‹ Lettres athéniennesChapitre 14 sur 22 · MM · texte numérisé non relu

MM

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Supposez la réunion sur cet étroit territoire des antiques vraiment grecs répandus dans les galeries des grandes capitales. à Rome, à Florence, à Naples, à Paris, à Londres, à Munich, à Berlin, à Saint-Pétersbourg, et réfléchissez ensuite que cet ensemble ne serait formé après tout que de quelques débris sauvés du naufrage, que nous n’avons pas la centième partie de ce qui a péri et de ce qui reste enfoui sous terre parmi les décombres, que les tableaux sont effacés pour jamais, que les plus beaux modèles de la statuaire ont disparu. Imaginez alors, si vous le pouvez, ce que devait être la Grèce quand ses cités, ses temples, ses voies sacrées n’avaient pas été violés par des mains avides et profanes, quand elle possédait tout ce que son génie avait enfanté, quand les portiques étaient debout, peuplés de dieux de marbre et de bronze, couverts de peintures, encombrés d’offrandes, quand aux carrefours des villes, dans les rues, dans les moindres édifices, dans toutes les nécropoles, sur tous les autels domestiques, dans toutes les riches demeures, s’élevait, se développait, s entre- croisait cette prodigieuse végétation d’œuvres d’art, de métal, de pierre, de terre cuite, d’ivoire.

Il me semble que je fais ce rêve, que j’ai contemplé une clairière remplie d’arbres, d’arbustes, de lianes, de fleurs et de mousses, puis que je me retrouve tout à coup, après une effroyable convulsion de la nature, devant une plaine dévastée où je n’aperçois que de loin en loin quelques vestiges de la végétation détruite, des troncs de chênes épars, des branches brisées, des feuilles et des fleurs qui roulent, et çà et là des rameaux qui se dressent encore sur des ravins déserts. La Grèce a subi cette tempête : ses fragments sont dispersés par tout l’univers. Sur le sol sacré ravagé par la cupidité des uns et la stupide fureur des autres, il n’y a plus que les débris de la forêt colossale.

Approchons-nous avec respect de ces restes vénérables. Isolés de la vaste harmonie qui donnait une puissance et une vie suprêmes à leur beauté, ils n’en sont pas moins encore l’enseignement suprême de notre esprit. Les uns nous révèlent les formes les plus sévères, les autres la grâce des plus petites choses. Leur valeur est inégale sans doute, souvent les mutilations nous forcent à deviner les lignes dégradées : le sens précis des attitudes ou des figures nous échappe ; nous n’avons devant les yeux que des œuvres incomplètes sauvées par les hasards de l’orage. Mais enfin c’est ici — et seulement ici que nous pouvons concevoir une image de la beauté pure, pensée visible et palpitante incarnée dans toutes les formes et dans tous les rhythmes de l’art, une et multiple, exquise et grave, souriante comme les nymphes et chaste comme les Muses, fraîche comme l’aurore, expression radieuse des idées éternelles de l’âme.

Déjà ces lettres ont retracé tout ce qui reste debout des monuments athéniens; j’ai parlé des œuvres éparses à travers la ville, des stèles du Céramique, des bas-reliefs qui subsistent au Parthénon, des fragments archaïques mis au jour par les fouilles récentes. En m’arrêtant devant les frontons à demi écroulés, devant les fûts de colonnes, les chapiteaux, les débris de statues, de portiques, de frises, devant les fondations de temples disparus, en m’aidant des souvenirs et des livres antiques, en étudiant sur le sol, pas à pas, les diverses conjectures, en devinant, en reconstruisant, par la pensée, les lignes brisées des architraves, les murs renversés, les dieux en poussière, j’ai indiqué çà et là, et représenté peut-être, tout ce qui est demeuré en sa place, sous le ciel, après les violences des hommes et des siècles. J’ai essayé de recueillir l’enseignement qui sort des ruines, de retrouver la vision de ce qui n’est plus, d’entendre les échos des voix éteintes.

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Je voudrais maintenant rechercher avec soin, dans les Musées et collections d'Athènes, les fragments échappés au naufrage, ceux qui ont appartenu à des édifices, ceux qu'on a dégagés sur divers points du sol où ils étaient ensevelis, ceux dont on sait l’histoire, ceux dont on ignore les origines. Achevons de connaître ainsi ce qui subsiste encore du merveilleux enfantement de la Grèce: étudions dans ses détails cette inspiration tantôt religieuse et tantôt purement humaine, solennelle ou familière, grotesque ou austère, dérivant de Sophocle ou d'Aristophane, de Phidias ou des potiers d'Attique et de Béotie, se traduisant par des divinités ou des stèles, par des urnes ou des bijoux, toujours fidèle, dans la variété de ses fantaisies, au même sentiment de la grâce et à l'intelligence de l'idéal.

On n'a point réuni dans un seul édifice les divers marbres que possède l’État. Bien que des critiques fort distingués aient blâmé cette disposition, je ne sais trop s'il y a lieu de s’en plaindre. Les autres capitales, en rassemblant leurs antiques en un même Musée, ont agi sagement sans doute parce qu'elles n’avaient point de raison pour les disséminer. Mais Athènes, à l’égard de ses statues et de ses fragments, n’est pas dans la même situation que les autres villes. Pour celles-ci, les antiques ne sont que des œuvres d’art ; pour Athènes, ce sont les monuments de son passé, les enfants de ses ancêtres, les souvenirs vivants de ses gloires; ils se rattachent à des considérations locales qu'il est pieux de respecter. Plusieurs ne sauraient être distraits des emplacements où ils se dressaient autrefois et se mêler confusément à d'autres marbres sans perdre quelque chose de leur caractère historique, et sans être, en quelque sorte, diminués par un voisinage mal justifié. Il me semble, par exemple, que les fragments trouvés à l'Acropole ne sauraient en sortir; puisque l’on ne peut sans les exposer à quelques dégra-

dations les laisser en plein air, soit dans l’enceinte des temples, soit aux alentours, ils restent du moins sur leur sol dans le Musée placé devant le Parthénon, et leur présence complète l’ensemble des grandes ruines. De même, des stèles comme celles du Céramique n’auraient plus leur véritable aspect dans quelque salle commune; il faut qu’elles restent dans le cimetière où elles ont été retrouvées; ce serait d’ailleurs détruire un des terrains vénérables d’Athènes que de lui arracher ses monuments funéraires. Il convient enfin que dans cette cité qui n’est pas seulement une capitale moderne, mais encore et en même temps la ville de Minerve, les débris du passé national, çà et là dispersés, rappellent la vie d’autrefois, et qu’au milieu des choses vivantes Athènes garde sur quelques points l’aspect austère d’un sol sacré. Dans cet ordre d’idées, je regrette qu’on ait transporté à l’Acropole les ex-voto de marbre trouvés à l’Asclépiéion; il eût été facile de leur construire un petit édifice, sévèrement clos, dans l’enceinte d’Esculape, et qui eût été le commentaire naturel des colonnes renversées et des portiques détruits.

Il y a trois Musées à Athènes : celui de l’Acropole avec l’annexe des bas-reliefs et fragments de l’Asclépiéion; le Musée Central ou dePatissia, qui reçoit les objets helléniques de toute provenance; tous deux sont exclusivement consacrés aux marbres. Le troisième Musée est le Polyicclmion, qui comprend quatre salles, une égyptienne (dont je ne parlerai pas, ne voulant m’occuper en ces lettres que de l’art hellène), l’autre destinée aux vases grecs, puis une salle pour les statuettes, enfin la quatrième réservée exclusivement aux objets préhistoriques trouvés dans les fouilles de Mycènes. Aucun de ces Musées ne saurait assurément être comparé par le nombre des œuvres d’art aux grandes collections de Paris et de Rome; de plus, le Musée de l’Acropole

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n’est qu’une maisonnette, et si celui de Patissia affecte les dimensions d’un palais, si le Polytechnion avec son escalier à double rampe, ses colonnes et son fronton, son revêtement de marbre, est un monument d’une assez bonne architecture, nous ne retrouvons pas dans ces édifices les magnificences extérieures et intérieures du Louvre et du Vatican. Mais j’estime avant tout, dans un Musée, la beauté des objets que je viens y voir, et dussé-je paraître avancer un paradoxe, j’oserai dire que je rencontre un enseignement plus pur, une révélation plus décisive de l’idéal dans les Musées athéniens complétés par les stèles du Céramique et la tribune de l’Érechthéion que dans la multitude des statues pour la plupart de seconde main et de basse époque, et abusivement réparées, qui remplissent les autres galeries de l’Europe.

Non pas sans doute que je n’aie admiré à Paris, à Rome, à Londres, à Florence, à Munich quelques modèles parfaits de l’art grec. Ai-je besoin de nommer la Vénus de Milo, la Minerve de Crète, la Vénus de Samothrace, le morceau de la frise des Panathénées, les fragments d’Olympie qui sont au Louvre; le fronton du Parthénon et les marbres de la frise ravis par lord Elgin, et qui sont la gloire du British Muséum; le Lutteur, le Torse du Vatican, la Vénus de Médicis des Offices, les marbres d’Égine de la Glyptothèque? et, au second rang, les bas-reliefs de Pergame transportés récemment à Berlin, l'Euterpe, les Diane, l’athlète de Paris, l’Apollon du Belvédère et le Laocoon de Rome, et tant de répétitions habiles prodiguées pendant la grande période romano-grecque depuis le deuxième siècle avant Jésus- Christ jusques au temps des Antonins ! Ces diverses œuvres, de valeur inégale, mais dont les moindres sont encore bien inspirées et d’un fin travail, sont malheureusement mêlées dans nos Musées à bien des productions inférieures, surtout

à des copies vulgaires. Il n’en est qu’un très-petit nombre en vérité qui nous laissent l’impression de l’art simple, de la grâce chaste et radieuse, de la justesse délicate, de l'harmonie vivante, de la pure idée marmoréenne enfin, qui caractérisent l’époque divine, le cinquième et le quatrième siècle avant l’ère chrétienne.

A Athènes, s'il y a certainement dans les Musées quelques statues et fragments secondaires, c’est à la haute période de l'art que se rattachent presque toutes les œuvres. Il y a là quarante ou cinquante morceaux d’un style sans égal, c’està-dire plus que dans n’importe quelle collection du monde. Toutes mutilées qu’elles soient, n’étant pas mêlées à d’autres, elles donnent à l’esprit, plus nettement que partout ailleurs, la perception de la beauté absolue, la vision des grands sculpteurs. J’ai compris là, très-vivement parfois dans de petits objets, dans une tète isolée, dans un vase, dans un torse, dans un pan de draperie, à plus forte raison dans des œuvres plus complètes, le charme mystérieux de la forme, l’impondérable fluidité des lignes, l’inspiration directe, jeune, virginale, qui est le génie même de la Grèce aux premières heures de son victorieux essor.

Entrons d’abord au Musée de l’Acropole. Je ne fais pas de catalogue, Dieu m’en garde! j’indique seulement au passage les morceaux de premier ordre, ceux qui me semblent exprimer d’une façon décisive le style hellénique dans sa pureté primitive, dans son intime saveur. Je vous ai parlé ailleurs des tètes, bustes, statues et statuettes archaïques fournis par les fouilles récentes sur les emplacements approximatifs du vieux Parthénon et du premier Érechthéion ; je n’y reviendrai pas, et je ne note ici que pour mémoire ces étranges richesses, ces merveilles de la sculpture polychrome qui n’ont de rivales dans aucun Musée de l’Europe.

Parmi les marbres de la première salle, je vous signalerai

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un profil d’archer en bas-relief qui est une des fines œuvres du cinquième siècle; le nez délicat, un peu aigu, la barbe en pointe, les joues anguleuses indiquent un ciseau presque encore archaïque, mais déjà savant et exercé; la tète est couverte d’une coiffure singulière, une sorte de toque à saillies pointues; j’imagine ainsi les casques légers, de cuir roide, et peut-être de cuivre, dont parle quelquefois Homère. Ainsi combattaient, avec ce béret de fantaisie, vêtus de cette même tunique sans manches, retenue par d’étroites attaches sur les épaules, les tireurs d’arc de la Crète ou de la Lycie qui invoquaient Apollon aux flèches d’or. Celui-ci, dont la physionomie est si originale, l’expression si spirituelle, était de ces guerriers agiles et redoutables à l’œil prompt et sur, au corps maigre, redoutables à l’arc ou à la fronde, chasseurs d’hommes et de bêtes fauves, et dont les essaims rapides lançaient les dards dans la mêlée confuse des batailles de l’Iliade.

Parmi quelques fragments placés sur une planche, voici une des plus jolies tètes du temps qui a suivi Phidias; avec quelle douce mélancolie elle se penche sur son cou brisé ! Comme sa chevelure serrée et frissonnante s’arrondit avec une précision sévère ! Ses yeux vagues ont l’air d’être à la poursuite d’un rêve. C’est un de ces marbres dont on cherche à- deviner l’âme; sous l’immobilité des formes exquises, il semble qu’on la sente vibrer. Auprès d’elle je remarque deux torses d’éphèbes de cette même période où les artistes grecs s’attachaient surtout à la suavité du travail plastique; le modelé de ces corps est presque féminin. Le maître n’en a indiqué les muscles que par des ondulations atténuées. La tète dont je vien§ de parler appartient peut-être à l’un d’eux. On se figure ainsi ces beaux adolescents du Stade, indécis entre l’enfance et la jeunesse, et dont on voit apparaître les grâces équivoques et dangereuses

à travers les églogues de Théocrite et certains dialogues de Platon.

J’entre dans la salle suivante avec un respect religieux. On y a réuni les fragments des trois côtés détruits de la frise du Parthénon. J’ai dit ailleurs que le quatrième côté subsiste encore sur la façade de l’occident.. Les plâtres du fronton oriental enlevé par lord Elgin, et des morceaux de la frise qui sont à Londres, semblent placés là comme pour attester l'étendue de la perte qu’à subie la Grèce. Devant ces grossières images du groupe des Parques, du Thésée, de l’ilissus, de la Gérés et Proserpine, notre unique impression est un douloureux regret. Abordons, pour nous consoler, l’étude des frises qui sont restées au pays natal.

Je me suis demandé souvent pourquoi ces quelques scènes, extrêmement simples, empruntées à la vie ordinaire ou à des rites religieux, sont à mes yeux l’œuvre la plus grande peut-être qui soit sortie de la main des hommes. Quoi donc? préférerons-nous à tant de figures saisissantes, majestueuses, dramatiques, souriantes, ces personnages assis qui paraissent poursuivre un entretien paisible, ces cavaliers au galop, ce guerrier combattant auprès d’un char, ces vieillards qui délibèrent, ces jeunes gens qui portent les urnes saintes, ces jeunes filles qui conduisent des victimes au sacrifice? Les tranquilles attitudes, les cérémonies, les exercices d’un autre âge peuvent-ils toucher plus fortement notre pensée que tant d’ouvrages illustres dont nous admirons ailleurs les formes puissantes, la grâce délicate, l’aspect superbe, les mouvements rapides? Mettrons-nous ces frises au-dessus de la Ténus de Milo, du Laocoon, de la Vénus de Médicis, au-dessus des prodiges de la Renaissance, du Laurent le Magnifique et du Moïse de Michel-Ange? Dirons -nous que la conception de Phidias soit plus

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haute? estimerons-nous que notre esprit en reçoit plus de lumière ?

Je n’hésite pas à l’affirmer, et voici dans quel sens : c’est que l’impression que je reçois, dégagée de tout appareil qui agisse sur mes sens, qui surprenne mon intelligence ou qui émeuve mon cœur, est absolument pure et ne domine que ma raison. Devant le cavalier dont le corps flexible, le bras tombant, l’équilibre naturel accompagnent, avec tant de justesse et de grâce, l’impulsion du coursier, devant les attitudes, hiératiques à la fois et vraies, des jeunes gens et des jeunes filles revêtus de la tunique à longs plis, devant les gestes harmonieux et familiers des personnages assis qui poursuivent un entretien sévère, ma pensée, dans un calme profond, se trouve placée en dehors et au-dessus de toute séduction étrangère à la beauté éternelle. Aucune considération profane, aucun souvenir littéraire ne viennent mêler à ma contemplation sereine un élément qui la modifie ou qui m’en détourne. L’objectif suprême de la raison, tel que le concevait Platon, impérissable, nécessaire, expression rayonnante de l’essence divine, se révèle seul à mon intelligence concentrée dans la vision sacrée. Bien plus, la forme précise qui la rend accessible à mes sens se confond pour moi avec la conception immatérielle; j’ai la perception complète et lumineuse de l’eurythmie, et je puis dire, sans forcer les termes, que je vois, dans sa simplicité originelle et absolue, l’idéal invisible.

C’est pourquoi, bien que mon imagination soit plus vivement frappée par d’autres œuvres, celles-là me donnent une révélation plus élevée et plus rare. Dans l’admiration que j’éprouve ailleurs, il entre toujours quelque agitation de la sensibilité humaine ou religieuse; la pitié me saisit devant le Laocoon, je reste immobile de respect et dans une sorte de terreur en face du Moïse; je contemple, devant

le Pensieroso, la majesté de la méditation, et peut-être les tristesses de la puissance; qui sait ce qui se remue de charnel au fond de nos cœurs, à notre insu, lorsque notre regard caresse les Vénus de Médicis ou du Capitole? tandis que, devant la procession des Panathénées, j’éprouve, — toutes proportions gardées enlre des lueurs incomplètes et des clartés infinies, — quelque chose de l’extase paisible que de purs esprits étrangers aux passions et aux réminiscences terrestres doivent ressentir en présence du beau éternel.

Arrêtons-nous à considérer encore ces merveilleux fragments de la frise. On sait que toute la partie qui surmonte le mur occidental du Parthénon représente uniquement des scènes équestres; les morceaux du Musée heureusement échappés aux dévastations de lord Elgin sont plus variés. Peut-être est-ce parce que nous les voyons de plus près et pouvons mieux apprécier leurs formes , mais ils me semblent supérieurs à ceux qui sont demeurés en place. L’éphèbe à cheval, dont j’ai parlé plus haut, me paraît plus svelte et mieux rhythmé que ses frères de la muraille antique. J’admire surtout à côté de lui un fragment qui se rattachait à un autre ordre d’idées, à la vie intérieure. Sur unsiége élevé, un homme d’un âge mûr, la tète ceinte d’une bandelette, le torse nu, les jambes recouvertes d’une draperie dont les plis l’entourent avec une austère harmonie, levant la main gauche comme pour accentuer son discours, laissant tomber son bras droit dans un admirable accord avec la tranquillité de son attitude, s’entretient avec un personnage plus jeune, imberbe, également assis et qui retourne vers lui son visage attentif comme s’il allait répondre aux affectueuses paroles d’un père; sa poitrine, fortement modelée, est nue, ainsi que le bras droit replié qui semble sur le point de s’appuyer familièrement sur les genoux de l’interlocuteur;

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