‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 210 sur 312 · LETTRE DE MADEMOISELLE MARS · texte numérisé non relu

LETTRE DE MADEMOISELLE MARS

— FRAGMENT

Numéro 1 36g.

5o6 ARTISTES DRAMATIQUES S. vu

•j- 1 3y i -f GEORGE (Marguerite-Joséphine-Georges Weimer, dite), célèbre tragédienne, qui n'eut pas de rivale dans les rôles de reines, n. à Bayeux, 23 février 1787, m. à Passy, 1 1 janvier 1867. Son éclatante beauté lui valut les faveurs de Napoléon I. L. A. S. George Benckendorff à sa mère; Saint-Pétersbourg, 5 août 1808, 3 p. 3/4 in-4. — P.

Magnifique lettre, la plus belle qu'on connaisse de cette artiste. Elle raconte avec un orgueil naïf ses débuts à Saint-Pétersbourg dans le rôle de Phèdre. « Toute la famille impériale étoit donc pressante. On me prévien d'abord qu'il n'étoit point d'usage d'aplaudir en entrant, ainssi que cela ne me déconcerte pas. Mais au contraire, quand j'ai paru, j'ai été reçue comme à Paris, je te jure. Juge quel étonnement pour tout le monde. On applaudit jamais avant l'Empereur. C'est donc lui qui a commencé à toutes mes entrées. Juge, bonne mère, quel brillant succès. Jamais on n'en a vu un pareil. Toute la famille a envoyés chés moi pour me faire compliment. C'étoit un train dont tu ne (peux) pas le faire d'idée. L'Empereur surtout étoit en extase. S. M. l'Impératrice-mère a dit à table: J'ai été à Paris dans le tems de mademoiselle Clairon, je l'ai beaucoup suivie, mais jamais elle n'a fait sur moi l'effet qu'a produit mademoiselle George. » L'Empereur lui a envoyé une très belle plaque en diamants pour servir de ceinture. Elle a débuté à la ville avec non moins de succès. Le grand duc la voit tous les jours et l'aime comme une sœur. Elle parle ensuite de son bon Benckendorff, qu'elle aime de plus en plus, ce qui rend tout le monde jaloux de leur bonheur. Elle la charge, en terminant, de dire à Talma qu'elle l'aime toujours. — (Cette lettre peint à merveille mademoiselle George, dont les compliments intéressés du critique Geoffroy et les adulations de ses nombreux adorateurs avaient excité démesurément l'orgueil. La célèbre tragédienne avait, cette même année, quitté Paris à l'improviste, pour un motif encore inexpliqué. Elle s'était rendue à Saint-Pétersbourg, où la cour lui fit fête, comme on le voit. Elle ne rentra à Paris qu'en i8i3.)

4- 1372 -e- GEORGE (Marguerite-Joséphine-Georges Weimer, dite).

L. A. S. à Saint-Prix (le célèbre acteur du Théâtre-Français); (Paris), 12 avril 181 7, 1 p. 1/2 in-8.

Très curieuse épitre. Ayant besoin d'une somme de trois mille francs, elle s'est adressée à la Comédie-Française, ne voulant rien demander à l'autorité. Elle gourmande Saint-Prix d'avoir parlé de cette affaire à M. de la Ferté et elle le prie de ne point voir à ce sujet M. le duc de Duras. « Je n'ai jamais tenu à l'argent, mais je tiens aux procédés. Ainsi soyez bien sur que sans aigreur mais avec fermeté j'agirai pour la comédie comme elle agira pour moi... »

4- 1373 * SAMSON (Joseph-Isidore), un des maîtres les plus estimés du Théâtre- Français, le célèbre et heureux professeur de Rachel et des Brohan, auteur dramatique et poète, n. à Saint-Denis (Seine), 2 juillet 1793, m. à Paris, 28 mars 1871.

i° L. A. S. à Eugène Scribe (le célèbre et fécond auteur dramatique); (Paris), samedi 8 février 1840, 2 p. 1/2 in-8. Très jolie et intéressante pièce. — P. photographié avec signature autographe.

Curieuse épître dans laquelle il proteste énergi- S . -y ?

quement contre le bruit qui a couru que son indispo- -£<L — siy£ks^ — r2,Céé&7'U/'t£> c/J&W -^f-C^l/

sition était fictive et avait pour but de retarder la première représentation de la Calomnie de Scribe. 0 Je sais que je me dois, sans restriction, sans arrièrepensée, à tous les auteurs qui m'honorent de leur confiance, et, si je mérite leurs reproches, ce ne sera du moins que sous le rapport du talent. »

20 L. A. S. au comte Walewski; (Paris), 24 octobre 1862, 1 p. 1/2 in-fol.

Superbe lettre d'envoi de la première partie de son poème sur l'art théâtral. « Auteur et comédien, j'ai reçu de vous, à ce double titre, des témoignages de bonté dont le souvenir me sera toujours précieux. »

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