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LETTRE XII

LES MUSÉES

Lorsqu’on suit avec attention dans les écrits des voyageurs, dans les livres des écrivains spéciaux, dans les récits des historiens, dans les discours des orateurs, dans les ouvrages latins ou grecs qui décrivent, énumèrent ou indiquent les œuvres de peinture, de statuaire, de céramique, d’orfèvrerie qui existaient en Grèce avant les pillages des proconsuls et des empereurs, avant les destructions et les rapts désordonnés des temps barbares, on est stupéfait de l’innombrable multitude de ces merveilles; on comprend que la Grèce était un immense inusée.

Jamais, à aucune époque de l’histoire, et chez aucun peuple, hormis peut-être en Italie pendant les deux siècles de la Renaissance, une semblable profusion d’œuvres d’art n’a attesté le génie d’une race et n’a ébloui le inonde. Chaque ville, chaque bourg, les plus petits temples, les maisons des particuliers, les tombeaux même étaient remplis de statues et de statuettes, de bijoux ciselés et de vases précieux, de bas-reliefs, de bronzes, d’objets usuels finement travaillés. Ce peuple unique avait produit assez de prodiges pour en couvrir l’Europe entière, et la dispersion d’un petit nombre de ces magnificences fait, après deux mille ans, la richesse des nations civilisées.

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