‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 291 sur 312 · ILLUSTRES · texte numérisé non relu

ILLUSTRES

S. ix

-h 1972 * HOTMAN (François), célèbre jurisconsulte et écrivain politique, professeur de droit à Bourges, qui embrassa la Réforme en 1047 et se réfugia à Genève après le massacre de la Saint-Barthélemy, ri. à Paris, 23 août 1524, m. à Bâle (Suisse), 12 février 1590. Dans son ouvrage Franco-Gallia, publié en 1573, ce hardi penseur, devançant l'esprit moderne, soutint le principe de la souveraineté nationale. François Hotman est aussi l'auteur de VEpisire envoyée an tigre de la France, vigoureux libelle contre le cardinal de Lorraine, écrit après la conjuration d'Amboise et dont on ne connaît qu'un seul exemplaire conservé dans la bibliothèque de la ville de Paris.

P. A. S.; (Bourges), 21 septembre 1 567, 1 p. in-4 oblong. Très rare. (Coll. Benjamin Fillon.)

Pièce par laquelle Hotman reconnaît avoir reçu de M. Sautereau, receveur des deniers communs de la ville de Bourges, la somme de cent soixante-quinze livres pour un quartier de ses gages. — (Hotman était alors professeur de droit à Bourges.)

-y 1970 JEANNE D'ALBRET, reine de Navarre, fille unique du roi Jean II d'Albret et de Marguerite d'Angoulême, sœur de François I, épouse d'Antoine de Bourbon, mère de Henri IV, femme d'une intelligence supérieure, une des princesses les plus illustres de son temps, n. à Pau, 7 janvier i528, m. à Paris, 9 juin 1572.

L. S., avec la souscription autographe, au comte du Lude (Jean de Daillon, commandant en Guyenne) ; Pau, 24 juillet 1 557, 3/4 de p. in-fol., trace de cachet.

Très belle lettre dans laquelle elle lui mande que deux marchands de sa ville d'Oléron ont réclamé contre la saisie de toiles qu'on disait appartenir à' des Espagnols. Ces marchands demandent qu'on leur délivre ces marchandises sous caution, en attendant qu'ils aient prouvé leur droit de possession. Jeanne d'Albret prie le comte du Lude d'accéder à ce désir.

HUGUENOTS ILLUSTRES

-s 1974 f JEANNE D'ALBRET.

L. A. à M. de Beauvoir, gouverneur de son fils; (Blois, 11 mars 1572), 5 p. in-fol. Les bords de cette pièce et la signature ont été rongés par les rats, et plusieurs lignes sont incomplètes.

Précieuse lettre sur les négociations du mariage de son fils (Henri IV) avec Marguerite, fille de Catherine de Médicis. Jeanne d'Albret rapporte toutes les difficulte's qui sont soulevées, et notamment celle provenant de la religion. La reine a exprimé le désir que M. de Beauvoir vienne à la cour. Il sera en effet nécessaire qu'il soit présent pour la rédaction des articles du contrat. Quant à son fils, elle ne tient pas à ce qu'il se rende à la cour avant que tout soit bien convenu, « et encore s'il fault qu'il espouse par procureur, comme il s'en pansse, il ne bougera deJà qu'il ne vienne faire l'offise qui ne se faict point par procureur. » Elle est fort aise qu'il soit content de son fils. « Sur tout tenés la main qu'il persisté en la piété, car l'on ne le croit pas isy et dit l'on que l'on s'assure qu'il ira à la messe... » Longues et curieuses considérations à ce sujet. Elle s'indigne des mœurs de la cour. Le roi (Charles IX) fait l'amour extrêmement, mais de manière qu'il pense que personne n'en sait rien. « C'est qu'il a faict loger sa metresse mademoyselle Datrie en une chambre à part où il va de son cabinet, et est sur les neuf heures on dix du soir. Il feinct d'aller escrire en ung livre qu'il compose et va là où il demeure quelque foys jusques à une heure après minuit. L'on dit qu'il fera la diète, mais que ce n'est que pour avoir plus de liberté d'aller là. C'est pitié quede ceste court. Je m'i fâche extrêmement... Quant à la beauté de Madame (sa future bellefille Marguerite), j'avoue qu'elle est de belle taille, mais aussy elle se serre extrêmement. Quant au vysage, c'est avec tant d'aide que cela me fâche, car elle s'en guastera, mais en ceste court le faict est presque commun comme en Espaigne. Vous ne sauriés croire comme ma fille (Catherine) est jolie parmi ceste court, car chacun la saisit de sa religion ; elle leur faict teste et ne se rend nullement; tout le monde l'ayme. » — (Le traité de mariage fut signé le il avril, mais Jeanne d'Albret mourut le 9 juin. Le mariage ne fut célébré que le 18 août, six jours avant le massacre de la Saint-Barthélemy, qui montra combien les appréhensions et les jugements de Jeanne d'Albret étaient justes et fondés.)

1975 -s- MONTGOMERY (Gabriel, comte de), capitaine de la garde écossaise, qui eut le malheur de blesser mortellement le roi Henri II dans un tournoi, un des plus habiles chefs du parti protestant, n. vers i53o, décapité à Paris le 26 juin 1574.

L. S., avec la souscription autographe, au comte Rhingrave; Dieppe, 19 janvier i5Ô2 ( 1 563 , n. s.), 3/4dep. in-4. Très rare.

Très belle lettre par laquelle il le supplie de faire renvoyer au Havre un jeune gentilhomme, nommé Glatigny, «lequel estoit allé à Harlleu soubz vostre sauf-conduict et ce pendant ilz l'ont arresté p tisonnier, en quoy ilz se monstrent ne vous recongnoistre en l'authorité que vous estes et n'a voir telle fiance qu'ilz doibvent, que si telle chose avoitlieu je ne sçay plus à qui l'on se pourrait fier, o

-y 1976 -s- DANEAU (Lambert), célèbre théologien et ministre protestant, ardent et habile polémiste, élève et ami d'Anne Dubourg, n. à Beaugency (Loiret) vers i53o, m. à Castres (Tarn), 11 novembre 1 5g5 . Daneau a laissé de nombreux ouvrages, parmi lesquels de curieux traités sur les sorciers, les jeux de hasard et les danses.

L. A. S., en latin, à Pierre Daniel (érudit et jurisconsulte, éditeur de la comédie de Plaute intitulée Auhdaria et de Justin, n. à Orléans en i53o, m. à Paris en i6o3), avocat, à Paris; Gien, veille des calendes de février (3i mars) 1 565, 2 p. in-fol. Magnifique pièce. Très rare. (Coll. B. Fillon.)

Très intéressante lettre où il lui mande que, ne recevant pas de ses nouvelles, il craignait qu'il n'eût quitté Paris pour voyager à l'étranger. Sa lettre l'a rassuré. Daneau parle ensuite longuement de son projet de faire éditer à Paris une traduction de l'écrit deTertullien De cultu mulierum et d'autres de ce genre sous ce titre: Des parures et ornements des femmes chrétiennes. Curieux détails à ce sujet. — La minute autographe de la réponse de Daniel occupe la troisième page de la pièce.

75o HUGUENOTS. ILLUSTRES S. IX

•s- 1977 * CONDE (Louis I de Bourbon, prince de), illustre capitaine, un des chefs du parti protestant, n. à Vendôme, 7 mai i53o, tué à la bataille de Jarnacle i3 mars 1569. L. A. S. à la Reine (Catherine de Médicis); (vers i56o), 3 p. pl. in-fol. Très rare. — P.

Précieuse pièce historique, toute relative à la domination des Guise (probablement sous le règne de François II). En voici le texte : « Madame, vous devés avoir asés esperrymanté ma fidellité pour n'antrer à saiste heurre an doute de moy quy ne veult an se monde reconnestre après Dieu que voz magestés, quy et la cosse que vous escrys par se couryer cavés anvoié vers monsieur le cardinal (de Lorraine) pour vous avertir du danger où vous méte's de vous fier à se chanouanne (chanoine) que m'avés anvoié, quy tien ung langage de vous, Madame, quy ne vous ynporte pas moins de vostre vie sy let tet seu (s'il était su) de seus à quy y touche, car vous esperrymantés asés tout les jours à vostre grant r;gret quy ne faut fâché sens quy n'atande qu'une ocasion de vous mestre ausy bas, comme Dieu veut vous concerver au lieu ou y vous a mys. Sait (c'est). Madame, quy m'a dit que vous luy avés dit pour me dire qu'estes résollue de ruyner messieurs de Guysse et que ne serés à vostre esse que u'eiés mys fin à saiste antreprysse, et m'a dit pour ansaigne que Monsieur le connestable (de Montmorency) ettoit alé vous trouvé à Monseo (Monceaux) à poste sen ses aquenée, et dit que se fu vandredv ou soir quy vous trouva et reparty le sansmedy matin, me disant ausy que davant vous y vous dit quyn'avet signe' la requête que messieurs de Guysse vous avés pressentée et quy ne l'avet jamays trouvé bonne mes au contraire qu'yl l'avet trouve' ausy pernysieusse que vous, y connesant bien que s'aistet une requête quy tandet plus tôt à la ruyne de se réosme (royaume) que d'i aporter la pais, et campt à luy et à monsieur le chancelier (probablement François Olivier) quy ne se consantirons jamays se que le Roy mon frère (Antoine de Bourbon, roi de Navarre) et messieurs de Guysse vous veullie faire faire, quy et de mener voz magestés à la court de Parlemant pour nous faire decleré rebelle et confisqué noz bien, atandant noz vies. Après l'avoir antandu je discouru à moy mesme que fiance vous avés à set homme quy et de peu de gens connu pour luy mestre ung propos de telle vnportance antre mains, car je le connoys à sont parler fort peu méryter à ne gosier telle chose, et vous connés tropt. Madame, et vostre bon geugemant pour pancer que luy eiés balliés telle charge. Ancorre campt yl seret vray je ne mes désépères pour telle nouvelles, connessant ausy bien que le chanouanne me l'a bien su dire que s'ait le seul moien de mestre la pais antre voz seuget et mestre fin à tous ses troubles quy ne prosède que de leur pressence. Y m'a dit quy vous avés donné baeucou de moiens, mes que ne léseryés faire, ettant par trop asugetye. Vous ne serés marye, Madame, sy pour vous estre léal et fidel servyteur sy je vous dis que sy messieurs de Guysse quy vous tienne an leur mains antandet se proupos y ne se contanterès pas peu estre de vous avoir randu vous et voz vouslontés captive mès ancorre y vous pourret oter la vie, quy et le but où y tyre, ou pour le moins vous priver de l'otoryté que Dieu vous a donné an se réosme et tous seus de vostre sang et cour de Parlemant et étas, vous qon reconné, quy et cosse que prys la ardiesse de vous mander saiste lestre pour vous avertir que je retins se chanouane de peur quy ne vous fit tort et que se quy m'a dit ne fu su de seus à quy se fait touche quy ne vous sont comme moy, Vostre très humble et très obéyssant seuget et servyteur. Loys de Bourbon. Je le retiens jeusque à se que me mandiés se quy vous plera que j'ans fasse. » (Cette lettre est un document important.)

4 1978 -5- LA ROCHEFOUCAULD (François de), un des plus vaillants capitaines huguenots, beau-frère du prince Louis I de Condé par son mariage avec Charlotte de Roye, favori du roi Charles IX, n. vers i53o, assassiné à Paris le 24 août 1572.

P. S., sur vélin; Paris, 10 février 1 562 ( 1 563), 3/4 de p. in-4 oblong, cachet. Jolie pièce. Rare. (Coll. Gauthier Lachapelle.)

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* 1979 * LESDIGUIERES (François de Bonne, duc de), illustre guerrier huguenot, une des gloires du parti protestant, maréchal de France sous Henri IV et connétable sous Louis XIII, n. à Saint-Bonnet de Champsaur (Hautes-Alpes), i avril 1 543, m. à Valence, 21 septembre 1626. Il avait abjuré le protestantisme en 1622.

L. S., avec la souscription autographe, à M. de Villarnoul (Jean de Jaucourt), député général des églises de France. à la Cour (gendre de Du Plessis-Mornay) ; Valence, 5 février 16 ri, 1 p. in-fol.

Superbe lettre où il le prie de lui faire savoir si, en ce temps calamiteux, il n'y a rien d'altéré aux édils de pacification, « ne désirant rien tant que d'employer tous mes effors et mon crédit pour bien faire obéyr le Roy et observer ses édietz, mesmes ceux qui nous peuvent entretenir en paix et en repos, comme nous avons vescu jusques icy soubz le bénéfice d'iceux. »

HUGUENOTS .ILLUSTRES

S. ix

1980 * DU PLESSIS MORNAY (Charlotte Arbaleste, femme), la digne épouse de l'illustre chef protestant (3 janvier 1 5 76), qui se fit remarquer par son courage, par ses vertus domestiques et par son dévouement, auteur de très intéressants Mémoires sur la vie de son mari, n. à Paris, 1 février 049, m. à Saumur, i5 mai 1606.

L. A. S. à Etienne Crochet ; Paris. 26 mai 1600, 1 p. in-4. Belle et rare pièce.

Ordre à un de ses domestiques de payer à madame Cavelier la somme de vingt-neuf livres treize sous et six deniers qu'elle lui a promis. — Le reçu de ladite dame est au verso de la pièce.

■î. 1981 * DU PLESSIS MORNAY (Philippe), un des plus illustres chefs du parti protestant, ami et conseiller de Henri IV, gouverneur de Saumur, surnommé le Pape des Huguenots, n. à Buhy (Seine-et-Oise), 5 novembre 1549, m. à la Forêtsur-Sèvre (Deux-Sèvres), 11 novembre 162Z. On doit à Philippe Du Plessis- Mornay d'importants ouvrages, entre autres le Traité de V Institution de l'Eucharistie, qui fut publié en 1598 et amena la célèbre conférence de Fontainebleau. L. A. S. au maréchal de Bouillon ; Châtellerault, 19 septembre 1 5qy, 2 p. in-fol. — P. de Brandt.

Superbe lettre. « Messieurs les députés du Roy partent demain, ayant fort avancé les affaires de la religion et de la justice avec nous En mesme temps part Monsieur de Clairville, amplement instruit pour l'affaire que sçavez, et lequel il

traitera à mon advis fort bien, estant personne de libre accès, agréable au Roy et non suspect de faction..'.. Vous trouverez de malins esprit par delà, et nous en sentons les effets qui nous parviennent jusqu'ici.... Nous partons demain, Dieu aydant, pour l'fsle Bouchard et Saumur. « La guerre se va allumer en ces quartiers plus fort que jamais, s'il nous reste du courage, pour le moins si on s'y résoult à la cour. Monsieur vostre cousin est résolu de s'y rehausser jusque au coude. Le dessein que vous savez traîne de près à autre. Je doute qu'ils aient besoin d'homme. Icy j'entonne la chanson. »

* 1982 4- DU PLESSIS MORNAY (Philippe).

P. S., avec deux lignes autographes; Saumur, 2 5 août i6o3, 1 1 p. in-fol. Très intéressante pièce.

Document historique des plus importants. Il donne ses instructions au sieur de Liques, qu'il envoie à Genève. Le dit sieur s'arrêtera à Fontainebleau, ou il verra M. du Soulas, ministre de la parole de Dieu. De là il se rendra à Lyon, ou il verra M. du Harey, marchand libraire. Arrivé à Genève, il visitera d'abord M. de Bèze, puis M. Goulard. Il remettra aux pasteurs et professeurs de l'Université de Genève la dernière partie de son livre De l'Eucharistie en les priant de l'examiner le plus promptement possible, car il désire que cet ouvrage soit imprimé pour être soumis au synode national qui doit s'assembler à Gap le i octobre. Liques ira également à Lausanne et verra M. Bucanne, auquel il proposera de venir professer la théologie à l'Académie de Saumur. 11 est urgent d'avoir un excellent professeur en cette matière, car les Jésuites vont installer un collège à La Flèche pour faire concurrence à celui de Saumur. Curieux détails à ce sujet. II ne croit pas qu'on puisse installer en meilleur lieu la chaire de théologie « qu'à Saumur où desjà l'estude des langues et de la philosophie est en très bon train, ne manquant plus que le théologien que sy ardement on leur demande, outre ce que j'ay demandé le collège au Roy dès la bataille d'Yvry, lors que nul n'y pensoit, en ay obtenu l'érection en forme de chartre, confirmée depuis en assemblées généralles et synodes nationaux. »

■î 1983-4- DU PLESSIS MORNAY (Philippe).

P. S. Philippes de Mornay; Saumur. 7 novembre 1 6 1 5 , 3 p. 1/4 in-fol. Légères taches d'eau.

Pièce historique qui a pour titre : n Instruction au capitaine Roux allant de la part du sieur Du Plessis vers le Roi ù Bordeaux. » Du Plessis-Mornay expose que le dessein de Monsieur le Prince (Henri II de Condé) est de passer avec son armée par le bas de la Touraine pour' aller rejoindre les forces qui l'attendent en Poitou. Le Prince passera donc près de Saumur et il mettra en danger cette place, qui n'a pour la défendre qu'une toute petite garnison. En conséquence Du Plessis-Mornay demande des hommes et des munitions pour mettre Saumur à l'abri d'une surprise.

HUGUENOTS - ILLUSTRES

4- 1984-:-- AUBIGNÉ (Théodore-Agrippa d'), un des plus grands écrivains de son

temps et un des plus ardents disciples de la Réforme, fidèle ami du roi Henri IV,

auteur des Tragiques, des Aventures du baron de Fœneste et de Y Histoire universelle,

n. à Saint-Maury (Charente-Inférieure), 8 février i55o, m. à Genève, 29 avril i63o.

L. A. S. à M. du Candal; Maillezais, 23 novembre 1610, 1 p. in-fol. Très rare. (Coll. B. Fillon.j

Très belle lettre. « Je vous ay voulu recommender mon fils (sans doute Nathan) par ceste lettre et vous prie affectionnement luy prester quatre cent livres, desquelles il aura nécessairement affaire, et en gardant sa sedule avec cette lettre, je vous les rendray, Dieu aidant, à mon voyage de la cour, lequel je datte du retour du sien. Je suis assez accoustumé à recevoir du plaisir de vous pour ne vous en prier pas davantage... »

i985 <- AUBIGNÉ (Théodore-Agrippa d').

L. A. S. de Renée Burlamachi, seconde femme dAgrippa d'Aubigné en 1623, à sa belle-tille Madame de Villette (Artémise dAubigné, femme de Benjamin de Valois, seigneur de Villette), à Niort; Genève, 8 avril i623, 1/2 p. in-fol. Belle pièce. Légère déchirure parla rupture du cachet.

Lettre des plus curieuses, écrite après son mariage avec Agrippa d'Aubigné. « Comme je reconois une singulière grâce de Dieu envers moy qu'il luy ait pieu, lors que moins j'y pensois, m'apeller en une si digne alliance que la vostre par l'honneur que Monsieur vostre père m'a fait, daignant me favoriser de son amitié, afin que je luy tiene fidelle compagnie et rendre tous les devoirs d'un humble espouse qui le serve affectueusement tous les jours que Dieu me fera le bien de le pouvoirfaire. Aussi sachant. Madame, combien vous est au cœur l'estat d'un si excellent père, j'ai creu estre mon devoir de vous asseurer par ses lignes que je me sens tellement obligée à la bien veuillance particulière dont il m'a honorée et aus rares vertus d'un seigneur de tel mérite que me dédiant et vouant à luy rendre très humble service, je ne puis que tesmoigner à tous ceus qui luy attouchent de si près combien j'estime l'honneur d'avoir un tel chef et notammant vous déclarer que je ne saurois vous dire ni escrire assés amplement avec combien d'affection je désire m'employer à vostre service, lors que Dieu m'en donnera les moyens... »

^ 1986 * CALIGNON (Sofïrey de), célèbre magistrat huguenot, fidèle serviteur de Henri IV,qui le fit chancelier de Navarre(i593),un desprincipauxrédacteursdel'Edit de Nantes, n. à Saint-Jean, près de Voiron (Isère), 8 avril i55o, m. à Paris, 9 septembre 1606.

P. S., signée aussi par Jacques-Auguste DeThou; Châtellerault, 9 février 1 5<)8, 2 p. 1/4 in-fol. Légères taches d'eau.

Pièce historique des plus intéressantes sur les préliminaires de l'Edit de Nantes. C'est la réponse faite par les commissaires du Roi à trois observations des députés de la religion assemblés à Châtellerault.

1 1987 -5- CONDK (Henri I de Bourbon, prince de), fils de Louis I et d'Eléonore de Roye, célèbre capitaine, qui abjura par force le protestantisme en 1672 avec son cousin Henri de Navarre, n. 20 décembre 1 552, m. à Saint-Jean d'Angely, 5 mars 1 588.

L. S., avec la souscription autographe, aux magnifiques seigneurs advoyer et conseil de la ville de Berne ; Nîmes, 3o mars i58i, 1 p. in-fol., trace de cachet. Magnifique et rare pièce. — P.

Pièce historique sur la somme dont le prince leur était redevable après la paix, « et de laquelle Mons. de Clervant s'est constitué respondant pour moy envers vous. » Il fait tous ses efforts pour réunir la somme nécessaire à l'acquittement de sa dette. « Cependant je vous supplie faire cesser la poursuite commancée à rencontre dudit sieur de Clervant, afin que du plaisir qu'il m'a faict il n'en resente incommodité et dommage. »

HUGUENOTS ILLUSTRES

S. ix

4- 1988 * HENRI IV, fils d'Antoine de Bourbon et de Jeanne d'Albret, roi varre (i562) et de France (1589), qui abjura le protestantisme le 25 juillet 1 593, n. au château de Pau, 14 décembre 1 55 3, assassiné à Paris le 14 mai 1610.

P. S., signée aussi par son cousin Henri I de Bourbon, prince de Condé; La Rochelle, 14 avril 1 57 1 , 3/4 de p. in-4, || cachets. Très helle et rare pièce. — P. d'Henriquel Dupont.

de Na-

Document historique, signé par les deux princes qui avaient alors, le prince de Navarre (qui devint plus tard Henri IV) dix-huit ans, et le prince de Condé dix-neuf. Assistés de l'amiral Coligny et autres personnes et gentilshommes étant en leur conseil, ils ordonnent à tous les receveurs généraux et particuliers du pays de délivrer aux commissaires députés par le Roi toutes les sommes qu'ils auront à percevoir pour la levée des deniers dus aux étrangers.

WSSÊÊk

Les documents de ce genre signés des deux princes sont très rares. Nous avons reproduit les deux signatures et les deux cachets. La plus petite signature et le plus grand cachet sont ceux du prince de Navarre, les autres émanent du prince de Condé.

*- 198c) ■+ PARTHENAY (Catherine de), femme du vicomte René de Rohan, qui

s'illustra par son héroïsme pendant le siège de La Rochelle, après lequel elle fut

enfermée avec sa fille dans le château de Niort, mère de Henri I de Rohan, n. au

château du Parc, en Poitou, 22 mars 1 554, m- au même lieu le 26 octobre i63i.

L. A. S. au cardinal de Richelieu ; le Parc, 21 fe'vrier 1625, 1 p.in-fol., cachets. Belle pièce. — P.

Magnifique lettre de protestation contre le duc de Vendôme (César, fils légitimé de Henri IV et de Gahriellc d'Estrées) qui a mis garnison dans une maison qu'elle possède en Bretagne et veut lui faire payer les frais de cette occupation. Elle demande la suppression de cette contribution, « veu que le Roy n'entend point que ceux qui, comme moy, ne se meslent que de prier Dieu pour la prospérité de Sa Majesté, soyent molestez en leurs biens non plus qu'en leurs personnes... »

* 1990 -* BONGARS (Jacques), célèbre diplomate et érudit, qui fut chargé de négociations par Henri IV, n. à Orléans, i554, m. à Paris, 29 juillet 1612. On lui doit les Gesta Dei perFrancos, précieuse collection des principaux chroniqueurs des Croisades.

L. A. S. à M...; Strasbourg, 6 juin 1601, 1 p. 1/2 in-fol. Très belle pièce. — P. d'Odieuvre.

Importante lettre toute relative au choix d'ouvriers fondeurs pour un travail qu'il ne désigne pas. Intéressants détails sur le salaire et sur les conditions du travail à cette époque.

S. ix

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* 1991 ^ BOUILLON (Henri de La Tour d'Auvergne, duc de), vicomte de Turenne, prince de Sedan par son mariage avec Charlotte de La Marck (i5qi), maréchal de France (1592), un des principaux chefs du parti protestant, fondateur de l'Académie de Sedan, père de Turenne, n. 28 septembre 1 555, m. à Sedan, 25 mars 1623. L. A. S. à Du Plessis-Mornay, à Saumur; l'Ile Bouchard, 20 juin (1597), 1 p. in-fol. Jolie pièce. Belle lettre dans laquelle il lui mande qu'il est Venu à l'Ile Bouchard voir son beau-frère et sa belle-sœur et discourir

avec eux des affaires du parti. « Le Roy s'an vient à Bloys après quelques petits voyages qu'il pourra fayre... » Lettre précieuse par les détails qu'elle donne sur les menées du parti protestant.

* 1992 ■+ LOUISE DE COLIGNY, princesse d'Orange, fille de l'illustre amiral, troisième femme de Guillaume le Taciturne (1 583), n. 28 septembre 1 555, m. 1620.

P. S. , en français ; 3 février 1 598, 1 \\ de p. in-fol . — P. de Brandt, gravé par Joh. de Visscher.

Elle reconnaît avoir reçu six cents livres, à cause d'une année de rente qu'il a plu aux Etats d'Utrecht de lui donner à l'occasion du baptême de son fils le comte Henry-Frédéric de Nassau.

* 1993 •* CATHERINE DE BOURBON, duchesse de Bar, fille d'Antoine de Bourbon et de l'illustre Jeanne d'Albret, sœur du roi Henri IV, épouse de Henri de Lorraine (1599), n. à Paris, 7 février 1 558, m. à Nancy, i3 février 1604.

L. S., avec la souscription autographe, à M. Martin du Bois, trésorier du Roi à Marçay ; Navarrenx (Basses-Pyrénées), 22 octobre 1590, 1/2 p. in-fol., cachet. — P. de Jean Leclerc.

Très curieux document. Ordre de fournir deux ou trois cents écus soleil au capitaine Fortisson, qui se trouve dans l'impossibilité de payer ses soldats, « à cause d'une assignation que mon cousin monsieur le mareschal de Matignon luy a donnée, qui ne s'est trouvée bonne. »

■*• 1 994 * SULLY (Maximilien de Béthune, duc de), le grand ministre du roi Henri IV, n. au château de Rosny (Seine-et-Oise), 1 3 décembre i56o, m. au château de Villebon (Eure-et-Loir), 22 décembre 1641 . Le duc de Sully resta fidèle à la religion protestante.

L. A. S. de son monogramme à la duchesse de Sully (sa belle-fille); Sully, ce mercredi au soir, 1 p. in-4. Très belle et intéressante pièce. (Coll. Chambry.)

Charmante épître où il la félicite de son heureuse arrivée à Villebon. « Je ne doubte non plus des beautés de Villebon et de Courville que vous debvés douter que quand ils seroient fort laids, tousjours vos beautés et vos bonnes grâces estant asseuré de les y posséder me les rendroient ils agréables..."

■h 1995 -* LA NOUE (Odet de), seigneur de Téligny, habile capitaine huguenot, poète, auteur du Dictionnaire des rimes françaises, n. vers 1 562, m. à Paris, août 1618.

L. S. à M. de Clermont ; Rouen, 21 novembre 1596, 1 p. in-fol. Jolie pièce. (Coll. B. Fillon.)

Intéressante lettre sur les propositions faites à l'assemblée générale des protestants. Très curieux détails à ce sujet.

HUGUENOTS ILLUSTRES

pS vuwiw,vV«j i/r ûj^n^rm^amni^y^-iAr

•s- 1996 -* CHAMIER (Daniel), célèbre et savant controversiste protestant, auteur du Journal du voyage qu'il fit en 1607 à la cour de Henri IV, 11, à Montélimar (Drôme), 1 565, tué en défendant Montauban contre Louis XIII le 17 octobre 162 1.

L. S., écrite et signée par Vulson de la Colombière, signée aussi par J. Perrin, à MM. de Villarnoul et de Mirande, députés généraux des églises réformées de France; Saint-Paul-Trois- Chateaux, 9 avril 1609, 1 p.

in-fol. Pièce tachée d'humidité. Rare. (Coll.

B. Fillon.)

Superbe lettre ou ils mandent qu'ils ont lu leurs diverses lettres dans leur assemblée. « Nous estans tousjours promis beaucoup de vostre diligence et fidélité,nous recevons un extrême contentement de voir des effects de nos espérances, lesquels nous vous suplions nous continuer de plus en plus.... »

* 1997 + POLYANDER (Jean van den Kerckhove, dit), théologien, discipledeThéod. de Besze, commentateur de la Bible, n. à Metz, 26 mars i568,m. à Leyde, 4 février 1G46.

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