‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 114 sur 312 · LETTRE DE MONTESQUIEU · texte numérisé non relu

LETTRE DE MONTESQUIEU

Numéro 718.

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S. vi

4 722 f VOLTAIRE (François-Marie Arouet de), un des plus grands génies littéraires delà France, n. à Paris, 2 1 novembre 1694, m. dans la même ville, 3o mai 1778. Pièce de vers autographe signée; (château de Vaux-Villars, 1719), 4 in-4. ~ P- de Boutrois.

Très curieuse pièce adressée à une grande dame, au nom de la maréchale de Villars (dont Voltaire était épris). C'est le récit de ce qui se passait dans le château de Vaux, construit par le surintendant Foucquet et habité alors par le maréchal de Villars. La pièce se termine par ce vers : « signé Vilards, plus bas Voltaire. » Le passage suivant mérite d'être cité :

A l'égard du pauvre Voltaire Et ne s'en embarassant guère, C'est qu'il passa toujours parmi les médisans

On ne vous en écrira rien. Car il est très homme de bien Pour avoir chansonné les gens.

Il est comme à son ordinaire. Et très occupé de vous plaire. Et que c'est lui que l'on chansonné.

Passant un peu pour un vaurien Seulement tout ce qui l'étonné,

•> 723 k VOLTAIRE (François-Marie Arouet de).

L. A. S. (à la Margrave de Baireuth, sœur de Frédéric II) ; Berlin, 19 décembre 1 750,4 p. in-4. — P-

Magnifique lettre signée/rè)-e Voltaire. II promet de faire tous ses efforts pour engager le marquis d'Adhémar, fils du grand maréchal du roi Stanislas, à se fixer à la cour de Baireuth. « Je resteray encor près de trois mois dans cette abaye ou l'on vous regrette tous les jours. Je suis toujours moine, à Berlin comme à Potsdam, ne connaissant que ma cellule et le révérend père abbé (le roi de Prusse) auprès de qui je veux vivre et mourir et qui seul me console de ne pas passer mes jours auprès de votre Altesse royale. Votre abaye et la sienne sont les seules ou une âme comme la mienne puisse faire son salut. J'ay vu l'office de Sainte Sémiramis mis en vers ou à peu près par frère Cori, chapelain de l'Opéra. On trouve pourtant dans

la poésie de frère Cori des étincelles du feu divin qui anime l'auguste Wilhelmine La petite trouppe de Monseigneur le

prince Henri (frère du roi) va jouer Zaïre, mais, tandis qu'on se réjouit, la mortalité emporte les bestiaux, les chevaux ont la peste en Angleterre et les hommes en Pologne sur les frontières de la Valachie... »

— (Le marquis d'Adhémar était un des amants de Madame Denis et c'est pourquoi - - - ~~)

Voltaire, voulant rompre cette liaison, fit entrer le marquis au service de la margrave.

-5 724 <- VOLTAIRE (François-Marie Arouet de).

L. A. S., signée aussi par Madame Denis (sa nièce) et Marie-Francoise Corneille (qu'il avait recueillie à Ferney en 1760) à Titon duTillet; i3 septembre (1761), 3/4 de p. in-4. — P-

Pièce des plus curieuses où ils félicitent l'Académie française et celle des Belles Lettres de l'honneur et de la justice qu'elles ont rendus à Titon du Tillet. « Nous luy souhaittons une longue jouissance de ces petits agréments. Nous luy présentons nos obéissances et à tout ce qui l'environne. » — (Ces deux Académies avaient donné à Titon du Tillet l'entrée dans leurs assemblées particulières. Celui-ci avait été un des premiers protecteurs de Mademoiselle Corneille.)

4 725 VOLTAIRE (François-Marie Arouet de).

L. A. S. de' son initiale (à Claude-Philibert Fiot de la Marche, premier président au Parlement de Bourgogne, camarade de collège de Voltaire, n. 1694, m. 1768); Ferney, 3 mars 1766, 3 p. in-4. (Coll. Labrouste et L. Veydt.) — P.

Charmante épitre ou il lui mande qu'il a appris qu'il avait été très malade. Il l'engage à se soigner. « Avez-vous encor vos artistes auprès de vous et ce graveur dont j'ay oublié le nom et dont j'aimais les desseins, malgré les dégoûtez de Paris qui n'en ont pas voulu. Je voudrais qu'à votre recommandation il me dessinât et me gravast une planche assez bizare destinée a un petit in octavo. Il s'agit de représenter trois aveugles qui cherchent à tâtons un âne qui s'enfuit. C'est l'emblème de tous les philosophes qui courent après la vérité. Je me tiens un des plus aveugles et j'ay toujours couru après mon âne. C'est donc mon portrait que je vous demande. Ne me le refusez pas. »

4 726 :- VOLTAIRE (François-Marie Arouet de).

L. S. de son initiale avec une ligne autographe à Diderot; 18 mai 1772, 3 p. in-4. — P-

Très belle lettre. « Non assurément, mon cher philosophe, je ne vous ai jamais soupçonné d'avoir eu la moindre part à ce libelle (Réilcxions sur la jalousie) que M. Le Roy s'est diverti à faire contre moi. Il est très permis sans doute de dire que |e suis un plat auteur, un mauvais poète, un vieux radoteur; mais il n'est pas honnête de dire que je suis jaloux et ingrat, car, sur mon Dieu, je n'ai jamais été ni l'un ni l'autre. Je suis charmé que la petite leçon que M. Le Roy m'a faite m'ait valu une de vos lettres. Vous n'écrivez que dans les grandes occasions; vous consolez vos amis, quand ils éprouvent des disgrâces... »

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