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LETTRE X

LES DÉBRIS

Errons maintenant à travers la ville. Après avoir étudié le groupe solennel des grands souvenirs, je recherche dans les rues, sur les places, partout où la cité antique s’est développée, les vestiges isolés de ce vaste ensemble qui était Athènes. Dans le morne naufrage, ils ont surnagé comme des épaves, comme, sur la mer, des pointes de mâts, des planches flottantes, des barques abandonnées qui indiquent la catastrophe d’un navire. C’est le hasard qui les a fait survivre à tout ce qui les entourait, plusieurs dans la plénitude de leurs formes, ceux-ci mutilés, ceux-là réduits à quelques pierres plus ou moins reliées entre elles; les uns sont un indice, les autres ont une histoire. A l’aide de ces points de repère placés de distance en distance je reconstruis par la pensée une partie des choses disparues. Ainsi la critique retrouve avec quelques lignes le plan ou le sens général d’une œuvre; parfois les disjecti membra poetœ permettent de deviner un poëme. Moi, je tente de refaire l’Athènes antique avec ces restes épars.

Je voudrais bien retrouver sa géographie précise, mais on ne peut y parvenir avec certitude; trop de vestiges ont péri. Pour comprendre à quel point cette œuvre est impossible, même aux plus intrépides archéologues, il faut se sou-

venir qu’il ne demeure debout, çà et là, sauvés par un caprice du sort, que des édifices ou des fragments sans lien entre eux, séparés les uns des autres par des constructions nouvelles qui se sont superposées aux anciennes et en ont effacé les traces sous leurs amas et leurs méandres. D'un autre côté, les indications des vieux périégètes sont assez vagues; Pausanias, dont je suivrai tout à l’heure, faute de mieux, l’itinéraire, n'indique nettement aucun détail topographique. Il faut bien dire encore que les cités d’alors ne connaissaient guère ces grands boulevards, ces vastes espaces rectilignes où se complaît le génie des édiles modernes. Les maisons s’entassaient sans ordre, les rues étaient étroites, embrouillées, entre-croisées; quelques longues voies se déroulaient sans doute à travers la ville, mais avec combien d’irrégularités et de détours! Puis, le sol, surélevé ici, abaissé plus loin, n’a pas gardé sa configuration première. L’attribution même de nombreux débris est incertaine, et nous en sommes réduits à quelques fragments dont le sens parfois nous échappe et qui peuvent même nous égarer. Je me bornerai donc à quelques hypothèses, laissant aux savants de l’avenir, aidés par des fouilles heureuses, le soin d’établir un plan avec une autorité que je n’ai pas.

On ne peut se dissimuler que pour obtenir la restitution complète et décisive de l’Athènes antique, il eût fallu que tout son emplacement, au lieu de devenir la ville actuelle et la capitale de la Grèce libre, eût été exclusivement réservé aux travaux archéologiques. Bien des gens regrettent qu’après la guerre de l’Indépendance, on n’ait point placé à Corinthe, à Nauplie, tout au moins au Pirée, la résidence du gouvernement, et qu’on n’ait pas laissé déserts les terrains de la ville ancienne. On eût pu alors les retourner de fond en comble pour en mettre au jour toutes les ruines et en découvrir tous les secrets. Malgré mes eu-

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riosités d’antiquaire, je ne suis pas de cet avis. Nous perdons sans doute plusieurs intéressantes découvertes, mais il fallait à la Grèce nouvelle le prestige du nom d’Athènes, et elle ne pouvait vraiment renaître qu’à l’ombre de l’Acropole. On n’invente pas les capitales; c’est l’histoire qui les fait; c’est le génie des générations passées qui les enfante, c’est le consentément du genre humain qui les proclame. Pour le monde entier, Athènes résumait la Grèce môme, comme Paris résume la France, et l’on ne pouvait point changer en musée le lieu sacré où avaient vécu Thémistocle et Eschyle, Périclès et Phidias, Socrate et Démosthènes. L’âme de la Grèce palpitait ici; la pensée des Hellènes affranchis devait nécessairement y avoir son centre et y retrouver son courage. Le nom d’Athènes, à lui seul, était une puissance ; il eût écrasé de sa gloire toute prétendue capitale ; il était impossible que la nation vivante ne regardât point comme le symbole même de sa durée immortelle et de sa liberté ressuscitée la ville dont le souvenir était resté impérissable à travers les siècles. 11 fallait qu’elle fut illuminée par la splendeur qui avait éclairé le monde.

Athènes n’est pas seulement une cité rétrospective, une merveille archéologique; elle est aussi une ville moderne, qui préserve à bon droit son existence personnelle, actuelle, essentiellement active, et ses destinées persévérantes. La transformer en nécropole, l’assimiler à Pompéi, c’eût été mentir au génie grec qui demeure une des forces vives de la civilisation. On n’avait pas le droit d’imposer à cette ville, où une race pleine de sève entendait concentrer ses souvenirs et ses espérances, l’auguste silence des ruines. Au fond, les exigences des vivants n’enlèvent rien au respect qu’on doit aux morts. Les nouvelles générations hellènes devaient, à l’ombre des antiques monuments, renouveler le mouvement et le bruit d’Athènes, et son action intellectuelle sur

l’ensemble de la race grecque dispersée. On eut assurément mal compris les grands ancêtres en laissant leur ville muette dans ses débris. La persistance de l’activité libre, de la civilisation, des ambitions mêmes de leur patrie est plus en rapport avec leur pensée, satisfait bien plus leurs ombres, honore mieux leur mémoire que la solitude de ces lieux où ils ont parlé, vécu, remué toutes les idées humaines. Le respect ne peut leur suffire : ils veulent que leurs descendants vivent comme eux, et ils n’eussent pas compris que l’on crut vénérer Athènes en la considérant comme une cité morte, sans avenir, sans puissance, consacrée à des fantômes.

Résignons-nous donc à ne pas retrouver sur ce sol vénérable tous les restes d’autrefois, et essayons de nous reconnaître à peu près dans ce dédale. Prenons le Céramique pour point de départ, c’est-à-dire, en venant du Pirée, l’entrée de la ville moderne. Je ne sais si vous vous souvenez qu’au début de ce livre j’ai décrit les fondations exhumées, il y a quelques années, de plusieurs monuments et de diverses rues qui partent du cimetière retrouvé près de la route et qui s’étendent dans la direction de l’Acropole. Pausanias part également du Céramique : si l’on prend la peine de suivre exactement dans son récit, en le dégageant des digressions qui l’interrompent et l’obscurcissent, l’itinéraire qu’il s’est tracé, nous verrons qu’il se rend directement du Céramique à la grotte d’Aglaure sur le flanc nord de l’Acropole. Or la grotte d’Aglaure est, à vol d’oiseau en se dirigeant un peu obliquement, presque en face du Céramique. Tous les monuments dont il parle étaient compris dans cet espace qu’il parcourt assez irrégulièrement sans doute, allant tantôt à droite et tantôt à gauche, selon les monuments qui l’attirent et aussi selon les combinaisons des voies publiques de son temps, mais dont, en définitive, il ne s’écarte pas. Les ruines que nous rencontrons, en suivant

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la même direction, appartiennent donc au groupe de monuments publics et de temples qu’il a visités et décrits entre la porte de la ville et le pied de la citadelle. Mais toutes les dispositions des rues étant changées et les constructions modernes recouvrant l’ancien sol, on aperçoit sur-le-champ combien il est impossible de le suivre avec exactitude, et encore plus de déterminer clairement à quels édifices se rattachent les quelques débris que nous voyons encore disséminés dans cet espace.

J’ai pris soin toutefois de dresser exactement la liste des monuments cités par Pausanias dans cette partie de son itinéraire, en conservant l’ordre qu’il indique. Comme il a l’habitude, ainsi que je l’ai fait remarquer ailleurs, de noter les objets, sans transition aucune, il est vrai, mais à mesure qu’ils se présentent devant ses yeux, je crois que nous pouvons nous fier, sinon absolument, — car tout voyageur a ses caprices, — mais à peu près du moins, aux informations de son récit. Il part donc, ainsi que je l’ai dit, du Céramique. Dans ce quartier il signale d’abord le portique royal précédé de statues et rempli de tableaux, puis le temple de la mère des dieux, où l’on admirait une œuvre de Phidias. L’entrée du Céramique étant immédiatement située après la porte Dipyle et d’ailleurs indiquée par l’inscription d’une borne antique placée au milieu des fondations dont je parlais tout à l’heure, on peut supposer que ces fondations, dont l’une des plus considérables, d’après sa forme, était évidemment destinée à porter une longue colonnade, soutenaient les diverses parties du portique royal, et qu’en avançant au delà, à travers les fouilles confuses de 1863, on n’est pas loin du temple de Cybèle. Je me suis souvent demandé si le temple connu à Athènes sous le nom de Thésée et qui n’est pas éloigné du point où nous sommes, ne serait pas le sanctuaire de la mère des dieux; mais je n’oserais pas, sur une indication aussi

vague que celle qui nous est donnée par Pausanias, discuter la tradition, et je reviendrai plus tard au Théséion en admettant, comme on le verra, une irrégularité, justifiable d’ailleurs, dans l’itinéraire du périégète.

En sortant du grand emplacement où s’élèvent les bases d’édifices que j’incline à attribuer au portique royal, nous sommes en face des quartiers modernes qui recouvrent complètement le sol, et il semble qu’à travers ces enchevêtrements de maisons et de rues nouvelles, il faille renoncer à suivre l’itinéraire de Pausanias. Je crois cependant qu’il ne conviendrait pas de se décourager, et plusieurs ruines, espacées, mais toujours dans la direction de la grotte d’Aglaure, peuvent servir de points de repère pour nous guider dans cette excursion difficile. Je reprends donc Pausanias et je cite les principaux monuments qu’il indique, après le temple de Cybèle.

D’abord, le Sénat des Cinq-Cents, édifice dont il ne reste plus de traces, à moins qu’il n’ait été, comme le récit de Pausanias autoriserait presque à le croire, très-voisin du portique royal; en ce cas, peut-être pourrait-on penser que parmi les nombreuses fondations qui couvrent cet emplacement, se trouveraient celles de cet édifice. Le périégète note ensuite le Tholus , polit temple en dôme (le nom de 6oXoç l’indique), où les prytanes offraient des sacrifices. Un peu plus haut, dit-il, c’est-à-dire toujours en montant du côté de l’Acropole, s’élevaient les statues des Éponymes. Ici nous sommes fixés sur notre route ; nous rencontrons, en effet, dans cette direction, et vers la moitié du chemin qui va du Céramique à la grotte d’Aglaure, un enclos où se dressent sur la même ligne, à égale distance l’une de l’autre, les restes de deux statues colossales placées sur des piédestaux élevés, et qui représentent des personnages au buste d’homme et à la queue de poisson; sur les piédestaux sont

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sculptés en bas-relief l’olivier et le serpent de Minerve. Si l’on se rappelle que plusieurs des héros « Éponymes », — c’est-à-dire ayant donné leurs noms aux tribus de l’Attique, — entre autres Érechthéeet Cécrops, étaient souvent représentés sous des formes analogues, on ne saurait guère douter que cet enclos ne contienne une partie du portique des Éponymes, et nous pouvons continuer notre itinéraire.

Au delà, nous rentrons pour quelque temps dans l’incertitude. Pausanias en effet remarque plusieurs statues de demidieux et de personnages célèbres, Amphiaraüs, Lycurgue, l’orateur Callias, Démosthènes ; puis il arrive à un temple de Mars où était dédiée une œuvre d’Alcamène entourée des statues d'IIercule, de Thésée, d’Apollon, de Pindare, d’IIarmodius et Aristogiton. Or nul vestige ne subsiste de cette enceinte sacrée , et nous errons ici un peu à l’aventure à travers les ruelles d’un quartier moderne. Pausanias note ensuite le théâtre de l’Odéon sans indiquer par quelle voie il y est parvenu ; c’était un Odéon relativement nouveau et qu’il ne faut pas confondre avec celui de Périclès, qui était situé, ainsi que je l’ai dit ailleurs, au-dessus du théâtre de Bacchus,à l’angle sud-est de l’Acropole. De ce dernier quelques fondations subsistent ; celui dont parle Pausanias a disparu. Il est probable qu’il avait été élevé du temps des Ptolémées, puisque les statues de plusieurs princes de cette dynastie y avaient été placées, — ce qui, par parenthèse, fournit au Périégètela matière d’une insipide et interminable dissertation sur les successeurs d’Alexandre.

Après avoir'enfin épuisé le sujet, il revient à l’Odéon, puis sedirige vers la fontaine Enneacrounos (à neuf tuyaux), jadis décorée par Pisistrate, « la seule fontaine, dit-il, qu’il y ait dans Athènes ». Il est certain qu’il y en avait d’autres, notamment la Clepsydre, et que les Athéniens n’étaient pas

réduits à venir, de tous les quartiers de la ville, puiser de l’eau à une source unique ; mais on ne peut déterminer aujourd’hui l’emplacement de l’ E nneacrounos . Les constructions dont elle était entourée et qui favorisaient son issue, ayant été détruites, les eaux se sont dispersées probablement sous terre dans différentes directions, et je crois que ce sont elles qui alimentent aujourd’hui les sources et les puits assez nombreux de ce côté de la ville. Au-dessus de cette fontaine, — nous montons de plus en plus vers l’Acropole, — Pausanias nomme les temples de Cérès, de Proserpine et de Triptolème, ensemble d’édifices connus sous le nom d’Eleusinion, puis le temple de la bonne Renommée, et il est probable qu’alors on sortait du Céramique, car Pausanias, en suivant son chemin, nous annonce qu’au -dessus du Céramique se trouvait le temple de Yulcain. Dans les environs, Vénus-Uranie avait un sanctuaire où l’on montrait une statue de Phidias.

De tous ces monuments et de toutes ces œuvres d’art, il ne reste aucune trace. Les rues modernes, entre-croisées, ont recouvert les débris; il faudrait raser le quartier pour rechercher la topographie précise entre les Éponymes et le Pœcile, que cite maintenant Pausanias, et je dois convenir que ce serait payer un peu cher une satisfaction archéologique. Cependant si, par une décision moins radicale, on pouvait faire quelques trouées dans ce quartier malencontreux, je suis persuadé qu’on rencontrerait à quelques pieds sous terre nombre d’indices précieux. Je ne serais pas surpris qu’on pùt ainsi aller de la porte Dipyle à l’Acropole à travers d’imposantes ruines; ce serait une voie unique au monde et peuplée de souvenirs. J’ai remarqué en eiïet dans cette partie de la ville beaucoup de colonnes à (leur de terre, de grands morceaux de marbre à demi enfouis qui semblent se présenter d’eux-mémes à l’archéologue. Assurément de

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beaux restes de l’antique Athènes sont là sous nos pas, et réclament de la municipalité la lumière du jour.

J’ai dit que Pausanias arrive au Pœcile. C’était tout un monde de portiques et d’édifices. Or. à peu près au point indiqué par le Périégète, on a fouillé le sol, il y a quelques années, sur deux emplacements peu distants l’un de l’autre où s’élevaient des murailles en ruine; ces emplacements forment aujourd’hui deux enclos assez vastes où gisent d’intéressants débris; le premier indique des constructions considérables; des fondations surmontées par un mur de marbre de l’Hymète à hauteur d’appui et qui supportait mtrefois des colonnes, s’étendent sur une étendue assez ongue, et révèlent l’existence d’un portique; à leur extrémité deux bancs de marbre subsistent encore, entourés l’une muraille peu élevée; de grands murs, de couleur •ousse, se prolongent dans diverses directions; des fragments l’antes, de chapiteaux et de colonnes sont épars çà et là sous ’herbe. Dans le second enclos, séparé du premier par quelles maisons et une ruelle, je retrouve des fondations, es piédestaux vides, des inscriptions d’époque romaine, t encore des chapiteaux et des colonnes renversées. ,es archéologues voient dans ces ruines le portique onstruit par Attale, roi de Pergame, et je n’ai aucune bonne aison à opposer à leurs conjectures; mais ne peut-on pener également que ces débris seraient ceux du Pœcile, où se ressaient tant de statues et dont Pausanias a décrit les eintures, les salles magnifiques et les hautes colonnades ? Il ie semble, en admettant même qu’une partie de ces ruines ait le portique d’Attale, qu’elles sont bien étendues pour ce îonument, et qu’une autre partie pourrait être le reste u Pœcile. D’après l’ensemble des débris, on ne saurait, je cois, y voir un seul édifice, mais plutôt une série d’édifices, t l’on doit penser, en se référant au calcul des emplacements,

que le Pœcile ne pouvait être éloigné de cet espace; en outre, les pans de murs qui subsistent indiquent non pas seulement un portique, mais de grands monuments de la bonne époque de l’art; enfin le Pœcile, d’après Pausanias, était très- voisin de l’Agora; or à deux pas du dernier enclos, je rencontre la façade d’un temple dorique qui a disparu, mais dont il reste quatre colonnes et le fronton; cette façade d’un assez beau style, située au centre d’une petite place où quelques arbres jettent une ombre douce, est indifféremment nommée temple de Minerve Arkégétis ou de Minerve Agora, d’où l’on est fondé à conclure qu’elle s’élevait à peu près à l’entrée du marché, et que par conséquent les enclos qui la précèdent renferment les ruines du Pœcile, en même temps que celles du portique d’Attale.

Le nom de Minerve Agora attribué à ce temple lui convient d’autant mieux que, sur une ante de marbre qui en fait partie, on lit une inscriptionde l’époque romaine relative au commerce des huiles, l’un des plus importants du marché athénien. Si de plus on réfléchit que les peuples ne changent que bien rarement leurs lieux de réunion, on est amené à admettre avec une quasi-certitude que l’Agora antique occupait le sol de l’Agora moderne, tout proche en effet du temple de Minerve Arkégétis, et qu’en efTet, au sortir du Pœcile, Pausanias a dû pénétrer dans l'Agora.

Remarquons encore, en faveur de l’exactitude du Périégète, qu’il désigne à très-peu de distance le gymnase de Ptolémée. Or, à la suite de l’incendie qui a détruit, il y a deux ou trois ans, une grande partie du marché moderne, on a fouillé le terrain que recouvraient les échoppes, et l’on a découvert sur ce grand espace les traces visibles de salles longues ou circulaires, des colonnes, des vestiges nombreux de monuments. On continue avec succès à déblayer aujourd’hui cet emplacement, qui, je l’espère, ne sera point livré

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aux constructions modernes. Ce sont les restes de ce gymnase créé par les princes égyptiens, et je crois qu’on doit attribuer au même édifice un pan de mur noirci par le temps ou par la fumée de quelque incendie, et sur lequel se détachent de grandes colonnes corinthiennes; les guides appellent ce mur la Stoa d'Adrien, et je ne sais sur quelle autorité ils se fondent; qu’Adrien l’ait ajouté au gymnase, c’est possible, mais il me paraît certain qu’il ferait partie des bâtiments construits par les Ptolémées, ornés de leurs statues de bronze et enclavés dans l’Agora.

Quoi qu’il en soit de ces hypothèses, la promenade de Pausanias en ce sens ne dépasse point le marché. Il paraît même revenir légèrement sur ses pas et cite le temple de Thésée qu’il a laissé un peu en arrière, — si tant est du moins qu’il faille laisser le nom de Thésée à l’édifice admirablement conservé que l’on désigne ainsi de nos jours. J’ai indiqué tout à l’heure quelques doutes à cet égard ; mais en vérité je ne verrais pas dans la déviation de la route de Pausanias une raison suffisante pour refuser d’accepter une tradition aussi bien établie. D’abord, de son temps, il fallait peut-être faire un coude jusqu’à l’Agora pour se rendre au Théséion ; nous n’avons pas le plan des rues qu’il devait parcourir; ensuite ne peut- on pas admettre quelque irrégularité dans ses promenades, du moment qu’il se maintient dans un certain espace déterminé? Le Périégète n’observe pas une nomenclature parfaite; il va et vient, comme tout le monde, dans le même rayon, il est vrai, mais avec quelque liberté d’allure, et, quand il n’est point sur une ligne droite qui s’impose à sa marche, il circule volontiers à droite et à gauche. Il tombe sous le sens que la série de monuments que nous avons indiqués en suivant son texte n’étaient pas exactement situés à la file les uns des autres; les distances sont approximatives, et trop de scrupule nous conduirait à

des hypothèses absolues dont il faut se garder avec soin sur le terrain douteux où nous errons après lui.

Je consens donc volontiers à croire que l’édifice désigné sous le nom de Théséion est bien le temple du héros. Le style de son architecture entièrement dorique et des métopes de sa façade orientale se rapporte bien à l’époque assignée à sa construction. C’est au temps de Cimon, fils de Miltiade, c’est-à-dire vers 460 avant Jésus-Christ, quelques années avant la date des Propylées et du Parthénon, que ce temple aurait été érigé pour servir de tombe aux restes plus ou moins authentiques du roi d’Athènes, rival d’IIercule. Il est maintenant dégagé des bâtisses qui l’entouraient autrefois, et se trouve seul sur une grande place destinée aux exercices militaires. Toutes ses colonnes ont subsisté, ainsi que ses frontons et la plupart des caissons des deux péristyles. Il n’y a jamais eu de statues sur les frontons, et il n’existait de métopes que sur la façade orientale et entre les trois triglyphes des deux angles du même coté. Pausanias prétend que les murs intérieurs étaient couverts de peintures représentant le combat des Amazones, celui des Lapithes et des Centaures, et un épisode de la vie de Thésée ; ce héros, défié par Minos, aurait été chercher l’anneau que le roi de Crète avait lancé dans la mer, et il serait sorti des flots avec une couronne d’or offerte par Amphitrite; l’artiste avait choisi ce sujet pour une vaste composition. Il ne reste aucune trace de peintures sur les murailles du sanctuaire; mais les luttes épiques des Centaures sont sculptées sur les métopes qui appartiennent évidemment à la période de l’art qui a précédé immédiatement Phidias. J’ai admiré encore sur le mur oriental une frise du plus grand style qui représente les dieux, et il semble qu’il y eût dès lors peu de progrès à faire pour en venir à la magnifique ordonnance des œuvres de l’Age suivant.

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Le Theséioii est donc un temple rare, non-seulement par la beauté un peu lourde peut-être, mais imposante, de ses colonnades, mais encore par la richesse de leurs couleurs dorées, et surtout parce qu’il est le seul édifice athénien intact dans son ensemble. Quelques détails font défaut sans doute, mais les lignes n’ont pas souffert, et, au milieu des invasions successives, malgré les siècles écoulés, il a échappé au fer des Barbares, à la poudre des temps modernes, et n’a pas tenté lord Elgin. Il y a quelques années, la Société archéologique d’Athènes avait eu l’idée de faire des fouilles à l’intérieur et de rechercher si l’on trouverait la trace d’un tombeau dans les fondations. Comme, d’après la tradition que j’ai rappelée, les restes de Thésée y avaient été placés, la découverte d’ossements ou d’une urne funéraire serait un succès archéologique de premier ordre. D’abord il n’y eût plus eu de doute sur le nom du temple; ensuite, quel triomphe ! rencontrer les cendres du vainqueur de Procuste et du Minotaure, relier les temps fabuleux aux temps historiques ! Je ne sais pourquoi l’on n’a point donné suite à ce projet séduisant; j’espère que l’on y reviendra, d’autant que ces fouilles ne seraient pas coûteuses. Il suffirait de lever quelques dalles et de creuser profondément plusieurs mètres carrés. Si l’on ne réussissait pas, comme il est fort possible, et si le sol restait muet, on serait tout excusé, il me semble, d’avoir tenté l’aventure.

Nous voici arrivés au pied du versant nord de l’Acropole et non loin de la grotte d’Aglaure. J’y reviendrai tout à l’heure ; mais avant de quitter le quartier de l’Agora, je dois citer un monument assez curieux négligé par Pausanias, mais devant lequel cependant il a dû passer, la Tour des Vents. C’est une construction octogone, de moyenne grandeur et toute en marbre du Pentélique. Elle supportait jadis une girouette décrite avec soin par Vitruve : « C’était, dit-

il, un Triton d’airain qui tenait une baguette de la main droite, et la machine était ajustée de telle sorte que le Triton, en tournant, se tenait toujours opposé au vent qui soufllait et l’indiquait avec sa baguette. » La Tour des Vents a été construite par un certain Andronicus Cyrrhestes, on ne sait au juste à quelle époque, mais vraisemblablement vers le temps d’Auguste. Elle ne saurait être postérieure, puisque Varron en parle, mais elle ne peut être plus ancienne d’après le style fort médiocre des huit bas-reliefs qui surmontent ses pans coupés. Chacun d’eux représente l’un des Vents ailé et se tenant étendu; Borée est un personnage barbu qui tient une conque, Zéphire un jeune homme nu portant une gerbe de fleurs, l’Africus, vent du sud-ouest, élève la poupe d’un navire, le Notus renverse une urne, l’Eurus est un vieillard de sombre mine, lovent d’est retient des fruits et des épis dans les plis de son manteau, le nordouest répand l’eau d’un vase, le nord-est lance des grêlons. Ces sculptures allégoriques sont massives, et surtout les jambes épaisses et contournées des personnages, uniformément ouvertes en ciseau, présentent un aspect monotone et désagréable. On voit bien que nous sommes ici à quatre cents ans de Phidias.

La Tour des Vents contenait une horloge à eau, alimentée par la source de l’Acropole, et dont les canaux sont encore visibles. Plusieurs cadrans solaires étaient disposés sur les murs. Trois arcades en marbre de l’Hymète s’y rattachent et indiquent l'existence d’un portique. Il est fort vraisemblable (jue l’on avait construit là un lieu de réunion et de promenade voisin de l’Agora. Les citoyens y venaient consulter l’heure et la situation du vent, et il était bon qu’on put s’abriter, en cet endroit, du soleil ou de la pluie. Les anciens Athéniens aimaient ces galeries couvertes, et c’était assez naturel; ils vivaient sur la place publique, désertant

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dès le matin leurs maisons étroites et mal bâties, ne comprenant pas la vie intérieure, et il leur était nécessaire de pouvoir se grouper à l’ombre et en plein air à la fois. La convenance d’un portique était évidente près de la Tour des Vents, sur un des points principaux où s’agglomérait la foule ; on retrouverait peut-être la suite des trois arcades qui sont restées debout, en creusant le sol moderne très-élevé aux alentours; peut-être se prolongeait-il jusqu’au pied de l’Acropole.

Je reprends ici l’itinéraire de Pausanias; le Périégète est devant la grotte d’Aglaure, mais auparavant, dit-il expressément, au bas de cette grotte, située très-haut dans le rocher, il rencontre le temple des Dioscures. On ne saurait trop regretter, en présence d’une indication aussi précise, qu’on n’ait pas encore déblayé le flanc nord de la citadelle. Ces longs talus, de grande épaisseur, nous cachent assurément le sanctuaire de Castor et Pollux. Je ne sais si l’on y retrouverait les statues que signale le Périégète, et, à coup sûr, les peintures de Polygnote dont il nous parle sont perdues, mais je ne doute pas qu’on ne découvrît, sous les couches profondes du terrain, l’enceinte et les colonnes du temple. Quant à la grotte d’Aglaure, on pourrait en dégager l’accès, et l’on entrerait dans ce sanctuaire célèbre, aujourd’hui muré, à travers lequel les Perses ont passé pour envahir l’Acropole. Ils n’ont pu escalader les rochers qu’avec peine et sans doute en se faisant la courte échelle, car le passage est extrêmement escarpé; mais il est probable que depuis, dans les environs, on avait élevé des terrasses gazonnées, car Euripide fait allusion, dans un chœur, aux danses des Nymphes au pied de la grotte d’Aglaure.

Pausanias, tournant le dos à ce sanctuaire, parcourt le bas de la ville, du côté oriental de l’Acropole. Il n’existe aujourd’hui dans tout cet espace que des baraques formant des

[.ETIRES ATHENIENNES-

ruelles obscures; c’est le quartier le plus misérable de la ville moderne, et toutes ces maisons sales contiennent une population d’assez mauvaise mine. C’était là cependant que le Périégète rencontra d’abord le Prytanée, où étaient conservées les lois de Solon. Qui sait? peut-être, si l’on remuait le terrain dans ces parages, on exhumerait quelques fragments des tables de marbre où étaient gravées les œuvres du plus grand législateur de la Grèce. En continuant à descendre et à s’éloigner de l’Acropole dans la direction de l’ilissus, Pausanias cite successivement le temple de Sérapis, une petite place célèbre dans la légende athénienne par une conférence de Thésée avec Pirithoüs au moment de leur voyage aux enfers, une chapelle dédiée à Ilythie; puis il débouche directement sur le vaste espace où se dressait le temple de Jupiter Olympien, cette merveille du style corinthien dont il ne reste plus maintenant que seize colonnes. Quinze sont debout ; la seizième est couchée à terre; on la mesure comme un géant tombé.

Le Périégète s’écarte ici de la ville antique pour visiter les quartiers voisins de l’ilissus; il reviendra, dans une autre excursion, sur l’autre coté de l’Acropole qui le conduira aux Propylées. Suivons-le, pour aujourd’hui, pas à pas dans la voie où il s’engage, à partir des environs du temple de Jupiter, jusqu’au Stade Panathénaïque. qui marque la fin de sa première course. Aussi bien, en cet endroit même, une porte en arcade surmontée de quatre colonnettes que domine un fronton indique, par son inscription, que la cité primitive ne s’étendait pas plus loin, et qu’au delà tout un quartier nouveau s’étendait dans la plaine. L’arc date du règne d’Adrien, dont il a gardé le nom; je lis sur l’architrave, du côté de l’Acropole : « Ceci est la ville de Thésée », et sur le côté opposé : « Ceci est la ville d’Adrien. » Il est donc clair que cette porte séparait deux enceintes, celle où s’élevaient

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les temples et les maisons des époques vraiment grecques, celle où les riches Romains et les Athéniens de la période gréco-latine avaient plus particulièrement fixé leur séjour et dédié des monuments religieux ou civils. Il est vraisemblable que du temps de Périclès et dans les deux ou trois siècles qui suivirent, cet emplacement n’était qu’un faubourg de campagne conduisant au Stade.

On a dit beaucoup de mal de l’arc d’Adrien, et sans doute on ne saurait le comparer aux édifices de l’àge qui l’a précédé ; mais sa partie supérieure, ses colonnettes, les larges baies qui encadrent un pan de ciel ne sont pas dénuées d’une certaine élégance. On le juge mesquin, si l’on pense aux Propylées; mais si l’on écarte ce souvenir, on ne saurait méconnaître dans cette porte des détails délicats, une ordonnance heureuse, le sentiment d’un art svelte et familier. Son mince fronton, ses colonnes légères, l’élévation aérienne de son attique révèlent un artiste qui n’avait pas oublié les traditions du style, et je le regarde, en passant, avec plaisir, surtout lorsque, dans les beaux jours, ses fenêtres s’ouvrent sur un azur profond et quand le soleil donne tout leur éclat aux couleurs dorées du marbre.

Les ruines du temple de Jupiter Olympien se dressent sur la même place ; leurs soubassements ne sont distants que de quelques mètres de l’arc d’Adrien. C’était un édifice immense ; les treize colonnes qui sont intactes et en groupe à l’extrémité de ce grand espace n’étaient qu’un des angles du monument colossal. Il avait à chaque façade un quadruple rang de dix colonnes, un double rang de douze sur chaque côté. La nef était donc entourée de cent vingt-huit colonnes; trois de celles des côtés étaient encore debout en 18o2; un ouragan, cette année -là, accompagné sans doute de quelque mouvement du sol, a renversé l’une d’elles; le choc a séparé les tambours sans les déranger de leurs places respectives

et les a quelque peu enfoncés dans la terre. Les enfants athéniens aiment à grimper sur la base qui n’est guère qu’inclinée, et sur le grand chapiteau orné d’acanthes que la violence de la chute a projeté un peu en avant de la masse des tambours.

L’histoire de ce temple atteste que la destinée n’a cessé de lui être contraire. Ses fondations avaient été commencées sous Pisistrate; la mort de ce prince et les événements qui ont rempli au cinquième siècle l’histoire d’Athènes ont fait oublier pour un temps le grand ouvrage qu’il avait projeté. Plus tard, Périclès, uniquement préoccupé de l’Acropole, négligea à dessein de faire reprendre des travaux qui eussent distrait les Athéniens de son œuvre personnelle et absorbé les sommes destinées aux Propylées et au Parthénon. Longtemps après, Antiochus Épiphane imagina de commencer la construction sur les bases antiques; mais l’édifice fut interrompu par sa mort, et le peuple athénien n’était pas assez riche pour le poursuivre. Sylla vint, et ses troupes détruisirent ce qu’ Antiochus avait bâti. A plusieurs reprises, on essaya vainement de réparer ces ruines et de terminer le temple; ces vicissitudes étaient devenues un objet de raillerie pour divers écrivains, d’autant plus qu’il avait déjà coûté près de quarante millions, lorsque enfin l’empereur Adrien parvint à le finir.

C’était un peu tard pour un temple païen. Il avait été projeté six cent soixante-dix ans auparavant, dans le beau temps des dieux grecs; on le dédiait au moment où le christianisme se propageait dans le monde, à l’heure où retentissait dans tout l’univers la voix mystérieuse qui disait : « Les dieux s’en vont ! » Néanmoins, comme si le paganisme avait voulu dans cette dernière œuvre affirmer d’autant mieux sa gloire qu’elle était plus menacée, nul sanctuaire n’était plus vaste et plus chargé d’ornements. Même, pour qu’il n’eut

LES DÉBRIS

rien à envier au Parthénon, l’Empereur y fit ériger une statue de Jupiter d’ivoire et d’or. Je suppose que c’est à ce sculpteur secondaire qu’il faut attribuer le type d’une beauté banale tant de fois reproduit par les peintres et les statuaires.

D’autre part, la véritable pensée du siècle apparaissait au milieu de ces splendeurs. Adrien était en réalité le dieu de cette enceinte. Prodiguées par la flatterie des villes de la Grèce, ses images encombraient le temple. Chaque cité avait voulu en envoyer une, de sorte que l’édifice semblait être dédié au maître de l’empire. N’ètes-vous pas frappé comme moi de la distance morale qui sépare le Parthénon de l’Olympiéion? Au Parthénon, c’est l’idéal divin qui règne; au temple de Jupiter, la divinité n’est qu’un accessoire ; elle disparaît presque sous la multiplicité des simulacres du prince; la pensée dominante, c’est le pouvoir humain divinisé. Le Zeus des temps libres n’est plus là que pour la forme, le monde asservi ne croit plus qu’au César qui le gouverne; ce sont d’autres foudres que l’univers redoute, c’est une autre autorité qu’il adore. L’anthropomorphisme se résout dans le culte de la puissance impériale. Après avoir donné aux dieux qu’il avait conçus la forme des mortels, il procède à l’inverse et accorde aux mortels les attributs des dieux. L’Olympiéion est en réalité le sanctuaire de cette religion dégradante : il représente la suprême décadence de l’idolâtrie.

Ainsi, la fatalité qui s’attachait à lui depuis ses origines subsistait au moment même où se couronnait son faîte. La haute conception de ses premiers architectes 11e devait jamais se réaliser : l’apothéose d’un César était le terme de leur rêv e divin. Leur cuite, peut-être égal dans leur pensée à celui de la déesse de l’Acropole, était devenu, par une série d’abdications morales et de transformations politiques.

la servile prostration de l’homme devant l’homme. A l’heure tant attendue où leur temple dressait ses colonnes superbes, le dieu primitif était défiguré.

L’Olympiéion était voué à l’abandon. L’idole dont il était devenu le sanctuaire allait périr devant l’ironique dégoût et devant le réveil indigné de la conscience. C’est par cette dégradation de sa pensée première que le paganisme avait mérité de succomber; le christianisme n’a pas détruit, en réalité, le culte de la sagesse divine et n’est pas venu renier la vierge du Parthénon; ce qu’il a brisé, c’est l’orthodoxie des Césars, c’est la divinisation de la puissance humaine. Le paganisme vaincu, c’est celui-là. L’Olympiéion n’a été pendant sa courte existence que le témoignage éclatant de l’abaissement de l’univers, et rien de grand ni de saint ne s’élève dans nos âmes au pied de ses colonnes. De sa consécration même date sa décadence, et lorsque la croix rayonna sur le monde, elle rencontrait dans ces murs superbes non pas le Maître de l’Olympe antique, mais le despotisme de l’homme qui avait déjà détrôné les dieux. Au Parthénon, Minerve est toujours vivante : à l’Olympiéion, il ne reste plus rien de l’idole foudroyée.

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