‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 174 sur 312 · PLATEN HALLERMUND (August, comte de · texte numérisé non relu

PLATEN HALLERMUND (August, comte de

L. A. S. à Rugendas (Moritz, peintre, n. 1799, m. 1 858), à Rome; Sienne, 4 avril 1829, 2 p. in-4.

Charmante épitre. Ayant entendu dire qu'on va mettre en vente la bibliothèque de Schlosser, il prie Rugendas d'acheter pour lui les œuvres de Gibbon. S'il peut découvrir aussi à Rome V Histoire de Bavière de Zschokkc, il en serait également amateur. — Il l'entretient ensuite de ses projets, de sa manière de vivre, il lui parlera une autre fois de poésie, étant actuellement dans une disposition d'esprit très prosaïque. « Von meinem Gedicht ein andermal. Gegenwàrtig bin ich in einer sehr prosaïschen Stimmung und lebe eigentlich vom Nichtsthun. » — Il parle son Œdipe (der romantische Œdipus, drame satyrique), et enfin du poète Immermann (avec lequel il eut des démêlés retentissants) qu'il nomme Nimmermann par dérision et tourne en ridicule. « Entre autres nouvelles, j'ai appris que Schadow a peint et exposé à Berlin Nimmermann, ceint de lauriers. C'est ce qui aura donné envie au roi de contempler le grand poète face à face. — Aus andern Nachrichten ist mir blos bekannt dass Shadow den Nimmermann mit einem Lorbeerkranz gemalt habe und ôffentlich in Berlin ausgestellt. Vielleicht wurde der Kônig dadurch neugierig, den grossen Dichter von Angesicht zu Angesicht zu sehen. »

■h 1094 -s- MULLER(Karl-Otfried), illustre philologue et archéologue, un des grands érudits de ce siècle, n. à Brieg (Silésie), 28 août 1797, m. à Athènes, 1 août 1840.

L. A. S. k Ludwig Tieck, à Dresde; Gœttingue, 26 novembre 182 1, 3 p. in-4, cachet brisé. — P.

Charmante épitre amicale et littéraire. Il lui parle de ses poésies et attend avec impatience son ouvrage sur Shakespeare. Que dit-il de l'état actuel de la poésie en Allemagne ? Quels sont les jeunes poètes qui donnent des espérances ? « Quant à moi, dit-il, je n'en connais que deux : Uhland et Rùckert. — Das biedere warme Gemûth Uhlands liebe ich, und von der kûbnen Kraft Rùckerts erwarte ich noch erwas Grosses. » — Il parle des récentes publications de A. W. Schlegel et de Bopp. On vient de nommer ce dernier professeur à Berlin. Il a lu avec intérêt les œuvres posthumes de H. von Kleist que Tieck vient de publier. « Auch der von Ihnen herausgegebene Nachlass von Heinr. v. Kleist haben wir mit Eifer gelesen und die Libation dunkler Wehmuth wie Blutstropfen auf sein Grab gesprengt. » Il parle de ses projets de voyage en Angleterre et en France pour l'année prochaine et publiera seulement ensuite son ouvrage sur les Doriens dont un des chapitres les plus importants sera consacré à Apollon. Il entre dans de longs détails à ce sujet. Il termine en parlant de ses succès comme professeur et de ses rapports actuels avec Creuzer, qui sont très satisfaisants. « In Sondernheit hat Creuzer einen mir so ehrenvollen / J

Waffenstillstand mit mir geschlossen, wozu wohl besonders der wiithende Angriff des jT7 ,fty/ / • » alten Voss mitgewirkt hat; des Fanatikers fur die Nûchternheit. » ^fafwt*** #

* 1095 -* HEINE (Heinrich), célèbre écrivain et poète, dont les Lieder sont populaires, un des chefs de la Jeune Allemagne, qui passa la plus grande partie de sa vie en France, n. à Dusseldorf, i3 décembre 1799, m. à Paris, 17 février 1 856.

L. A. S. à Herlossohn (Georg-Karl, romancier et poète, n. à Prague, 1804, m. à Leipzig, 1849), à Leipzig; Hambourg, 16 novembre i83o, 2 p. in-4. (Coll. Wagener.) — P.

Toute cette lettre est du plus haut intérêt; en voici le passage le plus saillant : « Moi, aussi, je parlerai avant que la violette ne fleurisse; j'aurai beaucoup à te dire et peut-être dirai-je les choses les plus graves, du moins celles qui me paraissent les plus graves. L'Allemand se rend bien compte de l'alliance du clergé avec l'aristocratie; mais lors même qu'il a le désir de voir chasser du Temple les changeurs et les vendeurs, il se fâche tout rouge quand il s'aperçoit que l'on

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