‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 209 sur 312 · LETTRES DE LEKAIN · texte numérisé non relu

LETTRES DE LEKAIN

— FRAGMENTS

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Numéro 1 3 5 i

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Numéro 1 352.

ARTISTES DRAMATIQUES

S. vu

1 355 -* ARNOULD (Madeleine-Sophie), actrice et cantatrice, non moins célèbre par son esprit caustique que par son talent, n. à Paris, 14 février 1744, m. dans la même ville, 22 octobre 1802. Elle a eu les frères de Goncourt pour biographes.

L. A. S. à madame Bélanger (mademoiselle Dervieux, femme du célèbre architecte, dont Sophie Arnould avait été la maîtresse et avec lequel elle entretint une très curieuse correspondance publiée par les frères de Goncourt), à Paris; Paris, 1 1 prairial an IX (3i mai 1801), 2 p. in-8, cachet. — P.

Charmante épitre ou elle remercie madame Bélanger et son mari des preuves d'amitié qu'ils lui ont données. « Aimez-moy toujours.

Eh! ne me plaignez plus tant, car je suis heureuse en ce moment. Je viens de recevoir une lettre de mon hussard, de mon Constant, de ce fils tant chéris par moy eh!

qui méritte si bien toutes mes tendresses. Eh ! comme s'il eut deviné toutes vos bontés pour moy, quels amis j'ay entre le mary et la femme, il me dit des choses si particulières pour vous, il me charge de le rappeller à votre souvenir d'une manière si distinguée, avec des expressions si amicale, si tendre, que je ne peux les exprimer...»

— (Sophie Arnould avait eu du duc de Brancas-Lauraguais deux fils, Camille-Auguste et Antoine-Constant. Ce dernier, dont il est question dans la présente lettre, était alors chef d'escadron de hussards.

Il devint colonel de cuirassiers et périt à la bataille de Wagram.)

4- 1 356 * MONVEL (Jacques-Marie Boutet, dit), célèbre acteur du Théâtre-Français et auteur dramatique, le rival de Molé, membre de l'Institut (1795), père de mademoiselle Mars, n. à Lunéville, 5 mars 1745, m. à Paris, i3 février 1812.

L. A. S. à M. de Rémusat, préfet du palais de Napoléon I (père du célèbre philosophe, n. en Provence le 28 avril 1762, m. le 1 5 mai 1823); Metz, 23 thermidor an XI (1 1 août i8o3), 2 p. in-4. — P.

Belle lettre où il sollicite une prolongation de congé. « Je me trouve à Metz et par conséquent à quatorze lieues de mon pais natal. Mon âge ne me permet plus l'espoir de le revoir encor, si je ne profite pas de la proximité ou je me vois de Lunéville. J'y ai des parens que je brûle d'embrasser pour la dernière fois, quelques intérêts de famille à régler et le désir si doux à satisfaire de revoir sa terre natale... »

4- i357 •* LA RIVE (Jean Mauduit de), célèbre tragédien, élève et successeur de Lekain, n. à La Rochelle, 6 août 1747, m. à Montlignon (Seine-et-Oise), 3o avril 1827. Il a publié un Cours de déclamation ainsi que des Réflexions sur l'art théâtral.

L. A. S. au cit. Mahérault, professeur des écoles centrales; Paris, 28 vendémiaire, 1 p. in-4, cachet demi-brisé. Superbe pièce. (Coll. Mahérault.) — P.

Belle lettre où il le prie de lui envoyer son brevet de pension. « Il paroit, par une lettre que je viens de recevoir, que la Comédie est décidée à m'envoyer dans l'isle de Lemnos le primidi; et comme je crains que le nouveau Pirrhus n'ait pas assez de force pour m'en tirer, je me recomande à vos soins aimables pour me faire voyager à l'avenir dans des pays plus heureux... »

S. vu

ARTISTES DRAMATIQUES

5oi

1 358 -f DAZINGOURT (Joseph- Jean-Baptiste Albouis, dit), sociétaire du Théâtre-Français, qui excella dans les rôles de valets, n. à Marseille, 1 1 décembre 1747, m. à Paris, 29 mars 1809. Il donna des leçons à la reine Marie-Antoinette.

i° L. A. S. (à Beaumarchais); (Paris), 26 novembre 1779, 1 p. 1/2 in-4. (Coll. de Loménie.) — P.

Très curieuse lettre dans laquelle il prie Beaumarchais de lui confier le rôle de Figaro, lorsque M. Préville y renoncera. Il fera tous ses efforts pour le contenter. « Je vous supplie, au nom de tous les valets tant parisiens que provinciaux, qui ne me dédiront pas, de nous fournir, dans vos moments de loisir, de nouveaux moyens de plaire, par des rôles aussi parfaits que ceux dont votre Barbier et vos autres ouvrages sont remplis... »

2° P. S. ; Paris, 24 nivôse an V ( 1 3 janvier 1 797), 1 p. in-fol. Jolie pièce.

Très curieux document pour l'histoire du Théâtre-Français. C'est le mémoire des fournitures livrées par le costumier Bourson à Dazincourt pour son habit de Figaro. Il s'élève à cent vingt livres quatorze sous. Intéressants détails.

* i359 + RAUGOURT (Françoise Clairien, dite), célèbre tragédienne, rivale de mademoiselle Clairon, n. à Dombasle (Meurthe-et-Moselle), 29 novembre 1753, m. à Paris, i5 janvier 181 5. Ses funérailles donnèrent lieu à des désordres parce que le curé de Saint-Roch refusa l'entrée de son église aux restes de la comédienne.

L. A. S. à Lafon (le célèbre tragédien) ; la Chapelle-Saint-Ménier, près d'Orléans, 18 thermidor, 1 p. in-4, cachet. Jolie pièce. — P. de Devéria.

Belle lettre où elle lui rappelle qu'elle compte sur lui poulie 20 thermidor. On jouera Cinna, Sémiramis, l'Orphelin de la Chine, Œdipe et Britannicus. Intéressants détails.

•s- i36o-s- CONTAT (Louise), une des plus spirituelles comédiennes de son temps, interprète incomparable des pièces de Marivaux et créatrice du rôle de Suzanne dans le Mariage de Figaro, n. à Paris, 1760, m. dans la même ville, 9 mars i8i3.

5 frimaire

i° L. A. S. (au banquier Perregaux) ; Toulouse (où elle donnait des représentations) an XII (27 novembre 1800), 2 p. in-8. Très jolie pièce. — P.

Belle lettre où elle le remercie d'un prêt de quinze cents francs. Elle a eu beaucoup de contrariétés avec la troupe de Bordeaux. « C'est un tripot si pitoyable qu'ils ont failli me faire perdre l'esprit. Je m'en repose ici, où j'ai trouvé un bon ordre, des acteurs heureux et un public empressé. »

A. S. à madame d'Haussy; (Paris), ce samedi matin, 3/4 de p. in-8. Très jolie pièce.

Charmante épitre intime, signée L. de Parny et où elle l'invite à dîner avec son fils. « Tu n'as pas voulu, ma chère, être du goûter d'enfans dimanche, il faut que lu sois d'un diner de papas lundi; il faut que tu m'amenne ton fils et que vous soyez tous deux bien certains du plaisir que mon mari et moi aurons à vous recevoir. » — (Après s'être retirée du théâtre, elle avait épousé M. de Parny, neveu du fameux poète de la Guerre des dieux.)

4- 1 36 1 -* TALMA (François-Joseph), le plus grand tragédien qu'ait produit la France, n. à Paris, i5 janvier 1763, m. dans la même ville, 19 octobre 1826. L. A. S. à son père, à Londres; lundi 1 mai 1786, 1 p. 1/2 in-4, cachet-camée. Légère déchirure.

Très intéressante lettre où il mande que Volange (le célèbre comédien) est parti de Melun le 17 avril pour aller donner six représentations à Genève et qu'il doit rentrer prochainement à Paris. De là il se rendra à Londres avec Talma et tous deux arriveront dans cette ville le i5 mai. Talma prie en conséquence son père d'annoncer leur prochaine arrivée à Londres et de faire faire les décorations nécessaires. — (Talma débuta au Théâtre-Français le 21 novembre 1787.)

ARTISTES DRAMATIQUES

S. vu

¥ i3Ô2 f TALMA (François-Joseph).

L. A. S. à Monseigneur (le duc de La Ferté); (Paris, vers 1824), 3 p. i/4in-fol. Superbe pièce. — F.

Magnifique lettre dans laquelle il sollicite sa mise à la retraite. Il explique les raisons de famille et de fortune qui le forcent à cette demande. Des circonstances bizarres peuvent mettre tout ce qu'il possède dans la dépendance d'un étranger. D'autre part il a dû élever six neveux et de telles charges ont compromis sa fortune. « Les deux points essentiels qui font l'objet de ma sollicitude sont donc de mettre mes fonds hors d'une atteinte étrangère et d'un danger à venir et de pouvoir jouir cette année d'un congé tel que je puisse remplir un vuide considérable dans mes affaires,résultat de mes nombreuses charges et qui ont presque touours rendu mes émolumens au théâtre insuffisans pour mes dépenses. Ces deux difficultés levées, la continuation de mon service auThéâtre français serait parfaitement conforme à mes désirs, à mon intérêt, comme je crois, à celui de la Comédie française... »

^ r 363 •+ TALMA (François-Joseph).

P. S., signée aussi par Saint-Fal, Demerson, Caroline Talma, Rose Dupuis, Lafon, Mademoiselle Mars, Ma demoiselle Volnais, Emilie Leverd, Tousez, Cartigny, Caroline Dupont, Mademoiselle Bourgoin, De Vigny, Monrose, Desmousseaux, Grandville, Madame Paradol, Saint- Aulaire, Mademoiselle Mante, Michelot, Menjaud, Saint-Prix, Mademoiselle Desbrosses, Baptiste aîné, Madame Thénard et Mademoiselle Devienne, appartenant tous à la troupe du Théâtre-Français; Paris, 4 février 1826, 2 p. in-4. Superbe pièce. (Coll. Dubrunfaut.)

Intéressant document, en ce qu'il présente les signatures de tous les artistes du Théâtre-Français sous la Restauration. C'est un certificat accordé au sieur Pierre-Joseph Mongellas, qui a rempli pendant trente-quatre ans au Théâtre-Français les fonctions de premier garçon et de fourrier pour les voyages.

■5- 1 364 -E- MÉZERAY (Marie-Antoinette-Joséphine), actrice du Théâtre-Français, non moins célèbre par sa beauté et ses galanteries J - ^. ^jj/j que par son talent, n. à Paris, 10 mai 1774, m. folle dans rhospice de Charenton, 20 juin 1823.

L. A. S. à Caroline Branchu (célèbre cantatrice, n. 1780, m. i85o); 1 3 septembre 1816, 1 p. in-8. — P. de la coll. Vignères.

Très jolie lettre où elle exprime ses regrets de ce que madame Branchu ne puisse venir chanter dans sa représentation de retraite. — (Joséphine Mézeray avait quitté la Comédie-Française le 1 avril précédent.)

4- 1 365 -f- POTIER (Charles-Gabriel), un des meilleurs et des plus populaires acteurs comiques de notre siècle, n. à Paris, 23 octobre 1 774, m. à Fontenay-sous-Bois (Seine), 20 mai 1 838.

L. A. S. à G. de Pixérécourt; 16 ou 17 octobre i83o,i p. 1/2 in-4. — £*•

Très belle lettre dans laquelle il discute les termes d'un traité avec le théâtre de la Gaité (dont Pixérécourt était directeur). D'après un article de ce traité, Potier se trouverait engagé pour quatre ans, tandis que l'administration du théâtre pourrait rompre avec lui après les quatre premiers mois expirés. « Vous concevez, mon bon ami, qu'à mon âge je ne puis pas me donner à l'essai. Si, d'ailleurs, vous l'aimiez mieux, nous ferons notre affaire pour quatre mois et je me trouverai dans la position d'un acteur en représentation, qui peut, à son choix, aller d'un théâtre à l'autre. » •

ARTISTES DRAMATIQUES S. vil

•j- 1 366 JOANNY (Jean-Baptiste-Bernard Brisebarre, dit), tragédien, n. à Dijon, 2 juillet 1775, m. à Paris, 5 janvier 1849.

L. A. S. au baron (Taylor); Paris, 3i janvier 1824, 3 p. in-4. Belle pièce. (Coll. Sapin.) — P.

Superbe et intéressante lettre dans laquelle il sollicite instamment son appui pour la représentation qu'il doit bientôt donner à son bénéfice au deuxième Théâtre-Français.

* i3ôj * LAFON (Pierre), célèbre tragédien, émule de Talma, qu'il fut loin

d'égaler, n. à la Linde (Dordogne), i3 septembre 1775, m. à Bordeaux, mai 1846.

L. A. S. à Gilbert Duprez (le célèbre chanteur); Paris, 1 9 décembre 1 838, 2 p. in-8. Jolie pièce.

Très belle lettre dans laquelle il sollicite son concours pour une représentation à son bénéfice. « Votre nom, Monsieur, et l'appui de votre talent, joint à celui de mademoiselle Mars et de mademoiselle Rachel, ajouteraient beaucoup à l'intérêt que peut exciter un vétéran de la Comédie française, qui fut pendant vingt-cinq années le lieutenant de l'illustre Talma. »

4- 1 368 DUCHESNOIS (Catherine-Joséphine Rafin, dite), célèbre tragédienne, n. à Saint-Saulves, près de Valenciennes (Nord), 5 juin 1777, m. 8 février 1 83 5 . L. A. S. (au baron Taylor); (Paris), 22 janvier 1828, 1 p. 3/4 in-4. (Coll. Taylor.) — P.

Très intéressante lettre où elle se plaint vertement qu'on ait changé un spectacle sans la prévenir, baron, que le spectacle avait été demandé pour lundi et que la députation du collège Charlemagneest venue deux foisetdeson propre et premier mouvement réclamer la tragédie de Phèdre. Vous devez juger quel est mon étonnement de ce troisième changement. C'est uneinjure qui s'adresse directement à moi et que je ne puis attribuer qu'à l'intrigue du théâtre... »

Vous savez. Monsieur le

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1 369 -* MARS (Anne-Françoise-Hippolyte Boutet, dite), fille de Monvel, une des plus grandes comédiennes de notre siècle, l'impeccable interprète de Molière et de Marivaux, n. à Paris, 9 février 1779, m. dans la même ville, 20 mars 1847.

L. A. S. au roi Louis-Philippe; (Paris), 16 septembre 1 83 1 , 2 p. in-fol. Légères taches. — P.

Lettre des plus remarquables où elle se plaint amèrement des injustices commises à son égard. « Le Théâtre-Français, dit-elle, manque à tous ses engagemens avec moi. Je suis malade, je demande à me retirer; on me défend de quitter la société avant un an, on me refuse mes appointements parce que ma santé ne me permet pas de jouer; je suis privée de ma pension, de mes fonds, puisqu'on me garde comme sociétaire; en cette qualité je participe chaque jour aux dettes; c'est la seule chose qu'on ne me refuse pas, mais il me serait défendu de participer aux bénéfices, si le bonheur voulait qu'il y en eût. Est-ce une position tolérable et devais-je m'attendre à de pareils procédés de la part d'un théâtre à la fortune duquel e puis dire que je n'ai pas été étrangère. » Abandonnée par le ministre, qui refuse de l'entendre, elle en appelle au roi, l'auguste protecteur du Théâtre-Français.

•5- 1370 * BOURGOIN (Marie-Thérèse- Etiennette), célèbre tragédienne, que la vivacité de son esprit caustique et de ses réparties fit comparer à Sophie Arnould, n. à Paris, 1785, m. dans la même ville, 1 1 août 1 833 . Elle fut l'élève de Talma.

L. A. S. à Joséphine Duchesnois; 22 septembre, 2 p. in-4. Jolie pièce.

Elle la félicite sur ses succès en province et sur l'éventualité de leur rentrée au théâtre. « Nous sommes bien vengées dans ce moment en voyant le pauvre Théâtre français entre les mains de cette médiocrité, et, quand ce ne serait que pour les effrayer, entretenons-les dans la crainte où ils sont de notre rentrée sur la scène française. »

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