L. A. S.; Halle, i5 mars 1807,8 p. 111-4. — P
Importante lettre toute relative à une nouvelle édition des œuvres d'Homère qui doit paraître accompagnée de ses commentaires. Longs détails relatifs à l'impression, aux illustrations, etc. Il désire qu'on en publie en même temps une édition à bon marché pour les écoles.
•5- 1040 -4- SCHILLER (Johann-Christoph-Friedrich von), le grand poète, une des gloires les plus pures et les plus sympathiques de l'Allemagne, fidèle ami de Gœthe, n. à Marbach (Wurtemberg), 10 novembre 1759, m. à Weimar, 9 mai i8o5. L. A. S. (au libraire Goeschen); Dresde, 22 novembre 1786, 3 p. in-4. — P.
Précieuse lettre. « L'article que vous m'avez envoyé porte, trop évidemment, les traces de mauva'.s vouloir et de méchanceté, pour qu'il vaille la peine de relever ce qu'il contient de faux et de superficiel. S'il se trouve quelqu'un qui, critiquant une tragédie, s'amuse à ergoter sur le style, et ne s'occupe même pas des caractères et des situations dramatiques, je dis que cette personne n'a pas reçu du Ciel le don de juger une œuvre d'art. — Wenn mir einer bei der Beurtheilung eines Trauerspicls, nur die Flôskeln ira Style zusammensucht und nicht einmal einen Charakter, eine dramatische Entwickelung beruhrt, so sehe ich dem Menschen an, dass der Himmel ihn nicht zu Beurtheilung eines Kunstwerks bestellt hat. » Il ajoute que l'unique réponse qu'il fera à cette diatribe d'ignorants, sera la publication de son Don Carlos. « Die Form miter welchcr mein Carlos die Welt betreten wird, soll meine einzige Antwort sein. » Détails sur la publication de ses œuvres; il voudrait comprendre sous la dénomination de Miscellanées sa Thalia, \z Visionnaire et 'les Lettres de Julius, à moins que Goeschen ne préfère les réunir sous le titre de Fantaisies poétiques et pliilosophiques. Il désire que son libraire ne perde rien avec lui, d'autant plur- qu'il est en même temps son ami, et, au cas où ses œuvres ne donneraient pas d'ici à un an un bénéfice suffisant, il lui offre de lui céder le second volume sans lui demander de rétribution, à moins que Goeschen n'aime mieux faire une nouvelle édition revue et corrigée de ses Brigands, de son Fiesque et de Intrigue et Amour, u ... Wegen dem Carlos will ich ihnen noch dièse Woche schreiben. Um die Thalia seien Sie nicht besorgt. Sollte ihr der Titel eines Journals wirklich schaden so hoffe ich im Stande zu seyn, wenigstens Sie bei dem Verlag nicht einbûssen zu lassen. Es wâre mir schon sehr unangenehm, wenn mein Verleger bei mir nicht .gewânne, wie viel weniger mein Freund. Geht also innerhalb eines Jahres nicht soviel ab dass Sie befriedigt sind, so empfangen sie von mir den Zweiten Band ohne Honorarium, oderwenn Sie lieber wollen, sollen Sie meine Râuber, Fiesko und Kabale u. Liebe umsonst neu und verbessert drukken... » — (Cette lettre est une des plus belles qu'on connaisse de Schiller.)
•5- 1041 -f SCHILLER (Johann-Christoph-Friedrich von).
i° L. A. S. à son ami Koerner (Christiân-Gottlieb, n. Theodor Kœrner), à Dresde; Weimar, 5 mars 1789, 2 p. pl
1756, m. 1 83 1, père du célèbre poète in-4, cachet camée. — P.
Précieuse lettre du plus haut intérêt. « J'ai donné ordre à Goeschen de t'envoyer par premier courrier la Thalia qui est maintenant terminée. Tu y reconnaîtras avec une joie paternelle ton enfant venu à bien. » Plus loin, il parle de Wieland, dont il n'estime guère les jugements littéraires, tandis qu'il lui reconnaît une vraie compétence dans les questions d'art. « Wielands Urtheile haben nicht sehr viel zu sagen, aber als ein Kûnstler ist er ûber die Kunstsehriften tramer ein compétentes Muster. » « Ta traduction de Gibbon, lui dit-il, m'a donné une première idée de cet écrivain : il saisit et rajeunit les faits avec le coup d'œil du génie. Il les dispose avec art et les narre avec esprit et puissance; mais je conviens avec toi que son style n'est pas parfait, qu'il laisse voir une recherche de l'art, une préoccupation d'être original et d'écrire d'une manière concise et spirituelle qui le rend souvent Obscur et diffus. — Deine Uebersetzung des Gibbon hat mir eine vorlaufige Idée von diesem Schriftsteller gegeben. Er hat einen Blick des Génies mit dem er die Fakte auffàsst dass sie sich unter ihm verneuen ; er stellt sie mit Beurtheilung und erzâhlt sie geistvoll und kraftig; aber ich stimme dir bey, dass sein Stil nicht vollkommen ist dass man ihm eine Kûnstligkeit anmerkt, eine Bestrebung eigen, concis und geistreich zu schreiben, die ihn ôfters hart und dunkcl macht. » — « Je mets toujours les Français en première ligne pour la narration, ou bien est-ce peut-être leur langue qui leur permet entre tous de s y mouvoir avec aisance et grâce. — Im Erzâhlen lobe ich mir doch immer die Franzosen, oder ist es bloss ihre Sprache die ihnen vol Andern erlaubt sich mit Anmuth und Leichtigkeit darin zu bewegen ? » Il lui demande s'il n'y a pas à craindre qu'il ne tombe lui-même pour son style historique, dans les défauts qu'il reproche à Gibbon. Dans un post-scriptum, il engage Koerner à se procurer une Histoire secrète de la cour de Berlin, qui l'amusera. C'est une collection de lettres que Mirabeau a écrites à la cour de France pendant son séjour à Berlin comme émissaire du gouvernement français, et qu'on a publié illegaliter.