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LETTRE DE BERNARDIN DE SAINT PIERRE A LEGOUVÉ

Numéro 764.

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S. iv

-s 766 -s- LA HARPE (Jean-François de), célèbre critique et auteur dramatique, n.à Paris, 20 novembre 1739, m.

danslamême ville, 11 février i8o3.

i° L. A. S. à Marmontel, 2 p. in-4, cachet brisé. — P.

Curieuse épitre sur la réponse faite par Marmontel à la dissertation de La Harpe sur Lucain-

2° Pièce de vers autographe; (i5 février 1770), 1 p. 3/4111-8.

Voltair

Très belle pièce adressée ; en tête le nom de La Harpe.

qui a.ecnt

4- 7(57 -c- MERCIER (Louis-Sébastien), célèbre écrivain, auteur du Tableau de Paris, conventionnel, n. à Paris, 6 juin 1740, m. dans la même ville, 25 avril 1 814. L. S., avec huit lignes autographes, à un éditeur; Neuchâtel, 16 décembre 1784,4 p. in-4. — P-

Curieuse épitre relative à plusieurs de ses ouvrages: L'An 2440, Mon bonnet de huit, La brouette du vinaigrier, etc. Demande de nouvelles de l'abbé Raynal, qui, dit-on, dépérit à vue d'oeil. Dans

le post-scriptum Mercier fait une recommandation dont son correspondant n'a pas * *

tenu compte : « Comme cette lettre contient des détails mercantiles, je vous prie de f-* /Lf „ y-

la brûler après l'avoir lue ou communiquée à vos associés. Vous savés que l'on im- ~2— Q^rf(~*yLr£AJ£^t/

prime tout après la mort d'un auteur, et ces détails ne sont faits que pour ceux qui les entendent. »

4- 768 + G H AM FORT (Sébastien-Roch-Nicolas), raliste, dont les Eloges obtinrent le plus grand française (1781), n. à Clermont-Ferrand, 1741, m L. A. S. (à la marquise de Créqui) ; Paris, 28 décembre, 3

célèbre écrivain et profond niosuccès, membre de l'Académie . à Paris, i3 avril 1794.

p. 1/2 in-4. Très rare. — P.

grand géomètre Clairaut. Après avoir jugé sévè-

Superbe épitre où il fait une fine critique de l'ouvrage de Letourneur sur le rement certaines phrases de l'auteur, il ajoute : « Je suis fâché aussi que l'auteur représente M. Clairaut comme un modèle et une victime de la sobriété, lui qui disoit à table: Si cette poularde pouvoit ressusciter, je suis sûr que je lui persuaderois de se laisser manger. 11 paroit que M. Letourneur a écrit sur des mémoires peu fidelles, mais qu'importe à la postérité que Clairaut ait été sobre ou gourmand ? » Détails sur sa santé, qui continue à reprendre le dessus. Il lui est plus pénible de garder la chambre actuellement que cela ne le lui paraissait l'année précédente, alors qu'il était retenu par la maladie. « Il y a peut-être plus de cris dans un hôpital, mais à coup sûr il y a plus de larmes dans une prison. »

4 769 s- CHAMFORT (Sébastien-Roch-Nicolas). L. A. S. à Beaumarchais, 3/4 de p. in-4, cachet.

Jolie lettre ou il se plaint de ne pas le voir assez souvent, « Par malheur le diable veut que je ne sois pas libre le jour que vous avez peu d'affaires et peu de monde. Voilà de quoi je suis très piqué. Promettez-moi pour m'en consoler de me dédommager la semaine prochaine le vendredi ou le samedi... »

4 770 <- ROUCHER (Jean-Antoine), poète didactique, auteur des Mois, n. à Montpellier, 22 février 1 746, décapité à Paris avec André Ghénier le 2 5 juillet 1794.

L. A. S. au graveur Ponce (Nicolas, n. à Paris, 1 746, m. iS3i); Montfortl'Amaury, 5 septembre 1779, 3/4 de p. in-4, cachet brisé. Rare. — P. ^/^^c^,

Très jolie lettre relative à la gravure des vignettes destinées à illustrer son poème les Mois. 11 a consenti au prix de trente louis qu'il lui a demandé.

S. vi

771 * GENLIS (Félicité Ducrest, comtesse de), romancière, auteur de Mademoiselle de Clermont, n. près d'Autun, 25 janvier 1746, m. à Paris, 3i décembre i83o.

i° Sur l'état de la religion dans la société, lettre autographe, avec ratures et corrections (à La Mennais) ; Paris, 4 mars 1818, 5 p. in-4. — P.

Pièce des plus curieuses où elle disserte sur l'état de la religion sous Louis XIV comparé à l'époque présente. Elle se plaint vivement de l'esprit d'irréligion et de la haine du prêtre qui animent ses contemporains. Piquantes considérations à cet égard.

2° L. A. S. à un ministre ; (Paris), 5 fe'vrier 1823, 1 p. in-4.

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Belle lettre où elle mande qu'on va publier les Mémoires de madame de Bonchamps, dont elle est l'éditeur. « J'ai donné cet ouvrage en pur don à M. le marquis de Bouille qui en emploiera le produit au profit des indigens de la Vendée. Il seroit à désirer que cet ouvrage fût envoyé aux militaires de l'armée qui doit aller en Espagne. Il semble fait exprès pour eux. »

~> 772 -s- MIRABEAU (Honoré-Gabriel Riquetti, comte de), illustre publiciste et écrivain politique, un des plus grands orateurs de la Révolution française, n. au Bignon (Seine-et-Marne), 9 mars 1749, m. à Paris, 2 avril 1 79 1 .

L. A. S. à Boucher (qu'il appelait son bon ange); (prison de Vincennes), 6 octobre 1779, 1/2 p. in-8, cachet. (Coll. Lucas de Montigny.) — P.

Touchante épitre ou il sollicite la faveur d'avoir, pour écrire, un abri dans une autre chambre de prisonnier que la sienne. « J'ai ce soir la poitrine et la tète fendues, le tout accompagné d'un peu de fièvre, pour avoir enduré, les deux jours précédens, le froid rigoureux en écrivant, et je ne veux pas périr Quoiqu'il en soit, décidés, mais décidés vite, car le temps

est dur. » — (Cette très belle lettre est accompagnée d'une attestation d'authenticité signée par Lucas de Montigny et confirmée par l'apposition du cachet de Mirabeau, tel qu'il est décrit dans la Correspondance de Vincennes, t. II, p. 148.)

* 773 -s- GILBERT (Nicolas-Joseph-Laurent), célèbre poète satirique Adieux à la Vie sont classiques, n. à Fontenay-le-Château (Vosges), 1761, m. à Paris, 12 novembre 1780.

L. A. S. (à Baculard d'Arnaud), 1 p. in-4. Très rare. (Coll. Gauthier Lachapelle.) — P.

Belle lettre de recommandation en faveur de M. Beaumier, jeune homme honnête et malheureux. « Quand on a l'âme aussi noble, aussi sensible que je vous la connais, on vole au devant des services qu'on peut rendre. M. Beaumier est homme : il n'a pas besoin d'autres titres prèsdevous. J'en juge par les bienfaits que je vousdois

*■ 774 + RIVAROL (Antoine, comte de), éminent écrivain, célèbre par ses saillies et par sa verve mordante, principal rédacteur des Actes des Apôtres, n. à Bagnols (Gard), 26 juin 1753, m. à Berlin, i3 avril 1801.

L. A. S. à un ministre; (9 avril 1779), 1 p. in-4. Très rare. (Coll. Chambry.)

Très belle lettre où il l'implore pour un malheureux qui ne pourra faire face aux payements auxquels il est tenu envers l'admi. nistration de la loterie. « Il est époux et père et tout à la fois l'unique soutien de son père et de sa mère, dont l'âge et les besoins ne peuvent se passer de la main secourable d'un fils... »

S. vi

* j-jb s- MAISTRE (le comte Joseph de), illustre philosophe, auteur des Soirées de Saint-Pétersbourg; n. à Chambéry, i avril 1754, m. à Turin, 26 février 1821.

L. A. S. à Ballanche (le célèbre écrivain, ami de madame Récamier, n. à Lyon, 1776, m. 1847); Turin, 23 décembre 18 18, 2 p. in-4, trace de cachet. (Coll. L. Veydt.) — P.

Lettre des plus remarquables où il le félicite de son Antigone. « J'ai admiré, Monsieur, dans votre livre une grande connoissance de l'antique et une grande force de tête pour la centralisation des faits et des pensées. Si les deux Antigones ne se ressemblent pas par tous les points, ce n'est pas votre faute. Vous n'avez pas moins tiré du sujet tout le parti possible, et votre style clair, animé et parfaitement irréprochable, ^n/i & ne vous laisse jamais au-dessous du sujet. Je / ^/7vv f^-t^ /j^w/Ci^ ne dis pas cependant que ce genre soit parfaitement le vôtre, ni que vous deviez lui consacrer tout votre temps. J'ai été bien aise d'apprendre dans les journaux que vous veniez de vous plonger dansla haute politique et votre lettre me le confirme. N'ayez pas peur que je vous en veuille si quelquefois vous êtes d'un autre avis que moi. De tous les écrivains du monde je suis certainement celui qui s'obstine le moins. Je désire que la masse de mes idées soit agréable à la masse des honnêtes gens : mon ambition ne s'étend pas plus loin, et si mes amis médisent cent fois : Effacé^, je leur obéis au moins quatrevingt-dix-neuf fois

776 -* JOUBERT (Joseph), célèbre moraliste, ami du poète Fontanes et de Chateaubriand, n. à Montignac (Dordogne), 6 mai 1 764, m. à Paris, 4 mai 1824.

L. A. S. à M... ; 7 floréal an XIII (27 avril i8o5), 3/4 de p. in-8. Rare. (Coll. Gilbert.)

Jolie lettre où il refuse en termes polis de faire partie d'une société littéraire. « Toute instance seroit inutile, » — (Plusieurs biographes font naitre par erreur Joubert en 1 734.)

•5-777-5- BONALD (Louis-Gabriel-Ambroise, vicomte de), célèbre philosophe, homme d'Etat et publiciste, membre de l'Académie française (i8i6),n. au Monnat, près de Milhau (Aveyron), 2 octobre 1754, m. au même lieu, 23 novembre 1840. L. A. S. à La Mennais; 8 août (1820), 2 p. in-4. — P-

Très remarquable lettre sur le second volume de son Essai sur l'indifférence en matière de religion. 11 trouve qu'il a négligé quelques développements nécessaires et il lui cite l'opinion d'un ecclésiastique qui ne peut encore se prononcer sur l'ouvrage, tout en en admirant les beautés. Il l'engage à ne pas s'offenser des critiques. « Il est bon que toutes les idées nouvelles fassent quarantaine avant de s'introduire. » Il termine par des considérations politiques. « Le temps et les rois se chargent de l'application des idées que nous avons professées. L'Europe tombe en dissolution et les hommes d'Etat y sont d'une bêtise à faire trembler, n

* 778 •* FLORIAN (Jean-Pierre Claris de), célèbre poète et romancier, charmant fabuliste, membre de l'Académie française (1788), n. au château de Florian, près de Sauve (Gard), G mars 1755, m. à l'orangerie de Sceaux, le i3 septembre 1794.

i° P. A. S.; Paris, 14 février 1780, 1 p. i,-,- 18. — P.

Il reconnaît avoir cédé au libraire Bruaet ses trois pièces de théâtre Le bon ménage, Les deux jumeaux et Le Baiser, pour, des livres que celui-ci lui a fournis.

2° La Brebis et le Chien, fable autographe, avec une correction, 2 p. in-8. Original d'une de ses plus gracieuses fables commençant ainsi : « O vous, sexe charmant, qui faites nos plaisirs.

S. vi

* 779 * POUGENS (Marie-Charles-Joseph, chevalier de), écrivain et érudit, auteur de Jocko, n. à Paris, i5 août 1755, m. à Vauxbuin (Aisne), ^décembre 1 833.

L. A. S. à madame Baugé; (avant 1779), 1 p. 1/2 in-4. Très rare. — P.

Belle lettre d'envoi d'un roman, dont il la prie d'agréer l'hommage. — (Pougens devint aveugle en 1779, ce qui explique la rareté de ses autographes.)

* 780 -5- FABRE D'EGLANTINE (Philippe-François-Nazaire), célèbre poète comique, auteur du Philinte de Molière, député de Paris à la Convention, n. à Carcassonne, 28 décembre 1755, décapité à Paris avec Danton, dont il avait été l'ami et le secrétaire, le 5 avril 1794.

L. A. S. à M...; Paris, 6 août 1789, 1/2 p. in-4. Ràre. — P. de Bonneville.

Jolie lettre d'envoi de sa comédie l'Intrigue épistolaire. « Veuille/ m'en dire votre sentiment ; je le recevrai avec plaisir et fruit. »

^ 781 -5- QUATREMÈRE DE QUINCY (Antoine-Chrysostome), savant archéologue et écrivain sur les Beaux- Arts, historien de Raphaël et de Michel-Ange, membre de l'Institut, n. à Paris, 28 octobre 1755, m. dans la même ville, 28 décembre 1849.

P. A. S., signée aussi par Breguet (le célèbre mécanicien et horloger) et Gillet-Laumont (le célèbre minéralogiste), au préfet de la Seine (Frochot, qui occupa ce poste de 1800 à 181 2); (Paris, 1801 ou 1802), 1 p. in-4, ^te imprimée et superbe vignette de Prud'hon gravée par Roger pour la préfecture de la Seine. — P.

En leur qualité de membres composant le jury d'admission des objets d'industrie du département de la Seine, ils le prient de faire avoir une place particulière au milieu de la Cour du Louvre aux frères Trabuchï. « Ils ont exécuté en terre cuite, de la grandeur de l'original, le monument d'Athènes appelé vulgairement la lanterne de Démosthène. Cet ouvrage peut passer poulie chef-d'œuvre de la plastique moderne. Les frères Trabuchi auront besoin d'un échafaudement particulier et l'on ne sauroit trop se hâter de leur fournir les moyens nécessaires à leur exposition. » — En bas on lit ces mots : « Il a été écrit aux citoyens Raymond et Chalgrin (les architectes de l'arc de triomphe de l'Etoile) d'autoriser la construction. » — (La première exposition des produits de l'industrie eut lieu à Paris en 1798; il y en eut deux sous le Consulat, en 1801 et en 1802, et une sous l'Empire en 1806.)

± 782 * VOLNEY (Constantin-François Chassebœuf, comte), célèbre écrivain et philosophe, auteur des Ruines et du Voyage en Egypte et en Syrie, membre de l'Académie française (1795), n. à Çraon (Mayenne), 3 février 1757,111. à Paris, 25 avril 1820.

L. A. S. au général Andréossy, ambassadeur à Londres (n. à Castelnaudary, 1761, m. 1828; Paris, 26 ventôse an XI (17 mars i8o3), 1 p. in-4. (Coll. B. Fillon). — P.

Belle lettre d'envoi de la nouvelle traduction anglaise de ses Ruines. Il mande qu'il a vérifié le travail du traducteur. — (Les Rui?ies ou Méditations sur les révolutions des empires avaient paru en 1791.)

4- 783 ■+ FONTANES (Louis-Marcellin, comte de), poète, ami de Chateaubriand, grand-maître de l'Université sous Napoléon I, membre de l'Académie française (1795), n. à Niort, 6 mars 1757, m. à Paris, 17 mars 1821. L.A.S.à Ducis (le poète tragique); 3o janvier 1784,1 p. 1/2 in-4. — P.

Intéressante lettre pleine de témoignages d'admiration. Il a vu Macbeth au château, grâce à la comtesse d'Angiviller. L'effet produit à la cour a été bon. « Ce monde là vous a senti autant qu'il le pouvait. J'espère avec le temps que vous opérerez la résurrection des morts. »

S. vi

* 784 s- ANDRIEUX (François-Guillaume-Jean-Stanislas), célèbre auteur dramatique et conteur, l'auteur des Etourdis et du Meunier de Sans-Souci, membre de l'Académie française (1795), n. à Strasbourg, (5 mai 1759, m. à Paris, 10 mai 1 833. L. A. S. à mademoiselle Julie Collin, à Chartres;25 novembre 1808, 2 p. in-4. (Coll. Fillon.) — P.

Très jolie lettre adressée à la sœur de Collin d'Harleville et où il fait l'éloge de la dernière comédie de cet écrivain (qui était l'ami intime d'Andrieux). On a le projet de faire le buste de Collin

pour l'empereur. Andrieux mande qu'il a perdu, il y a quinze jours, ^-^S?, ^ /O^ l~

son excellente femme, qui s'est éteinte après vingt mois de souffrances supportées avec une douceur angélique. «Je reste avec mes deux petites filles et une sœur que vous connaissez et qui va devenir la seconde mère de mes pauvres enfants. »

-> 785 -* LOUVET DE COUVRAI (Jean-Baptiste), publiciste et romancier, l'auteur de Faublas, député du Loiret à la Convention, ami des Girondins, dont il partagea la proscription, n. à Paris, 1 1 juin 1760, m. dans la même ville, 25 août 1 797.

L. A. S. (à mademoiselle Mestrais, de Nemours, qu'il appelle sa chère femme); Paris, 12 décembre au soir, 1 p. in-4. Rare. (Coll. de Girardot). — P. de Bonneville.

Jolie lettre, antérieure à la Révolution. « Je vous aime de tout mon cœur et je vous assure que si je vous fais quelque peine c'est bien sans le vouloir. »

^786 *■ SAINT SIMON (Claude-Henri, comte de), économiste, fondateur philosophique qui porte son nom, et dont il formula les principes dans son Christianisme, n. à Paris, 17 octobre 1760,111. dans la mêmeville, 19 mai

L. A. S. à un littérateur; 1 juillet (1807 ?)> 1 P- l/2 in-4. — ^

Belle lettre dans laquelle il lui annonce l'envoi d'une nouvelle édition d'un de ses ouvrages (probablement Y Introduction aux travaux scientifiques du dix-neuvième siècle, publiée en 1807). « Je vous prie de ne communiquer ce travail qu'avec une très grande réserve. Je ne l'ai donné qu'à un très petit nombre de personnes. En voici la liste : Les princes Cambace'rès et Le Brun, le prince de Bénévent, les ministres de la police, des relations extérieures et de l'Intérieur, MM. de La Cépède, de Fontane et de Fourcroy, le prince primat et le bureau des longitudes. »

* 787 -c- RAYNOUARD (François-Juste-Marie), célèbre poète tragique et logue, auteur des Templiers, de la Grammaire romane et du Lexique roman, rien des Troubadours et des cours d'amour, membre de l'Académie française ( dont il devint secrétaire perpétuel (1817), n. à Brignoles (Var), 18 septembre m. à Passy, 27 octobre i83(3.

L. A. S. à Gabriel Peignot (le savant bibliographe) , à Dijon; Passy, l 'JlftbllAA 22 août 1 83 1 , 2 p. 1/2 in-4, te"te im- *1 (-/t/7 ^

primée et vignette de l'Institut. — P.

Intéressante lettre où il lui fait des observalions sur les principaux caractères du patois bourguignon, à l'occasion de l'envoi du Virgile virai (traduction de Virgile en patois bourguignon).

de l'école Nouveau

philohisto- 1807), 1761,

S. vi

*- 788 -s- CHÉNIER (André-Marie de), un de nos plus grands poètes, n. à Gonstantinople, 29 octobre 1762, décapité à Paris le 25 juillet 1794.

L. A. S. à son père M. de Chénier, ancien chargé d'affaires de France en Maroc, à Paris; Londres, 24 novembre 1789, 1 p. 1/2 in-4, cachet figurant la tête d'Homère. Rarissime. (Coll. B. Fillon.) — P.

Précieuse lettre où il lui mande son arrivée à Londres. En voici le texte : « Je suis arrivé ici le 19, mon très cher père, après un voyage qui n'a rien eu de remarquable et le plus douloureux passage de mer que j'aie encore eu. Je n'ai pas tardé à regretter Paris, car ici les inquiétudes sur nos affaires ne sont pas moindres et sont plus désagréables parce qu'elles sont plus vagues et qu'on est plus longtems à savoir à quoi s'en tenir. Ajoutez que les mauvaises nouvelles sont toujours grossies et exagérées, non seulement par la mauvaise volonté des Anglais, mais encore plus par la plus part des Français qui sont ici et qui ne voyent pas que leur odieuse animosité envers leur patrie les rend méprisables et ridicules. Hier on nous a annoncé que des lettres en datte du 19 ou du 20, arrivées par un courrier extraordinaire, portaient que ce jour là même tout Paris était en combustion, que les tocsins sonnaient de toute part, etc. Je fais tout ce que je peux pour douter de ces funestes nouvelles et il me tarde bien d'être éelairei, car ceux qui nous ont annoncé ce soulèvement ne disaient aucun détail, ni ne luy assignaient aucune cause, ni enfin n'ajoutaient rien qui put donner un objet déterminé aux allarmes qu'ils fesaient naitre. Il n'y a ici aucune nouvelle qu'on puisse vous mander. Les affaires de France, sont ici, comme en France, l'objet qui occupe seul les conversations. Adieu, mon très cher père. Je prie ma mère d'agréer l'assurance de mon respect. J'embrasse mes frères de tout mon cœur et vous prie de compter à jamais sur ma respectueusetendresse. « Chenier de Saint- André. » — (Chénier avait raison de douter des bruits répandus à Londres, car il n'y avait pas eu de troubles dans Paris depuis les fameuses journées des 5 et 6 octobre.)

-s 789 -5- ROYER COLLARD (Pierre-Paul), célèbre philosophe, chef de l'école doctrinaire, membre de l'Académie française (1817), n. à Sompuis (Marne), 21 juin 1763, m. à Châteauvieux (Loir-et-Cher), 4 septembre 1845. ^

L. A. S. à M. d'Herbigny ; 5 février 1820, 3/4 de p. in-4. — P- /V^fc

Belle lettre où il l'assure de son affection. « Je ne vous dis rien ni du présent, ni de l'avenir ; je vous attends pour cela au coin de mon feu. Le mal est grand, la crise est forte et l'issue incertaine. »

4- 790 ~* MAISTRE (Xavier, comte de), frère de Joseph de Maistre, général d'étatmajor au service de la Russie, charmant conteur, auteur du Voyage autour de ma chambre, du Lépreux de la cité d'Aoste, des Prisonniers du Caucase et de la Jeune Sibérienne, n.à Chambéry, octobre 1763, m. à Saint-Pétersbourg, 12 juin i852. L. A. S. à la comtesse Du Pont; Paris, 29 décembre 1 838, 1 p. 1/2 in- 12. — P.

Très jolie lettre où il lui mande qu'il a fait parvenir à sa nièce le rouleau de musique. Intéressants détails intimes.

•5-791 -s- CHÉNIER (Marie-Joseph de), frère cadet d'André, poète dramatique, auteur de Charles IX et de Caïus Gracchus, député de Seine-et-Oise à la Convention, membre de l'Académie française (1795), n. àConstantinople, 28 août 1764, m. à Paris, 10 janvier 181 1. On lui doit les paroles du Chant du Départ.

L. A. S. à Madame de Staël ; (Paris), 27 fructidor an VIII (14 septembre j8oo), i p. 1/2 in-8. La moitié du papier blanc du feuillet d'adresse a été enlevée. (Coll. B. Fillon.) — P.

Lettre des plus curieuses où il la conjure de revenir le plus tôt possible. « Les tètes de Paris me semblent rangées au ton des gazettes, sécheresse et soumission 6ans bornes. Les nouvelles sont moins heureuses depuis la mort du général Kléber. Quant à la littérature, l'Homme des champs, dont vous me parlés, est, à mon sens, très inférieur aux autres ouvrages de l'abbé de Lille. Ce n'est pas qu'on puisse louer dans le poëme des Jardins une grande richesse de composition, mais les détails en sont beaucoup plus soignés que ceux du nouveau poëme ; l'ordonnance même en est moins vicieuse. Rien n'est plus mal adroit que de rappeller à la tète d'un ouvrage médiocre le souvenir et le nom des Géorgiques... »

S. vi

* 792 * ARNAULT (Antoine-Vincent), poète dramatique, auteur de Marins à Minturnes, membre del'Académiefrançaise (1799), dont il devint secre'taireperpétuel, n. à Paris, 1 janvier 1766, m. à Goderville (Seine-nlférieure), 16 septembre 1834.

L. A. S. aux membres de l'Académie française ; 7 février 1828, 2 p. in-4. — P.

Très belle lettre où il sollicite pour son (ils le fauteuil vacant à l'Académie française par la mort de François de Neufchateau. — (Arnault n'appartenait plus à l'Académie française, ayant été rayé de l'Institut en 1816. Sa demande en faveur de son fils Lucien n'eut pas de résultat. François de Neufchateau fut remplacé, le 21 février, par le poète tragique Lebrun. Arnault, le 5 février 1829, fut nommé à la place de Picard, mais son fils n'obtint jamais les honneurs académiques.)

* 793 -* STAËL HOLSTEIN (Anne-Louise-Germaine Necker, baronne de), fille du célèbre homme d'Etat Necker, l'illustre auteur de Delphine et de Corinne, n. à Paris, 22 avril 176(5, m. dans la même ville, 14 juillet 1817.

L. A. (à Alex, de Lameth) ; (Coppet), 24 novembre (1794), 5 p. 1/4 in-4. (Coll. d'Eslourmel.) — P.

Précieuse lettre, écrite au constituant Alexandre de Lameth, alors réfugié à Hambourg. Elle commence ainsi: « Pourquoi, mon cher Alexandre, pourquoi ne nous sommes-nous pas toujours aimés. Il me semble que tout auroit été mieux. Je suis bien sûre du moins que mon âme dévouée, incapable de se détacher la première, enthousiaste de l'espoir de réunir les premiers et les derniers jours de la vie sous l'empire d'un même sentiment, je suis sûre que ce caractère vous auroit mieux convenu à la longue que votre succession d'amies. Ce passé et tous les passés sont l'objet éternel de la plus douloureuse méditation. N'est-il donc pas possible que cette vie serve à une autre et tant de réflexions cruelles ne produiront-elles qu'une stérile douleur. » Elle a vu Théodore (de Lameth) et l'a consulté. Elle hésite à rentrer en France, ou elle aurait une très mauvaise situation, étant accusée de correspondance avec les émigrés, quoiqu'elle soit très sincèrement ralliée à la République. Elle expose ses opinions politiques. « Le gouvernement ne peut aller que par l'aristocratie des meilleurs, mais ce qui m'attache à la constitution actuelle, c'est la répugnance que j'aurois au rétablissement de l'hérédité, sous quelque forme que ce soit. J'étois contre sa destruction, parce que rien ne peut valoir les maux que nous avons soufferts, mais maintenant n'y auroit-il pas quelque chose de stupide à remettre le sort à la place du choix, à rassembler des éléments de considération tellement divisés, tellement épars qu'on n'en peut plus frapper l'imagination des hommes, enfin à recréer par le raisonnement ce que d'autres veulent rétablir par le fanatisme. — Et j'arrive alors à mes idées les plus vives, l'intérêt de mes amis. Comment nous autres, premiers amis de la liberté, désignés comme les auteurs de la première révolution, comment pourrions-nous rester en équilibre entre la République et la Monarchie de Condé ? comment nous flatter jamais d'être plus forts que deux fanatismes? et n'est-ce pas plus raisonnable de se rallier à la République et de la diriger, au lieu de s'y soumettre, d'enter sur elle la justice et l'humanité, d'être bien plus fondateur que ceux qui l'ont créée, de faire aimer ce qu'ils ont fait haïr. Je vois là une belle place d'une autre manière, je vois un jour d'éclat et des revers et de la duperie et la liberté périssant dans vos mains par la nécessité de se servir des aristocrates pour contenir les républicains. Je vous demande encor d'y penser, mon cher Alexandre... » Elle parle ensuite de La Tour Maubourg et de Bureau de Puzy, qui pourraient marcher les premiers, s'ils étaient libres. Elle déplore la captivité de La Fayette, en faveur duquel elle a fait de vaines tentatives. n Mais concevez-vous ou plutôt qui peut mieux concevoir que vous ce que doit souffrir ce malheureux homme. Quels longs jours d'éternelles années. Ah! que de douleurs autour de nous et sur nous. Je me persuade toujours que si j'avois été madame de Simiane, M. de La Fayette ne seroit pas là. Je crois à la toute puissance de l'amour, maintenant que j'ai vingt-huit ans, comme le premier jour ou je vous ai vu... »

*- 794 * STAËL HOLSTEIN (Anne-Louise-Germaine Necker, baronne de). L. A. à Masclet; Coppet, 29 thermidor (1800), 3 p. in-8.

Très intéressante lettre où elle le remercie de ses observations sur son dernier ouvrage (Sur la littérature considérée dans ses rapports avec l'état moral et politique des nations). Elle plaisante sur un article du Mercure ou on affirme que c'est Voltaire qui a fait connaître Shakespeare en Angleterre. « Ils ne se doutent pas en France de la littérature du Nord. » Nouvelles politiques. « Nous avons balayé la représentation nationale en Suisse comme partout ailleurs, mais nous n'avons pas, comme en France, un héros pour la remplacer, et nous échangeons seulement la liberté contre le repos, échange qui plait à la majorité et n'afflige d'une manière désintéressée qu'un très petit nombre d'hommes éclairés. Triste situation des républicains de se voir entre les Jacobins factieux et les honnêtes gens paisibles, sans parti qui puisse seconder à la fois leurs opinions et leurs sentiments... » Elle mande ensuite que Benjamin Constant a passé deux mois avec elle à Coppet.

+■ 795 STAËL HOLSTEIN (Anne-Louise-Germaine Necker, baronne de). L. A. S. au comte (de Champagny) ; Coppet, 24 octobre 1808, 3 p. 1/2 in-4.

Ti cs importante lettre où elle se plaint que le ministre ait interdit au général Andréossy (alors ambassadeur à Vienne) de venir chez elle ou de la recevoir chez lui, sous le prétexte qu'elle avait vu M. Gentz (le fameux publiciste et homme d'Etat prussien). Elle a, en effet, vu deux fois M. Gentz aux eaux deTceplitz en Bohême, u D'ailleurs, m'occupant depuis une

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