‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 28 sur 312 · POLITIQUES · texte numérisé non relu

POLITIQUES

-s 162 MOLÉ (Mathieu), premier président du Parlement de Paris (1641), qui s'illustra par son courage pendant la Fronde, garde des sceaux (i65i), n. 1584, m. à Paris, 3 janvier t 656.

L. A. S. à Monseigneur (le cardinal Mazarin); samedi quatre heures (avril 1 6 5 3) , 2 p. in-fol. (Coll. Chatectugiron.) — P.

Superbe lettre sur les privilèges de sa charge de garde des sceaux. Il vient d'apprendre que son Eminence jugeait que, sans préjudice du droit au principal, il devait laisser par provision au chancelier (Pierre Seguier) la distribution des instances et la réception des serments de conseiller d'Etat et des maîtres des requêtes et conserver les foi et hommage des autres serments. Il souscrit à cet ordre, « me promettant qu'à la fin elle recognoisti a la justice de la possession en laquelle ont esté ceux qui ont possédé la charge de garde des sceaux et, cela estant, elle estimera davantage ma soubmission et mon obéissance. »

*- 1 63 * RICHELIEU (Armand-Jean Du Plessis, cardinal de), le grand ministre de Louis XIII, fondateur de l'Académie française (1634), n. à Pans, 5 septembre 1 585, m. dans la même ville, 4 décembre 1642.

L. S. (à Charles de La Porte, marquis de La Melleraie, n. 1602, maréchal de France en 1639, m, 1664); Abbeville, 24 juin 1639, 1 p. 3/4 in-fol. Légères taches. (Coll. Pécard.) — P.

Lettre des plus curieuses où il lui donne de sages conseils pour garder ses lignes contre les entreprises des ennemis. « Je doibz les bons succez que j'ay eus en ma vie, premièrement à la bénédiction de Dieu, et en second lieu au soin que j'ay eu de prévenir les mauvais accidents, et à une certaine prudence peut estre timide, mais utile en ce que> m'empeschant.de me persuader que je fusse à couvert si ne pleuvant pas dans ma chambre une gouttière pouvoit remplir d'eau mon cabinet, elle a fait que je n'ay pas oublié de bien faire couvrir l'un et l'autre, n II ne doute point qu'Hesdin ne soit bientôt pris. — (Hesdin se rendit , le 29 juin, à LouisXIII qui donna le bâton de maréchal à La Melleraie.)

-5- 164-5- MAZARIN (le cardinal Jules), le premier ministre de Louis XIV, n. à Rome, 14 juillet 1602, .m. au château de Vincennes, g mars 1 661 .

L. S., avec la souscription et vingt-cinq lignes autographes, au maréchal de Gramont (Antoine, n. 1604, m. 1678), ambassadeur extraordinaire en Allemagne; Stenay, 20 juillet 1657, 2 p. 1/2 infol., cachets et soies. — P. de Nanteuil.

Pièce historique où il lui donne des instructions pour gagner à la cause de la France les électeurs de Cologne et de Trêves et l'électeur palatin. « Nous n'avons pas d'argent, mais quand je devrois vendre ma vaisselle et engager tout ce que j'ai, vous n'en manquerez pas pour cette affaire, pourveu qu'on soit asseuré qu'il sera bien employé, car pour le plus ou le moins, il ne faut pas perdre l'occasion d'acquérir ledit sieur électeur. » Dans le post-scriptum autographe, Mazarin insiste encore sur ce fait : « Je vous réplique que l'argent pour ayder au bon succès de vostre négotiation sera fourny, quand je devrois pour cela rester en chemise, mais il faut estre asseuré que ce que on y emploiera produise l'effet que nous souhetons, car il ne seroit pas trop plaisant de donner des grandes sommes pour rien, et c'est allors que on meteroit au burlesque le cardinal et ses ambassadeurs... » Il parle ensuite du siège de Montmédy. On dit que Marsin vient au secours de cette ville,

HOMMES D'ÉTAT

— (La diète électorale allait s'ouvrir à offrir cette couronne à Louis XIV et,

mais on ne croit pas qu'il réussisse dans ses projets. Détails sur les travaux du siège. Francfort pour élire un successeur à l'empereur Ferdinand III. Mazarin voulait faire à cet effet, il essayait d'acheter les électeurs les plus influents. Il ne réussit pas dans cette entreprise, et Léopold, fils du défunt empereur, fut élu le 3i juillet i658. (Voir la lettre d'Hugues de Lionne.) — Montmédy, assiégé depuis le il juin par les troupes royales, fut pris le 7 août.

Le comte de Marsin avait quittéleserviced. la France pour suivre le grand Condé.dontil étaitalors un des meilleurs lieutenants.)

4~ 1 65 + LIONNE (Hugues de), le célèbre ministre des affaires étrangères sous Louis XIV, négociateur de la paix des Pyrénées (1657), n. à Grenoble, 11 octobre 161 1, m. à Paris, 1 septembre 167 1.

L. A. S. (au cardinal Mazarin?); Francfort, 26 mars 1 658, 1 p. pl. in-fol. (Coll. Chambry.) — P.

Importante lettre historique sur les agissements du roi de Hongrie (Léopold, fils du feu empereur Ferdinand III), qui, aux portes de Francfort, avait signé un traité avec l'électeur de Brandebourg (Frédéric-Guillaume, dit le Grand) pour la rupture contre la Suède. Ce sont les Espagnols qui ont suggéré ce moyen d'attaquer les alliés de la France, prévoyant bien que celleci ne les abandonnerait pas. « Il faut advouer que c'est un acte de grande audace qu'aux portes de Francfort et avant qu'avoir eu la couronne impériale, sçachant que la plupart des électeurs n'ont rien tant à cœur ny aucun intérest si pressant que de maintenir la paix dans l'Empire, ils osent la bouleverser de fonds en comble. Peut-être l'ont-ils fait, pensant par là arrester le roy de Danemark (Frédéric III, roi depuis 1648) à ne passer pas outre à l'exécution de la paix ayec la Suède et que, quand ils sçauront que cette exécution se fait tous les jours et que le roy de Suède (Charles-Gustave X, roi depuis 1654) sera bientost libre de toute cette affaire, ils n'exécuteront pas eux-mesme ce qu'ils avoient résolu. » — (La diète électorale était réunie à Francfort depuis le mois d'août 1667 pour élire un successeur à l'Empereur Ferdinand III. Mazarin avait en vain essayé de faire nommer Louis XIV, et, en désespoir de cause, avait proposé la couronne à l'électeur de Bavière. Mais le parti hostile à la France fit élire, le 3i juillet 1 658, le roi de Hongrie, Léopold I. — Voir la lettre du cardinal Mazarin, n» 164.)

* 166 -* FOUGQUET (Nicolas), surintendant des finances de Louis XIV, célèbre

par son faste, par son amour pour les lettres et par son éclatante disgrâce, n. à Paris,

161 5, m. dans la forteresse de Pignerol, 23 mars 1680.

L. A. S. (au cardinal Mazarin); 19 juin 1654, 1 p. in-4. (Coll. de Biencourt.) — P. de Claude Mellan-

Très belle lettre où il lui exprime toute sa gratitude pour les obligations que lui et ses frères ont au cardinal. « Aussi puis-je asseurer vostre Eminence que ma reco- > gnoissance en mon particulier est toute entière et T'iP-f ^Vvwi ^~Ùl- fe/ ■*"r^r/%t**>r\ Çtelle que vostre Eminence doibt estre persuadée ' qu'elle disposera tousjours et de ma vie et des biens qu'il luy a pieu me procurer... »

-y 167 + COLBERT (Jean-Baptiste), le grand ministre de Louis XIV, n. à Paris,

29 août 1 6 1 9, m. à Paris, 6 septembre 1 683.

L. A. S. à. . . .; Fontainebleau. 4 octobre 1679, 1 p. in-4. (Coll. Charles de Halm.) — P.

Belle lettre où il exprime le désir de savoir promptement « les noms de toutes les reynes de France depuis le roy Jean jusques à présent, leurs maisons, le jour de leurs mariages, comme elles sont toutes estrangères, en quels lieux les cérémonies de leurs mariages ont esté célébrées, si elles ont esté mariées dans leur pays ou si elles sont venues en France sans estre mariées; si elles ont esté mariées dans leur pays, les noms des grands seigneurs du royaume qui les ont espousé pour les roys ou pour les dauphins ; si elles ont esté mariées en France, en quels lieux elles l'ont esté. » — (Colbert demandait ces renseignements à l'occasion du mariqge projeté entre le dauphin fils de Louis XIV et Marie- Anne- Christine de Bavière, mariage qui fut conclu le 3o de'cembre suivant.)

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