‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 172 sur 312 · LETTRE SIGNEE PAR RAUMER · texte numérisé non relu

LETTRE SIGNEE PAR RAUMER

Numéro 1074.

S. vi

4- 1076 * GRIMM (Jakob-Ludwig), illustre érudit et philologue, dont les ravissants Contes d'enfants, publiés en communauté avec son frère Karl-Wilhelm, sont devenus classiques, n. à Hanau, 4 janvier 1785, m. à Berlin, 20 septembre 1 863.

L. A. S. à Friedrich von Schlegel (le célèbre orientaliste, n. à Hanovre, 10 mars 1772, Dresde, 12 janvier 1829), à Vienne; Cassel, fin mars 1 8 1 3 , 3 p. in-4. — P.

Très belle lettre. Il désirerait avoir la copie de certains documents et dessins relatifs à la légende du Vieux Titurel (celui de Wolfram von Eschenbach), qui se trouvent dans un manuscrit de la Bibliothèque de Vienne. Il tiendrait surtout à avoir un calque du dessin qui représente Sigune assise, tenant dans ses bras le cadavre de son amant. Plus loin il parle de la légende de Guillaume Tell et des nouvelles preuves historiques qu'il a trouvées à l'appui de son authenticité ; de Hamann (le philosophe), de Jean-Paul Richter et d'Alexandre de Humboldt. Il termine en demandant à Schlegel s'il a lu le travail de Gœrre sur Lohengrin, dont il loue fort la préface pour les idées nouvelles et hardies qu'il a osé y développer sur le Saint-Graal.

4- 1077 * VARNHAGEN VON ENSE (Karl-August von), diplomate et écrivain célèbre, auteur des Chants du soldat, publiés en 181 3, ami de Gœthe et d'Alexandre de Humboldt, n. à Dusseldorf, 21 février 1785, m. à Berlin, 10 octobre 1 858. L. A. S. au roi de Bavière (Louis I); Kissingen, 22 juillet 1842, 2 p. in-4. — P-

Superbe lettre. Il parle avec enthousiasme du Walhalla (célèbre édifice élevé par ordre du roi pour consacrer la gloire des grands hommes de l'Allemagne, et construit sur le plan du Parthénon par l'architecte Klenze, non loin de Ratisbonne). « Dès que j'ai vu sortir de terre le Walhalla, j'ai été saisi d'enthousiasme par cette entreprise grandiose, qui plus somptueuse et plus grandiose que le Westminster des Anglais, consacre d'une manière admirable les gloires de l'Allemagne pour représenterait sens le plus élevé l'unité de la nation allemande. — Seit dem ersten EVschauen der Anfânge der Walhalla habe ich fur dièses Unternehmen geglûht, welches, reicher und edler als der Britten Westminster, die Deutsche Ruhmesgrôssen herrlich zusammenfasst, und in Ihnen die deutsche Nation ihre schônste Einheit schauen lâsst. »

->- 1078 ^ BOERNE (LoebBARucH, dit Ludwig), brillant écrivain et pamphlétaire libéral, ami de Henri Heine, appelé, non sans raison, le Paul-Louis Courier de l'Allemagne, n. à Francfort-sur-le-Mein, 18 mai 1786, m. à Paris, 12 février 1837. L. A. S. à Oppenheimer, à Francfort; Francfort, 25 avril 1824, 1/2 p. in-4. Rare. — P.

Curieuse épitre qui se termine ainsi : « Croyez en ma sagesse : la richesse est un rocher, la pauvreté est un banc de sable dans cette vie. Votre énergie propre peut nous préserver de celle-ci. mais la grâce de Dieu seule, de l'autre. Puisse-t-il vous protéger ! Une malédiction pèse sur l'argent. Remerciez-moi de ce que je modération. — Horchen sie meiner Weisheit ! Reichthum ist einFels, Armuth eine Sandbank des Lebens. Vorderletz-

teren kann uns eigene Kraft bewahren, vor der andern nur mT" a . > „ ^ Gottes Gnade. Er schûtze Sie. Es ist ein Fluch im Gelde. 2ï? «apjo^ 'S^,

Danken Sie mir dass ich Sie so màssig geliucht. »

vous ai maudit avec tant de

'¥ 1079 ■* KERNER (Andreas-Justinus), littérateur et poète lyrique célèbre, n. à Ludwigsbourg (Wurtemberg), 18 septembre 1786, m. à Weinsberg, 21 février 1862.

i° Pièce de vers autographe signée, intitulée : En avant, avec cette légende : Vonvàrts und dann aufwdrts, 1 p. 1/2 pet. in-4. Très belle pièce. — ■ 2° L. A. S. à Ludwig Tieck, conseiller de la Cour (le célèbre poète), à Berlin; Weinsberg, 4 novembre 1841, 2 p. pet, in-4. • — P.

Il compte publier prochainement une nouvelle édition de ses poésies, et prendra la liberté de lui en envoyer un exem^ plaire. « Mais qu'en ferez-vous, dit-il? ce sont, pour vous, des choses qui n'ont évidemment pas

grande valeur. » Il termine en disant : « Dieu ' / \ // f veuille vous conserver longtemps encore à notre / * // *• " *

patrie allemande dont vous êtes la gloire. — Gott /f\\>~ \ / s****- VXj^K^O &

erhalte Sie noch lange unserm deutschen Lande, dessen Stolz Sie sind. »

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4- 1080 + UHLAND (Johann-Ludwig), illustre poète national et populaire, au meilleur sens du mot, dont les poésies unissent à la perfection de la forme un sentiment profondément vrai de la nature et de l'humanité, chef du parti libéral, n. à Tubingue (Wurtemberg), 26 avril 1787, m. dans la même ville, i3 novembre 1862. L. A. S. au conseiller Teichmann, à Berlin ; Tubingue, 28 septembre 1 85g, 2 p. gr. in-4. — P.

Superbe lettre. II décline l'offre qu'on lui a faite d'écrire un prologue en vers pour le centenaire de la naissance de Schiller qui doit être célébré sur le théâtre de Berlin. Il y a longtemps déjà qu'il a abandonné la poésie proprement dite pour se vouer à des recherches sur la mythologie, la légende et la poésie populaire allemandes; c'est pourquoi, et toute autre considération mise de côté, il ne saurait s'aventurer ainsi de nouveau etàl'improviste dans le domaine de la poésie, la grandeur intellectuelle de la personnalité qu'il s'agit de célébrer et la solennité de la cérémonie elle-même exigeant un orateur qui puisse embrasser

ce vaste sujet sous toutes ses faces et le traiter d'une manière appro- 'j^^-^y-rz^4ï>~ri-sc~t*yJ /— -v„<3<

fondie. « Ich bin eben darum. von jeder andern Erwâgung abgesehen, nicht geriistet, mich plôtzlich auf ein so verschiedenes Feld zu begeben, und zwar bei einem solchen Anlass, wobei die Grosse der geistigen Persônlichkeit,um die es sich handelt, und die Wûrde der ausgedehnten Feier auch von Seiten des Vorredners ein tiefes und umfassendes Ergreifen des reichhaltigen Gegenstandes fordern wùrde. »

* 1081 * SCHOPENHAUER (Arthur), illustre philosophe, le créateur du pessimisme, n. à Dantzig, 22 février 1 788, m. à Francfort-sur-le-Mein, 2 1 septembre 1860. L.A. S. à un libraire; Francfort-sur-le-Mein, 27 juillet 1844, 1/2 p. in-4. Rare. — P. de Lammel.

Il donne une liste d'ouvrages à acheter à la vente aux enchères qui aura lieu le i avril 1844. Entre autres articles qu'il désire, et qui sont inscrits à la suite de sa lettre avec indication du prix qu'il veut y mettre, se trouvent des œuvres de Burns, de Shelley, de Lessing, d'Ampère, de Walter Scott, de l'Arétin, de Calderon et de lui-même.

1082 ^ EICHENDORFF (Joseph, baron de), poète distingué, qui a été appelé le dernier chevalier des romantiques^ n. à Lubowitz (Silésie y -, . prussienne), 10 mars 1788,111. à Neisse, 26 novembre 1857. /pyiJtrti^Çt****'

MM

L. A. S. à un ami; Berlin, 9 décembre 1849, 2 P- l/2 iPr8. — P-

Jolie lettre à un de ses amis, collectionneur d'autographes, qui lui en avait demandé. « Je n'en possède pas, dit-il, des personnages que vous désirez, pas plus de Brentano

que de Schelling, avec lequel je n'ai de relations ni directes, ni indirectes. J'ai retourné /' en vain mes tiroirs, rien n'en est sorti qui soit digne de vous être offert. » /

-:- io83 RUCKERT (Friedrich), célèbre poète, écrivainet orientaliste, n. à Schwein-

furth (Franconie), 16 mai 1788, m. à Neusess, près de Cobourg, 3i janvier 1866.

L. A. S. (à La Motte Fouqué, le célèbre poète); Stuttgart, 6 avril 18 16, 2 p. in-4. — P.

Précieuse lettre. Il parle longuement de son ami le poète Uhland. « Ce penseur, ce vaillant compagnon d'armes dans la lutte que la poésie soutient contre l'esprit de l'époque actuelle, est malheureusement absorbé par sa fastidieuse profession d'avocat, et ne réussit à produire autre chose, pendant ses rares loisirs, que des plans et des projets merveilleux, dont la non exécution me fait vraiment grand'peine. — Leider ist dieser rûstige und

Berufsgeschâft eines Advokaten gezwângt, und bringt in den erkargten ' s-Hl-i

'îerrliche Plane und Entwiirfe, deren Jgj

besonnene Mitstreiter im Kampfe der Poésie gegen die Zeit in das lâstige / * jX i ^

Nebenstunden fast nichts hervor als herrhehe Plane und Entwiirfe, deren

Unausfiihrbarkeit in seiner gegenwiirtigen Lage mir wahrhaft leid thut... »

* 1084 SCHULZE (Ernst-Konrad-Friedrich), célèbre et charmant poète lyrique,

auteur du gracieux poème la Rose enchantée (Die bezauberte Rose), de Psyché et de

Cœcilie, n. à Celle (Prusse), 22 mars 1789, m. dans la même ville, 29 juin 1817.

L. A. S. à un ami; Gœttingue, 14 février 1807, 20 p. pl. in-8. Extrêmement rare.

Précieuse lettre, une des plus belles connues de ce poète; elle donne des détails circonstanciés sur son développement intellectuel et littéraire et sur son caractère. En voici quelques passages relatifs à ses études : « Tous mes efforts sont

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actuellement dirigés vers l'étude des langues anglaise et française. En ce qui concerne les auteurs anglais, je m'attache de préférence aux classiques, et Shakespeare et Spencer sont mes poètes de prédilection... Quant aux Français, je m'occupe principalement de leurs plus anciens romans, de ceux dans lesquels nos poètes romantiques contemporains ont puisé les sujets de leurs épopées... Amadis de Gaule, les Chevaliers de la Table ronde, Gyron le courtois, dont Wieland a fait son remarquable Geron der Adelig; et les Prophéties de Merlin, qui ont été arrangées par Frédéric Schlegel sous le titre de Histoire de Merlin l'enchanteur. Telles sont mes occupations de cet hiver. Mais mon étude principale a pour objet les poètes provençaux, et fai déjà fait de tels progrès que je suis actuellement en état de les lire pour ainsi dire couramment. — Mein Hauptstudium ist jetzt auf die Englische und Franzôsisehe Sprache gerichtet. Von der ersteren lèse ich die classischen Dichter und vorzùglich sind Schakespeare und Spencer meine Lieblinge... Von den Franzosen lèse ich jetzt die àltesten Romane, woraus vorzùglich die neuern romantischen Epopeendichter geschôpft haben.... Der Amadis de Gaule, die Chevaliers de la table ronde, der Palmerin d'Oliva, Gyron le courtois, woraus Wieland seinen vortreffiichen Geron der Adelig gemacht hat und die Prophéties de Merlin, welche Friedrich Schlegel unter dem Titel Geschichte des Zauberers Merlin umgearbeitet hat, sind diesen Winter meine Beschâftigung gewesen. Mein Hauptstudium aber geht auf die Provenzalischen Dichter und ich habe es in dieser Lektûre schon so weit gebracht, dass ich fast Ailes ohne den geringsten Anstoss lesen kann... »

io85 ZEDLITZ (Joseph-Christian, baron de), célèbre poète autrichien, n. Johannisberg (Silésie autrichienne), 28 février 1790, m. à Vienne, 16 mars 1862. L.A.S. au comte Platen (le poète), à Munich;

Vienne, 1 5 mars 1 833, 2p. 1/2 in-4, cachet. — P.

11 lui demande sa collaboration pour la Revue dont il vient de prendre la direction (Tasehenbuch Vesta). Auersperg(A. Grûn) lui a déjà promis un poème, le Prêtre du Kahlenberg; Grillparzer, un cycle de poésies lyriques. « Moimême, je compte y insérer une traduction du troisième chant de Childe Harold de Byron, et Uhland enfin nous a fait espérer qu'il nous donnerait une poésie. Si je vous cite ces noms, ajoute-t-il, c'est pour vous montrer que le vôtre ne paraîtra pas en compagnie indigne de lui. — Dass Ihr Name in nicht unwûrdiger Umgelmng erscheinen wird. »

-:■ 1086 BOPP (F ranz), un des plus grands philologues et orientalistes de ce siècle, l'illustre auteur du Glossarium Sanscriticwn, n. à Mayence, 14 septembre 1791, m. à Berlin, 22 octobre 18O7.

L. A. S., en français, à un érudit français ; Lon- iï^%*<? q (yf~^-iM^ » '

dres, 16 octobre 18 19, 4 p. in-4. (Coll. B. Filïon.) ^Th '

Belle lettre ou il le remercie de vouloir bien faire un compte rendu de son livre. Il lui donne l'analyse d'un ouvrage oriental.

4- 1087 * KŒRNER (Karl-Theodor), le Tyrtée de l'Allemagne, dont les chants patriotiques soulevèrent ses compatriotes contre la tyrannie de Napoléon I, n. à Dresde, 23 septembre 1791, m. des suites de blessures reçues dans un combat contre les Français, près de Gadebusch (Mecklembourg-Schwerin), 26 août 181 3.

L. A. S. dein Theodor (ton Théodore) à son père (Christian-Gottlieb, ami et correspondant de Schiller); Vienne, 6 janvier 1812, b p. pl. in-4, cachet avec la légende: FIDIS MANIBVS. — P.

Précieuse lettre qui mériterait d'être citée en entier. En voici les passages les plus importants. En réponse à son père qui l'engage a étudier les sciences naturelles, il répond ce qui suit : « Je me convaincs chaque jour davantage que Dieu m'a destiné à la poésie. Le talent n'est pas la propriété d'un individu, mais celle de son pays qui a le droit d'exiger qu'il ne reste pas improductif, .le me suis appliqué à l'étude de l'histoire uniquement en vue de la poésie, parce qu'il y a corrélation intime entre les deux, et que sans une élude approfondie de la première, la seconde ne peut arriver à son complet épanouissement. — Geradezu, ich iiberzeuge mich aile Tage mehr, dass eigentlich Poésie das sey, wozu midi Gott in die Welt geworfen. Ein Talent isl nicht das Eigerithum eines einzelnen Menschen. es wird das Eigenthlim der Nation, und die verlangt dass man ihre Pfunde

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