‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 175 sur 312 · AUTOGRAPHES DE HEINRICH HEINE · texte numérisé non relu

AUTOGRAPHES DE HEINRICH HEINE

Numéro 1095.

Numéro 1096.

Numéro 1097.

détériore par la même occasion, ici et là, quelque petite image de saint, ce qui pourtant arrive bien facilement quand la verge est grosse et la colère plus grosse encore... Mais le temps viendra où notre excellent Michel allemand (expression correspondante à celle de Jacques Bonhomme) verra que les intérêts religieux sont un malheur public et que rien ne serait plus salutaire que de les voir noyés entièrement dans l'indifférentisme. Alors il n'y aurait plus ni catholiques ni protestants, mais une Allemagne unie, grande et libre ! — Auch ich werde sprechen, noch sehr viel ehe die Veilchen kommen, und vielleicht das Bedenklichste, wenigsten fur mich das Bedenklichste. Der Deutsche merkt wohl das Bûndniss der Clerisey mit der Aristokratie, aber wenn er auch wûnscht dass man die Wechsler und Taubenkrâmer aus dem ïempel hinauspeitsche, so wird er doch verdammt ungehalten wenn er sieht dass man bey dieser Gelegenheit hie und da eih Heiligenbildchen verletzt, was doch so leicht geschieht wenn die Peitsche gross ist und der Zorn noch grôsser... Aber es komm, die Zeit wo der deutsche Michel einsehen wird dass die Religionsinteressen ein Landesunglûck sind, und dass es heilsam wâre, wenn sie sammt und sonders im Indifferentismus ersôffen. Dann gâbe es keine katholischen und protestantischen Deutchlànder mehr, sondern ein ganzes, grosses, freyes Deutschland, etc. » •

1096 -s- HEINE (Heinrich).

[ P. A. S. H. Heine, dr. jur. (doctor juris); Hambourg, 2 avril 1 83 1 , 1 p. in-8 oblong.

Curieuse pièce d'album dans laquelle il a ajouté à sa signature la qualité de docteur en droit. Il désire que cette feuille rappelle très agréablement à son ami Forst son image. Il prie Dieu de le garder en bonne humeur et en bonne santé.

* 1097 -* HEINE (Heinrich).

i° L. A. S., en français, à Bocage (le célèbre comédien, n. 1796, m. 1862); 7 mai 1834, 2 p. in-8.

Très belle lettre où il le remercie de l'envoi du manuscrit de sa tragédie de Kleist. Il se plaint des procédés d'Alexandre Dumas qui lui a affirmé à tort que ledit manuscrit était entre les mains de Harel (directeur de l'Odéon). Piquants détails à ce sujet. Il termine par des témoignages d'admiration du grand talent de Bocage.

2° L. S., en français, avec deux lignes autographes, (à Bocage) ; Paris, 1 1 septembre 1 855, 1 p. in-4.

Très intéressante lettre où il exprime le désir de voir Bocage, qu'il appelle mon cher Buridan de la Tour de Nesle, pour lui demander des renseignements dont il a besoin pour un vieux travail sur les théâtres de Paris. Détails intimes.

* 1 098 -* GAUDY (Franz-Bernhard-Heinrich-Wilhelm, baron de), éminent romancier et poète, d'origine française, traducteur de Béranger et admirateur de Napoléon I, en l'honneur duquel il composa une sorte de cycle de chansons (Kaiserlieder), n. à Francfort-sur-l'Oder, 19 avril 1800, m. à Berlin, 6 février 1840.

i° Traduction en vers autographe signée de trois chansons célèbres et populaires de Béranger: Les Souvenirs du peuple, la Migration des âmes et le Petit homme gris, 8 p. in- 12. Très jolie pièce. — 20 L, A. S. à la librairie Weidmann, à Leipzig; Berlin, i5 juin 1834, 1 p. in-8. Belle pièce. — P.

Il enverra sous peu son manuscrit, et par la même occasion deux exemplaires de ses Contes, dont l'un sera à faire parvenir à Hormayer (l'historien), et l'autre à G. Schwab (le poète). Depuis qu'il a quitté l'état militaire il a du loisir de reste et serait enchanté de s'occuper de la traduction du Roman comique (de Scarron) dont il avait été question de le charger.

-y 1099-5- GRABBE (Christian-Dietrich), poète et auteur dramatique, dont le talent

incontestable est quelquefois inégal, célèbre par sa belle tragédie, la Bataille d'Her-

mann, n. à Detmold, 14 décembre 1801, m. dans la même ville, 12 septembre i836.

L. A. S. (à Ludwig Tieck, le célèbre poète); Berlin, 21 septembre 1822, 2 p. 1/2 in-4.

Très curieuse lettre de sa jeunesse. « Je vous envoie moitié avec confiance et moitié avec crainte la tragédie ci-jointe. Je n'ose guère compter sur quelques lignes de votre main. Si toutefois ma pièce avait la chance d'attirer votre attention, cela déciderait de ma carrière littéraire. Sans l'approbation d'un maître tel que vous, jamais je ne pourrai faire accepter les hardiesses de mon œuvre, dont pas une seule du reste n'a été écrite sans mûre

réflexion. — E. W. ûbersende ich halb mit Zagen beiliegendes Trauerspiel. Ein f /]

paar beurtheilende Zeilen von Ihrer Hand sind ailes, worauf ich zu hoffen / /) I Al ù 9

wage. Wâre das Stuck jedoch so glûcklich, das nâhere Interesse Ewr. zu £^ )£ . yy\*4Jlsty>V~l\S erregen, so wûrde mein schrifstelleriscb.es Loos entschieden seyn. Ohne die Worte eines Meisters wie Sie, môchten die Kûhnheiten meiner Composition, von denen ich wahrlich keine einzige ohne nâheren Bedacht hingesetzt habe schwerlich jemals ein gerechtes Urtheil erfahren. »

S. vi

4- iioo -s- LENAU (Nikolaus Niembsch von Strehlenau, dit), une des gloires de l'école poe'tique autrichienne, auteur d'un Faust, n. à Czadat (Hongrie), i3 août 1802, m. dans une maison d'alie'nés à Oberdœbling, près de Vienne, 22 août i85o.

L. A. S. à Justinur, Kerner (le célèbre poète lyrique, avec lequel il était intimement lié) ; Weinsberg, près de Heilbronn, 29 février 1840, 1 p. in-8, cachet. Rare. — P.

Précieuse lettre, toute remplie de te'moignages de la plus tendre affection. En voici le texte : « Geliehtester... den 1 5lç" April reise ich wieder nach Stuttgart zurûck. Dann besuche ich dich auf

einige Wochcn, du theurer, vortrefflicher Freund !... sobald die Baume /) • /) J

blûhen, blûht mir aucli die Freude deines lieben, langentbehrten . /jf \fl/fs/i s>-Ls-J/

Umganges. Herzliche Griisse an deine Frau deine Kinder. Ich kùsse ^/jfsijOt-^sC^ \s ' t

dich aufs Herz. Dein treuer Niembsch. »

4 1101 -* LENAU (Nikolaus Niembsch von Strehlenau, dit). Pièce de vers autographe signée, avec mention de ses nom, date et lieu de naissance, 1 p. in-4.

Superbe pièce sur Gntenberg, qui débute ainsi : « Schon weht es kùhler auf Erden — « Es môchte Abend werden. «

* 1102 -f- HAUFF (Wilhelm), écrivain et romancier célèbre, auteur de Lichtenstein, n. à Stuttgart, 29 novembre 1802, m. dans la même ville, 18 novembre 1827.

L. A. S. à Frankh ?; Stuttgart, 7 août 1 827, 2 p. in-4. Très belle pièce. (Coll. Charles de Halm.) — P. % r) A />

Belle et très piquante e'pitre littéraire, toute relative à ses travaux et à son ouv Les Mémoires de Satan (Die Memoiren des Satans) qu'il publia cette même année.

u,-age S

*- no3 -s-.MOSEN (Julius), auteur dramatique d'un grand talent et poète lyrique estimé, n. à Marieney (Saxe), 8 juillet i8o3, m. à Oldenbourg, 10 octobre 1867. L. A. S. (à Ludwig Tieck, le célèbre poète); 20 octobre 1 836, 3 p. in-4. — P.

Charmante épitre littéraire. Il parle très au long de son drame de Cola Rien;i qu'il s'efforce de modifier et d'améliorer suivant les conseils de Tieck; il ne sait s'il y parviendra, mais ce qu'il sait, c'est qu'il est décidé à ne le publier qu'après la complète approbation de Tieck, sous les auspices duquel il aimerait à le présenter au public. — « J'ai vidé hier soir, dit-il, une

bouteille en votre honneur avec Unger Sternberg (le roman-

cier) qui, ainsi que moi, revenait tout enthousiasmé de votre ,>=g^^/^^^^^

conférence. La musc de l'éloquence n'a pas baisé votre bouche & Z^^S S*

seulement, mais bien votre âme même. — Nicht nur Ihren /^ Mund, auch lhrc Seele hat die schône Muse gekûsst. « C-'"

* 1104 -c- GERVINUS (Georg-Gottfried), historien et homme politique, auteur de V Histoire de la littérature poétique nationale des Allemands cl dcY Histoire du dixneuvième siècle, n. à Darmstadt, 20 mai i8o5, m. à Heidelberg, 18 mars 1871. L. A. S. à Otto Wigand, à Leipzig; Gœttingue, i3 décembre 1837, 1 p. in-4.

Très intéressante lettre où il se livre à des considérations patriotiques sur l'intérêt commun qu'ont les Allemands à réunir leurs efforts pour arriver à une législation et à une constitution uniformes. Il parle ensuite de l'état politique du Hanovre.

4- no5 -f AUERSPERG (Anton-Alexander, comte de), connu commepoète sous le pseudonyme d'Anastasius Grûn, homme politique autrichien, auteur des Promenades d'un poète viennois, n. h Laibach, 11 avril 1806, m. à Gratz, 12 septembre 1876.

L. A. S. au poète Karl von Holtei (n. à Breslau en 1798), à Breslau; Gratz, -26 novembre i863,

4 p. pl. in-8, enveloppe signée et cachet à ses armes. — P. j

Charmante épitre. Détails sur le plus ou moins de chances que leur ami C?d^ ffôt^ti^f^ commun Gottschall (l'auteur dramatique) a de réussir à Vienne. Auersperg ' sZ^/j f

craint qu'il ne soit pas apprécié par le public viennois a sa juste valeur. Ç^JifaSi t-C-tXAj&tA-^A

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