‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 115 sur 312 · VOLTAIRE A TITON DU TILLET · texte numérisé non relu

VOLTAIRE A TITON DU TILLET

Numéro 724.

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727 * VOLTAIRE (François-Marie Arouet de).

L. S. de son initiale, écrite par son secrétaire Colini (Côme-Alexandre, minéralogiste et littérateur, né à Florence en 1727, mort en 1806), au marquis de Ximenès (Augustin- Marie, fécond littérateur, n. à Paris en 1726, mort en 181 7); Prangins, pays de Vaud, i3 février 1755, 3/4 de p. in-4, cachet. — P.

Très curieuse épître. « Nous aurons donc Amalasonte, monsieur; nous l'attendons avec l'impa- , tience de l'amitié qui nous attache à vous. L'âme de Royer ne sera pas placée dans l'autre monde à -, côté des Vinci et des Pergolèse. Celle de l'auteur du Triumvirat (Crébillon) pourrait bien aller // trouver Chapelain. Quels diables de vers ! que de dureté et de barbarismes !... Est-il possible qu'on / soit tombé si vite du siècle de Louis XIV dans le siècle des Ostrogoths ? Me voilà en Suisse, et presque tout ce qu'on m'envoie de Paris me parait fait dans les Treize Cantons... »

GRAFIGNY (Françoise cTIssembourg cTHapponcourt, dame de), célèbre

femme de lettres, dont les Lettres Péruviennes et le drame de Cénie eurent une

grande vogue, n. à Nancy, i3 février i6g5, m. à Paris, 12 décembre 1758.

L. A. à De Vaux (lecteur du roi Stanislas, surnommé Panpan), 3 p. in-4. ~ P- de Gaucher.

Epître des plus plaisantes ou elle lui accuse réception de ses lettres et lui donne des nouvelles. Mademoiselle Clairon est là présente. « Elle dis que tu ne mérite pas qu'elle t'honore d'une réponce, .puis que tu ose la comparer à une comédienne de campagne sur cet article. Je m'asosie à elle... » — Clairon ajoute ce curieux post-scriptum : « Parlez donc, maitre Boniface, excrément de colège, petit grimaud, barbouilleur de papier, rimeur de halles, fripier d'écrits, cuistre. Vous estes un tems infini à m'écrire pour ne me dire que des impertinences. A vous aurez afaire à une seconde mademoiselle Beauvaîle. Monsieur, plus d'éloge de votre part, car se seraist de mortels injure pour moi. »

-: 729 +• PRÉVOST D'EXILES (l'abbé Antoine-François), un des meilleurs romanciers du dix-huitième siècle, l'illustre auteur de Manon Lescaut, traducteur de Richardson, n. à Hesdin (Pas-de-Calais), 1 avril 1697,1x1. 23 novembre 1763.

L. A. S. à l'abbé Le Blanc; abbaye de la Croix, 10 septembre 1735, 3 p. in-4, cachet brisé. Très rare. — P. de De Vaux.

Superbe lettre ou il raconte qu'il a reçu deux exemplaires d'un pamphlet intitulé la Ramsaïde. L'auteur est bon à brûler avec ses écrits. Prière de le tenir au courant des nouvelles. Détails sur son séjour à l'abbaye où il passe son temps en belle et bonne compagnie de l'un et l'autre sexe. « Enfin si je suis dans le chemin du ciel, je trouve la voiture fort douce. Je ne laisse pas de ménager assez mon tems pour donner une grande partie du jour au travail. Tout s'arrange ainsi fort agréablement et je puis vous assurer sans exagération que vous me trouverez grossi de moitié à mon retour. » En post-scriptum il explique que son noviciat l'empêche de s'occuper des affaires „ ,

de théâtre. « Sans cette raison / /2 // (

je vous demanderais en finissant — 'S* ' comment vous gouvernez mademoiselle Gaussin , mais cette curiosité conviendroit mal à un novice. »

* 73o <- DUCLOS (Charles Pineau), célèbre écrivain, auteur des Considérations sur les mœurs, historien de Louis XI, membre et secrétaire perpétuel de l'Académie française, n. à Dinan (Côtes du Nord), 12 février 1704, m. à Paris, 26 mars 1772.

L. A. S. à Voltaire; Paris, 19 février 17Ô3, 1 p. 1/2 in-4, cachet. — P. de Lalauzc avant la lettre et signé par le graveur.

Très curieuse pièce, qui en comprend trois: i<> l'autorisation donnée par l'Académie française à son secrétaire perpétuel de signer au contrat de mariage de mademoiselle Corneille au nom de la Compagnie; 2° la délégation donnée par Duclos à Voltaire de signer a s;i place; 3» la lettre d'envoi de ces deux pièces. .1 On ne sauroit trop louer, monsieur, dit Duclos, ce que vous (ailes pour mademoiselle Corneille. Vous verez que la procuration de M. le maréchal de Richelieu est inutile. Apres avoir signé corne père et bienfaietcur, vous signerez corne le représentant de toute la Compagnie. Je vous prie de présenter mes respects à madame Denis el à la mariée, votre fille d'adoption. Vous conoissez l'atachement inviolable que

je vous ai voué. » — (Voltaire avait recueilli, en 1760, Marie-Françoise Corneille, arrière-petite-cousine du grand poète. En 1763, il s'occupa de marier cette jeune fille, qui avait alors dix-huit ans, et il la fiança à un jeune gentilhomme du voisinage de Ferney, officier de dragons, nommé Dupuits. Le 12 février il chargea Duclos d'informer officiellement l'Académie française de

ce mariage qui venait d'avoir lieu, et le pria . t

de demander à la Compagnie l'autorisation de signer en son nom au contrat de mariage. C'est à cette lettre de Voltaire que répond la pièce précédente.)

h 73 1 -4- TRESSAN (Louis-Elisabeth .de La Vergne, comte de), lieutenant général et écrivain, le vulgarisateur des romans de chevalerie, membre de l'Académie française (17S1), n. au Mans, 4 novembre 1705, m. à Paris, 3i octobre 1783. L. A. S. (à Voltaire); Toul, 9 mai 1754, 3 p. in-4. (Coll. B. Fillon.). — P. de De Launay.

Superbe lettre sur la querelle de Voltaire avec La Condamine. « J'ay le cœur percé de vous voir aux mains avec M. de La Condamine. Tous deux vous avez daigné m'accepter pour confrère. Je vous regarde comme des maîtres dont je voudrois sans cesse écouter les leçons. Je suis lié avec M. de La Condamine par une tendre et ancienne amitié ; je suis pénétré de la plus hautte estime pour vous. Jugez, monsieur, de tout ce que doit me faire souffrir une guerre aussi cruelle. Si je l'avois prévue dans le dernier voyage que j'ay fait à Paris, que n'auroi-je pas fait pour la prévenir et poui' vous raprocher l'un de l'autre. C'eût été le jour le plus doux et le plus honorable de ma vie et je me serois cru réellement utile à l'Académie si j'y avois pu réussir. Je dois, monsieur, à l'exacte vérité que dans ce temps-là M. de La Condamine ne m'a jamais parlé de vous que comme toutte l'Europe en parle... »

732 DU CHASTELLET (Gabrielle-Emilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise), célèbre femme de lettres et mathématicienne, l'amie de Voltaire et de Saint-Lambert, n. à Paris, 17 décembre 1706, m. à Lunéville, 10 août 1749.

L. A. S. (à M. de Rochefort); Lille, 24 avril (1741), 3 p. in-4. — P- de Langlois.

Lettre des plus curieuses où elle le gourmande spirituellement de ne pas lui avoir envoyé les vers que le duc de Nivernois a faits pour madame de Rochefort. « Nous sommes dans l'atente de Mahomet. Ce n'est point une infidélité que nous vous faisons. C'est une répétition pour vous la doner cet hiver, si vous avés des acteurs. M. de Bouliers prétend que le duc de Vilars y viendra. Si cela est, il faut qu'il se dépêche, car c'est pour mardi. Je vous suplie de dire à madame Du Defant que je lui donnerai des nouvelles de l'effet qu'elle nous aura fait par la poste de mercredi. » Elle le charge de ses compliments pour sa charmante société. « Adieu, monsieur. Pensés quelquefois à de pauvres exilés. « — (La tragédie de Mahomet, dédiée par Voltaire au pape Benoit XIV, fut représentée à Lille avec le plus grand succès. Elle ne parut sur la scène parisienne que le 9 août 1742.)

•3- 733 * LA METTRIE (Julien Offray de), fameux médecin et philosophe

matérialiste, auteur de VHomme machine, lecteur du grand Frédéric, qui composa

son éloge, n. à Saint-Malo, 25 décembre 1709, m. à Berlin, 11 novembre 1 75 1 .

P. A. S.; Leyde, 12 juin 1747, 1/2 p. in-8. Très rare. (Coll. Dol- ^ C^^>^-<^^^ / r"> ^.>

gorouki.)

Reçu de la somme de sept florins pour vingt exemplaires de la Volupté cédés au libraire Néaulme.

4- 734 i- GRESSET (Jean-Baptiste-Louis), célèbre poète, auteur du spirituel poème de Vert-Vert et de la comédie du Méchant, membre de l'Académie française (1748), n. à Amiens, 28 août 1709, m. dans la même ville, 16 juin 1777. L. A. S. à M... ; Amiens, 14 mars 1776, 1 p. in-4. — P- Relative au payement de ses rentes et au libellé de la quittance.

S. vi

4~ 735 -c- POMPIGNAN (Jean-Jacques Le Franc, marquis de), poète lyrique, membre de l'Académie française (1760), une des victimes de Voltaire, n. àMontauban, 10 août 1709, m. à Pompignan (Tarn-et-Garonne), 1 novembre 1784.

L. A. S. à Dom Vaissète (le célèbre historien du Languedoc), à Paris; Montauban,29 avril 1750, 2 p. in-4, cachet. (Coll. B. Fillon.) — P.

Superbe lettre. Ayant appris que la ville de Bordeaux avait prié la congre'gation de Saint-Maur de faire une Histoire de Guyenne, il recommande dom Pont comme collaborateur à ce grand travail. « Votre histoire du Languedoc a été d'un grand secours à tous ceux qui ont travaillé et qui travaillent encore pour cette malheureuse province au sujet de l'affaire du vingtième. Je ne doutte pas que vous n'y preniez part en qualité d'historien, mais vous en devez être affligé comme citoyen... » — (C'est dom Devienne qui fut chargé de l'Histoire générale de Guyenne dont le prospectus parut en 1755.)

± 736 -* DU BOCCAGE (Marie-Anne Le Page), célèbre femme-poète et auteur tragique, qui a imité Milton et Gessner, n. à Rouen, 22 octobre 1710, m. 8 août 1802. L. A. S. à Haller (l'illustre savant) ; Paris, i5 novembre 1760, 2 p. 1/4 in-4, cachet. — P.

Très belle lettre oit elle mande combien elle a eu de plaisir à recevoir le fils de Haller. « Quoiqu'il soit bien sensé d'abandonner l'agréable pour l'utile, je regrette toujours que vous ayez' renoncé sitost à la poésie... » Elle termine par des protestations d'amitié et d'admiration.

* 737 •* ROUSSEAU (Jean-Jacques), un de nosplus grands écrivains, l'initiateur de la Révolution, n. à Genève, 28 juin 171 2, m. à Ermenonville (Oise), 2 juillets 778.

L. A. S. à M. d'Escherny (François-Louis, publiciste suisse, n. à Neuchàtel, 1733, m. 181 5), à Neuchâtel; Motiers, 6 avril 1 76 5 , i p. pet. in-4, cachet représentant une lyre. — P. de Bonneville.

Précieuse lettre sur sa brouille avec Diderot. En voici le texte:

« Je n'entends pas bien, Monsieur, ce qu'après sept ans de silence M. Diderot vient tout d'un coup exiger de moi. Je ne lui demande rien, je n'ai nul désaveu à faire. Je suis bien éloigné de lui vouloir du mal, encore plus de lui en faire ou d'en dire de lui ; je sais respecter jusqu'à la fin les droits de l'amitié, même éteinte. Mais je ne la rallume jamais ; c'est ma plus inviolable maxime. J'ignore encore où m'entraînera ma destinée. Ce que je sais c'est que je ne quitterai qu'à regret un pays où parmi beaucoup de personnes que j'estime, il y en a quelques unes que j'aime et dont je suis aimé. Mais, Monsieur, ce que j'aime le plus au monde et dont j'ai le plus de besoin, c'est la paix : je la chercherai jusqu'à ce que je la trouve ou que je meure ù la peine. Voilà la seule chose sur laquelle je suis bien décidé. J'espérois toujours vous reporter votre musique, mais, malade et distrait, je n'ai pas le tems d'y jetter les yeux. M. de Montmollin a jugé à propos de m'occuper ici d'autres chansons bien moins amusantes. 11 a voulu me faire chanter ma gamme et s'est fait un peu chanter la sienne. Que Dieu vous préserve de pareille musique. Ainsi soit-il. Je vous salue, Monsieur, de tout mon cœur. » — (Rousseau avait été l'objet de violences populaires à l'occasion de ses Lettres de la Montagne dirigées contre le conseil de Genève. Il se réfugia dans l'île de Saint-Pierre, au milieu du lac de Bienne, et partit ensuite pour l'Angleterre, en passant par Paris.)

4 7 38 -f- FAVART (Charles-Simon), un de nos plus féconds auteurs dramatiques, de l'opéra-comique, n. à Paris, i3 septembre 1710, m. à Bel-

le créateur du genre

leville (Seine), 12 mai 1792. On a publié ses Mémoires et sa Correspondance.

L. S., avec trois lignes autographes, à son fils (Charles-Nicolas-Joseph-Justin, auteur dramatique, n. 1749, m. 1806); Belleville, 7 septembre 1775, 1 p. 1/2 in-4. (Coll. B. Fillon.) — P. de Littret d'après Liotard.

la Belle Arsène, à laquelle a assisté Marie-An-

Intéressante épitre, signée Papa Favart, relative à une représentation d toinette. « La Reine et le comte d'Artois sont venus hier à la Comédie pour voir dans le même jour la Colonie et la Belle Arsène qu'ils avoient demandées. Malgré les protecteurs de la Colonie, Arsène a paru l'emporter sur sa rivale. La Reine, à ce que tout le monde m'assure, a donné la préférence à mon ouvrage. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'elle l'a applaudi ouvertement. Le chœur des Nymphes: Exaltons et chantons notre jeune souveraine, a produit le plus grand effet. Tout le public a crié bis et l'on a répéxé ce morceau, toujours interrompu par les applaudissements, n

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Numéro 737. ^^^^

S. vi

* 739 •* DIDEROT (Denis), illustre écrivain et philosophe, un des plus grands esprits de notre pays, n. à Langres en octobre 17 13, m. à Paris, 3o juillet 1784.

L. A. S. (à Voltaire); Paris, 1 1 juin 1749, 3 p. 1/2 in-4. — P. de Gaucher d'après Greuze.

Précieuse lettre, une des plus belles courûtes de Diderot. Il le remercie de l'envoi de son ouvrage (Les Eléments de Newton) et de ses compliments sur sa Lettre sur les Aveugles. 11 lui transcrit des raisonnements qu'il aurait fait tenir à Saounderson. I. Ah ! Monsieur, qu'il est facile à un aveugle de se perdre dans un labirinthe de raisonnements semblables et de mourir athée, ce qui toutefois n'arrive pas à Saounderson. Il se recommande au dieu de Clark, de Leibnitz et de Neuton, comme les Israélites se recommandoient au dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, parce qu'il est à peu près dans une position semblable. Je lui laisse ce qui reste aux sceptiques les plus déterminés, toujours quelqu'espérance qu'ils se trompent. Mais que cela soit ou non, je ne suis point de leur avis. Je crois en Dieu, quoique je vive très bien avec les athées. Je me suis aperçu que les charmes de l'ordre les captivoient, malgré qu'ils en eussent, qu'ils étoient enthousiastes du beau et du bon, et qu'ils ne pouvoient, quand ils avoient du goût, ni supporter un mauvais livre, ni entendre patiemment un mauvais concert, ni souffrir dans leur cabinet un mauvais tableau, ni faire une mauvaise action. En voilà tout autant qu'il m'en faut... » Plus loin il exprime ses regrets de ne pouvoir aller le visiter. « J'irois, Monsieur, avec tout l'empressement imaginable m'entretenir ou plutôt m'éclairer avec vous sur ces très sublimes et très inutiles vérités ; mais je suis enchainé dans ma retraite par des chagrins de famille qui ne me laissent presqu'aucune liberté d'esprit, par des occupations énormes qui enrichiroient tout autre que moy et qui dérangent mes affaires et épuisent mon tems, et par une passion violente qui dispose presqu'entièrement de moy. O philosophie, philosophie, à quoi donc êtes vous bonne si vous n'émoussez ni les pointes de la douleur et des chagrins, ni l'aiguillon des passions ?... » — (La lettre de Voltaire à laquelle répond celle-ci a été imprimée.)

* 740 * DIDEROT (Denis).

L. A. S. à Beaumarchais; Sèvres, 5 août 1777, 1 p. in-4, cachet brisé. (Coll. de Loménie.) — P.

Précieuse lettre sur l'assemblée générale des auteurs dramatiques provoquée par Beaumarchais pour s'opposer aux agissements des comédiens. En voici le texte : n Vous voilà donc, Monsieur, à la téte d'une insurgence des poètes dramatiques contre les comédiens. Vous sçavez quel est votre objet et quelle sera votre marche ; vous avez un comité, des syndics, des assemblées et des délibérations. Je n'ai participé à aucune de ces choses et il me sera impossible de participer à celles qui suivront. Je passe ma vie à la campagne, presqu'aussi étranger aux affaires de la ville qu'ignoré de ses habitants. Permettez que je m'en tienne à faire des vœux pour votre succès. Tandis que vous combattrez, je tiendrai mes bras élevés vers le ciel sur la montagne de Meudon. Puissent les littérateurs qui se livreront au théâtre, vous devoir leur indépendance ! Mais, à vous parler vrai, je crains bien qu'il ne soit plus difficile de venir à bout d'une troupe de comédiens que d'un parlement. Le ridicule n'aura pas ici la même force. N'importe; votre tentative n'en sera ni moins juste, ni moins honnête. Je vous salue et vous embrasse. »

■î 741 RAYNAL (l'abbé Guillaume-Thomas-François), célèbre historien et philosophe, n. à Saint-Geniez (Aveyron), 12 avril 1713, m. à Paris, 6 mars 1796.

P. A. S.; Mons-sur-Orge, district de Corbeil, 11 vendémiaire an III (2 octobre 1794), 1 p. 1/2 in-4. — P. de De Launay d'après Cochin.

Curieux document où il sollicite du Comité de salut public la permission de publier en Suisse une nouvelle édition de ses ouvrages, parce qu'aucun libraire de Paris ne se chargerait vraisemblablement d'une telle entreprise. Il énumère ensuite les dons qu'il a faits à l'Académie française et à d'autres corps savants, n Dans une petite isle située au milieu du lac de Lucerne j'érigeai un grand monument en l'honneur des trois fondateurs de la liberté helvétique. On y a gravé des inscriptions qui attesteront à la postérité la plus reculée qu'un Français s'est le premier occupé de la gloire de ces bienfaiteurs de l'humanité. »

*- 742 * CONDILLAC (l'abbé Etienne Bonnot de), célèbre philosophe, le chef de l'école sensualiste, auteur du Traité des sensations, membre de l'Académie française (1768), n. à Grenoble, 3o septembre 1714, m. à Flux (Loiret), 3 août 1780.

L. A. S. (au duc de Nivernois); Parme (où il était précepteur de l'infant don Ferdinand, petitfils de Louis XV), 3 janvier 1761, 3 p. in-4. — P-

Curieuse épitre sur le dernier ouvrage du marquis de Mirabeau (l'économiste, surnommé l'ami des hommes). « Je n'ai lu que la préface du marquis, mais les choses y sont dites avec une franchise qui ne peut manquer de révolter les esprits. Ces sortes d'ouvrages produisent du bien et du mal. Les auteurs sont ceux qui me paraissent le moins à plaindre. Le courage qu'ils ont montré les console de leur disgrâce... « — (Le marquis avait publié, en 1760, la Théorie de l'impôt.)

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