BILLET D'ERNST THEODOR AMADEUS HOFFMANN
S. vi
1068 c- SCHLOSSER (Friedrich-Christoph), célèbre historien et écrivain, réminent auteur de VHistoire dit dix-huitième siècle, n. à Jever (Oldenbourg), 17 novembre 1776, m. à Heidelberg, 23 septembre 1861.
L. A. S. (au professeur Schnitzler, à Strasbourg); Heidelberg, 1 5 décembre 1 83 5, 3 p. in-8. — P.
Jolie lettre. Il lui envoie deux exemplaires de sa brochure à remettre de sa part à Letronne et à Michelet. Il fait grand cas de la science du premier et prie Schnitzler de ne pas manquer de le lui dire à l'occasion. Il est entièrement absorbé par son Histoire du dix-huitième siècle.
^1069-+ LA MOTTE FOUQUÉ (Friedrich- Heinrich-Karl , baron de), poète et romancier de l'Ecole romantique, qui s'attacha à populariser les légendes du Nord, auteur du Héros du Nord et du charmant conte cYOndine, n. à Brandebourg, 12 février 1777, m. à Berlin, 23 janvier i8q3. Il était d'origine française. L. A. S. à un poète; Nennhausen, i5 fe'vrier 1 8 14, 3 p. in-4. — P. avant la lettre de Hensel.
Très intéressante lettre à un poète, probablement Gaudy, avec lequel il désire entrer en relations, n II me semble que vous et moi avons bien des points de contact, en ce sens que l'inspiration de nos vers découle de la même source. Cela se sent mieux qu'on ne peut l'expliquer, et vous comprenez évidemment ce que je veux dire. Depuis bien des années déjà vos poésies ont couronné ma vie de plus d'une guirlande charmante. — Ich meine Sie und ich gehôren sehr nah zusammen indem in unsern Dichtungcn ein Elément giebt das offenbar ein und demselben Quell entspringt. Es làsst sich so etwas besser ahnen als aussprechen, und Sie wissen sicherlich in sich selbst was ich meine. Seit vielen Jahren nun schon haben Ihre Gedichte manchen anmuthigen Kranz uni mein Leben geflocliten. » Il lui demande de collaborer à sa revue Les Muses. Détails sur un Almanach des Dames qu'il se propose de publier. Ayant quitté définitivement le service militaire
pour cause de santé, il compte se vouer de nouveau entière- S s*t/J^//A~?i sCL/PJ 'Tïsi/ ment à la littérature. — (La Motte-Fouqué, qui avait servi de ^U&- —T/v^I/fs^A — -r&/W^ZS/ 1/'^/ t
1793 à 1795, était, pendant la campagne de i8i3, capitaine d'un régiment de cuirassiers brandebourgeois et il assista en cette qualité à la bataille de Leipzig. Son état de maladie l'empêcha de prendre part à l'invasion de la France et lui fit abandonner la carrière militaire.)
* 1070 -c- KLEIST (Heinrich-Bernt-Wilhelm von), poète remarquable de l'école romantique et auteur dramatique, n. à Francfort-sur-l'Oder, 18 octobre 1777, m. par suicide près de Berlin, 2 1 novembre 181 1. Son chef-d'œu- A *
vre est le magnifique poème de la Bataille de Hermann. j^Ja^/oo/
L. A. S. à H. G. von Ompteda; Berlin, 2 février 1810, 2 p. in-4. Su- v fi / M
perbe pièce. Très rare. — P.
Belle et intéressante épitre littéraire, ou il parle de travaux projetés et d'une de ses tragédies.
* 1071 BRENTANO (Clemens), poète dramatique et romancier del'école romantique, frère de la célèbre Bettina d'Arnim, auteur des Satires et jeux poétiques n. à Francfort-sur-le-Mein, 9 septembre 1778, m. à Aschaffenbourg, 28 juillet 1842. L. A. S. à Biïlow; samedi 28 juillet 1827, 1 p. in-4.
Jolie et piquante lettre d'invitation à souper avec quelques artistes et littérateurs chez leur ami commun, le docteur Bcehmer (historien distingué, auteur de travaux estimés sur l'ancien empire allemand), qui ^ leur fera les honneurs de l'Apocalypse d'Al- *<-A~*-r~^ — bert Durer, entre la poire et le fromage. — — ' •
Bœhmerattestedans un plaisant post-scrip- /fâr s *\ »-
tum la véracité de l'invitation et l'authen- ~ Z~~ ~ —
licite de la signature de Brentano. ~—
S. vi
-y 1072 * ARNIM (Ludwig-Achim von), poète et romancier, qui publia avec son beau-frère Brentano le recueil de poésies populaires intitulé le Cor merveilleux de l'enfant, n. à Berlin, 26 janvier 1781, m. à Wiepersdorf, 21 janvier 1 83 1 . L. A. S. à M...; 23 août 1826, 1 p. 1/2 in-4. Belle pièce.
Jolie lettre à un ami. Sa femme (la célèbre Bettina) lui remettra cette lettre. « Si mon dernier ouvrage est sorti de presse comme je l'espère, vous voudrez bien en remettre un exemplaire à ma femme pour qu'elle puisse l'offrir à Goethe , auquel elle va rendre visite à Weimar. »
— (Bettina avait — 5 pour Goethe un véritable culte.)
* 1073 ^. CHAMISSO (Adalbert von), célèbre poète lyrique, romancier et voyageur, auteur de Pierre Schlemihl, n. au château de Boncourt, près de Sainte-Menehould (Champagne), 3o janvier 1781,111. à Berlin, 21 août 1 838.
i° Bôser Marckt, pièce de vers autographe signée, 2 p. in-8. Très belle pièce. — 20 L. A. S. à Léonard Schrag, libraire, à Nuremberg; Berlin, i3 janvier 1 838, 2 p. 1/2 in-8. — P.
Très intéressante lettre toute relative à la traduction française de son Pierre Schlemihl, qui parait chez le libraire Ladvocat, et à un projet d'une édition de luxe allemande du même ouvrage, dont il désire confier les illustrations au célèbre peintre Menzel. — Détails circonstanciés à ce sujet.
•5- 1074 ï RAUMER (Friedrich-Ludwig-Georg von), célèbre historien, qui doit sa réputation à son Histoire des Hohenstaufen et de leur temps, membre associé de l'Institut, n. à Wœrlitz, près de Dessau, 14 mai 1781, m. à Berlin, 14 juin 1873.
P. A. S., signée aussi par vingt et un professeurs; Berlin, 9 janvier 1844, 1 p. in-4. — P-
Convocation à un comité et à une conférence de Jakob Grimm. — Cette convocation est signée également par les professeurs suivants de l'Université de Berlin : Frédéric von Bœckh (célèbre philologue, n. 17S5, m. 1867); — Jakob Grimm (le philologue); — Wilhelm Grimm (frère de Jacob et son collaborateur, n. 1786, m. i85g); — Leopold Ranke (l'historien); — Johann-August-Wilhelm Neander (théologien, n. 1789, m. i85o); — Karl Ritter (l'illustre géographe, n. 1779, m. 1859); — Franz Bopp (le philologue); — Schelling (le philosophe); — Karl-Friedrich Eichhorn (jurisconsulte, n. 1781, m. 1854); — Theodor Panofka (archéologue, n. 1801, m. 1 858) ; — etc.
4- 1075 * SCHEFER (Leopold), célèbre poète lyrique, auteur du Bréviaire des laïques, n. à Muskau (Prusse), 3o juillet 1784,111. dans la même ville, 16 février 1862.
L. A. S. à Blochmann ; dimanche 7 février 1841, 4 p. gr. in-4. Superbe pièce. — P.
Très curieuse épitre, presque intraduisible. Elle est relative à leur ami commun Rcehde qui venait de perdre sa femme. « Dis à Roehde que mon cœur souffre avec lui d'une douleur aussi profonde que celle qui lui est envoyée par Dieu, car nous sommes tous une seule âme. Comme ami je prends une part sincère à son malheur. Il a donc contemplé la mort, il a pu jeter un regard dans la tombe des humains, ce qu'il ne s'était pas trop soucié de faire jusqu'ici, car de même que Goethe, il a toujours plus ou moins évité de se trouver en contact avec les souffrances des hommes. Mais la mort et le sépulcre lui étaient destinés dès longtemps, de même que l'éternité nous est réservée à tous. La mort sera finalement supprimée. — Grûsse Rôhden aus so tiefem Herzen, wie ihn Gott gegrûsst hat, denn wir sind aile Ein Geist. Sein Leid theile ich als Freund redlich. Er hat den Tod gesehn er hat in das Grab der Menschen geguckt, an dem er eigentlich noch nie gestanden hat, denn er ist den Leiden der Menschen so ziemlich immer aus dem Wege gegangen, wie Goethe. Das Ende und die Erde Iag aber auch ihm schon lange vorràthig. wie uns allen die Ewigkeit vorràthig liegt. Zuletzt ist aufgehoben der Tod. »
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