‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 27 sur 312 · DEUXIÈME · texte numérisé non relu

DEUXIÈME

SÉRIE

HOMMES D'ÉTAT

ET PERSONNAGES POLITIQUES

FRANCE

4- 149 -* GOUFFIER (Guillaume), seigneur de Boisy, sénéchal de Saintonge, favori de Charles VII, qui assista à l'entrevue de Jeanne d'Arc avec ce monarque, conseiller de Louis XI, n. vers 1407, m. 23 mai 1495.

L. A. S. à sa femme; ce jeudi au soir (1494), 1 p. pl. in-fol. Très-rare. (Coll. B. Fillon.)

Précieux autographe, peut-être unique. Gouffier croit avoir laissé dans sa maison la cédule du comte de Dunois, car il ne la retrouve plus. Il prie sa femme de rechercher cette pièce et de lui mander ce qui en est, « car, dit-il, j'an suis an grant" mérancollie pour ce que je la voulloye faire aprouver à madame de Dunoues, qui est ycy, et à ses serviteurs qui y sont. » 11 mande que son fils Artus (plus tard grand-maître de France) part pour la guerre. Il lui a conseillé de prendre pour capitaine M. de Piennes ou M. de Saint-André. Il se plaint de souffrir de la colique et de la gravelle.

-y i5o -* BRIÇONNET (Guillaume, cardinal), archevêque de Reims, puis de Narbonne, premier ministre de Charles VIII, m. à Narbonne, 4 décembre 1 5 14.

L. S. à Monseigneur. . .; Rome, 8 juillet (1507), 1 p. 1/2 in-fol. Légères taches d'eau. — P.

Pièce historique. Le Saint-Père conseille au Roi de prendre garde aux Gibelins de Lomhardie. Détails sur le dernier consistoire. « J'ay grant regrect au tvespas de monsieur révérendissime de la Trémoille (Jean, archevêque d'Auch et de Poitiers, mort quelques jours après son élévation au cardinalat) et à l'allée de monsieur de Bayeulx (René de Prie, évêque de Bayeux depuis 1498, récemment nommé cardinal), et au retardement de monsieur le cardinal dAlbi (Louis d'Amboise, évêque dAlbi depuis 1497, récemment nommé cardinal), où vous supplie qu'il y soit fait une fin en quelque façon... » Il attend la venue du cardinal de Clermont (François-Guillaume de Castelnau, cardinal de Clermont-Lodève, archevêque de Narbonne, alors ambassadeur de Louis XII à Rome.)

4- 1 5 1 -s- DUPRAT (Antoine), cardinal, premier président du Parlement de Paris, chancelier de France, ministre de François I, négociateur du Concordat avec Léon X, n. à Issoire (Puy-de-Dôme), 17 janvier 1463, m. 8 juillet r 535.

L. S., avec la souscription autographe, au vicaire de Rouen; Paris, i3 novembre, 3/4 de p. infol. Déchirure et raccommodage. (Coll. B. Fillon.) — P.

Il le charge de faire restituer ;iu légat d'Avignon la somme de j5 livres tournois à laquelle celui-ci a été imposé « pour la pension qu'il a sur l'abbaye de Sainct Vandrille », car les cardinaux sont exempts du décime levé sur le clergé.

HOMMES D'ÉTAT

4-i52-5- HOSPITAL (Michel de L'); chancelier de France, un des plus grands hommes d'Etat du seizième siècle, n. à Aigueperse (Puy-de-Dôme), vers i5oy,m.àBelesbat (Seine-et-Oise), i3 mars i5j?>.

P S., sur vélin; 7 octobre 062, 1/2 p. in-fol. oblong. — P. de Marcenay avant la lettre.

Il certifie qu'Antoine Fumée a servi en qualité de conseiller du Roi pendant les mois d'avril à septembre i56a et ordonne au receveur Antoine Salomon de payer au dit Fumée les gages qui lui sont dus.

4- 1 53 ■* LORRAINE (Charles de Guise, cardinal de), archevêque de Reims, premier ministre du roi François II, n. à Joinville , 17 février 1524, m. à Avignon, 26 décembre 1 574.

P. S., signée aussi par Claude de Lorraine (duc de Guise, père du cardinal, n. 1496, m. i55o), François Olivier (chancelier de France, n. 1497, m. i56o), et Jacques d'Albon de Saint-André (maréchal de France, n. i5o5, tué à la bataille de Dreux en i5Ô2), contresignée par Guillaume Bochetel (secrétaire de François I. m. 1 558); Lyon. 8 septembre 1 548, 7 p. in-fol. (Coll.B.Fillon.) — P.

Important document historique. Mémoire des mem- ] //* bres du Conseil du Roi J r~~

bassadeurs de France en Suisse, relativement au renouvellement du traité conclu par François I en i52i aveclesliguessuisses.

« Au surplus le Roy entend que audit traicté qui se fera soient pris les titres de duc de Millau et conte d'Ast, etc. Et ne sauront lesdita seigneurs des ligues faire en cela par raison aucune difficulté, comme il est tout notoire, car ledit seigneur en plus fortz termes seuffre au Roy d'Angleterre es traictez qu'il faict avecques luy qu'il s'intitule Roy de France et d'Angleterre, et le prince de Piémont s'intitule tous les jours conte d'Ast... »

— (Le nouveau traité avec les ligues suisses fut signé à Soleure le 7 juin 1549).

4 1 54 * JEANNIN (Pierre), président au Parlement de Dijon, un des meilleurs diplomates de son temps, n. à Autun, 1540, m. 3i octobre 1622.

L. S., avec la souscription autographe, au maréchal de Bouillon; Paris, 23 janvier 1622, 1 p. 1/2 in-fol., cachet. (Coll. Pécard.) — P. de Lubin.

Lettre fort remarquable, où il expose au duc les dangers que la guerre fait courir à l'Etat et le conjure de s'entremettre pour la conclusion de la paix, a Vous estes seigneur de grande qualité, doué d'une grande prudence et de créance parmy ceux de la religion prétendue réformée. Exhortez-les, s'il vous plaît, de se mettre en debvoir de rechercher la paix avec submission et à des conditions que la grandeur du Roy puisse souffrir et acorder, qu'ilz considèrent qu'en faisant du mal à l'Estat ilz y trouverront enfin leur ruyne entière et par la paix il y aura de la seureté et du repos pour un chacun. Vous les pouvez bien assurer que ce que Sa Majesté accordera sera religieusement observé. » Il termine en s'offïant pour aider, de son côté, à l'accomplissement de cette tâche.

S. ii

ET PERSONNAGES POLITIQUES

-s 1 55 * VILLEROY (Nicolas de Neufville, seigneur de), ministre des affaires étrangères sous les rois Charles IX, Henri III, Henri IV et Louis XIII, négociateur de l'absolution et du mariage de Henri IV, auteur de Mémoires, n. 1542, m. à Rouen, 12 novembre 161 7.

L. A. S. au roi Henri IV; Conflans, 20 avril 1601, au soir, 2 p. in-fol. — P.

Importante lettre historique où il parle longuement des intrigues du duc de Savoie et du Pape qui veulent engager les Espagnols à s'emparer de la ville de Genève. Il ne croit pas à la réalisation de ce projet, car le Pape a trop peur que le rot ne s'en formalise. « Sa Sainteté cognoist trop bien aussi le courage de s> vostre Majesté pour le prometre, estant ladite ville prise, de vous faire ^ •/'

passer ceste plume par le bec sans la sentir. » Il a écrit au cardinal d'Ossat de s'opposer à l'érection de l'évêché de Nancy, qui serait préjudiciable aux évêchés de Metz, Toul et Verdun. — (Ce fut seulement plus d'un siècle et demi après, en 1777, que Nancy devint un évêché.)

*- i56 * GUISE (Henri I de Lorraine, duc de), dit le Balafré, chef de la ligue, lieutenant-général du royaume (14 août 1 588), n. 3i décembre i55o, assassiné à Blois, par ordre de Henri III, le 23 décembre i588.

L. S., avec la souscription autographe (au duc de Savoie Emmanuel Philibert); Paris, 6 août 1577, 1/2 p. in-fol. (Coll. de la marquise de Barol, avec notice autographe de Silvio Pellico.) — P.

Lettre de créance pour un gentilhomme qu'il charge de passer à Turin et « de vous baiser très humblement les mains de ma part et asseurer que vous n'aurez jamais parent qui vous soit plus serviteur que moy... »

■3- 1 57 -f THOU (Jacques-Auguste de), célèbre homme d'Etat et historien, un des principaux rédacteurs de Fédit de Nantes, n. à Paris, 8 octobre r 553, m. dans la même ville, 7 mai 1617.

L. A. S. à Villeroy; Sedan, 10 mars 16 14, 1 p. pl. in-fol. (Coll. Pe'card.) — P. de Lubin.

Pièce historique relative à sa mission auprès du prince Henri II de Coudé et du duc de Bouillon (qui étaient brouillés avec la cour). Il est arrivé le 8 du présent mois et il a présenté au prince (de Condé) la lettre de la Reine en

réponse à la lettre du 19 février, comme à la proie et au jubilé ans passés ont engendré en ce roiaume. Dieu nous fasse la grâce de n'y plus rentrer, » Il insiste ensuite sur l'absolue nécessité d'obtenir une très prompte réponse pour le fait de l'armement.

« Vostre courier a veu et oui ici des fols sans nombre qui y abondent de toutes parts Ce sont les reliques des mauvaises humeurs que les guerres civiles de cinquante

•5- 1 58 ^ SERVIN (Louis), avocat général au Parlement de Paris (1589-1626), ardent défenseur des libertés de l'Eglise gallicane, n. en Vendômois, 1 555, m. subitement à Paris, aux pieds de Louis XIII, pendant une séance d'un lit de justice, le 19 mars 1626.

L. A. S. à Du Plessis-Mornay, à Saumur; 2 septembre i5c*3, 1 p. 1/2 in-fol., cachet. (Coll. Gauthier-Lachapelle.) — P. d'Odieuvre. „ *.

Intéressante lettre sur un procès intenté à Du Plessis-Mornay. Demande de rensei^ gnements qui sont nécessaires pour confondre les demandeurs. Agissements de ceux-ci. n Mais, dit Servin, je leur ay esté et seray une espine au doigt pour empescher qu'ilz ne facent des schismes entre les serviteurs du Roy, et leurs coups ne pourront percer ne piquer, s'il plaist à Dieu. »

HOMMES D'ÉTAT

* r 5g •* SULLY (Maximilien de Béthune, duc de), le grand ministre de Henri IV, n. au château de Rosny (Seine-et-Oise), i3 décembre i56o, m. au château deVillebon (Eure-et-Loir), 22 décembre 1641.

L. A. S. à Villeroy; Saint-Maixent, 17 septembre 1 6 1 5 , 1 p. in-fol. — P. de Marcenay.

Précieuse lettre historique, dont voici le texte : « Monsieur, vous me conviés par vos lettres à bien servir le Roy et l'Estat et que tous les gens de bien croient que je n'y manqueray pas, sur quoy je vous diray que j'y suis entièrement disposé, mais l'on a laissé réduire les affaires à tel point qu'il fault autre chose que des désirs et des parolles pour y parvenir et que si l'on ne met les mains à l'euvre promptement et à bon escient, les choses empireront infiniment en peu de temps, et desjà plusieurs uuées s'assemblent et d'autres se forment, lesquelles esclatteront plus dangereusement que l'on ne pense s'il n'y est remédié de bonne sorte, et faut aporter une grande prudence et patience pour bien apliquer les remèdes proportionnés au temps, aux personnes et à l'estat présent des affaires, et ceux qui projettent d'y mettre ordre par auctorité et par la force seulement ne congnoissent pas bien le péril et touttes les dificultés. Je ne dis point cecy pour intimider personne, car l'effet fera voier qu'il y a encor pis que je ne dis. Si de mes advertissemens il n'en arive autre profit, au moins aurai-je deschargé ma consience et rendu ce que je doibs à leurs Majestés et à ma patrie, la conservation de l'auctorité et tranquilité desquels me sont plus chères que ma propre vie. Vous qui savés et avés

veutant de choses, saurés bien supléer à ce qu'il y aura de trop général ou -^i™»),».

trop concis en mes propositions. Je vous baise les mains et prie Dieu f , " ^^"^s

qu'il vous conserve. De Saint-Mexent, ce xvn septembre 1 6 1 5. » -"'^ t

4- 160 * ANCRE (Concino Concini, marquis d'), favori de la reine Marie de Médicis, qui le créa maréchal de France (1614) et lui laissa la direction des affaires de l'Etat, n. à Florence, dans la seconde moitié du seizième siècle, assassiné au Louvre, par ordre de Louis XIII, le 24 avril 1617.

P. S., sur vélin; 3o septembre 1616, 3/4 de p. in-4 oblong. (Coll. Pécard.) — P. de Moncornet.

Reçu de 873 livres pour un quartier de ses gages de premier gentilhomme de la chambre du Roi.

■3- 161 ■+ JOSEPH (François Leclerc du Tremblay, dit le Père), le célèbre confident du cardinal de Richelieu, n. à Paris, 4 novembre 1577, m. à Rueil, 18 décembre 1 638.

L. A. S. (au cardinal de La Vallette, alors général en chef de l'armée d'Allemagne) ; Rueil, 20 juillet ( 1 63 5), 3 p. in-fol. (Coll. Charles de Halm.J — P. de Claude Mellan.

Pièce historique où il lui transmet la pensée qui est venue au cardinal de Richelieu sur la difficulté qui se pourrait rencontrer dans l'esprit du duc de Weimar sur le sujet des rangs. « Pour ce qui regarde l'ordre de la guerre, déjà le dit duc s'estant trouvé avec nos généraux n'apportera pas de différence avec votre Eminence sur ce point. L'affaire regarde la dignité de cardinal... » M. de Feuquière fera tous ses efforts pour amener le duc à céder au cardinal, mais, dans le cas où il n'y réussirait pas, Richelieu s'en remet à lui, sachant qu'il comprendra combien il importe d'attacher le duc au parti du Roi. Nouvelle de l'heureux succès remporté dans la Valteline (par le duc de Rohan sur les Allemands). « Nous ne sçavons rien du tout de Flandres avec certitude. M. de Savoye a signé le traité (conclu à Rivoli le 1 1 juillet) ; l'on va bien commancer en ce pais là. Vous avés en partage la plus difficile action et la plus glorieuse, de laquelle je souhaite à votre Eminence l'heureuse issue que la nécessité du bien public requiert...»

— (La Vallette commandait l'armée d'Allemagne avec le duc de Saxe -Weimar.)

ET

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