LETTRE
DE MARIVAUX A LAUJON Numéro 717.
S. vi
4-718^ MONTESQUIEU (Charles de Secondât, baron de), illustre écrivain, un des plus grands esprits qu'ait produits la France, membre de l'Académie française (1727), n. au château de la Brède (Gironde), 18 janvier 1689, m. à Paris, 10 février 1755.
L. A. S. à son cher Abraham; Bordeaux, 19 mars 1740, 1 p. in-8. Légère tache. (Coll. Chambry.)
Lettre adressée à un banquier de Bordeaux. Demande d'une lettre de change de deux cent cinquante livres sur Paris.
* 719 * MONTESQUIEU (Charles de Secondât, baron de).
L. S. au chevalier d'Aydie (l'amant de mademoiselle Aïssé), à Mayac, par Périgueux; (Paris). 12 mars 1754, 3 p. in-4, cachet. Déchirure enlevant quelques mots. — P. de Saint-Aubin.
Superbe lettre. Il a vu la lettre écrite par lui à madame Du Deffand et il en a été comblé de joie, » parce qu'elle me fait voir que vous m'aimés beaucoup et que vous m'estimés un peu; or l'amitié et l'estime de mon cher chevalier, c'est mon thrésor. Je voudrois bien que vous fussiés ici et vous nous manqués tous les jours. A présent que je vieillis à vue d'ceuil et surtout à la vue de mon œuil, je me retire pour ainsi dire dans mes amis. Bulkelay est au comble de ses vœux. Son fils, pour lequel il est aussi sot que touts les pères, vient d'avoir le régiment. J'en suis en vérité bien aise; voilà sa fortune faite. » Il annonce la mort de Pelham, qui était à peu près le premier ministre d'Angleterre. « C'étoit un ministre honéte home, de l'aveu de tout le monde; il étoit désintéressé et pacifique; il vouloit payer les dettes de la nation, mais il n'avoit qu'une vie, et il en faut plusieurs pour ces entreprises-là Revenés, nos mercredis languissent, madame de Mirepoix, madame Duchatel, madame Dudeffand... Entendés-vous ces noms et tant d'autres ? J'arrive de Pontchartrain avec madame d'Aiguillon, ou j'ay passé huit jours très agréables. Le maître de la maison a une gayetté et une fécondité qui n'a point de pareille. Il voit tout, il lit tout, il rit de tout, il est content de tout, il s'occupe de tout. C'est l'homme du monde que j'envie davantage. C'est un caractère unique. »
-r- 720 ~<- PIRON (Alexis), célèbre poète dramatique et satirique, auteur de la Métromanie, n. à Dijon, 9 juillet 1689, m. à Paris, 21 janvier 1773.
L. A. S. à son frère, apothicaire, à Dijon; Paris, 6 octobre 1730, 3 p. in-4. Légère déchirure dans un angle par suite de la rupture du cachet. — P. de Saint-Aubin d'après Cochin.
Très curieuse épitre relative à une pension viagère de six cents francs que vient de lui faire le prince de Condé. Il en a reçu la nouvelle par un billet anonyme, et il ne peut savoir à qui il doit ce joli mois d'avril. Le notaire lui même n'a rien voulu lui en dire. « C'est donc à moy, dit-il, de prendre mon parti et ma rente avec patience et d'admirer un coup de la Providence aussi imprévu, » II a fait part de la nouvelle au public dans le Mercure. « Le bienfaiteur secret a de quoy rire sous sa barbe, par les diftérens discours que fait tenir aux spéculateurs et aux moralistes une aventure de si belle et si unique espèce. » On a poussé la paradoxe jusqu'à accuser Voltaire, assez riche, à la vérité, d'avoir suggéré cette idée-là. Il vaudrait mieux que ce fut M. de Carvoisin, « car, ajoute-t-il, c'est à peu près ce qu'il m'a coûté par sa faute, l'an passé, sans compter le triste état où il m'a laissé ma pauvre femme, qui est un malheur au-dessus de tous dommages et intérêts. Mais c'est ce que je n'ay que trop de raisons pour ne pouvoir ny ne devoir soupçonner. C'est luy comme c'est Voltaire : rien n'est plus seur. En un mot, voilà mon avanture... » —
(On sait que c'est par suite d'une contrariété que lui causa le comte de Carvoisin, que mademoiselle de Bar, femme de Piron, devint folle.)
+ 721 <• RACINE (Louis), second fils de Jean Racine, poète, auteur de la Grâce,
n. à Paris, 2 novembre 1692, m. dans la même ville, 29 janvier 1763.
L. A. S. à Titon du Tillet; Soissons, 22 mai 1744, 5 p. 1/2 in-4, cachet brisé. — P. d'Odieuvre.
Très intéressante lettre sur son portrait peint par Aved et que Titon du Tillet veut faire reproduire. Il lui envoie les inscriptions à mettre au bas de son portrait, avec des vers français et latins. Il propose ces mots: « Louis Racine, de l'Académie royale des Inscriptions et Belles Lettres, né à Paris le 2 novembre 1692. » Détails curieux pour la biographie du poète. « Mon père dans son estampe n'a d'autre qualité que celle d'académicien françois. Je n'en dois pas prendre d'autre que celle d'Académicien de l'Académie des Belles-Lettres. Le De a été mis mal à propos dans la première estampe gravée par Edelink. Cette faute est dans quelques autres, mais dans d'autres aussi on ne trouve que Jean Racine et l'on n'auroit jamais dû mettre autrement. «