‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 111 sur 312 · L. Vejrdt.) — P · texte numérisé non relu

L. Vejrdt.) — P

Belle lettre sur sa traduction de Dictys de Crète. Elle s'excuse de ne pouvoir, à cause d'un retard de l'imprimeur, lui remettre avant dimanche un exemplaire de ce livre.

703 * MONTFAUCON (Dom Bernard de), illustre érudit et historien, auteur de Y Antiquité expliquée, n. au château de Soulage (Aude), i3 janvier 1 655, m. à Paris dans l'abbaye de Saint-Germain des Prés, 21 décembre 1741.

L. A. S. à son Eminence (le cardinal Angelo-Maria Querinij bibliothécaire du Vatican); Paris, 1 juin 1731, 3 p. 1/2 in-4. — P-

Superbe lettre où il le détourne d'entreprendre la publication des ouvrages de Saint Ephrem (le plus célèbre théologien de l'Eglise de Syrie, mort vers 378). Un tel livre ne sera aucunement recherché, car les ouvrages de pure mystique et de dévotion

LETTRE DE FENELON — FRAGMENT Numéro 701.

Cœ^jks #eJ£> ; zPzZfc?

S. vi

n'ont point de cours et traînent sur les quais de Paris, témoins Saint Jean Climaque et Saint Isidore de Peluse. Il lui conseille donc d'abandonner ce projet et de faire imprimer un catalogue des manuscrits grecs de la Bibliothèque Vaticane, avec le titre et le commencement de chaque pièce, en marquant à peu près l'âge des manuscrits et en y ajoutant aussi des pièces non imprimées, lorsqu'elles en vaudront la peine. « C'est ce que V. E. peut faire de plus utile pour les gens de lettres. Cet ouvrage sera recherché de toutes les nations de l'Europe et il deviendra très cher en peu de tems. Il vous fera un honneur infini et Votre Eminence aura le plaisir de voir chacun s'empresser à en avoir un exemplaire. » Il cite comme exemple le catalogue des manuscrits grecs de la Bibliothèque de l'Empereur, rédigé par Lambec, qui est devenu très rare et qui se vend actuellement quatre ou cinq cents francs.

—(L'édition des Œuvres de Saint Ephrem fut néanmoins entreprise ; elle parut de 1732 à 1746 en six volumes.)

■^704-5- REGNARD (Jean-François), un de nos meilleurs poètes comiques, n. à Paris en février i655, m. au château de Grillon (Seine-et-Oise), 4 septembre 1709.

P. A. S., sur vélin; Paris, 28 novembre 1 690, 1 p. in-4 oblong.

Très rare. — P. de Saint-Aubin.

Quittance donnée àM.L'e Rat, trésorier payeur des gages des officiers du bureau des finances de Paris, de la somme de onze cent huit livres dix sous pour un quartier de ses gages (de trésorier de France à Paris).

-s 705 * FONTENELLE (Bernard Le Bouyer de), célèbre écrivain, mathématicien et philosophe, neveu du grand Corneille, membre de l'Académie française (1691) et secrétaire perpétuel de

l'Académie des Sciences, y ' -/ J?^* s- s

n. àRouen, 11 février i657, ''Tzs+ïtz ^

m. à Paris, 9 janvier 1757.

L. A. S. à un savant; Paris, 28 mars 1734, 1 p. in-4. — Pde Saint-Aubin.

Très jolie pièce où il lui mande que l'Académie des Sciences a donné à M.

Hunaud la satisfaction que la Compagnie pouvait lui procurer.

•y 706 * ROLLIN (Charles), célèbre humaniste et historien, membre de l'Académie des Inscriptions, n. à Paris, 3o janvier 1661 ,m. danslamêmeville, ^septembre 1741 .

L. A. S. à Monseigneur (le cardinal de Fleury) ; 3o août 1730, 1 p. in-4. (Coll. B. Fillon.j — P. de Cathelin d'après Coypel.

Superbe lettre où il lui fait hommage du second volume de son Histoire ancienne. « Mon premier ouvrage a eu votre approbation. Je souhaite que celui dont je vous envoie le second tome puisse être aussi heureux. Vous approuverez du moins le désir que j'ai eu de travailler utilement pour la jeunesse, quand même le succès ne répondroit pas à ma bonne volonté. »

S. vi

•f 707 <- MASSILLON (Jean-Baptiste), évêque de Clermont, illustre orateur de la chaire, dont le Petit Carême est resté classique, membre de l'Académie française (1719), n.à Hyères (Var), 24 juin i663, m. à Clermont, 28 septembre 1742.

L. A. S. à l'abbé Gaillande, principal du collège du Plessis, à Paris; Clermont, 7 juin 1738, 1 p. in-4, cachet. (Coll. de Biencourt.) — P.

Superbe lettre ou il déclare que la résidence est indispensable à un curé et que ce serait un grand malheur pour l'Eglise si un évèque donnait les saints ordres à un nommé "7^/ y s* 1 / *■

ÏÏSsSBSÎ >> M a w», /4, ^

emple, car Usas- é & 4^4 /S 6. P^A- 7 ^> £, ? £4^^»

treignait a une résidence si rigoureuse dans son .

alcade! 7^ / -A . £^ ^ ^ > * ^h-^

mie française que y^^> le jour de sa réception).

4- 708 ■+ LESAGE (Alain-René), l'immortel auteur de Gil-Blas et du Diable boiteux , n. à Sarzeau (Morbihan), 8 mai 1668, m. à Boulogne-sur-Mer, 17 novembre 1747.

L. A. S. à Monseigneur (le marquis de Torcy?); Paris, 18 juin 571 5, G p. in-4. Pièce de la plus grande rareté. (Coll. Chambry.) — P.

Précieuse lettre des plus intéressantes. Lesage, chargé par le ministre de rédiger un rapport sur une demoiselle Petit, constate la grande différence qui existe entre les mémoires de ladite demoiselle et ceux qui viennent de lui être communiqués. D'après les premiers, la demoiselle Petit, nouvelle fiancée du roi de Garbe, aurait joué dans le Levant un rôle honorable, n Elle avoue qu'on la regardoit à Erivan comme une houri, mais elle proteste qu'elle n'y faisoit point le bonheur des Mahométans, pas mesme du vieux Kan qui l'adoroit. L'amour de ce bon seigneur n'avoit rien de matériel, ce qui s'accorde fort avec l'opinion que nous avons de la chasteté des Levantins. Elle n'a mesme jamais eu de complaisances criminelles pour monsieur Fabre, quoy qu'en puisse dire tout l'équipage de monsieur de Turgy. Cette Cléopatre du Bourbonnois, plus heureuse que celle de la Grèce, a le privilège de charmer les hommes sans corrompre leurs moeurs. » Loin de causer du scandale, elle n'a pas moins servi la religion que la patrie. « Voilà, Monseigneur, en abrégé, le portrait que j'aurois fait de la demoiselle Petit. En suivant ses mémoires fabuleux, je me serois attaché à peindre ses disgrâces d'une manière qui eut intéressé le public pour elle. J'aurois fait valoir jusqu'à ses dérèglements et tourné tout à son profit. C'est ainsi que les historiens trahissent quelquefois la vérité en s'imaginant la faire connoistre. » Mais les mémoires de M. Michel et la lettre du consul d'Alcp ont renversé toutes ses idées. « La plume que je tenois preste à justifier une femme qui me paroissoit pouvoir n'estre pas si coupable, me tombe des mains, et je ne vois plus qu'une aventurière dont la vie me semble moins digne d'estre offerte à la curiosité des hommes que dérobée à leur connoissance. » En conséquence il demande les ordres du ministre pour savoir s'il doit faire son rapport ou ne plus s'occuper de cette affaire.

4 701 ) ROUSSEAU (Jean-Baptiste), célèbre poète lyrique, dont les Odes ont été citées comme des modèles, membre de l'Académie des Inscriptions, banni de France pour ses satires en 1 7 1 2, n. à Paris, 6 avril 1 67 1 , m. à Bruxelles, 1 7 mars 1 741 .

L. A. S. à Titon du Tillet (l'auteur du Parnasse français); (Paris), 22 de'cembre (1738), 1 p. in-4, cachet. — P. de Saint-Aubin.

Curieuse lettre écrite pendant un sijour qu'il faisait incognito à Paris, d'où il était banni. Il le prie de lui faire le plaisir de venir boire avec lui et le père

Brumoy, pour lequel il n'a pasde secret. ' ^^// / /

-(Jcan-BaptisteRousseau était à Paris é-*C^tincognito depuis la fin d'octobre sous.le nomdcRicher. Il repartit pour Bruxelles le 3 février 1739, sans avoir pu obtenir la permission de rester en France, cl il ne revint jamais dans sa patrie.)

S. vi

^710 s- CRÉBILLON (Prosper Jolyoï de), célèbre poète tragique, auteur d'Electre et de Rhadamiste, rival de Voltaire, membre de l'Académie française ( 1 73 1 ), n. à Dijon, i3 janvier 1674, m. à Paris, 17 juin 1762.

L. A. S. (au président de l'Académie de Dijon); Paris, 4 mai 1761, 2 p. in-4. (Coll. B. Fillon.) — P. de Balechou d'après Aved.

Superbe lettre où il le prie de remercier l'Académie de Dijon de l'avoir admis parmi ses membres. « Je n'ay point oublié ma bonne nourice. L'amour de la patrie en général est un sentiment de l'honnête homme et l'amour du pays natal une religion qu'il seroit honteux d'abjurer. Malgré ma longue absence, la ville de Dijon n'a pas cessé de m'étre chère et je me feray toujours gloire d'être compté parmy ses enfants. » Il veut faire une nouvelle tragédie. Ses amis effrayés d'un projet si fanfaron lui ont adressé " des remontrances ; il a répondu par six vers qu'il 1 1 anscril .

7 1 1 ■* SAINT-SIMON (Louis de Rouvroy, duc de), l'illustre auteur des Mémoires qui l'ont placé au rang de nos meilleurs écrivains, n. à Paris, 16 janvier 1675, m. dans la même ville, 2 mars 1755.

L. A. S. au garde des Sceaux (Germain-Louis Chauvelin, qui exerça ces fonctions de 1727 a 1737); Paris, 10 janvier 1728, 1 p. in-4. — P- de Mariage d'après Vanloo.

Très belle lettre d'envoi d'un mémoire destiné à être mis sous les yeux du cardinal de Fleury et d'une lettre adressée à celui-ci. « J'envoye l'un et l'autre à M. de Maurepas pour les rendre à M. le Cardinal à propos d'avoir le temps de les luy faire lire. Je n'ay osé luy mander que je vous en eusse parlé et néantmoins je voudrois bien que vous pussiés sçavoir quand il aura veu M. le Cardinal là dessus pour vous mettre en estât de faire en sorte que M. le Cardinal vous en parlast et vous donner ainsy occasion à ce que j'attendray toujours en toute confience de l'honneur de vostre amitié... »

-^712 -5- TITON DU TILLET (Everard), littérateur, célèbre par son Parnasse français, où il a glorifié les écrivains du siècle de Louis XIV, n. à Paris, 16 janvier 1677, m. dans la même ville, 26 décembre 1762.

L. A. S. à Jean-Baptiste Rousseau (le célèbre poète lyrique), à Bruxelles; (Paris), 24 avril 1739, 2 p. in-4, cachet. — P.

Très intéressante lettre où il lui parle d'une comédie de J.-B. Rousseau en un acte et en vers, intitulée YHipocondre. Il croit que cette pièce conviendrait mieux au Théâtre italien qu'à celui des Français, parce qu'elle contient trop de farce. Curieuses considérations à ce sujet.

± 713 •* DESTOUCHES (Philippe Néricault), célèbre poète comique, auteur du Glorieux, secrétaire du cardinal Dubois, membre de l'Académie française (1723), n. à Tours, 1680, m. à Fortoiseau, près de Melun, 4 juillet 1754.

L. A, S. (à Voltaire) ; Fortoiseau, 1 5 novembre 1 744, 3 p. in-4. — p- à l'eau forte de Duval d'après Fragonard fils.

Très curieuse épître où il appelle Voltaire mon cher Virgile, mon cher Sophocle et mon cher Euripide. En brûlant de vieilles paperasses il a trouvé une pièce qui lui a révélé qu'il redevait quinze guinées à Voltaire pour des souscriptions à la Henriade. Il s'empresse de reconnaître cette dette ignorée, mais il demande un délai de payement, vu que ses affaires sont un peu dérangées présentement. « Faute de fermier, je viens d'entreprendre de faire valoir ma terre, ce qui m'engage à une dépense de plus de douze mille francs, et de plus je viens aussi de faire de mon fils un mousquetaire qui m'a ruiné tant pour son équipage que par la longue campagne qu'il vient de finir. » Il le prie d'assurer madame Du Chastellet de son profond respect. « Je me repens bien de ne lui avoir pas lu mon Homme singulier, mais elle le lira dans ma nouvelle édition qui va paroitre et que je vous offre. » — (Voltaire repondit, le 3 décembre, à Destouches une remarquable lettre qui lui fait grand honneur.)

Page 1