‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 211 sur 312 · S. VU · texte numérisé non relu

S. VU

ARTISTES DRAMATIQUES

± i3j4 * DÉJAZET (Pauline-Virginie), grande comédienne, que son talent inimitable, la bonté de son cœur et la vivacité de son esprit ont rendue la plus populaire des artistes de ce siècle, n. à Paris, 3o août 1 797, m. dans la même ville, 1 décembre 1 875.

L. A. S. à Frédéric Bérat (compositeur de musique et chansonnier, n. à Rouen, 18 10, m. 1 855); (Londres, 26 mai 1843), 7 p. in-4. Superbe pièce, la plus belle qu'on connaisse de Déjazet. — P.

Lettre des plus curieuses où elle raconte qu'elle a chanté à Londres la Lisette (célèbre chanson de Bérat). « La musique a été comprise, voilà tout. Mais vos si suaves paroles sont trop françaises pour eux ! Cependant il y a eu succès, mais, je vous le dis avec ma conviction, pas à la hauteur de ce que vous méritez. Il est vrai qu'hier n'était pas un jour de souscription, ce qui veut dire que la haute société n'était pas là comme les autres jours. Le public, devant lequel je suis venue chanter la bonne Lisette, ne comprenait presque pas notre langue, et l'on espère que devant l'aristocratie elle produira la prochaine fois plus d'effet. J'étais pourtant en voix et doute que je la chante jamais mieux. » Déjazet se plaint ensuite d'être restée quinze jours à Londres sans avoir reçu un seul mot de celui qu'elle aime. Elle ne peut rendre ce qu'elle a ressenti pendant ces mortelles heures. La colère, la douleur, le mépris, la haine, tout cela s'est heurté à la fois dans sa pauvre tête, et le soir, après un grand succès, elle sanglotait à son aise. La lettre qu'elle a reçue était bien froide. Sa réponse a été courte, car elle craint d'être importune. «Je sais par expérience combien l'amour malheureux est ridicule et fatiguant pour celle ou celui qui ne le partage pas... n

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