LETTRE DE PIERRE MIGNARD — FRAGMENT
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Numéro 1449.
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PEINTRES ET SCULPTEURS
S. vin
* 1453 •* LE BRUN (Charles).
L. A. S. (au ministre du grand-duc de Toscane Côme III de Médicis); (Paris), 19 avril 1 685, 2 p. in-4. Superbe et très rare pièce. — P. de Saint-Aubin.
Magnifique lettre. [I est enchanté que le portrait et les estampes qu'il a envoyés au grand-duc de Toscane soient arrivés en bon état et aient été agréables à Son Altesse. « J'aurais souaitté. que ces choses eussent esté plus dignes d'elle et répondissent davantage à toutes les grâces et aux honneurs qu'elle me faict. »
4- 1454 + PUGET (Pierre), un des plus grands sculpteurs qu'ait produits la France, n. à Marseille, 3i octobre 1622, m. dans la même ville, 2 décembre 1694.
L. A. S. (à Edouard Colbert, marquis de Villacerf, surintendant des bâtiments du Roi); Marseille, 2 1 avril 1692, 3 p. in-4. Superbe pièce. Très rare. (Coll. Boilly.) — P. de Jeaurat d'après le fils de Puget.
Précieuse lettre, dont voici le texte : « Monsieur, après vous avoir tesmoigné mes très humble respects, Monsieur de Vauvré, intandent de la marine, vous aura présanté un estact d'unne partie de marbres que j'avois vandu au Roy et qu'il me reste encorre deu depuis acès longtemps 1 835 livres i5 sols et encorre d'unne autre partie des despances faictes à un bas relief que j'ay achevé d'Alezandre et Diogénes, un ouvrage de très grande considération, selon la comune opinont, reste dû par le rolle qu'il en a esté dressé par Monsieur de Vauvré la somme de 129g livres 11 sols. Monseigneur le marquis de Louvois m'aiant donné ces avis que sa Majesté désiroit la continuation de mes ouvrages et qu'elle avoit esté très satisfaicte de mon Andromède et du Mi Ion qu'on y avoit présanté, et corne sa Majesté aime lé grande chosses, jé creu, Monsieur, de m'ocuper à quelques beaux ouvrages pour son servisse. A sette bonne intention j'ay faict venir une très belle piesse de groseur estraordinaire de marbre pour m'ocuper au servisse de ce grand preince. Je m'i suis espuisé en manière que jé beaucoup inportuné le paiement de ce qu'il més dent tant des mabres que jé fourni que des dépance pour le bas relief d'Alexandre Monsieur de Vauvré, qu'aiant mon paiement de ce qu'il mé deu je ferois les dépances qu'il me convient faire à ma grande piesse, car les grands ouvrages traînent de grands fraiz. Par ainsy, Monsieur, honnorés moi de cette grâce de me faire hordonner le paiement de quy mé deu par le moien de Monsieur de Vauvré; je pourai satisfaire aus intentions du Roy, et de prier Dieu qu'il vous conserve et suis avec beaucoup de respect, Monsieur, vostre très humble et très obéisant serviteur, P. Puget, sculpteur du Roy. » — (Cette lettre est d'autant plus remarquable que Puget y mentionne ses trois chefs-d'œuvre, Milon de Crotone, Andromède et Alexandre et Diogène. Elle resta sans réponse et le grand artiste dut renouveler sa juste réclamation et dire qu'il serait forcé de quitter la France si on ne lui payait pas ce qui lui était dû. — Cf. Rcvite des documents historiques par Etienne Charavay, t. I, p. 3 et suiv.)
^ 1455 •* NANTEUIL (Robert), notre plus célèbre graveur de portraits, n. à Reims vers 1623, m. à Paris, 9 décembre 1678. Son œuvre se compose de plus de deux cents portraits, parmi lesquels les plus estimés sont ceux de Pomponne de Bellièvre, du maréchal de Gastelnau, de la reine Anne d'Autriche, de Louis XIV, du cardinal Mazarin, du chancelier Le Tellier, de Colbert, de Loret et du duc d'Orléans.
L. A. S. à Madeleine de Scudéry (la célèbre et féconde romancière), 2 p. in-4. Superbe pièce, de la plus grande rareté. (Coll. Monmerqué et Chambry.) — P. de Romanet.
Précieuse et noble lettre où il refuse le payement du portrait de mademoiselle de Scudéry, qu'il avait gravé : « Votre générosité m'offense et n'augmente point du tout vostre gloire, du moins selon mon opinion. Une personne comme vous, à qui j'ay tant d'obligations, que je considère si extraordinairement et pour laquelle non seulement je devrois avoir fait tous les efforts de ma profession mais avoir témoigné plus de reconnoissance à touttes ses civilités que je n'ay fait, m'envoier de l'argent et vouloir me paier en princesse un portrait que je luy dois il y a si long tems, est sans doutte pousser trop loin la générosité et me prendre pour le plus insensible de tous les hommes? Vous me permettrez donc, Mademoiselle, de vous en faire une petitte réprimende, et comme vous me permettrez enco,r de chérir tout ce qui vient de vous, je prens volontiers la bourse que vous avez faitte et vous remercie de vos louis que je ne crois pas estre de vostre façon. Cependant si en quelque jour un peu moins nébuleux qu'il n'en faict en ce tems cy, vous me vouliez donner deux heures de vostre temps pour aller achever chez vous l'habit de vostre portrait, je serois ravi de me rendre ponctuel à vos ordres. J'aurois la liberté de vous expliquer plus franchement mes sentimens parce que cela ne m'attacheroit pas si fort que quand on travaille au visage et après avoir achevé de vous rendre ce petit service, je commencerois de m'estimer heureux puis que vous auriez une autre vous même près de vous qui vous persuaderoit éloquement que je suis, Mademoiselle, vostre très humble et très obéissant serviteur, Nanteuil. »
PEINTRES ET SCULPTEURS
* 1456 ~fr GIRARDON (François), grand sculpteur, élève de François Anguier, auteur du tombeau de Richelieu à la Sorbonne, un des décorateurs de Versailles, n. à Troyes, 17 mars 1628, m. à Paris, 1 septembre 171 5, le même jour que Louis XIV.
P. S., sur vélin, signée aussi par les sculpteurs Thomas Regnaudin (n. à Moulins, 1627, m. à Paris le 3 juillet 1706), Balthasar M arsy (n. à Cambrai en janvier 1628, m. à Paris, 16 mai 1674) et Gaspard Marsy (n. à Cambrai, 1629, m. à Paris le 10 décembre 1681); Paris, 16 août 1671 , 1 p. in-8 oblong.
Très intéressant document, qui porte les signatures de quatre maîtres sculpteurs qui ont travaillé à la décoration de Versailles et du Louvre. Ils reconnaissent avoir reçu la somme de trois mille livres acompte des ouvrages qu'ils ont faits dans la galerie d'Apollon au château du Louvre.
4- 1457 -5- COYPEL (Noël), célèbre peintre d'histoire et graveur, qui a décoré la
grande salle des machines du palais des Tuileries et le maître autel de l'église des
Invalides, n. à Paris, 25 décembre 1628, m. dans la même ville, 24 décembre 1707.
L. A. S. (à Edouard Colbert, marquis de Villacerf); Paris, 21 août 169G, 2 p. in-fol. — P.
Superbe lettre sur les questions de préséance à l'Académie de peinture (dont il fut directeur du i3 août 1693 au 7 avril 1699). Il donne son opinion et proteste contre les calomnies dont il est l'objet. « Je m'apperçoy, Monsieur, que des gens que je sçay qui ont eu l'honneur de vous voir ce voyage, dont les manières, composées de miel et d'absinte, m'ont attribué auprès de vous les choses qu'ils font et dont ils se lavent les mains. Je suis au désespoir, Monsieur, que l'on me fasse passer auprès de vous pour ce que je ne suis pas , et si j'ay quelque qualité désagréable à ceux qui m'en imposent, c'est d'estre trop droit et trop intègre. Je sçay que c'est le vice des honnestesgens et que la fourberie et l'imposture sont plus à la mode et plus utille pour parvenir à ces fins.
Mais je croy , Monsieur , que sy ces qualitez d'honneste homme me sont préjudiciables,elles méritent d'autant plus vostre protection. » Il se plaint ensuiteque certain officier de l'Académie affecte de manquer de convenance à son égard.
* 1458 -* LE CLERC (Sébastien), célèbre graveur et dessinateur, graveur ordinaire de Louis XIV, n. cà Metz, 26 septembre 1637, m. à Paris, 25 octobre 1714.
P. S., sur vélin; Paris, ^novembre 1681, 1 p. in-4 oblong. Très jolie et rare pièce. (Coll. Fossé Darcosse et Dubritnfaut.)
Reçu de cent cinquante livres pour un semestre de ses appointements de dessinateur ordinaire du Roi en sa manufacture des Gobelins.
PEINTRES ET -SCULPTEURS
S. vin
1459 + AUDRAN (Girard), illustre graveur, qui exécuta d'admirables planches d'après les œuvres de Charles Le Brun et de Pierre Mignard, n. à Lyon, 2 août 1(540, m. à Paris, 25 juillet 1703. CLlLi
P. S., sur vélin; Paris, 22 février 1698, 1 p. ih-8 oblong. Jolie pièce. — P. de la collection Odieuvre.
Reçu de cent huit livres six sols huit deniers acompte d'une rente de sept cent cinquante livres constituée sur les aides et gabelles.
4- 1460 s- COYZEVOX (Antoine), illustre sculpteur, dont les magnifiques productions décorent les jardins de Versailles et de Marly, n. à Lyon, 29 septembre 1640, m. à Paris, 10 octobre 1720. Il exécuta pour le parc de Marly les superbes chevaux ailés qui sont placés aujourd'hui à l'entrée du jardin des Tuileries à Paris.
P. S., sur vélin, avec deux lignes autographes; Paris, 1 mai 1696, 1 p. in-4 oblong. Superbe et rare pièce, signée Cojr^evox, qui est la véritable orthographe de son nom. (Coll. B. Fillon.) — P.
Reçu de deux cent soixante-neuf livres sept sous cinq deniers pour le premier quartier de l'année 1696, « à cause de huict cens huit livres deux sols quatre deniers d'augmentations de gages créés par édit du mois de décembre 1 69 1 . » — (Cette pièce est f 1 » t
intéressante en ce qu'elle nous montre l'orthographe que ce grand artiste, qui signa d'abord sous cette forme étrange Quoy^evaux, avait adoptée définitivement pour son nom.)
■f- 14(5 1 -f JOUVENET (Jean), célèbre peintre d'histoire, dont la fécondité égalait le talent, un des décorateurs de Versailles, n. à Rouen, i mai 1644, m. à Paris, 5 avril 1 717. Devenu paralytique à la fin de sa vie, il se mit à peindre de la main gauche et il exécuta de cette manière le plafond du Parlement de Rouen et plusieurs tableaux. P. A. S.; Paris, 12 juillet 1695, 1/2 p. in-4. Très belle et rare pièce.
Il reconnaît avoir reçu du prince de Conti (François-Louis, n. 1664, m. 1709) la somme de quatre cents livres pour une année d'arréragé d'une rente à lui constituée par celui-ci le 21 mai 1689. — Une copie du contrat est jointe à cette pièce.
4- 1462 * CLEVE (Corneille Van), célèbre sculpteur, dont les meilleures œuvres ornent le jardin des Tuileries et ceux du palais de Versailles, n. à Paris, 1645, m. dans la même ville, 3i décembre 1732.
P. S., sur vélin; Paris, 18 décembre 1686, 1 p. in-4 oblong. Très belle pièce. — P. de J.-B. Poilly.
Intéressant document. Corneille Van Clève déclare avoir reçu la somme de deux cents livres acompte d'un bassin de marbre qu'il fait pour la colonnade du petit parc de Versailles.
4 1463 -ê- HARDOUIN MANSART (Jules), illustre architecte, qui construisit les châteaux de Marly et de Versailles et le dôme des Invalides, surintendant général des bâtiments du Roi (1699), n. à Paris, 16 avril 1G46, m. à Marly, 11 mai 1708.
P. S., sur vélin, au bas d'un acte signé par Louis XIV (par le secrétaire de la main) à Ver-
sailles, le i3 février 1704; Versailles, i5 fé- /ZmAJ/j
vrier 1704, 1 p. in-4 oblong. — P. d'Edelinck. / ryVyvl
Lettres patentes par lesquelles Louis XIV accorde à Jacques Pallas la survivance de la charge de concierge de la maison joignant la ménagerie de Vincennes, « qui servoit cy devant de sérail pour divers animaux. » — Hardouin-Mansart a contresigné cette pièce en sa qualité de surintendant général des bâtiments du roi.
PEINTRES ET rSCULPTEURS
S. vin
*- 1464 -s- LARGILLIERRE (Nicolas de), célèbre peintre de portraits, dit le Van- Dyck français, n. à Paris, 10 octobre 1 656, m. dans la même ville, 20 mars 1746. i° P. S., sur vélin; Paris, 1 2 février 1 700, 1 p. in-8 oblong. — P. de la collection Odieuvre.
Reçu donné par Nicolas de Largillierre de deux cent cinquante livres pour un semestre d'une rente à lui constituée sur les aides et gabelles.
20 L. S., signée aussi par les peintres CarleVanloo et Cazes (Jacques-Pierre, n. à Paris en 1676, m. 1744) et par le graveur Lépicié
(Bernard, n. à Paris en 1698, m.
1755) (au surintendant Orry); Paris, 3i mars 1742, 2 p. in-fol.
Superbe lettre où ils demandent, au nom de l'Académie de peinture, qu'il donne des ordres pour qu'on fasse partir pour Rome les sieurs Mignot, Adam et Châles, qui ont remporté, en 1740 et en 1741, les grands prix de sculpture et de peinture. — (Les deux fac-similés montrent la véritable orthographe du nom du peintre que les biographes écrivent, à tort, Largillicrc. Ils prouvent également que ce peintre avait, comme beaucoup de ses contemporains, deux signatures distinctes, une pour les actes et une pour les lettres particulières.)
4- 1465 * COUSTOU (Nicolas), sculpteur, neveu et élève de Coyzevox, auteur du groupe la Seine et la Marne, n. à Lyon, 9 janvier 1 658, m. à Paris, 1 mai 1733.
P. S., sur vélin; Paris, 9 avril 1691, 1 p. in-8 oblong. Très jolie et rare pièce. (Coll. B. Fillon.)
Reçu donné par Nicolas Coustou de cinquante-six livres pour un semestre d'une rente à lui constituée sur les aides et gabelles en date du (5 octobre 1690.
•5- 1466 -fr RIGAUD (Hyacinthe), célèbre peintre, qui fit les portraits des rois Louis XIV et Louis XV et des plus grands personnages de son temps, parmi lesquels Bossuet, La Fontaine, Girardon, Mignard, le marquis de Dangeau, le duc d'Antin, le fondeur Keller, n. à Perpignan, 18 juillet 1659, m. à Paris, 29 décembre 1 743.
P. S.; Paris, 5 avril 1714, 3 p. in-4. Jolie et rare pièce. (Coll. B. Fillon.) — P. de la collection Odieuvre.
Signature au bas d'un acte par lequel Claude Robillard de Beaufort, contrôleur de l'hôpital établi au fort des Bains, dans la province de Roussillon, donne sa procuration à Hyacinthe Rigaud, noble citoyen de Perpignan, peintre ordinaire du Roi, pour toucher des arrérages de rentes sur l'hôtel de ville de Paris.
4- 1467 h- GHABRY (Marc), peintre et sculpteur, un des meilleurs élèves de Puget, n. à Barbantane (Vaucluse), 1660, m. à Lyon, 1727.
L. A. S. à Monseigneur...; Carrare, 3 novembre 17 14, 5 p. in-fol. (Coll. Cottenet.)
Très intéressante lettre sur ses achats de marbre à Carrare. Elle est d'une orthographe des plus fantaisistes.
S. vin
GRAVEURS ET ARCHITECTES
*- 1468 -* DREVET (Pierre), un de nos plus célèbres graveurs de portraits, élève de Germain Audran, n. à Sainte-Colombe (Isère), 1664, m. à Paris, 9 août 1738. On cite, parmi ses œuvres les plus remarquables, les portraits de Louis XIV, de Louis XV, de Nicolas Boileau-Despréaux, du cardinal de Fleury, du maréchal de Villars, d'Hyacinthe Rigaud, du cardinal de Noailles, de Girardon, etc.
P. S., sur vélin ; Paris, 5 juillet 171 1, 1 p. in-12 oblong. Pièce un peu . rv . ^é
jaunie, surtout sur les bords. (Coll. Chambry.) ~Ar%) Çj^ÔCtiZ
Document par lequel Brevet donne un reçu de la somme de soixante-dix-neuf livres // pour un semestre d'une rente constituée sur les aides et gabelles. y
4- 1469 •* MARIETTE (Pierre-Jean), graveur habile, libraire et amateur, dont la magnifique collection de dessins et d'estampes fut dispersée après sa mort, n. à Paris, 7 mai 1694, m. dans la même ville, 10 septembre 1774. Son précieux recueil de notes sur les artistes a été publié sous le titre d'Abecedari.o par MM. de Chennevières et de Montaiglon.