‹ Lettres archéologiques sur MarseilleChapitre 6 sur 9 · LETTRE VINGT-DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LETTRE VINGT-DEUXIÈME

1 764, au P. Pézenas. Ce fut sous sa(iirectioii que l’Observatoire se réorganisa; c’est lui qui fit les plus belles acquisitions, et que cet établissement reprit la place qu’il devait occuper dans le monde savant. Il y plaça l’instrument de passage, de 30 pouces de foyer, de Lermel, que vous voyez à votre droite : l’objectif acromatique est de V Etang, le niveau, de Chaligni : il y mit le grand quart de cercle mural, de 4 pieds 8 pouces, qui est en face; il ne vaut absolument rien; mais il se procura ce quart de cercle mobile de deux pieds et demi, qui est ici : Lefèvre l’a fait , et il a été nouvellement réparé et divisé par Lenoir. En 1804, sur la proposition de M. le baron de Zach, M. Thulis, alors directeur de l’Observatoire, fitappli- (juer à cet instrument, par MM. Barthés, habiles horlogers de Marseille, la suspension du fil à plomb, selon la nouvelle invention de Ramsden, qui consiste à faire battre le fil à plomb sur l’image optique du point zéro de la division de l’instrument : une lunette parallactiqiie de Dollond, de trois ■ pieds (1) : une ex-

(1) M. 1g bûron Ug Zach ûjoulG, avec un hèliotnètve objectif et des micromètre occulaires : il parait qu’il y a ici uug légérG crrGur dG sa part , et qu’il a pGusé quG cgs divers objets, qui appartenaient à M. J.-V. Martin, de l’académie de Marseille, faisaient partie des instruments de l'Observatoire. Ouv. cit., pag. 588 et 589. L’auteur de ces lettres possède celles de Dolloud, dans lesquelles cet habile opticien marque à M. de St.-Jacques le prix de plusieurs de ses instruments. Le prix d’un télescope acromatique de trois pieds et demi de longueur, avec un tube pour les verres de jour et trois autres pour les observations astronomiques , avec un pied par allac tique , en bois , un cercle d’heures en cxiivre et un quart dedécli-

LETT HE Y I NG l - D E IJ X I È.>1 E .

celleiite pendule à verges de compensation, de Ia)u\^ Berthoud, furent également le fruit du zèle et des sollicitations de ce savant. C’est, à sa demande, (ju’en 1794 et 1796 (1) on fit à l’Observatoire des changements importants et les réparations dont il avait le })lus urgent besoin.

Mais je ne puis avoir l'intention de faire ici l’inventaire des instruments de notre Observatoire, ni d(ï faire mention de tous les savants qui en ont eu la direction; je me boi-nerai à dire quekjue chose du R. [\ Feuillée, qui s’est rendu célèbre par des travaux de plus d’un genre (2)'.

naiions du même métal , ses nivaux , etc., sera du prix de 63 liv. sterîings , lui écrivait-il en 1787. Vouvrture de l’objectif de ce télescope , ajoutait-il, est de deux pouces 3/4, et les lentilles grossissant depuis 60 jusqu’à 150 fois.

(1) Une inscription placée sur la porte, dans l’intérieur de la grande salle, apprend que l’Observatoire a été commencé en 1699, et achevé en 1702 ; qu’il a été réparé l’an IV ( 1794-1793 ). M. de Zach dit que ces réparations ont été faites en 1794 et 1796. Ouvr. cit., pag. 539

(2) Feuillée , Louis, dont le véritable nom est Feuillet, naquit à Mane, près de Forcalquier, en 1660. Il passa les premières années de sa vie. dans le couvent des Minimes de sa patrie, où ses parents l’avaient fait placer en qualité de portier. Il apprit à lire et à écrire, et il étudiait les mathématiques sans maître. Avant l’âge de dix ans, il avait aperçu que le mouvement de la lune d’Orient en Occident, était beaucoup plus rapide que celui des autres planètes, dont il observait la différente situation, à l’égard des étoiles fixes. Son goût était arrêté : la piété le décida pour la retraite. Il demanda l’habit des Minimes, et fit profession à Avignon , le 2 mars 1680. Il trouva , dans cette maison , des Mersènes, des Magnan, des Plumier, etc.

Il fit des progrès étonants dans la physique et l’astronomie : les deux Cassini s’honorèrent de correspondre avec lui , et Louis XIV l’envoya dans diverses parties du Monde , pour la perfection de l’astronomie , de la géographie, de la navigation et de l’histoire naturelle. Il trouva les eûtes de Chili, du Pérou , les lies do l’Amérique et de h Nouvelle- Espagne à plusieurs centaines de lieues de distance de leur véritable

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