‹ Lettres apostoliques des S.S. Léon XIIIChapitre 58 sur 85 · LETTRE ENGYELIQUE DE N.T. S. P. LÉON XIII AUX ARMÉNIENS · texte numérisé non relu

LETTRE ENGYELIQUE DE N.T. S. P. LÉON XIII AUX ARMÉNIENS

Aux Vénérables Frères Etienne Pierre X, patriarche de Cilicie, aux archevéques et évêques, ainsi qu'aux chers Fils du clergé et des ordres monastiques et au peuple de rite arménien, en grâce et en communion avec le Siège Apostolique.

Vénérables Frères, chers Fils Salut et Bénédiction Apostolique

La paternelle charité avec laquelle Nous aimons toutes les parties du troupeau du Seigneur est telle, par sa force et sa nature, que Nous ressentons, comme dans une intime et constante communauté de sentiments, tout ce qui arrive de propice ou d’adverse dans la république chrétienne. C’est pourquoi, de même qu’une douleur vive et prolongée s'était emparée de Notre cœur à cause +: qu'un certain nombre d'Arméniens, surtout dans la ville de Cons- tantinople, s'étaient séparés de Notre société fraternelle, de même aussi ressentons-Nous maintenant une joie toute spéciale et ardemment désirée en voyant que cette dissension s’est, grâce à Dieu, heureusement apaisée. Mais, pendant que Nous Nous réjouissons de la concorde et de la paix qui Vous sont rendues, Nous ne pouvons faire moins que de Vous exhorter vivement à conserver avec soin et à Vous efforcer d'accroître encore ce grand bienfait de la bonté divine. Et afin de l'obtenir, afin que Vous professiez une même doctrine, les mêmes sentiments en ce qui concerne la religion, il faut que Vous demeuriez tous constants, comme Vous l'êtes, dans l’obéissance à ce Siège Apostolique; et quant à Vous, chers Fils, Vous devez être fidèlement soumis et obéissants à Votre patriarche et aux autres évêques qui ont le äroit de Vous diriger.

Or, comme pour ébranler cette religieuse concorde, l’occasion vient souvent, soit des dissensions dans les affaires publiques, soit des contestations dans les choses privées, il Vous faut conjurer celles-là par ce respect et cette soumission que Vous professez si louablement envers le potentat suprême de l'empire ottoman dont

| Principem, cujus perspecta Nobis est æquitas, Si seLva fa 4 pacis, et egregia in Nos voluntas luculentis testata indiciis. Jurgia vero ac simultates facile a vobis aberunt, si vestris hæserint

defixa mentibus, moribusque expressa fuerint quæ beatus Paulus gentium apostolus tradit de caritate perfecta, quæ patiens

ac benigna est, non æmulatur, non agit perperam, non inflatur, | non est ambitiosa, non quærit quæ sua sunt, non Writatur, non

| cogitat ma lum (1). Porro eximia hæc et perfecta animorum con-

sensio aliud vobis præ+stabit bonum, ut per eam augere, quemad- … modum diximus, latiusque provehere possitis restitutæ concordiæ

pacisque fructus : oculos enim ad vos animosque convertet ceterorum qui, licet commune vobiscum genus nomenque gentis habeant, adhuc tamen a vobis Nobisque dissident, neque sacris ejus, cui præsumus, Ovilis septis includuntur. li scilicet concordiæ et caritatis vestræ intuentes exempla, facile intelligent,

Christi spiritum vigere inter vos quippe unus Ille suos ita sibi. jungere potest, ut unum corpus efficiant. Utinam illi id agnos: cant, et ad eam unitatem redire constituant, unde majores eorum discessere! Quo facto necesse erit eos incredibili voluptate perfundi, quum senserint sese Nobis vobisque junctos etiam cum ceteris conjungi fidelibus, qui totum diffusi per orbem censentur catholico nomine; adeoque senserint, se in tabernaculis manere mysticæ Sion, cui datum est uni ex divinis oraculis, ut ubique terrarum dilatet locum tentorii sul, et Jones tabernaculorum suorum extendat.

Ceierum ut optata hæc reversio contingat vestrum est potis-" simum operam dare, Venerabiles Fratres, qui Armentis diœæcesi- | bus præestis, quibus neque zelum ad cohortandum, neque doc- .

trinam ad persuadendum defore novimus. Quin etiam Nostro ja nomine et verbis eos, qui dissentiunt, per Vos revocari volu-

mus : non enim pudor est, imo vero maxime decet, parentem ab se digressos diuque expectatos liberos revocare domum, imo. occurrere, et brachia pandere reduces amplexura. Neque fore putamus, ut voces suasionesque vestræ in irritum cadant. Spem enim Nobis facit optati exilus primum amplissima misericordia |

Dei in omnes gentes effusa tum ipsius Armentii populi docilitas

et ingenium. Quam pronus ad amplectandam veritatem semel agnitam sit, quam paratus ad regressum, si in devia senserit se deflexisse,. mullis testatum est monumentis historiæ. Gloriantur ii vel ipsi, qui sacra a vobis separatim obeunt . Armeniam pen

tem Christi fidem edoctam fuisse a Gregorio, viro sanctissimo, cui [luminatori dictum cognonem .est, AUUL pareniém ac

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! {1} Coninth, XTIL ES,

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( PATERNA CARITAS »,. °95 aux 1888 | 217

1 Nous connaissons bien l'esprit de justice, le zèle à conserver la ù

paix et les excellentes dispositions à Notre égard, attestées par de

brillants témoignages. Quant aux contestations et aux rivalités,

Vous en serez aisément délivrés si Vous gravez profondément

* dans Votre esprit et si Vous retracez dans Votre conduite les préceptes que saint Paul, l'apôtre des nations, donne au sujet de la parfaite charité, laquelle est patiente et bénigne, ne porte pas envie, n'agit pas inconsidérément, ne S'enfle pas d'orgueil, n’est pas ambi- tieuse, ne recherche pas ses propres intérêts, ne S'irrile point, ne pense pas à mal (1). En outre, cette excellente et parfaite concorde des âmes Vous assurera un autre bienfait pour que, grâce à elle, Vous puissiez accroître, comme Nous l'avons dit, et faire développer de plus en plus les résultats de la paix et de l'accord qui Vous ont été réndus. Elle vous attirera, en effet, les regards et les cœurs de ceux qui, tout en ayant de commun avec Vous la race et la nationalité,

sont encore cependant séparés de Vous et de Nous et ne se trouvent pas dans l'enclos sacré du bercail dont Nous avons la garde. En voyant l'exemple de Votre concorde et de Votre charité, ils se persuaderont aisément que l'esprit du Christ a parmi Vous toute sa . vitalité, car lui seul peut ainsi unir les siens qu'ils ne forment qu'un seul corps, Dieu veuille qu'ils le reconnaissent et qu'ils se décident à revenir à cette unité dont leurs ancêtres se sont séparés! I leur arriverait certainement alors d'être inondés d'une indicible joie, en voyant que, par leur union à Nous et à Vous, ils seraient aussi unis aux autres fidèles qui, dans le monde entier, appartien-

. nent au catholicisme ; ils comprendraient alors qu'ils habiteraient les demeures de cette mystique Sion à laquelle seule il a été donné, ‘de par les divins oracles, de dresser partout sés tentes et d’ étendre sur toute la terre les voiles de ses tabernacles.

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