LETTRE DE RICHTER A L'EMPEREUR ALEXANDRE I
FRAGMENT
Numéro io55.
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S. vi
•h io58 ■* WERNER (Friedrich-Ludwig-Zacharias), poète dramatique d'un talent remarquable, célèbre par sa vie aventureuse, un des plus fervents adeptes de la francmaçonnerie, n. à Kœnigsberg, 18 novembre 1768, m. à Vienne, 18 janvier 1823. L. A. S. à un de ses amis; Varsovie, 4 septembre i8o5, 4 p. pl. in-4. — P.
Très belle lettre qui offre un mélange étonnant de bon sens et de paradoxes. Détails intimes sur ses infortunes littéraires et morales. Il expose ses idées sur l'art dramatique et la poésie, et dit entre autres ce qui suit de Schiller : « Le parallèle qu'on a voulu établir entre le grand et immortel Schiller et moi n'est pas juste. Pour le sérieux des intentions et pour l'imagination je suis son égal, mais quant à cette profondeur d'idées qui est le propre de sa grandeur, je n'y atteindrai jamais. Il n'y a du reste pas de mal à cela, et il est souverainement ridicule d'exiger qu'il y ait des Doubles dans le domaine des intelligences où chacun doit arriver à se créer par lui-même une belle et originale individualité. — Auch die zwischen dem grossen ewig unsterblichen Schiller und mir gezogene Parallèle hinkt. An redlicher Absicht bin ich ihrri gleich, an Phantasie auch, aber die Tiefeseinerldeen,dieihn eigentlich
gross macht werde ich nie erreichen ! Das schadet auch nichts und es a.
is ûberhaupt albern Doubletten im Geisterreich zu verlangen, \vo jeder '3rsr->**' /^ww»1 ^AarJ1*^!
eine schône originelle Individualitât fur sien sein soll. »
->- io5g * ARNDT (Ernst-Moritz), poète, célèbre par ses chants patriotiques et par son amour de la liberté, n. à Sçhoritz (île de Riïgen), 26 décembre 1769, m. à Bonn, 29 janvier 1860. Il représente, avec K*œrneret Schenkendorf, l'enthousiasme désespéré des Allemands pendant la dernière période de l'invasion française. L. A. S. à un de ses amis; Bonn, 7 avril 1847, 2 p. in-12. — P.
Jolie lettre. « Il y a énormément à faire pour la Prusse et pour toute l'Allemagne, et l'on a pataugé assez longtemps.
Mais cette fois-ci nous avons le commencement du commencement.
Veuille Dieu le bénir et donner au roi les inspirations les plus généreuses et lui faire prendre les résolutions les meilleures et les plus viriles ! — Es ist fur Preussen und fur ganz Deutschland unendlich viel zu thun, und man hat lange genug geheckelt.
Aber dies ist ein Anfang des Anfangs. Wolle Gott ihn segnen] und dem Kônig die treuesten heitersten Gedanken und den besten und tapfersten Rath nehmen lassen ! »
1060 •* HŒLDERLIN (Johann-Christian-Friedrich), le célèbre et infortuné poète, auteur iïHyperion, n. à Lauffen sur le Neckar, 20 mars 1770, m. 7 juin 1843. L. A. S. à Schiller, à Iéna; Francfort-sur-le-Mein, 3o juin 1796, 2 p. 1/2 in-4. cachet. Rare. — P.
Superbe et précieuse lettre. « Veuillez ne pas me taxer d'outrecuidance si je vous adresse de nouveau quelques poésies, bien que je n'ose me flatter de mériter votre approbation. Ecrasé par les événements, et bien que mon propre jugement m ote toute confiance en moi-même, je ne puis cependant me résoudre à m'éloigner par crainte d'être critiqué d'un homme dont je sens si profondément l'intelligence unique et dont la puissance m'aurait privé depuis longtemps peut-être de tout
courage, s'il n'y avait pas plus de joie encore que de douleur à vous connaître Je lutte très souvent en secret avec votre
génie pour sauvegarder ma propre indépendance . . . » Voici le texte complet de cette remarquable lettre :
S. vi
h Herrn Hofrath Schiller in Jena. — Halten Sie es nicht far Unbescheidenheit, dass ich Ihnen wieder einige Gedichte zuschicke, wenn ich schon mich zu der Holïnung Ihres Beifalls nicht herechtiget finde. So sehr ich von mancher Seite niedergedriickt bin, so sehr auch mein eignes unpartheiisches Urtheil mir die Znversicht nimmt, so kann ich es doch nicht iiber mich gewinnen, mich ans Furcht des Tadels vor dem Manne zu entfernen, dessen einzigen Geist ich so tief fiihle und dessen Macht mir lângst vieleicht den Muth genommen hàtte, wenn es nicht eben so grosse Lust wâré, als es Schmerz ist Sie zu kennen. Sie durchschauen den Menschen so ganz. Es wâre desswegen grundlos und unnùz, vor Ihnen nicht wahr zu seyn. Sie wissen es selbst, das jeder grosse Mann den andern, die es nicht sind, die Ruhe nimmt, und dass nur unter Menschen, die sich gleichen, Gleichgewicht und Unbefangenheit besteht. Desswegen darf ich Ihnen wohl gestehen, dass ich zuweilen in geheimem Kampfe mit Ihrem Genius bin. um meine Freihet gegen ihn zu retten, und dass die Furcht, von Ihnen durch und durch beh^rrscht zu werden, mich schon oft verhindert hat mit Heiterkeit mich Ihnen zu nâhern. Aber nie kann ich mich ganz aus Ihrer Sphâre entfernen, ich wùrde mir solch einen Abfall schwerlich vergeben. Und das ist auch gut; so lang ich noch in einiger Beziehung bin mit Ihnen, ist es mir nicht môglich ein gemeiner Mensch zu werden, und wenn schon der Uebergang vom Gemeinen zum Vortreflichen noch schlimmer ist, als das Gemeine selbst, mere wâhlen. n
vil! ich doch in diesem Falle das Schlim-
1061 * HEGEL (Georg-Wilhelm-Friedrich), illustre philosophe et écrivain, qui montra jusqu'où peut aller la puissance d'abstraction de l'esprit métaphysique allemand, n. à Stuttgart (Wurtemberg), 27 août 1770, m. à Berlin, 14 novembre 1 83 1 .
L. A. S. et procuration également autographe signée sur la troisième page, avec ses noms, prénoms et titre, à son cousin le pasteur Gor-
ritz; Berlin, 17 juin 1820, 2 p. 1/2 in-4, cachet. — P.
Belle lettre. Il lui envoie trois cents francs qu'il doit à sa srrur en le priant de les lai remettre ; il y joint une procuration l'autorisant à exercer les fonctions de tuteur auprès de ladite sœur, malade d'esprit. Détails intimes très curieux. — (Les pièces avec cette signature sont rares, car il signait simplement Hegel.)
distingué
•5- 1062 * NOVALIS (Friedrich- Georg von Hardenberg, dit), poète de l'Ecole romantique et philosophe néoplatonicien, n. à Wiederstedt de Saxe), 2 mai 1772, m. à Weissenfels, 25 mars 1801.
L. A. S. à Ludwig Tieck (le célèbre poète, ami et biographe de Novalis), à Berlin ; Dresde, 1 janvier 1801,2 p. in-8, cachet à ses armes. Rare. — P.
Précieuse lettre écrite trois mois avant sa mort. Il se plaint du mauvais état de sa santé qui l'empêche de travailler, et se réjouit de la visite promise de Tieck. « Kcerner dit-il, sera heureux également de faire ta connaissance. » Il est sans nouvelles des frères Schlegel, et il termine en le remerciant de lui avoir envoyé ses sonnets, qui lui ont beaucoup plu.
4- ioC>3 * TIECK (Ludwig), illustre poète, un des fondateurs de l'Ecole romantique allemande, n. à Berlin, 3i mai 177J, m. dans la même ville, 28 avril 1 853 .
L. A. S. à Wackenroder (littérateur et esthéticien de grand mérite, ami intime de Tieck, sur lequel il exerça une grande influence); Gœttingue, 28 décembre 1792, 38 p. in-8. — P.
Précieuse lettre écrite à l'âge de dix-neuf ans, alors que Tieck était étudiant à l'Université de Gœttingue. Il répond à la dernière lettre de son ami et lui raconte avec les détails les plus circonstanciés tout ce qu'il fait. Il parle en premier lieu de ses lectures et mentionne entre autres les Brigands, de Schiller : « Tu viens de voir jouer les Brigands et moi je viens de les relire; oh, quelle œuvre admirable, divine! que ne puis-je aller trouver Schiller et l'adorer! Dieu, quel homme! — Du hast die Rauber neulich gesehn, und ich habe sie wieder von neuem gelésen ! O est ist doch ein herrliches, gottliches
Stiick — mir ist als mûsst ich vor Schiller hinstellen und ihn anbeten. Gott ! was kann der Mensch sein » De la littérature
il passe au théâtre, parle avec les plus grands éloges de Fleck, le célèbre tragédien, et du comique Unzelmann, qui joue, dit-il, le rôle de Figaro â la perfection. — Il s'étend longuement ensuite sur les connaissances qu'il a faites à Gœttingue, et aborde enfin la politique : « Tu ne me dis rien des Français? J'espère pourtant qu'ils ne te sont pas devenus indifférents. Ne t'intéresserais-tu plus à eux ! O si j'étais Français, je ne croupirais pas ici, je ne malheureusement je