‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 170 sur 312 · LETTRE DE LUDWIG TIECK A WACKENRODER · texte numérisé non relu

LETTRE DE LUDWIG TIECK A WACKENRODER

Numéro io63.

S. vi

suis né dans une monarchie qui a combattu la liberté, et je vis au milieu d'hommes assez barbares pour mépriser les Français. — J'ai bien changé, et ne suis heureux maintenant que lorsque j'ai des journaux à lire. Oh! habiter la France, quel privilège ce doit être ! qu'est donc une vie sans liberté ! Je salue avec ravissement le génie de la Grèce que je vois planer sur la France (Gallia), elle occupe maintenant mes pensées jour et nuit. Si la France était malheureuse, je mépriserais le monde entier et douterais de son avenir; le rêve aurait été trop beau pour notre siècle, nous ne serions plus que des êtres dcg;un< i es ci sans patrie, n ayanl aucune fibre en commun avec ceux qui tombèrent jadis au* 1 hermopyles, et 1 i urope serait destinée à n'être plus qu'une prison. — Du sprichts ia gar nichts von den Franzoseri? Ich -will nicht hoffen dass sie dir gleichgûltig gevorden sind ? dass du wirklich dich nicht dafûr interessirst ? O wenn ich ein Franzose wâr ! dann

wollt ich nicht hier sitzen, dann doch leider bin ich in einer Monarchie geboren die gegen die Freiheit kâmpfte, unter

Menschen die noch Barbaren genug sind die Franzosen zu verachten ! Ich habe mich sehr geândert — ich bin jetzt nicht

glûcklich wenn ich keine Zeitung haben kann. O in Frankreich zu sein, es muss doch ein gross Gefùhl sein was ist

ein Leben ohne Freiheit? Ich begrusse den Genius Griechenlands mit Entzûcken, den ich ùber Gallia schweben sehe, Frankreich ist jetzt mein Gedanke Tag und Nacht. Ist Frankreich unglûcklich so verachte ich die ganze Welt und verzweifle an ihrer Kraft — dann ist fur unser Jahrhundert der Traum zu schôn, dann sind wir entartete, frem.de Wesen mit keiner Ader denen verwandt die einst bei Thermopylâ fielen, dann ist Europa bestimmt ein Kerker zu sein. » — Il termine en parlant du Werther de Goethe : « J'ai lu Werther hier et je suis entièrement sous le charme, Gœthe est un dieu. — Gestern habe ich Werther gelesen. Gœthe ist ein Gott, es greift mich sehr an. »

1064-5- SCHELLING (Friedrich- Wilhelm-Johann von), célèbre philosophe et écrivain n. à Leonberg (Wurtemberg), 27 janvier 1775, m. à Ragaz, 20 août 1854. L. A. S. au-conseiller Eischstedt, à Iéna; Munich, 21 octobre 1806, 1 p. 1/2 in-4, cachet. — P.

Belle et intéressante lettre, écrite sept jours après la bataille d'Iéna. Il exprime ses inquiétudes sur le sort d'Iéna et de Weimar, et il espère qu'il s'est trouvé un dieu pour protéger Gœthe : « Hat nicht ein Gott Goethen gercttet vor den wilden Anlâufen einer losgelassenen Schaar ? Ist er gesund, wohl geblieben ?... » Il écrira à Gœthe dès qu'il saura où il se trouve actuellement. — (Gœthe était resté à Weimar et le canon d'Iéna ne l'avait pas empêché de terminer la première partie de Faust.)

10(55 * HOFFMANN (Ernst-Theodor-Amadeus), le célèbre auteur des Contes fantastiques et de l'opéra d'Ondine, compositeur, critique musical, dessinateur à l'occasion, n. à Kœnigsberg (Prusse), 24 janvier 1776,111. à Berlin, 24 juillet 1822.

L. A. S. au conseiller Rochlitz (Friedrich, critique musical, n. 17695m. 1842), à Leipzig ;(Bamberg), 3 mars 181 3, 1 p. 1/2 in-4. — P-

Intéressante lettre. Il parle d'une place de chef d'orchestre qui lui est offerte à Leipzig par un Monsieur J. Serunda. Mais avant d'accepter, il tient à avoir l'avis de Rochlitz. Il a reçu des renseignements contradictoires sur M. Serunda, et comme il s'agit pour lui de se faire connaître au monde musical et de fonder sa réputation, il ne voudrait pas s'engager à la légère.

^ 1066 * HOFFMANN (Ernst-Theodor-Amadeus).

L. A. à l'acteur Keller, avec un amusant dessin en guise de signature, où il se représente avec une longue pipe dont la fumée couvre la page, 1 p. in-4, cachet. (Coll. Charles de Halm.)

Plaisant billet par lequel il l'invite à venir passer la soirée chez lui pour fumer une pipe et boire un verre d'excellent punch. « Vous trouverez, dit-il, un homme malade, mais tout disposé à s'amuser, ayant passé sa journée moitié au lit et moitié hors du lit, en pleine élaboration poétique ! »

4- 1067^- NIEBUHR (Barthold-Georg), historien et homme politique, auteur de Y Histoire romaine, n. à Copenhague, 27 août 1776, m. à Bonn, 2 janvier 1 83 r . L. A. S., en français, à Treuttel et Wurtz ; Rome, i5 mars 1819, 1 p. 1/2 in-4. (Coll. Fillon.) — P.

Belle lettre. «Je m'occupe dans ce moment de faire imprimer les fragments de Cicéron que j'ai découverts dans la bibliothèque Vaticane, auxquels je joindrai une révision du fragment du livre XCI de Tite-Live, auquel j'ajoute un grand nombre de lignes que les premiers éditeurs n'ont pas pu lire et quelques fragmens de Sénèque. L'ensemble ne formera qu'un très petit volume... » 11 leur demande s'il leur conviendrait de prendre de ce livre un certain nombre d'exemplaires pour le détail en France et en Angleterre.

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