt pour ne point empêcher des biens plus grands,
tantôt pour empêcher de plus grands maux. Il convient, dans le gouvernement des Etats, d’imiter celui qui gouverne le monde. Bien plus, se trouvant impuissante à empêcher tous les maux particuliers, l'autorité des hommes doit permettre et laisser impunies bien des choses qu’atteint pourtant et à juste titre la vindicte de la Providence divine (1). Néanmoins, dans ces conjectures, si, en vue du bien commun etpour ce seul motif, la loi des hommes peut et même doit tolérer le mal, jamais pourtantelle ne peut ni ne doit l’approuver, ni le vouloir en lui-même, car, étant de soi la privation du bien, le mal est opposé au bien commun que le législateur doit vouloir et doit défendre du mieux qu'il peut. Et en cela aussi la loi humaine doit se proposer d’imiter Dieu, qui, en laissant le mal exister dans le monde, ne veut ni que le mal arrive, ni que le mal n'arrive pas, mais veut permettre que le mal arrive. Et cela est bon. Cette sentence du Docteur Angélique contient, en une brève formule, toute la doctrine sur la tolérance du mal. br
dd
Mais il faut reconnaître, pour que Notre jugement reste dans la
vérité, que plus il est nécessaire de tolérer le mal dans un Etat, plus les conditions de cet Etat s’écartent de la perfection; et, de
plus, que la tolérance du mal appartenant aux principes de la prudence politique, doit être rigoureusement circonscrite dans les. limites exigées par sa raison d'être, c'est-à-dire par le salut public. C'est pourquoi, si elle est nuisible au salut public, ou qu'elle soit pour l'Etat la cause d’un plus grand mal, la conséquence est qu'il , n’est pas permis d’en user, car, dans ces conditions, la raison du bien fait défaut. Mais, si, en vue d'une condition particulière de __ lEtat, l'Eglise acquiesce à certaines libertés modernes, non qu'elle
.266 DER ENCGHIQUE DE S: 8. LEON x.
quia M esse judicat expedire, versis in lie tempo êk
ribus, adhibitura sane esset libertatem suam et suadendo, hor-
lando, obsecrando studeret uti debet, munus eflicere sibi assipou a Deo, videlicet sempiternæ/hominum saluti consulere. |
Illud tamen perpetuo verum est, istam omnium et ad omnia |
libertatem non esse, quemadmodum pluries diximus, expe-
tendam per se, quia falsum eodem jure esse ac verum, ‘rationi
repugnat. Et quod ad tolerantiam pertinet, mirum quantum ab
æquitate prudentiaque Ecclesiæ distant, qui liberalismum profitentur. Etenim permittenda civibus omnium earum rerum, quas diximus, infinità licentiâ, omnino modum transiliunt, atque illuc evadunt, ut nihilo plus honestati veritatique tribuere,
quam falsitati ac turpitudini videantur. Ecclesiam vero colum-
nam et firmamentum verltatis, eamdemque incorruptam morum
magistram, quia tam dissolutum flagitiosumque tolerantiæ genus
constanter, ut debet, repudiat, idemque adhiberi fas esse negat,
criminanter esse a patientia et lenitate alienam; quod cum
faciunt, minime sentiunt, se quidam, quod laudis est, in vitio
|ponere. Sed id tanta ostentatione tolerantiæ, re persæpe con-.
tingit, ut restricti ac tenaces in rem catholicam sint: et qui vulgo libertatem effuse largiuntur, idem liberam sinere Ecclesiam
passim recusant.
Et ut omnis oratio unâ cum consectariis suis capitulatim bre-
viterque perspicuitatis gratiâ, colligatur, summa est, necessitate
fieri, ut totus homo in verissima perpeluaque potestate Dei sit :
proinde libertatem hominis, nisi obnoxiam Deo ejusque voluntati subjectam, intelligi minime posse. Quem quidem in Deo princi-
patum aut esse negare, aut ferre nolle, non liberi hominis est, sed abutentis ad perduellionem libertate : proprieque ex animi
del ET Rs PES