‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 30 sur 312 · LETTRE DE TURGOT A LETOURNEUR · texte numérisé non relu

LETTRE DE TURGOT A LETOURNEUR

HOMMES D'ÉTAT

L. A. S. (à Letourneur, traducteur de Shakespeare); lundi matin, i p. 1/2 in-4. — P. de Massart.

Belle lettre d'envoi des poésies de Gray. « Je les ay gardéès longtems parce que j'ay voulu essayer de traduire l'ode sur le collège d'Eton ; mais, malgré le tempérament que j'étois obligé de mettre à chaque ligne à mon système de traduction littérale, je désespère de pouvoir rendre d'une manière supportable les expressions guindées et entortillées de cet auteur qui, avec des idées heureuses, en corrompt presque toujours la beauté par la recherche et le travail excessif de son style... »

4- 180 -s- NECKER (Jacques), célèbre financier, ministre de Louis XVI, père de

Madame de Staël, n. à Genève (Suisse), 3o septembre 1732, m. à Coppet, 9 avril 1804.

L. A. S. à M. . .; samedi, 1 p. 1/2 in-4. — P- de Saint-Aubin.

Jolie lettre où il parle d'un voyage de sa fille Madame de Staël. « On dit que votre héros (Bonaparte) a dessein de venir à l'armée après avoir fini ses arrangements intérieurs d'administration et avoir ajourné les Conseils. Mais on ne désespère pas encore de la paix, et alors Buonaparte n'auroit plus besoin de quitter son palais. »

■f- 181 PORTALIS (Jean-Etienne-Marie), jurisconsulte éminent, un des principaux rédacteurs du Concordat et du Code civil, membre de l'Académie française (i8o3), n. au Bausset (Var), 1 avril 1746, m. à Paris, 25 août 1807.

L. A. S. au tribun Chauvelin, 3/4 de p. in-8, tête imprime'e du Conseil d'État. Rare. — P.

Son fils et sa belle-fille l'engageant à les accompagner * î//t /« i> 1. V /" / ff £ rr

au Jardin des Plantes, il prie Chauvelin de remettre / <L V " ^ V nyb / &/Â £ M Q / v~QUUf

leurs conférences à un autre jour. — (Son fils, Joseph- / r * // /

Marie, n. 1778, m. 1 858, fut ministre de la Restauration.) v — '

* 182 ■* CAMBACERES (Jean-Jacques- Régis de), député de l'Hérault à la Convention, second consul (1799), archichancelier de l'Empire, membre de l'Académie française (1795), n. à Montpellier, 18 octobre 1753, m. à Paris, 8 mars 1824.

L. S., avec trois petites lignes autographes, au maréchal Brune, à Boulogne ; Paris, 20 octobre 1 806, 3/4 de p. in-8, tête imprimée. — P.

Pièce historique. « La grande armée a déjà eu de premiers succès importants. Les bulletins officiels sont aujourd'hui dans le Moniteur Le prince Louis-Frédéric de Prusse a été tué, ainsi qu'un grand nombre de Prussiens. Nous avons pris 3s pièces de canon et fait plus de 2,000 prisonniers. » — (Le prince Louis de Prusse avait été tué au combat de Saafeld et, le 14 octobre, les Prussiens avaient été battus à Iéna et à Auerstaedt par Napoléon et par le maréchal Davout.)

* i83+ TALLEYRAND PÉRIGORD (Charles-Maurice, prince de), le célèbre ministre de Napoléon I, un des maîtres de la diplomatie au dix-neuvième siècle, n. à Paris, i3 février 1764, m. dans la même ville, 17 mai 1 838.

i° L. S. au cit. Pichon, chargé d'affaires de la République aux États-Unis; Paris, 6 germinal an X (27 mars 1802), 9 p. 3/4 in-fol., vig. et tète impr. — P. de Bonneville.

Document historique du plus grand intérêt sur les relations de la France avec les Etats-Unis.- Les réclamations de Robert Livingston (ministre des Etats-Unis à Paris) ont pour objet le paiement des créances et la restitution des prises américaines. Talleyrand discute longuement la légitimité de cette demande. Jamais la France n'a déclaré la guerre aux Etats-Unis, tandis que le gouvernement fédéral a pris à notre égard des mesures hostiles contre les bâtiments français. Nos troupes viennent de débarquer à Saint-Domingue et tout fait espérer que le général en chef (Emmanuel Leclerc, beau-frère de Bonaparte, qui mourut de la fièvre jaune le 2>décembre de la même année) ne trouvera nulle part une résistance sérieuse. « L'on a appris avec peine que c'était des Etats-Unis que provenaient les armes et les autres moyens de résistance des révoltés de Saint-Domingue. Je ne vous parle pas de la sensation que cette nouvelle a faite sur le gouvernement; mais elle en a produit une tris fâcheuse sur l'opinion publique. Quoique ces envois d'armes puissent être le résultat de quelques spéculations particulières, l'on est peu disposé, dans des cas de cette nature, à séparer les intentions de l'Etat de celles des particuliers. Rappelez au gouvernement fédéral la bonne volonté qu.il vous a témoignée plusieurs fois sur les affaires de Saint-Domingue, comme toutes les puissances coloniales sont intéressées à voir rétablir dans cette île la paix et un gouvernement régulier. Les troubles de Saint-Domingue auraient gagné tous les Etats qui ont une population de deux couleurs. »

2° Carte d'entrée signée Ch. Mau. Talleyrand,

Carte tricolore servant de laissez-passer pour entrer dans le mim's- / tère des relations extérieures. C— —

ET PERSONNAGES POLITIQUES

4- 184 * TALLEYRAND PÉRIGORD (Charles-Maurice, prince de). 1° L. A. S.; 18 janvier, 3/4 de p. in-4.

Lettre signée le prince de Bénévent et relative à Bourrienne (le J ^j- <■{•■*/' ..

secrétaire de Napoléon I). — (Talleyrand changea souvent de v (/ C **-

signature. Avant la Révolution il signa Talleyrand- Périgord et f Ch. M. èvêque d'Autun; pendant la Révolution il signa Ch. Mau. Talleyrand ; sous l'Empire, il signa le prince de Talleyrand, le prince de Bénévent, du nom d'une principauté que Napoléon lui donna en 1806, et enfin Talleyrand. Trois de ces signatures sont ici reproduites).

20 L. A. S. (au comte Walewski, depuis ministre de Napoléon III) ; 29 octobre (i83i), 1 p. 1/2 in-8.

Belle lettre de félicitations - . .

sur son mariage avec lady / / ,

Caroline Montagu. « La vie // 1 /

intérieure dans laquelle vous £<-CcC~c/ //VVv"<v- f <rc i *. / ^ , <. y- ^

vous disposés à entrer est la seule qvti , dans les circonstances actuelles, puisse convenir à un homme dont les sentimens sont purs et élevés. J'espère que vous y trouvères tout y v / ce que vous pouvés avoir de ^cc^t-/"^ (^(/f^/1 *s *■/ Wf *'**V bonheur. Les avantages de 1 tout genre qu'a lady Caroline

^'•«v /<->«€•< r-v, c<~/f~Z^C Ac/^<<^f~~ '"X

tout genre qu a iaay maronne / //

Montagu donnent cette con- £ (<C v^-vC^<

fiance à toutes les personnes / >^

qui, dans ces derniers tems, " ont été dans le cas de vous / f voir et de vous apprécier. »

•f- 1 85 GHAMPAGNY (Jean-Baptiste Nompère de), député de la noblesse de Montbrison aux Etats-Généraux, diplomate habile, ministre de l'intérieur et des affaires étrangères sous Napoléon I, qui le créa duc de Cadore, n. à Roanne (Loire), 4 août 1756, m. 3 juillet 1834.

L. A. S. à Sauvo (directeur du Moniteur) ; Paris, 11 janvier i8i3, 3/4 de p. in-fol. — P.

Curieux document. Envoi des comptes rendus du Sénat, ainsi que de l'adresse du Sénat et du Senatus-consulte qui doivent être imprimés à la suite. Le duc de Bassano enverra directement son rapport et un article de gazette sous la rubrique de Berlin. Il désire corriger lui-même les épreuves du numéro tout entier. — (Cette pièce montre comment se faisait le Moniteur pendant que Napoléon, rentré à Paris, le 19 décembre, de sa funeste expédition de Russie, préparait une revanche et faisait donner la régence à sa femme.)

4-186-5- BEUGNOT (Jacques-Claude, comte), député de l'Aube à l'Assemblée législative, ministre de l'intérieur en 1814 et de la marine sous Louis XVIII, auteur d'intéressants Mémoires, n. à Bar-sur- Aube, 1761, m. en juin 1 835.

i° L. A. au préfet de la Marne (M. de Gessains) ; Rouen, 2 floréal an X (22 avril 1802), 2 p. in-4, tète impr. et superbe vignette de Prud'hon gravée par Roger pour la préfecture du département de la Seine-Inférieure. — P.

Belle lettre écrite comme préfet de la Seine-Inférieure, et où il lui recommande M. de Nadaillac, fils de Madame de Chevigné. « Madame Beugnot est à Paris et je crains qu'elle ne partage son été entre le séjour de la capitale et les eaux de Barèges. C'est assez vous dire que sa santé n'est pas toujours bonne, n

2° L. S. au comte Alexis de Noailles, commissaire du Roi à Lyon (ministre de Louis XVIII, n. 1783, m. 1 83 5) ; Paris, 5 juillet 1 8 14, i p. 1/2 in-fol.

Curieuse lettre, écrite comme directeur général de la police du royaume. Il approuve le comte d'avoir confié la rédaction du Journal de Lyon au sieur Ballanche fils, qui en sera en même temps l'éditeur. — (Il s'agit du célèbre auteur d'Antigone, qui était alors imprimeur à Lyon avec son père.)

HOMMES D'ÉTAT

•5- 187 LAFFITTE (Jacques), célèbre financier, premier ministre de Louis-Philippe, n. à Bayonne, 24 octobre 1767, m. à Paris, 26 mai 1844.

i° L. A. S. (à son gendre le prince de la Moskowa, fils aîné du maréchal Ney, qui avait épousé, en 1828, la fille unique de Larfitte); 2 février 1 836, 1 p. in-8. — P.

Très curieuse épitre ou il lui refuse sèchement un prêt d'argent, n Vous m'avez gêné dans mes arrangements avec la Banque et, si je m'en tire, ce ne sera pas votre faute. Il en est de même pour la souscription, et votre refus de souscrire à une proposition, dont vous auriez dù me savoir gré, met mon avenir et le vôtre en question. Dans cet état de choses, rien ne possible entre nous que les trois mille francs patmois, moins le prix de votre loyer, et que je continue pour ne pas aller le premier devant les tribunaux. Je n'aime pas le scandale, mais je ne crains ni le prononcé des juges, ni l'opinion... »

2° L. A. S. au même; 3o juin ( 1 836), 1/2 p. in-8. Tachée.

Il croyait tout arrangé entre eux et attendait un mot de lui pour aller signer l'acte à Paris. « Ne voulez-vous plus de ce que je vous ai offert? Faut-il en venir à un éclat devant les tribunaux ? Je suis prêt à tout; mais songez-y, votre avenir serait perdu, le mien est bien court, et je n'y aurai de regret que pour ma femme, la vôtre et ma petite-fille. » — (La petite-fille de Laffitte épousa, en mai i852, Persigny, alors ministre de l'Intérieur.)

■f 188 * CONSTANT DE REBECQUE (Henri-Benjamin), célèbre publiciste,

un des chefs du parti libéral sous la Restauration, ami de Madame de Staël et de

Madame Récamier, n. à Lausanne, 25 octobre 1767, m. à Paris, 8 décembre i83o.

L. A. S. à Casimir Perier; ce samedi (27 mars 1824), 3/4 de p. in-4. — P.

Relative à des difficultés concernant son admission comme député. Il le prie de passer chez lui. « Pardon, mais la circonstance est grave et sera unique, car toute ma destinée est à décider. » — (Benjamin Constant avait été nommé par le département de la Seine et ses adversaires contestaient l'élection à cause de la nationalité suisse de l'élu.)

■3- 189 ■* LAINE (Joseph-Louis-Joachim, vicomte), député de l'opposition sous l'Empire, président de la Chambre introuvable (181 5), ministre de Louis XVIII (1816), membre de l'Académie française (1816), n. à Bordeaux, 11 novembre 1767, m. à Paris, 17 décembre 1 835 .

P. A. S.; Paris, 10 juillet 181 5, 2 p. in-4. — P-

Pièce historique relative à la situation des blessés français après la défaite de Waterloo. On les a transportés à Bruxelles et à Anvers, ou ils sont l'objet des soins des habitants. C'est un spectacle touchant, au milieu des désastres de la guerre, de voir des personnes de toutes les classes et de tous les âges accourir à la grande corderie d'Anvers pour y porter du linge, des provisions, etc. « Ces dons de l'hospitalité et des compatriotes, quelque considérables qu'ils soient, ne suffiront que pour les premiers moments, et il est à craindre que les ressources manquent dans peu à ces malheureux soldats que leur chef (Napoléon I) a si horriblement abandonnés. » Il croit que l'on pourrait inviter les habitants de Paris et des grandes villes à faire des souscriptions, puis il termine par ces lignes caractéristiques : « Il serait possible que l'armée française fût touchée des soins qui seraient pris au nom du roi (Louis XVIII) pour les soldats français. »

* 190 * CAULAINCOURT (Armand-Augustin-Louis de), duc de Vicence, général et diplomate, ministre des affaires étrangères sous Napoléon I, membre du gouvernement provisoire de i8i5,n. à Caulaincourt (Somme), 1772, m. 1828. L. A. S. (à M. Durosnel) ; Saint-Pétersbourg, 14 juin 1809, 1 p. 1/2 in-4. — p-

Intéressante lettre ou il lui mande que le général Durosnel a passé le 25 mai à Brunn. où il a été conduit comme prisonnier avec le général Fouler. « Ce dernier était blessé. Durosnel se portait bien. Les Autrichiens eux-mêmes, par lesquels nous avons ces détails, disent qu'il a été enveloppé dans les bleds à sept heures du matin par un peloton de dragons, en allant porter aux cuirassiers l'ordre de charger. » — (Le général Durosnel, n. 1 77 1 1 m- l849, était alors aide de camP de Napoléon. Il avait disparu, le 21 mai, pendant la terrible bataille d'Essling, et le Moniteur avait annoncé la mort de ce brave officier. Or il avait seulement été fait prisonnier; il fut rendu à la liberté le 12 juillet suivant.)

S. il ET PERSONNAGES POLITIQUES 73

* 191 * MANUEL (Jacques-Antoine), député de la Vendée (18 18), un des orateurs les plus éloquents de l'opposition, exclu de la Chambre le 4 mars 1823, n. à Barcelonnette (Basses-Alpes), 19 décembre 1775, m. à Paris, 27 août 1827.

L. A. S. à un avocat parisien; Aix, 16 mai 1809, 1 p. 1/2 in-4.

Lettre inte'ressante relative à des procès qu'il plaide à Aix et spécialement à une demande de séparation de corps.

4- 192 -5- SERRE (Pierre-François-Hercule, comte de), éloquent orateur de la Restauration, garde des sceaux (1818-1821), ambassadeur à Naples, n. à Pagny-sur- Moselle, 12 mars 1776, m. à Castellamare, près de Naples, 21 juillet 1824. L. A. S. à un homme politique; Paris, 27 octobre 1820, 2 p. 1/2 in-4. — P.

Curieuse épître où il lui reproche de semer par ses menées la division dans le parti royaliste du département de l'Eure et de faire concurrence au candidat gouvernemental, M. de V. Il est à craindre qu'il assure ainsi l'élection de M. Bignon.

— (Edouard Bignon, député libéral sortant, fut réélu).

4- iq3 -c- PERIER (Casimir), député de l'opposition sous la Restauration, le célèbre premier ministre de Louis-Philippe, n. à Grenoble, 21 octobre 1777, m. à Paris du choléra le 16 mai i832.

L. A. S. à une cousine, à Rouen; 3 avril 18 14, 1 p. 1/2 in-4. Rare. (Coll. Chambry.) — P.

Il est désolé d'apprendre que sa femme est malade.

« J'espère que ce ne sera rien et je vous remercie des soins que vous voulez bien lui prodiguer. » Il engage sa femme à demeurer encore à Rouen, car, dit-il, « nous ne sommes point encore tout à fait tranquilles. »

4-194-5- MOLÉ (Mathieu-Louis, comte), conseiller d'État sous Napoléon I, célèbre ministre de Louis XVIII et de Louis-Philippe, membre de l'Académie française (1840), n. à Paris, 24janvier 1 781 , m. à Champlatreux (Seine-et-Oise), 23 novembre 1 855.

L. A. S. au baron ... ; Paris, 23 mai 1 84 1 , 3/4 de p. in-8. — P.

Curieuse épitre où il lui recommande M. de Vigny, « dont le nom et les remarquables ouvrages, dit-il, vous sont sans doute déj à connus. » — (Cette lettre est d'autant plus piquante que, cinq ans plus tard, le 29 janvier 1846, le comte Mole recevant Alfred de Vigny à l'Académie française, lui adressa une harangue aigre-douce restée fameuse.)

4- 1 q5 ■+ BROGLIE (Charles-Achille-Léonce-Victor, duc de), ministre de Louis- Philippe, un des chefs du parti doctrinaire, membre de l'Académie française (i 855), n. à Paris, 28 novembre 1785, m. dans la même ville, 25 janvier 1870.

L. A. S. au baron Mounier (fils du constituant, directeur général de la police); Paris, 8 février 1821, 2 p. in-4. — P-

Epître des plus curieuses. « Deux de mes domestiques, touchés de repentir, viennent de m'avouer que, depuis dix-huit mois, ils sont payés par l'administration à la tête de laquelle vous êtes placé, pour épier ce qui se fait ou se dit dans ma maison, remettre mes lettres, copier et livrer mes papiers et ceux de ma femme. L'un des deux est Suisse; je le renvoie dans le canton de Vaud. J'espère que, revenu dans un pays où le métier qu'il a été entraîné à faire est inconnu, il pourra reprendre une vie honnête: du moins il ne sera plus exposé à la subornation. » L'autre est Français. Le duc est obligé de le renvoyer sanslui donner un certificat de bonne conduite, car il ne saurait souffrir que cet homme entrât dans aucune maison honné'e. « Cet homme peut donc se trouver sans ressource. J'ai cru devoir vous avertir, afin que l'administration de la police pense à ce qu'elle doit faire de lui et pour lui. Après l'avoir égaré, il ne serait ni juste ni humain de l'abandonner entièrement. »

HOMMES D'ÉTAT

*- 196 •+ GUIZOT (François-Pierre-GuiHaume), célèbre historien, premier ministre de Louis-Philippe, chef de l'école doctrinaire, membre de l'Académie française ( 1 833), n. à Nimes, 4 octobre 1787, m. au Val-Richer (Calvados), 12 septembre 1874,

L. A. S. à un collègue; Paris, 16 septembre 1 836, 1 p. in-8, tête imprimée du ministère de l'instruction publique. — P.

Très belle lettre sur sa rentre'e au ministère de l'instruction publique, « J'ai été rappelé aux affaires plutôt que je ne m'y attendois et que je ne l'aurois désiré ; mais on ne peut pas plus se refuser aux événemens que les devancer. Vous me connoissez ; je suis conservateur ; c'est là mon vrai drapeau. Je le tiendrai aussi haut et aussi ferme que je le pourrai. Je ne m'en serois pas chargé si je n'avois pas compté sur le concours des hommes tels que vous... » — (Guizot, ministre de l'intérieur après la révolution de juillet, devint ministre de l'instruction publique, le 1 1 octobre i832 ; il suivitdans leur retraite, le 22 février 1 836 Thiers et le duc de Broglie, mais, le 6 septembre suivant, le comte Molé lui confia de nouveau le ministère de l'instruction publique, qu'il conserva jusqu'au i5 avril 1837.)

4- 197 -* BERRYER (Pierre-Antoine), grand orateur parlementaire, l'illustre champion du parti légitimiste, membre de l'Académie française (i852), n. à Paris, 4 janvier 1790, m. à Angerville (Loiret), 29 novembre 1868.

L. A. S. à un rédacteur du journal le Spectateur; 14 septembre 1 857, 2 p. in-8. — P.

Epître politique sur le gouvernement impérial, qu'on regarde comme un expédient passager, de qui l'on ne doit rien exiger et rien attendre pour l'avenir du pays. « Viendra le jour où les inconséquences, les violences, le désordre sans frein des affaires intérieures, la duplicité dans les relations avec les gouvernements étrangers, la cupidité et l'outrecuidance des agents de l'empire, seront, aux yeux de tous, les causes directes des allarmes, des souffrances, des périls du pays, et ce jour-là cet échaffaudage sans racines croulera subitement... » — (Berryer s'était alors retiré de la lutte politique; il y rentra, en i863, comme député des Bouches -du- Rhône.)

* 198 LAMARTINE (Alphonse-Marie-Louis Prat de), illustre poète, membre de l'Académie française (1829), député sous Louis-Philippe, membre du gouvernement provisoire de 1848, n. à Màcon, 21 octobre 1790, m. à Paris, 28 février 1869.

L. A. S. au rédacteur du Siècle; Saint-Point, 4 novembre i852, 3/4 de p. in-4, enveloppe. — P.

Curieuse épître. « Vous citez, d'après l'Indépendance belge, mon nom parmi ceux des hommes politiques qui seraient apellés au Sénat du nouveau gouvernement. Dans l'intérêt de la vérité qu'on doit conserver à chaque caractère, permettezmoi de démentir un bruit qui n'a et ne peut avoir aucun fondement. » — (Trois jours après que Lamartine eut écrit cette noble lettre, un sénatus-consulte rétablit l'Empire.)

* 199 s- THIERS (Marie-Joseph-Louis-Adolphe), ministre de Louis-Philippe, membre de l'Académie française ( 1 833), député de la Seine (1 863), premier président de la troisième république française, n. à Marseille, i5 avril 1797, m. à Saint- Germain-en-Laye, 3 septembre 1877.

i° P. S.; Paris, 28 avril 1869, 1 p. in-4. — P.

Procuration lithographiée donnée par Thiers pour remplir toutes les formalités nécessaires pour la validité de sa candidature à la députation dans la deuxième circonscription de la Seine, « notamment déposer dans les formes et les délaisvoulus le serment exigé par le sénatus-consulte du 17 février i858. » — (Thiers, qui avait pour compétiteurs MM. Devinck et d'Alton- Shée, lut élu le 23 mai 1869.)

ET PERSONNAGES POLITIQUES

20 P. A. S.; Paris, 1 mai 1869, 1/4 de p. in-4.

Curieuse pièce, écrite sur une feuille de papier timbré. C'est la formule de serment mentionnée dans l'acte précédent. En voici le texte : « Je jure obéissance à la Constitution et fidélité à l'Empereur. » — (Voir les numéros 207, 212, 216 et 218.)

4- 200 * DUFAURE (Jules-Armand-Stanislas), célèbre avocat, ministre sous Louis-Philippe et sous la troisième république, ami et collaborateur de Thiers, membre de l'Académie française ( 1 863), n. à Saujon (Charente-Inférieure), 4 décembre 1798, m. à Rueil, 27 juin 1881.

L. A. S. à un ami; Versailles, 3i octobre 1871, 4 p. in-8, tête imprimée du ministère de la justice. — P.

Intéressante lettre toute relative à la révocation d'un magistrat qui a eu le tort de s'occuper d'une élection. Elle se termine ainsi : u Adieu, mon cher ami, revenez-nous bien portant. Vous voyez que nous ne vous avons pas fait de coup d'Etat en votre absence. Vous retrouverez ici votre place et vos droits. »

■5-201-5- CARREL (Armand), le célèbre et mordant publiciste républicain, n. à Rouen, 8 mai 1800, m. à Saint-Mandé, le 24 juillet 1 836, d'une blessure reçue l'avant-veille dans un duel avec Emile de Girardin.

L. A. S. à James Fazy (le célèbre homme d'État genevois); Paris, 14 août 1 835, 1 p. 3/4 in-4. (Coll. Gilbert.) — P.

Il lui mande qu'il sera utile que Fazy vienne réunir ses efforts aux leurs, « mais il me faudrait beaucoup causer avec vous pour savoir jusqu'à quel point nous pourrions nous entendre sur les doctrines économiques qui, suivant nous, devraient prévaloir dans la rédaction du National. »

* 202 -* CAVAIGNAC (Éléonore-Louis-Godefroy), frère aîné du général, un des plus redoutables adversaires de la monarchie de Louis- Philippe, n. à- Paris, 1801, m. dans la même ville, 5 mai 1845. Sa statue par Rude, placée sur son tombeau au Père-Lachaise, est une des œuvres les plus émouvantes de la sculpture moderne. L. A. S. à Charles Ledru (avocat républicain) ; Londres, 19 décembre 1 836, 2 p. 3/4 in-4. — Inintéressante lettre toute relative à ses occupations et à celles de ses compagnons d'exil. Il trace un portrait peu flatté d'un certain M. Devaux, auquel il avait été recommandé. Ce monsieur est un juste milieu, et c'est tout dire. Il fait allusion, en terminant, à la mort tragique de son ami Armand Carrel. — (Godefroy Cavaignac, condamné à la prison en 1834 et enfermé à Sainte- Pélagie, s'était échappé le i3 juillet 1 83 5 et s'était réfugié à Londres. 11 ne revint en France qu'en 1841, en vertu de la loi d'amnistie.)

*- 2o3 4- HUGO (Victor-Marie, vicomte), illustre poète, pair de France (1845), représentant du peuple en 1848, proscrit le 2 décembre 1 85 1 , sénateur de la Seine (1876), membre de l'Académie française (7 avril 1 841), n. à Besançon, 26 février 1802.

P. A. S. le vicomte Victor Hugo; (Paris), 17 juin 1845, 1 p. in-fol. — P.

Curieuse pièce, signée comme secrétaire de la Chambre des Pairs. C'est la composition du quatrième bureau, qui avait comme président le prince de Joinville et pour secrétaire Victor Hugo. — (Le grand poète avait été élévé au rang de pair de France par Louis-Philippe, le i5 avril 1845.)

HOMMES D'ETAT

Page 1