LETTRE DE DIDEROT A BEAUMARCHAIS
Numéro 740.
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* 743 + HELVÉTIUS (Claude-Adrien), célèbre philosophe, auteur du livre De l'Esprit, qui fut brûlé par arrêt du Parlement, n. à Paris, 171 5, m. 26 décembre 1 77 1 .
L. A. S. àl'abbé Le Blanc, chez M. de Buffon, à Montbard; Paris, 8 décembre, 3 p.in-4, cachet. — P. de Saint-Aubin.
Très belle lettre où il le gronde de n'être pas venu l'embrasser. « Mais enfin vous estes avec Buffon ; en son nom tous vous est pardonné. Il vaut mieux que moy et tout Paris. En attendant le bonheur de le voir, nous jouissons du plaisir de parler de luy avec Montigny, Cleraut, Maupertuis, madame Duchatelet.A propos, vous sçavez la nouvelle avanture de Voltaire. J'en suis au désespoir, car il n'y a pas d'apparence qu'il puisse revenir de sitost à Paris... »
744 * VAUVENARGUES (Luc de Clapiers, marquis de), un de nos plus grands moralistes, n. à Aix (Bouches-de-Rhône), 6 août 1 7 1 5, m. à Paris, 28 mai 1747.
L. A. S. au marquis de Villevielle, capitaine au régiment d'infanterie du Roi, à Sommières; Nancy, 2 mai 174'j, 1 p. in-4, cachet demi-brisé. Raccommodages. Très rare. (Coll. B. Fillon.) — P.
Précieuse lettre dont voici le texte : « Il est temps, Monsieur, que notre comerce de lettres finisse. Je vous ay marqué dans ma dernière lettre que le régimant partiroit d'icy le dix. Les choses ont changé depuis et Gabriac a parié que nous serions encor icy le 22. Malgré ce retardement vous ne pouvés différer davantage de rejoindre, à moins que vous n'ayés une prolongation ou que vous ne soyés mieux instruit que moy. Vous ne me dites pas un mot dans votre lettre du cuisinier que vous m'avés promis de m 'amener. J'ay achetté un clieval pour luy, de la batterie de cuisine, un mulet pour la porter. Si toutes ces dépenses me devenoient inutiles par votre oubli, je ne vous le pardonerois de ma vie. Adieu, trop inintelligible et laconique baron. « Vauvenargues. » « Si vous ne m'amènes point de cuisinier, je vous prie de me l'écrire sur le champ afin que j'en puisse faire venir un de Paris. M. le duc de Biron écrit à M. de Laserre qu'il sera ici vers le douze. 11
* 745 s- NIVERNOIS (Louis-Jules-Barbon Mancini-Mazarini, duc de), poète et traducteur distingué, habile diplomate, membre de l'Académie française (1743), n. à Paris, 16 décembre 1716, m. dans la même ville, 25 février 1798.
juillet
i° L. A. S. à 1 76 1 , 2 p. in-4.
... ; Paris, 3 mai 1755, P. de Saint-Aubin.
Intéressante lettre où il le remercie de l'intérêt qu'il prend à sa santé et parle de la souscription aux oeuvres de Corneille. Il l'engage à écrire aux membres de l'Académie qui peuvent prendre plusieurs souscriptions.
•5- 74<5 i- BARTHÉLÉMY (l'abbé Jean-Jacques), auteur du Voyage du jeune Anacharsis, membre de l'Académie française (1789), n. à Cassis (Bouches-du-Rhône), 20 janvier 17 16, m. à Paris, 3o avril 1795. L. A. S. à un duc; Paris, mercredi, 1 p. in-4. — P.
Curieuse c pitre où il lui mande que l'Académie fera graver une médaille commémorative u de la plus belle séance qui se soit jamais tenue chez aucune nation. »
S. vi
4- 747 -s- ALEMBERT (Jean Le Rond d'), illustre savant, philosophe et écrivain, un des principaux rédacteurs de Y Encyclopédie, membre de l'Académie française (1754), n. à Paris, 16 novembre 1717, m. dans la même ville, 29 octobre 1783. P. A. S. ; Paris, 27 janvier 1783, 3/4 de p. in-4. — P. de Savart.
Très curieuse pièce, écrite comme secrétaire perpétuel de l'Académie française (fonction qu'il exerçait depuis 1772). «L'Académie pense que la première des deux phrases, // n'y a qu'à la Comédie française que l'on parle bien, est la moins mauvaise des deux, mais qu'elles ne valent rien ni l'une ni l'autre et qu'il faut dire : Ce n'est qu'à la Comédie françoise que l'on parle bien, ou : II n'y a que la Comédie françoise où l'on parle bien. Quant à l'assertion que ces phrases énoncent, il s'en faut bien qu'elle soit incontestable. »
748 * SAINT LAMBERT (Jean-François, marquis de), poète, ami de mesdames Du Chastellet et d'Houdetot, auteur des Saisons, membre de TAcadémie française (1770), n. à Nancy, 26 décembre 1716, m. à Paris, 9 février 1802.
L. A. S. au citoyen....; Méréville (près d'Etampes), i3 août (1794), 4 p. in-4. — P-
Très intéressante lettre. « Vous n'êtes sûrement pas des barbares qui ont détruit l'Académie françoise. On ne détruit pas le temple de la divinité qu'on adore et dans lequel on seroit admis. C'est donc avec confiance que je m'adresse à vous pour vous prier de vous intéresser à l'arrangement de mes pensions. » Il énumère ensuite ses pensions qui s'élèvent à trois mille cent livres, dont mille comme homme de lettres et le reste pour ses services militaires. Il a servi pendant vingt-six ans et il a fait onze campagnes. « Souvenez-vous que j'ai soixante dix-sept ans. »
*- 749 •* SEDAINE (Michel-Jean), auteur dramatique, membre de TAcadémie française (1786), n. à Paris, 4 juillet 17 19, m. dans la même ville, 17 mai 1797. L. A. à Beaumarchais; (Paris), 3i juillet 1780, 1 p. in-4. — P-
Très curieuse épître sur le débat des auteurs dramatiques avec les comédiens. On dit que le duc de Fleury a, au coucher du Roi, peint les auteurs sous de tristes couleurs. — (Voir la lettre de Beaumarchais, numéro 758.)
4- 750 4 FRERON (Elie-Catherine), fameux critique, polémiste violent, rédacteur de Y Année littéraire, le plus acharné des ennemis de Voltaire, qui l'a raillé dans sa comédie Y Écossaise, n. à Quimper, 1719, m. à Paris, 10 mars 1771.
L. A. S. à l'abbé Gossart, à Noyon ; Paris, 7 mars 1762, 1 p. in-4, cachet brisé. — P.
Il s'excuse de ne pouvoir lui fournir de l'occupation. « Mais je suffis seul à ma besogne. Mes affaires sont si dérangées que d'ici à trois ans je ne me ferai aider par qui que ce soit.»
75i MARMONTEL (Jean-François), poète et romancier, auteur de Bélisaire, membre de TAcadémie française (1763), dont il devint secrétaire perpétuel, n. à Bort (Corrèze), 11 juillet 1723, m. à Abloville, près de Gaillon (Eure), 3i décembre 1799.
L. A. S. à M. de Montchenu ; 12 thermidor an VII (29 septembrei799), 2 p. in-4, cachet brisé. (Coll. Chambry.) — P.
Curieuse épitre sur les persécutions dont M. de Montchenu a été l'objet. « J'ai appris avec autant de surprise que d'intérêt qu'on a voulu porter atteinte au repos et à la liberté qui devroient être au moins d'un droit inviolable pour des personnes aussi sages et aussi réservées que vous, dans un âge sur tout où l'on a, comme vous et moi, le besoin de vieillir tranquille. Votre réponse à l'accusation d'être un agitateur est un trait de l'antique philosophie
■* 752 <- GRIMM (Frédéric -Melchior, baron de), célèbre critique et écrivain, l'auteur de la Correspondance littéraire, n. à Ratisbonne, 26 décembre 1723, m. à Gotha, 19 décembre 1807.
Paris, 24 janvier 1756, an
2 p. in-4. — P.
Superbe lettre, où il parle de sa Correspondance, dont il a, par exception, montre' des feuillets au marquis de Castries. « M. Diderot est très sensible à l'honneur de votre souvenir. Il a été' fort incommodé, il y a quatre mois, et nous a beaucoup allarmés. Il est au lait pour toute nourriture qui lui réussit parfaitement bien. » — (On voit que le traitement au lait, si fort usité aujourd'hui, était déjà à la mode au siècle dernier.)
4 753 f HOLBACH (Paul-Henri Thiry, baron d'), célèbre philosophe, un des chefs de l'école matérialiste, il. à Heidelsheim, 1723, m. à Paris, 21 janvier 1789.
L. A. S. à D'Escherny, à Neuchâtel; (Paris, 1769), 3 p. in-4, cachet. (Coll. Villenave.) — P.
Très curieuse lettre où il lui accuse réception de la Paix perpétuelle. L'exemplaire destiné à madame Geoffrin ne lui est pas encore parvenu. « En bon catholique, apostolique et romain, je suis très fâché de ce que vous me mandez au sujet de la défection prochaine du canton de Lucerne. Je regarde la chose comme faite, vu que les dissentions font discuter et que les discussions sont toujours défavorables à la foi qui, quand elle est bien ferme, ne discute jamais rien. S'il me reste quelques espérances, c'est dans les moines qui, faute d'arguments, tâcheront d'avoir pour eux les plus stupides; or les plus sots ne sont pas ceux qui ont d'ordinaire les poings les plus foibles. » Grimm, qui a parcouru toute la Germanie, vient de rentrer à Paris, et Diderot le charge d'un million de compliments pour lui.
~> 764 LE BRUN (Ponce-Denis Ecouchard), célèbre poète lyrique, dit Le Brun-
Pindare, membre de l'Académie française (1795), n. à Paris, 1 1 avril 1729, m. dans
la même ville, 2 septembre 1807. Son ode au vaisseau le Vengeur est populaire.
L. A. S. (à Voltaire); Paris, 12 novembre 1760, 2 p. 1/2 in-4. (Coll. Gilbert.) — P.
Pièce historique où il remercie Voltaire de recueillir la petite-cousine du grand Corneille. « Vous avez fait, monsieur, ce que Fontenelle n'a point fait et ce que peut-être il n'a point dû faire, parce que le bel esprit écarte de la nature et que le génie en rapproche. Vous avez fait plus que les grands et les rois, ces illustres ingrats, parce que l'élévation du rang ne décide point de la grandeur d'âme. Vous avez senti qu'il y auroit une espèce de honte à des François de laisser dans l'oubli et dans la misère le nom d'un grand homme qui a si bien mérité de la patrie. Vous donnez à tous les hommes, à tous les siècles, un modèle et des leçons d'humanité. Vous leur apprenez quels sont les droits et les devoirs du génie... » — (Marie- Françoise Corneille, petite-cousine du grand tragique, avait été d'abord recueillie par Titon Du Tillet. Le Brun, alors inconnu, adressa une ode à Voltaire pour lui recommander cette jeune fille, héritière d'un nom si illustre. Le 5 novembre 1760 Voltaire répondit en priant Le Brun de lui envoyer Mademoiselle Corneille, qu'il désirait adopter. C'est à cette lettre, que répond celle de Le Brun que je viens d'analyser. Fontenelle avait refusé de reconnaître pour un de ses parents le père de cette jeune fille, qui était cependant son cousin, et il ne lui avait rien légué de son héritage. C'est à ce fait que se rapporte le commencement de la lettre de Le Brun. — V.
les lettres de Titon du Tillet et de Duclos.)
S. vi
* 755 -* PALISSOT DE MONTENOY (Charles), poète et auteur dramatique, ennemi de Voltaire et des Encyclopédistes, contre lesquels il lança sa fameuse comédie les Philosophes^ n. à Nancy, 3 janvier iy3o, m. à Paris, i5 juin 18 14. i° Billet autographe à Poinsinet de Sivry (littérateur, n. 1733, m. 1804), 1 p. in-32.
Curieuse pièce. Il invite Poinsinet à venir le voir. — Cette pièce est écrite au dos d'une carte à jouer représentant Jean- Jacques Rousseau. — (Sous la Révolution, on fit des jeux de cartes où on remplaça les rois, les reines et les valets par l'effigie des grands hommes. La carte dont se servit Palissot provenait d'un de ces jeux qui sont très recherchés des amateurs.)
2° L. A. S. à la baronne Honoré Duveyrier, à Montpellier; Paris, 7 janvier 181 1, 3/4 de p. in-4.
Jolie lettre où il la remercie de ses souhaits de bonne année. — (La baronne était femme du célèbre avocat Duveyrier.)
4 y56 -c- BEAUMARCHAIS (Pierre-Augustin Caron de), le célèbre et mordant auteur du Barbier de Séville et du Mariage de Figaro, n. à Paris, 24 janvier 1732, m. dans la même ville, 19 mai 170,9.
P. A. S.; Paris, 19 avril 1757, 1 p. in-4 oblong. (Coll. de Loménie.) — P.
Curieuse pièce signée Caron. Il déclare avoir reçu de madame Yubertin, sa mère, la somme de trois cent quinze livres à compte sur le quartier courant de sa pension et de celle de ses sœurs. — (Peu après cette pièce, Caron ajouta ù son nom celui de Beaumarchais tiré, dit-on, d'un petit fief appartenant à sa première femme. Ses sœurs, citées dans le reçu, étaient au nombre de cinq : madame Guilbcrt, Lisette, Madeleine-Françoise, Julie et Jeanne.)
S. vi
* 757 ^ BEAUMARCHAIS (Pierre-Augustin Caron de).
L. A. S. au ministre de la justice (Gohier, ministre depuis le 20 mars) ; Paris, 12 avril 1793, 1 p. in-fol. (Coll. B. Fillon.)
Superbe lettre où il se plaint que la municipalité de Strasbourg ait fait mettre les scellés sur ses magasins, qui sont remplis de belles éditions de Voltaire. On se propose, dit-on, de faire une vente au profit de la nation. « Mais, dit-il, dans l'état des choses, ^le seul
que la Nation CtÉ^t/OX^ doit faire sur V^"-~7 ^^/^ /
les oeuvres de \. /
ce grand homme est de les acheter, de les lire et de s'éclairer. » Il réclame la levée des scellés.
* 758 -* BEAUMARCHAIS (Pierre-Augustin Caron de).
L. S. à Rochon de Chabannes, signée aussi par Sedaine, avec des post-scriptum autographes signés de Marmontel et de Saurin (l'auteur dramatique) ; Paris, 8 janvier 1778, 4p. in-4. (Coll.de Loménie.)
Très curieuse lettre où ils donnent leur démission de commissaires des gens de lettres et expliquent les raisons de cette décision. Cette détermination vient de la nécessité de soutenir énergiquement les droits des auteurs contre les comédiens.
759 s- THOMAS (Antoine-Léonard), célèbre écrivain, dont les Éloges ont obtenu de son temps le plus grand succès, membre de l'Académie française (1766), n. à Clermont-Ferrand, 1 octobre 1732, m. à Oullins,près de Lyon, 17 septembre 1785.
L. A. S. à madame Geoffrin; Clermont, 1 5 décembre 1768, 1 p. 3/4 in-4, trace de cachet. (ColLChambry.)
Superbe lettre où il mande qu'il a communiqué sa lettre à M. de Montyon (intendant d'Auvergne), qui y a été très sensible et se propose d'aller la remercier à Paris. « Vous êtes comme ces saints dont on entend beaucoup parler et que les dévots aiment à voir de près. On vient chés vous en pélérinage de tout pays, et la sainte renvoyé tout le monde content, ce qui n'est pas un petit miracle. J'espère que je viendrai aussi à mon tour et dans peu de jours... »
■a- 760 DUCIS (Jean-François), poète tragique, membre de l'Académie française (1778), n. à Versailles, 22 août 1733, m. dans la même ville, 3i mars 1816.
L. A. S. à Talma (qui interpréta les œuvres de Ducis); Versailles, 20 octobre 1810,4p. in-4. — P«
Superbe lettre sur le mariage de son neveu le peintre Ducis avec la sœur de Talma. « Si votre chère sœur Euphrosine devient mère, ce que je désire, ses enfans seront vos neveux et les miens. Nous voilà unis étroitement et notre sang réuni coulera dans leurs veines. Je crois que ce sang tragique et terrible ne leur fera commettre aucun forfait. » Il est en train d'achever une épitre. Il parle en termes affectueux de Népomucène Lemercier, puis il ajoute : « Je viens de verser mon âme dans deux mille quatre cents vers nouveaux que je laisse reposer, non sur leur mur, mais sur leur calme. Mon âme s'allume à elle même et vit d'elle même.
Monde, pour moi tu n'es plus rien... »
-: 761 s- DORAT (Claude-Joseph), poète, chef de l'école maniérée, dont les
ouvrages ne sont recherchés qu'à cause des charmantes vignettes dont ils sont
ornés, n. à Paris, 3i décembre 1734, m. dans la même ville, 29 avril 1780.
L. A. S. au chevalier de Langeac; (Paris, vers 1778), 3 p. in-4. — P. de Saint-Aubin.
Très belle lettre ou il s'étonne de l'humeur qu'a témoignée le chevalier de la publication faite par Dorât d'une pièce intitulée De la force de l'amitié. Il a cru faire en cela acte d'amitié, n Je ne vous ai point nommé, parce que je voulois avoir votre aveu ; j'ai dit que vous étiez jeune, parce que vous l'êtes infiniment ; j'ai dit que cet ouvrage an-
nonçoit beaucoup de talent, et il n'y a rien, je crois, d'in- , juiïeux à tout cela.... Vous dites que j'ai gâté votre ou- ^ y.f^^T^ty^* ~(-£^s~
vrage. Consultés votre manuscrit et notés les légers ^ /~\-
changements et prononcés. Voulés-vous que notre an- ">y >»
cienne liaison finisse par un démêlé littéraire?... » — <*C/ f éZL-S (Le chevalier de Langeac traduisit Virgile et Horace s et fut le secrétaire de Fontanes.) — "'" — - — .
4 762 ;- LIGNE (Charles-Joseph, prince de), feld-maréchal autrichien, mais spirituel écrivain français, un des héros de la guerre de Sept ans, historien du prince Eugène, n. à Bruxelles, 12 mai 1735, m. à Vienne, i3 décembre 1814. L. A. S. (à Voltaire) ; Bruxelles, 3o décembre 1763, 3 p. in-4. — P-
Curieuse épitre où il proteste de son admiration pour lui. « Accoutumé à voir les impératrices vous en conter, les roys vous dire des douceurs, leurs ministres vous faire leur cour, votre nom prononcé avec respect par les nations les plus barbares, et les Anglais, les Français et les Italiens à vos genoux, vous ferés bien peu d'attention à ce que je m'avise de vous dire de si loin. J'essaye tous les jours des talens si faibles pour la comédie que je n'oserai jamais les risquer sur le charmant théâtre de Fernay...
•3 763 :- SAINT PIERRE (Jacques-Henri-Bernardin de), l'immortel auteur de Paul et Virginie et des Etudes de la nature, membre de l'Académie française (1795), n. au Havre, 19 janvier 1737, m. à Eragny-sur-Oise (Seine-et-Oise), 20 janvier 1814.
L. A. S. à sa femme (mademoiselle Didot, qu'il avait épousée en 1792), à Paris; Gonesse, 3e jour complémentaire an XIII (20 septembre i8o5), 2 p. in-8. — P.
Très curieuse lettre où il lui raconte les promenades qu'il fait avec un compagnon de voyage. « Mais tout cela n'approche pas de ce que je goutte près de toi ; ma muse, quand je suis un peu loin, cesse de m'inspirer... Je n'ai pas eu le courage de jetter une fois les yeux sur mon manuscrit.. 11 faut que tu l'allumes mon feu, je ne dis pas celui démon amour, car celui-là ne s'éteindra qu'avec ma vie, mais celui qui m'inspire ma prose si goûtée de tout le monde, et qui te sort des yeux et de la bouche quand lu m'adresses la parole... Adieu, je t'embrasse de tout mon cœur, muse désirée... »
■î 764 * SAINT PIERRE (Jacques-Henri-Bernardin de).
L. A. S. à Legouvé (le célèbre poète) ; Paris, ^septembre 1807, 1 p. in-8. (Coll. Chateaugiron.)
Il demande un exemplaire du Mercure afin de voir la place qu'y occupent les extraits de son drame la Mort de Socrate.
■3 765 * DELILLE (l'abbé Jacques), poète, traducteur de Virgile et de Milton, auteur de poèmes célèbres sur les jardins et l'homme des champs, membre de l'Académie française(i 774), n.àAigueperse (Puy-de-Dôme), 22 juin 1738, m. à Paris, 1 mai i8i3. !.. A. S. à Hennin (Pierre-Michel, érudit, n. 1728, m. 1807), 3/4 de p. in-4. — P- c^e Bonneville.
Jolie lettre où il s'excuse de ne pouvoir en ce moment répondre comme il le désirerait à sa charmante prose et à ses très aimables versi' Le collège roial me demande une lecture pour sa rentrée publique et j'ai quelqueschangemens 1 f ur. -i ci que |c dois lire . Mais ) irai certainement jeudi asseurcr un des hommes dont l'estime leplusla probité, les lumièreset l'honnêteté, des sentiments de respect et de dévouement avec lesquels je suis, etc. »