LE I T H E VI NGT-D E U X I EM E
D’api'ès les ordres du Roi , l’Académie lïil mise en possession de l’Observatoire, le 7 novembre 1781 , dans Tune des salles de l’intendance où , dans une
situation, lien dressa une carte exacte , qu’on voyait à Paris, chez les Augustins réformés , dans la salle où le Roi fil remettre tous les plans de ce savant. On connaît les succès de son voyage aux îles Canaries 11 fixa le premier méridien , en rigueur astronomique , dans V lle-de-Fer : il marqua la diirérence, en longitude, qui se trouve entre elle et l’observatoire de Paris. 11 détermina la hauteur du Pic de Ténériffe et la longueur de la Méditerranée. Les géographes ont suivi ses observations pour réformer leurs caries et pour en dresser de nouvelles.
Ce fut au retour do son voyage dans la Mer du Sud , qu’il présenta au Roi un grand in-folio, dans lequel il avait dessiné tout ce que la nature produit, dans ces vastes contrées , tels que les poissons, les oiseaux, les plantes, etc. On trouve cet ouvrage dans la bibliothèque du Roi, ainsi que la relation do son Voyage aux Canaries. Fcuitlée mourut à Marseille le 18 avril 1732. On a de lui un Journal d’observations physiques, mathématiques , botaniques , en 3 vol. in-4*, Paris, 1714 et 1725. Ses manuscrits forment plusieurs m-/bho. Delà bibliothèque de PP. Minimes, ils ont passé dans celle de la ville. On a conservé le recueil des lettres qu’il recevait de Cassîni , de Laval, de Maraldi, etc. Le publie a pu lire, avec un vif intérêt, l’exposé de la conduite courageuse qu’il tint à Marseille durant la contagion de 1720 , que M. Jauffret, l’un des secrétaires perpétuels do l’Académie, a inséré dans son ouvrage sur le fléau de cette époque. Feuïllee avait formé un élève digne de lui, qui mourut presque dès le début de sa carrière : c’était le P. Charles-Emmanuel Sigaloux , de Flayosc , en Provence, correspondant do l’académie des sciences, le Roi l’avait gratifié d’une pension. On conserve, à l'Observatoire de celte ville, plusieurs volumes de ses observations astronomiques.
Louis XIV fit construire, au P. Feuillée , un petit observatoire au couvent des Minimes de Marseille : il existe encore, aujourd’hui, au milieu dos ruines de celte maison religieuse ; c’est un monument digne de la modestie du grand homme dont nous parlons. Sur la proposition de l’auteur de ces lettres , M. Lami fils , peintre distingué, et membre de l’Académie de Marseille, vonlut bien dessiner cet observatoire , pour en conserver le souvenir. On se propose de le faire graver, ainsi que plusieurs autres dessins du môme maître, pour être réunis à la collection de ces mêmes lettres. L’académie de cette ville comptait le P. Feuillée parmi ses memhi os , et il no manqua pas