‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 220 sur 312 · HUITIÈME SÉRIE · texte numérisé non relu

HUITIÈME SÉRIE

PEINTRES ET SCULPTEURS

GRAVEURS ET ARCHITECTES

FRANCE

*- 1444 -* PILLON (Germain), illustre sculpteur, un des plus grands artistes de la Renaissance, n. à Paris vers 1 535, m. dans la même ville, 3 février 1590.

P. S. .survélin; Paris, 5 mai 1564, 1 p. in-4 oblong. Superbe pièce.

Très rare. (Coll. Boilly et Fillon.) — ■ P. de la collection Vignères.

Il déclare avoir reçu la somme de cinquante livres tournois pour un quartier d'une rente de deux cents livres tournois constituée sur l'hôtel de ville de Paris. — (Germain Pillon signait son nom, tantôt avec un seul / et tantôt avec deux.)

+• 1445 * VOU ET (Simon), peintre d'histoire, chef de l'école qui produisit Le Sueur, Le Brun et Mignard, n. à Paris, g janvier i5go, m. dans la même ville, 3o juin 1649. L. A. S., en italien, à un grand seigneur; Gênes, 4 septembre 1621, 1 p. 1/2 in-fol. Très rare.

Superbe lettre où il parle de la grave maladie de M. Cochet. Il en a été tellement affecté que MM. Doria l'ont emmené à San-Pietro d'Arena et l'ont prié de faire leur portrait. Quoiqu'il ait toujours refusé jusqu'ici de telles offres, il n'a pu, à cause de leur courtoisie, leur dire non, et il se trouve par conséquent encore retenu ici quelques jours. — (Simon Vouet était en Italie depuis 161 2. 11 habitait ordinairement Rome, mais il était venu, l'année précédente, à Gènes, sur la demande des Doria, qui lui firent peindre un Christ en croix, qui orne encore l'église de Saint-Ambroise. Il retourna à Rome peu après et rentra en France en 1627.

en ^irpt^ru^

PEINTRES ET SCULPTEURS

S. vin

+• 1446 * POUSSIN (Nicolas), un des plus grands peintres de la France, n au hameau de Vilhers, commune des Andelys, juin r5.94, m. à Rome, 19 novembre i665. P. S., survélin; Paris, 16 septembre 1641 , 1 P. in-8 oblong. Très rare. (Coll. Boilly et FMon.)—V.

Importante pièce dont voici le texte : , En la présence des notaires du Roy au Chastelet de Paris soubsianés NicoHs Poussin premier peintre ordinaire du Roy, a confessé avoir receu comptant de noble homme Charte l!Euë coSe du Roy, trésorier gênerai de ses bastimens, la somme de deux mil livres à luy ordonnée pour un bTeau de la Cène â faict par le commandement du Roy pour la chapelle de Saint-Germain-en- Lave- de laquelle Geneqail a

somme de deux mil livres ledit sieur Poussin se contente etenquite ledit sieur Lebesgue „ f

trésorier susdit, et tous autres. » -(Cette pièce est d'autant plus précieuse que les lettres VlQ>L^S Uû Ujfm^ italiennes du Poussin au chevalier del Pozzo, considérées autrefois comme autographes f" ûj

ont ete reconnues depuis peu de temps comme écrites et signées par un secrétaire.) «4*

* 1447 * GELLEE (Claude), dit Le Lorrain, illustre peintre et dessinateur, le plus grand paysagiste de l'école française, n. à Chamagne (Vosges), 1600, m. k Rome, 21 novembre 1682. Cet artiste a gravé à l'eau-forte une suite de paysages.

Lettre d'envoi de deux lignes autographes signées à M. Passart, au verso d'un très beau dessin à la plume représentant un paysage, in- 12 oblong. Superbe pièce. Très rare. (Coll. B. Fillon.)— P. Précieux autographe, car on ne connaît pas jusqu'ici, dans les collections particulières, de lettres de cet illustre artiste.

■5- 1448 DUBOIS (Jean), peintre, fils et élève du célèbre Ambroise Dubois, auquel il succéda, en 1644, comme conservateur des peintures du château de Fontainebleau, n. à Fontainebleau (Seine-et-Marne), 23 février 1604, m. dans la même ville, 1679.

P. S., signée aussi par son fils Louis Dubois, peintre du Roi (né en 1646, mort au château de Fontainebleau le 12 avril 1702), Martin Jamyn, jardinier du Roi, Saincte Jamyn, fille de ce dernier, Louis Jamyn, frère de Martin, et Gilles Paulmier, sieur d'Orgemont, ci-devant valet de garderobe du Roi; Fontainebleau, 17 septembre 1670, 3 p. 1/2 in-fol. Superbe et rare pièce.

Important document. C'est le contrat de mariage de Louis Dubois, fils de Jean, avec Saincte Jamyn. — Cette curieuse pièce donne d'intéressants détails sur la situation de fortune de la famille Dubois, qui fournit plusieurs peintres à cette école de Fontainebleau, sur laquelle on possède si peu de renseignements. Elle commence ainsi : « Furent présens Louis Dubois, peintre du Roy, demeurant à Fontainebleau, lils de noble homme Jean Dubois, peintre et vallet de chambre ordinaire de Sa Majesté, ayant l'entretenement des peintures du chastean de Fontainebleau, et de deffunte damoiselle Marie Outrebon, jadis sa femme, dudict sieur Dubois, son père, assisté à l'effect des présentes, d'une part, et Martin Jamin, jardinier du Roy et concierge de la maison de la fontaine et escuries delà Reyne au chasteau dudit Fontainebleau, y demeurant, au nom et comme stipullant pour Saincte Jamin, sa fille, et de deflunte Antoinette de Caén, jadis sa femme, à ce présente et de son consentement, pour elle et en son nom, d'autre part, lesquels en la présence, de l'advis et consentement de leurs pareils et amis cy après nommez, qui sont Louis Jamin, oncle paternel, et Gilles Paulmier, sieur d'Orgemont, cy devant vallet de garderobbe du Roy, cousin issu de germain, du même costé de ladietc Saincte Jamin, ont recogneu et confessé avoir faict et accordé entr'eux de bonne foy le traicté de mariage qui ensuit

PEINTRES ET: SCULPTEURS

S. vin

4- 1449 -5- MIGNARD (Pierre), illustre peintre de Louis XIV, rival de Charles Le Brun, ami de Molière, n. à Troyes, novembre 1610, m. à Paris, 3o mai 1695.

L. A. S. (à Edouard Colbert, marquis de Villacerf, surintendant général des bâtiments du Roi de 1691 à 1699); (Paris), 12 décembre 1693, 2 p. in-fol. Superbe et rare pièce. — P. d'Edelinck.

Magnifique lettre dans laquelle il rend compte de l'examen d'un tableau envoyé par Daniel Sarabat, élève de l'Académie de Fiance à Rome, et représentant le changement d'Io en vache. « Celuy qu'il a fait ne colore pas mal; le desseing en est fort débille; la situation du lieu, qui est propement le font de son tableau, est pressé. Il ne comprend rien de l'espasse. Pour estre dans le peis où l'on voit des palmiés, il en a fait un qui semble un panache que l'on met sur la teste d'un mulet. Il faut sur tout qui ne s'acoutume pas affaire cest drasperies de practique, voir le naturel et mesme, si ce peut, varié les estoft'es, prendre bien garde au testes. Il y a qattre femmes dans son tableau; une est veue par derire (derrière) et trois de profils. C'est les endrois qui faut varié. La décoration ni est pas obeservée. L'on ne met jamais un Meuve empied que qand il cour après Arétusze. Le chois de sont subjet est obesqure. Qui s'acoustume à fini davantage. Ils onts de si beaux tableaux qui n'i a qu'à suivre et imité. Qui voye une fois la semainne le tableau de la Sainte Cécille d'après Rafaël ou celuy de Saint Pietro in Montorio. L'on voy qui n'a dans son esperit que les peintres du temps qui sont à Rome, ce qui fait cognoistre qui néglige les ensiens... » Il lui indique ce qu'il devra écrire sur cet élève à M. delà Teulière (directeur de l'Académie de France depuis 1687). 11 cite ensuite un tableau de Carlo Maratta, si plein de nudités que le roi ne l'a pas voulu dans son cabinet. — (Cette lettre est une des plus importantes qu'on connaisse de Mignard, parce qu'elle expose les doctrines artistiques du maître. Elle est, comme on l'a vu par les précédentes citations, d'une langue et d'une orthographe des plus fantaisistes. — C'est en sa qualité de chancelier de l'Académie de peinture que Mignard examinait les envois des élèves de l'Académie de France.)

4 1450 LE NOSTRE (André), contrôleur général des bâtiments du Roi, le grand dessinateur de jardins, auquel on doit les admirables parcs de Versailles et de Trianon, la terrasse de Saint-Cloud, les jardins des Tuileries, de Clagny, de Chantilly, de Meudon, de Chaillot, de Livry et de Sceaux, n. à Paris, 12 mars 161 3, m. au château des Tuileries le i5 septembre 1700.

P. S., sur vélin; Paris, 7 octobre 168 1, 1/2 p. in-4 oblong. Très jolie pièce, avec le timbre de la généralité de Paris.

Intéressant document. Reçu de deux mille deux cent cinquante livres pour un quartier de ses gages de contrôleur général des bâtiments du Roi. — (André Le Nostre occupait cette fonction depuis l'année i65o environ.)

145 1 * PERRAULT (Claude), célèbre architecte, écrivain et naturaliste, l'auteur de la superbe Colonnade du Louvre et de l'Observatoire de Paris, frère aîné de l'illustre conteur, n. à Paris, 161 3, m. dans la même ville, 9 octobre 1688.

P. S., sur vélin ; Paris, 16 juillet 1 683, 1 p. in-8 oblong. Rare. (Coll. B. Fillon.) — P. d'Edelinck.

Reçu de la somme de quatre-vingt livres dix sous pour un semestre d'une rente sur l'hôtel de ville de Paris, dont il a hérité, conjointement avec son frère Charles, contrôleur des bâtiments du Roi, par suite du décès de ses neveux Claude et Jean Perrault, fils de Pierre Perrault, receveur général des finances à Paris, et de Catherine Lormier. — (Cet autographe est très important par sa rareté même, car presque tous ceux qu'on a attribués à Claude Perrault doivent être restitués à son frère Charles.)

1452 * LE BRUN (Charles), un de nos plus grands peintres, l'admirable décorateur de Versailles, n. à Paris, 24 février 1619, m. auxGobelins, 12 février i6qo.

L. A. S. à Monseigneur (Jean-Baptiste Colbert, surintendant général des bâtiments du Roi); Paris, 24 mai 1666, 1 p. 1/2 in-4. Très rare. (Coll. Chambry et Dubrunfaut.) — P. de Lubin.

Précieuse lettre relative au château des Tuileries. « Il est très nécessaire pour avancer les ouvrages du dedans des Tu.illeries qu'il vous plaise de donner un quart d'heure d'audiance pour résoudre toutes les choses qui sont nécessaires à y exécuter, parce que autrement l'on ne peut rien faire qu'à tâtons. Ainsi, Monseigneur, si vous agréez que j'aille à Sainct Germain pour cela, j'yray sitost que vous me le permettrez et je porteray avec moy un mémoire de tout ce qu'il faut résoudre pour aprez travailler avec toute sorte de diligence... «

Page 1