LETTRE DE NINON DE LANCLOS — FRAGMENT
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FEMMES CÉLÈBRES
4- 2054 * ARNAULD (Angélique de Saint-Jean), fille d'Arnauld d'Andilly, religieuse de Port-Royal, biographe de sa tante la mère Angélique, n. 1624, m. 1684. P. A. S.; monastère de Port-Royal des Champs, 28 avril 1.679, 1/2 p. in-4. (Coll. Dubrunfaut.)
Très jolie pièce dans laquelle cette religieuse déclare avoir reçu de la duchesse de Brissac la somme de cent livres pour une année de la pension viagère de mademoiselle du Boulay, en religion sœur Anne de Sainte-Geneviève.
2o55 s- SE VIGNE (Marie de Rabutin-Chantal, marquise de), la célèbre épistolaire, petite-fille de sainte Jeanne de Chantai, n. à Paris, 6 février 1626, m. au château de Grignan (Drôme), 18 avril 169G.
P. S., signe'e aussi par son mari Henri, marquis de Sévigné, Marie de La Croix, veuve de Gabriel de Guénégaud, Claude de Guénégaud, trésorier du Roi, Philippe de Coulanges (oncle de Madame de Sévigné), Léonor de Rabutin, comte de Bussy, lieutenant-ge'néral, et l'abbé Christophe de Coulanges ; Paris, 8 février 1644 et 3o janvier 1645, 3 p. 1/2 in-4.Tachée d'humidité et raccommodée. (Coll. Dubrunfaut .)
Curieux document. Philippe de Coulanges, tuteur de sa nièce mineure Marie de Rabutin-Chantal, achète, le 8 février 1644, pour celle-ci, de la veuve de Gabriel de Guénégaud, une rente annuelle de sept cent soixante-dix-sept livres quinze sous six deniers. — Le 3o janvier 1645, Marie de Rabutin, devenue marquise de Sévigné le 1 août 1644, donne reçu de ladite somme, conjointement avec son mari. — Les deux époux ont signé la pièce.
FEMMES CÉLÈBRES
2o56 + MONTPENSIER (Anne-Marie-Louise cTOrléans, duchesse de), dite la Grande Mademoiselle, fille de Gaston d'Orléans, une des héroïnes de la Fronde, auteur de Mémoires, n. à Paris, 29 mai 1627, m. dans la même ville, 5 avril 1698.
L. A. S. à la Reine-mère (Anne d'Autriche) ; (Paris, janvier 1664), 3 p. in-4, cachets brisés. — P.
Superbe lettre de eondole'ances sur la mort de Madame Royale (Clirestienne de Bourbon, duchesse de Savoie, fille de Henri IV, belle-sœur d'Anne d'Autriche, décédée à Turin le 27 décembre i663.) Protestations de respect et d'affection.
* 2057 -e- RACINE (Agnès de Sainte-Thècle), abbesse de Port-Royal, tante du
grand poète dramatique, dont elle dirigea les premières études, n. 1627, m. 1700.
L. A. S. à M...; (Port-Royal), 10 septembre (1694), 1 p. 3/4 in-8. Très jolie et très rare pièce.
Très belle lettre où elle le remercie de la part qu'il a prise à la perte que la communauté vient de faire avec toute l'Eglise (par la mort du grand Arnauld, décédé à Bruxelles le 6 août 1694.) « Nous nous consolons dans la considération de la grande récompense que nous espérons que Dieu lui donnera d'avoir deffendu son Eglise pendant plus de cinquante ans et qu'il nous assistera et nous servira plus, estant avec luy, qu'il ne faisoit en ce monde, estant luy mesme caché et persécuté.
Je ne vous dit rien, Monsieur, de l'estat où est cette Communauté; je sçay que ma sœur Angélique le fait et de ce qu'elle sçay de la fin de la vie de Monsieur son oncle... «
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* 2o58 * ARNAULD D'ANDILLY (Marie-Angélique de Sainte-Thérèse), fille d'Arnauld d'Andilly, religieuse de Port-Royal des Champs, n. vers i63o, m. 8 janvier^oo. L. A. S. à M... ; (Port-Royal des Champs), 3 mai, 3 p. pet. in-4. Superbe et très rare pièce.
Elle le remercie de l'intérêt qu'il prend à sa communauté. Elle parle ensuite des portraits de son oncle le grand Arnauld. « Il y a deux images de Monsieur Arnauld qui répare les horribles qui s'estoient faittes ; celle de Edelinc, qui est celle que vous avez, Monsieur, est très belle pour le burin, mais mal pour la posture et l'habit, ayant esté tirée après un tableau qui n'estoit pas achevé. Mais la dernière, qui est de Drevet, est parfaittemcnt ressemblante. » Elle déplore le départ de M. L'Hermitte, qui quitte la communauté pour occuper le canonicat de Saint-Pierre de Lille, que le Pape lui a donné, sur la demande de M. de Pomponne.
FEMMES CÉLÈBRES
* 2o5g * MAINTENON (Françoise cTAubigné, marquise de), petite-fille d'Agrippa d'Aubigné, femme du fameux poète burlesque Scarron (i652), puis de Louis XIV, n. dans la prison de Niort, où son père Constant était détenu pour crime de trahison, 27 novembre ï 635 , m. à Saint-Cyr (Seine-et-Oise), i5 avril 1719. Elle devint veuve en 1660 et fut chargée, en 1669, d'élever secrètement les enfants que Louis XIV avait eu de Madame de Montespan. Elle supplanta celle-ci dans le cœur du roi et se fit épouser en 1684 ou en 1 685 . Sa correspondance a été publiée.
P. S. F. d'Aubigny Scarron; Paris, 23 juillet 1667, 1 p.
in-fol. Jolie et très curieuse pièce. (Coll. Chambry.) — P.
Pièce fort rare avec cette signature.
Françoise d'Aubigny, veuve de Paul Scarron (décédé en octobre 1660), demeurant à Paris rue neuve Saint-Louis, paroisse Saint -Paul, constitue Jean Viette, avocat au Parlement, pour son procureur chargé de régler les affaires de la succession de son mari et les différends qu'elle a avec plusieurs particuliers à ce sujet. Intéressant document pour la biographie de madame de Maintenon.
* 2060 -* MAINTENON (Françoise d'AuBiGNÉ, marquise de).
L. A. S. à l'archevêque de Rouen (Claude-Maur dAubigné, son parent, qui occupa ce siège de 1707 à 1719); (Saint-Cyr), 4 janvier (1716), 1 p. in-4, cachet.
Précieuse lettre écrite trois mois après la mort de Louis XIV. « Ma plus grande consolation après la soumission à la volonté de Dieu est ma grande vieillesse. Mon estât seroit bien triste, s'il pouvoit durer longtemps. Nostre mère receut hier Nostre Seigneur; elle n'est ni hors de danger, ni désespérée. Vous avez trop de charité, Monsieur, et trop d'amitié pour moi pour m'oublier dans vos prières. » — (Madame de Maintenon s'était retirée à Saint-Cyr après la mort du Roi.)
■f 2061 •* SOISSONS (Olympe Mancini, comtesse de), nièce du cardinal Mazarin, qui fut aimée par Louis XIV, femme du comte de Soissons (1657), surintendante de la maison de la Reine, disgraciée, en i665, pour une intrigue contre Mademoiselle de La Vallière, et impliquée injustement dans la fameuse affaire des poisons, mère de l'illustre prince Eugène, n. à Rome, 1640, m. à Bruxelles, 9 octobre 1708.
L. A. S. (à Victor-Amédée II, duc de Savoie en 1673, roi de Sicile en 171 3 et de Sardaigne en 1720, né en 1 665, mort en 1732); 21 mars 1698, 3 p. in-fol. Très rare. (Coll. Dubrunfaut.)
Très intéressante lettre sur le traitement qu'on vient de faire à Mademoiselle de Carignan. « MM. de Vendôme, M. le duc de Bouillon, M. et Madame la duchesse de Nevers et beaucoup d'autre parens qui ne sont pas si proche m'ont anvoyé un jentilhomme pour me prier de la vouloir recevoir auprès de moy et de représenter à V. A. R. qu'elle ne s'estoit rien attirée par sa méchante conduitte et qu'il estoit bien rude qu'elle soit confondue avec sa sœur, qui est la plus indigne de touttes les créatures... » Elle transmet cette requête au duc et lui demande ses ordres.