‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 29 sur 312 · LETTRE DE COLBERT · texte numérisé non relu

LETTRE DE COLBERT

Numéro 167.

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HOMMES D'ÉTAT

4- 168 ■+ CINQ-MARS (Henri Coiffier de Ruzé d'Effiat, marquis de), grand écuyer de France, favori de Louis XIII, ennemi de Richelieu, contre lequel il conspira, n. 1620, décapité à Lyon le 12 septembre 1642.

P. S.; Paris, 3 janvier 1 641 , 1/2 p. in-4. Rare. (Coll. Gauthier-Lachapelle.) — P.

Certificat constatant que Gilles Legalis est employé dans les écuries du Roi.

169 ■* LOUVOIS (François-Michel Le Tellier, marquis de), fils du chancelier Le Tellier, célèbre ministre de la guerre sous Louis XIV, n. à Paris, 18 janvier 1639, m. à Versailles, 16 juillet 1691.

L. S., avec sept lignes autographes, à Mansart (surintendant des bâtiments du Roi); Condé, 2 mai 1684, 1 p. pl. in-fol. Un peu rognée dans une marge.

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« Je verray avec plaisir à mon retour le modèle des vases que / L-^x~-~^

vous proposez de mettre dans le parterre de la grotte. » 11 dit

ensuite qu'il a vu chez Coyzevox le profil du vase que Mansart lui a donné.

* 170 i- FLEURY (André-Hercule, cardinal de), évêque de Fréjus, précepteur et premier ministre de Louis XV, n. à Lodève (Hérault), 22 juin 1 65 3, m. à Issy (Seine), 29 janvier 1743.

L. A. S. au marquis d'Ormea (premier ministre du roi de Sardaigne Charles-Emmanuel III); Issy, 7 janvier 1734, 1 p. in-4. Un peu jaunie dans le bas. — P.

Pièce historique où il !e félicite sur la prise du château de Milan (faite par les Français et les Sardes le 3o décembre 1 733). Il le prévient qu'on trouve généralement que le roi de Sardaigne (Charles-Emmanuel III) se tient trop enfermé dans son cabinet. « Nos officiers qui sont accoutumés à faire leur cour trois ou quatre fois par jour à leur maître, et qui se louoient infiniment pendant la campagne du libre accès que le roy de Sardaigne leur

permettoit, le trouvent aussi un peu trop renfermé depuis qu'il est à Milan. y yy ^ *

De nouveaux sujets doivent être amusés par des spectacles et par des plai- yji { jZt> tr-J) r/ S-^h-xL^^C^T^ 1^

sirs...» — (La France s'était alliée à la Sardaigne le 27 septembre 1733 pour C-^> — \^tx~rC/~ " y

faire la guerre à l'Autriche.)

■5 171 ■:- DUBOIS (Guillaume, cardinal), archevêque de Cambrai (1720), le trop fameux premier ministre du Régent, membre de l'Académie française (1722), n. à Brives-la-Gaillarde (Corrèze), 6 septembre i656, m. à Versailles, 10 août 172J.

L. S. au contrôleur général (le marquis d'Herbault); Versailles, 19 avril 1723, 1 p. 1/2 in-4. (Coll. Charles de Halm.) — P. d'Odieuvre.

Très curieuse lettre. « J'ay acheté la bibliothèque de M. Law (le fameux financier) et ceux qui l'ont enchéri pour moy l'ont porté un tiers plus haut que je ne désirois. On veut de plus que je paye par dessus le prix de l'adjudication les frais qui ont été faits pour l'estimation et prisée des dits livres, pour leur transport, le loyer de la maison où ils ont été gardés, et autres /-y /\/ frais dont on m'a parlé d'abord comme devant monter à trois zy^~P\^ i^fârf^L ou quatre mille livres... » Il a appris que ces frais étaient portés ' à un prix bien plus considérable et il remet ses intérêts entre les mains du contrôleur général.

-> 172 -s- AGUESSEAU (Henri- François d1), procureur général au Parlement de Paris, chancelier de France, n. à Limoges, 27 novembre 1668, m. à Paris, 9 février 175 1 .

L. A. S. au président Hénault (le célèbre historien); Fresne, 18 avril 1727, 7 p. 3/4 in-4. (Coll.

Boilly.) — P. de Vangelisty.

Lettre des plus remarquables où il lui fait de judicieuses remarques sur le manuscrit de son Abrégé historique de l'Histoire de France. Le style de la préface ne lui paraît pas simple et naturel comme celui du reste de l'ouvrage. 11 ne faut pas écrire pour soi-même, mais comme si on était sous les yeux d'un juge sévère. Il regrettera peut-être un jour de ne pas avoir

S. ii

ET PERSONNAGES POLITIQUES

donné à son livre une forme plus intéressante et plus conforme au goût commun des hommes. La rédaction par demandes et réponses doit être supprimée ; elle est bonne pour des enfants et non pour des hommes. Or c'est à ces derniers que son ouvrage s'adresse. « Despréaux avoit raison de dire que le plus grand défaut d'un livre estoit de ne pouvoir estre Ieu, et ce seroit en vérité un grand dommage que vous eussiés pris tant de peines pour vous seul, sans que le public pût partager un jour avec vous le fruit de vos veilles, quoique ce soit cela seul qui puisse en estre le digne objet et le véritable prix des travaux d'un magistrat... » — (Hénault tint compte des observations de d'Aguesseau et abandonna les questions et les réponses ; il publia son ouvrage en 1744.)

*- 173 + LAW (Jean), célèbre financier, créateur de la fameuse banque qui porte son nom, n. à Édimbourg (Ecosse), 1671, m. à Venise, 1729.

L. S. à Le Bret (intendant de Provence), à Aix; Paris, 12 mars 1720, 1 p. 1/2 in-fol. — P.

Envoi d'une déclaration du roi, en date du 11 mars, ordonnant la diminution du prix de toutes les espèces et matières d'or et d'argent. Ordre de la faire publieret afficher le plus promptement possible dans les villes et paroisses de son département et de veiller à son exécution. — On a joint un billet de la banque de Law.

4- 174 * ORLEANS (Philippe, duc d'), régent de France pendant la minorité de Louis XV, n. à Saint-Cloud, 2 août 1674, m. à Versailles, 8 décembre 1723.

L. S. au roi de Sicile (Victor-Amédée II); Paris, i5 mars 1716, 2 p. in-4, cachets et soies. (Coll. de la marquise de Barol, avec notice autographe de Silvio Pellico.) — P.

Il lui recommande le sieur Capelle, commissaire des guerres, neveu de Maréchal, premier chirurgien du Roi, qui a un procès au Conseil souverain de Turin.

*- 176 * DUPLEIX (le marquis Joseph-François), l'illustre gouverneur général des Indes françaises, disgracié en 1754, n. à Landrecies, 1 janvier 1697, m. à Paris, 1 i novembre 1 763.

P. S.; Pondichéry, 12 février 1753, 1 p. 1/2 in-fol., cachet armorié. — P.

Légalisation de la signature du frère Sébastien de Nevers, capucin, missionnaire apostolique, seul curé de Pondichéry. La signature dudit curé est apposée au-dessous de la copie de l'acte de baptême d'un fils de Pierre du Bausset, \ employé supérieur de la Compagnie des Indes, nommé Pierre-Joseph, et né le 29 . décembre 1744. — (Ce Du Bausset eut un . autre fils, Louis-François, né le 14 décembre 1748, qui devint cardinal et fut l'historien de Bossuet et de Fénelon.)

HOMMES D'ÉTAT

* 176 -s- BERNIS (François- Joachim de Pierre, cardinal de), poète et bel esprit, ministre des affaires étrangères (1756), ambassadeur à Rome, membre de l'Académie française, n. à Saint-Marcel (Ardèche), 22 mai 1 715, m. à Rome, 1 novembre 1794.

L. A. S. à la présidente de Meinières; Albi (dont il était archevêque depuis 1764), 12 mai 1766, 1 pr 3/4 in-4. — P. de Saint-Aubin.

Charmante épître. « Puisque mes lettres, Madame, font un si bon effet sur Madame Doublet et que vous estes chargée d'y répondre, je ne serai plus si paresseux. Je vous prie de lui dire, Madame, que certainement rien ne peut remplacer dans mon cœur le piaisir de sa société, ni la douceur qui est attachée à la jouissance de son amitié ; qu'ainsi, si des raisons supérieures ne prolongeoient pas malgré moy mon absence, je serois le plus assidu de ses paroissiens... » — (Madame Doublet tenait, à Paris, dans un appartement extérieur du couvent des filles Saint-Thomas, un salon où se réunissaient nombre de gens d'esprit et où s'élaboraient les nouvelles à la main avec lesquelles Bachaumont a composéses Mémoires.)

* 177 -* CHOISEUL (Etienne-François, duc de), le célèbre premier ministre de Louis XV (1758- 1770), n. 28 juin 1 7 19, m. en mai 1785.

L. A. S. au marquis (de Monteynard?) ; Compiègne, 3o juillet 1770, 3 p. 1/2 in-4. — P-

Intéressante lettre sur les prétentions de la gendarmerie. 11 croit qu'on n'en viendra à bout qu'en sévissant contre une partie des officiers supérieurs. « Je crois que vous penserés aussy qu'il ne faut pas retatoner, car j'ai remarqué que les cris, les intrigues, les considérations augmentent par le tatonage, et le succès est d'autant moins certain... » Il espère que la disette va cesser en Lorraine et il parle des mésaventures conjugales du prince de Monaco. — (Le duc de Choiseul fut exilé le 24 décembre de la même année. Les réformes projetées par lui sur la gendarmerie furent ajournées et ce ne fut qu'en 1777 que Louis XVI supprima toutes les compagnies de gendarmerie, à l'exception de celle des gendarmes écossais.)

4- 178 -* MALESHERBES (Chrétien-Guillaume de Lamoignon de), premier président de la cour des Aides, directeur de la librairie, ministre de Louis XVI, qu'il défendit devant la Convention, membre de l'Académie française (1775), n. à Paris, 6 décembre 1721, décapité dans la même ville le 22 avril 1794.

L. A. S. (à Voltaire); Paris, 7 août 1 75 1 , 2 p. 3/4 in-4. Très légère déchirure, — P. de Bonneville.

Superbe lettre. « J'aurois cru, Monsieur, rendre un bien mauvais service à ma nation si je ne m'estois pas pressé à laisser paroître les ouvrages d'un homme qui luy fait tant d'honneur. Madame Denis vous a mandé sans doute une petite difficulté que j'ay faite sur un passage qui pouvoit déplaire à un homme plus que nonagénaire. Je m'estois bien douté que vous n'insisteriés pas et je ne crois pas que vous me désapprouviés. Je dois dire, à l'honneur de M. de Fontenelle, que, malgré la foiblesse de l'âge, il n'y a pas paru plus sensible qu'on ne doit l'estre à une simple plaisanterie. Ce sont ses amis qui s'en sont scandalisés pour luy. » Il parle ensuite du projet que lui a proposé Voltaire de réimprimer les classiques français. Ce projet a déjà été exécuté en partie par les libraires, qui ont donné des éditions de Racine et de Boileau et qui préparent un Corneille. Quant aux remarques sur la langue et le goût, elles n'auraient pas un grand débit à Paris, « à moins qu'elles ne fussent ornées d'un

nom qui les rendît s7 / s?

aussi précieuses // / S?

que le texte, c està-dire à moins qu'elles ne parussent au moins dirigées et retou chées par M Voltaire. »

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+• 179-:- TURGOT (Anne-Robert-Jacques), célèbre économiste, ministre de Louis XVI, un des plus grands hommes d'État de la France au dix-huitième siècle, n. à Paris, 10 mai 1727, m. dans la même ville, 20 mars 17S1.

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